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AILLEZ. Socr.Mji, S
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JOURNAL
DES
SCAVANS,
Pour le ïmiz de
JANVIER.
I 7 I I.
A AMSTER.D k1*.
M.DCXÏ»,
)NII
V I S.
rmom du R. Père Cheminais de ta
Compagnie de Jefmrevûs par le Père Bke-
.TONNEAOi'» Umlme Compagnie 7cinquièmt
Edition corrigée- W augmentée. 8.3. Totïl.
à Bruxelles chez FrançûisFoppens.i7'°-
■tires fur toutes ferles de fujets , avec des avis
fur la manière de les .écrire , V des Réponfci
fur chaque tfpece de Lettres, par feu M.
DE Vaumowere , augmentées depuis la
Mort de l'Auteur d'un grand nombre de
rtceptes& de Lettres, revues ejr mifesàans
un meilleur ordre par M***, cinquième
Edition. 8. II. Tom. A Bruxelles
chez François Foppens, 1709^
edicinadocens Ecducens, five DiCcurfiis
Medico-Theofophicus, quo ad duétum
Thefîum quarundam ex Medicina dc-
promtaram, tum veri Dei Cognitio,
tum praxipuK Chriftiani Mcdici virtu-
tes explicantur; piis ufibus verorumim-
primis Medicorum, hinc & cunclorum
fincerum pietatis Studium amantium.
Litcratorum confecraïus rerumque prs-
cipuarum Indice amfhis a Theodoko
Yalenttoo Khamer. 8, Lipfa apud
tndtt LmViÇimes. 1710.
DES
SCAVANS,
Pour le Mois de Janvier M. DCCXI.
FniDERtci STiirNii Hiftoria Barde
fanis ac BardefaniiHrum . ex veterun
Doâorum rnonumenris eruta , juniornm
que Auftornm eade ce Sententns colluf
u«a. C'eit-à-dirc : Hiflme de tardepms &
des Btn!tfmi/lci,/'ûr Frideric Stninïius ; ù
rit du muituKiJiî des anciens DeHeun, c
tntkbU dis Repxùnt des Modérât!. 1
Witcmberg.ctiez GtidcfroiZimmermir
1710. iû4- pagg..i44- Setrouvei
lerdarn chez les Waesberge.
fï t Ouvrage efl partagé en 11 petit
ieftions, accompagnées de notes
aiions. On n'y trouve tien de _
:r. L'Auteur étend le peu qui nous
Uns les Anciens touchant fon fujets
es avoir rapporté ce qu'en ont dit
cric chei les Anciens par un : Au relie,
Bardefanes l'Hiftorien s'elî rendu célèbre
par une Hiiloire des Gymnofophiftes des
Indes, de laquelle faint Jérôme 8c quel-
ques autres font mention. Le faint Doc-
teur obferve que cet Hiitorien divifoit ces
Gymnofophifles en Brachmanes & en Sa-
manéens , par rapport au* dogmes; 8c
qu'il donnoit de grands éloges a la tem-
pérance dont les uns & les autres raiibient
profeflion. M. Strunzius juge à propos
de nous entretenir auffi de Barl'es Evêque
d'EdeiTe , qui vivoit du temps de l'Ei»
pereur Valens; de Philippe BardaneÇm
pereur; d'un Bardane Roi des PmiV.
dont parle Tacite; & d'un He,ïei«(ù.t *
Janvier 1711. 5
pelle Barfanuphius. Il eft croyable que
tous ces gens-là ne paradent ici à la fuite
ûei'HerefiarqueBaidefanes.queparcequ'iU
y font déjà dans quelque Dictionnaire.
Eufebe, Theodorct , Et Nicephore aiïu-
renr qu'il étoit Syrien , d'où il faut con-
clure que la Mefopûtamic, où étoit Edeffe,
falloir, partie de la Syrie. On examine
ce que les Anciens , & fur-tour, les Au-
teurs Comiques , ont dit des Syriens; 5t
on «reufe du mieun qu'on peut la nation
Syrienne des reproches dont elle a été
chargée. Elle a produit de fçavans hom-
mes depuis l 'établi rTement de la Rtligion
Chrétienne; mais ces Sçavans fe diftin-
gueient beaucoup plus par leurinconftance
que par leur érudition & !a force de leur
génie. Saturnin, Eafilide, Cerdon, A-
pelles, Taticn, Aènus.Paul deSamofate,
& pluiîeursautiesHerefiarqucsqu'ileft inu-
tile de nommer , étoient Syriens. Les
recherches Syriennes de M. Stimulus font
fuivies de quantité d'autres fur la Mefopo-
taraic, fur l'Ofroéne, fur E>ieffc.
On neconnoit point les parens de Bardi-
fanes. II étoit en grande réputation fous la
Empereurs Marc-Antonin, & LuciusVtrus.
On ne l'hait qui aroient été l'es Maîtres.
Toute l'Antiquité Chrétienne le comble
de louanges, par rapport a i'efprit Se i.1-».
capacité. Eufebe du t\u'i fc\<«- w^it >
toun ûint Jérôme \uv wxttoofc w ^^
font
.Po-
rdi-
:|«
6 JooxhaL des Sçavans.
admirable, & une extrême vivacité dan
les difputes ; & faint Epiphane lonë fo
jugement & fa bonté. Il étoît très-éle
quent, 11 on -feulement en Syriaque , ma:
àuffi en Grec. Eufebe le regarde comm
on excellent Philofophe, quoiqu'il fût e
même temps Poète.
Bardefanes foatint une grande partie ât
erreurs de Valentin , mais on ignore s'
les avoit apprifes dès fon enfance, ou s'
n'y tomba que dans la fuite. Les Auteut
font partagez la-deffus, & M.Struniiuseï
arTcz porté à croire que Bardefanes avoi
été élevé dans la faine doctrine. Il s'éga
la par l'étude de h Philofophie; mais o
ne feait quelle feclre de Philofophes il em
brada. Comme il s'agit de condamiw
cette Seâe , puifque Bardefanes y pjnii
des erreurs, les ennemis d'Ariftote tâcher
de lui donner Bardefanes pour Difcipie
fes amis , au contriire , font tous leui
efforts pour faire prefent de ce Difciple
Platon. D'autres moins animei conti
les Grecs que contre les Juifs, prétende!
3ue Bardefanes & Valentin avoient tîi
e la Cabale toute leur doctrine. Poi
décider ce différend , nôtre Auteur ex'
mine à quel Sydême les Eons & les ai
très chfmetes des Valentiniens ont ph
de rapport. Il trouve que c'eft au Plate
nifme i on peut voir fes raifons dans
Livre. Parmi les notes qui accompagn
J A M V I E R I7II. 7
cette feétion, il y en a une fort longue,
iu, ainli que dans la fe&ion même, on
■oit des ObTervations fur les tiitwt J'-?-i-
làb, Sonar, & Bihir, dont les Cabaliite*
vantent tant l'ancienneté.
Bardefanes ne combattoit pas, comme
Valentin , l'autorité de l'Ecriture lainte;
1 admettoit les témoignages,
e n'étoit qu'après les avoir accommodez
1 les préjugei. 1! arraiigeoit les Eonsd'u-
e manière différente de celle de Valen-
.1 & quoi que cette manière particu-
liete nous foit inconnue , celle de fon
Maître fuffit pour en donner l'idée. L'Au-
teur s'étonne qu'il y ait aujourd'hui des
Chréiiensqui prétendent expliquer leSyfté-
mc de Valentin conformément aux prin-
cipes de la Théologie ; & appliquer aus
Eons ce qu'elle enfeiiine fur l'unité de
Dieu, fur la Trinité, fur les Attributs, fit
fur les opérations divines.
< On compte !a fuppolïtiondesdeuxprin-'
ripes , l'un bon , l'autre mauvais , au nom-
bre des erreurs capitales de Bardefanes 8î
de fes D.fciples. Ceux-ci dans Grigene,
ne Te contaient pasd'afiurer , comme les
Catholiques , que Dieu n'elt pas Auteur
du mal; ils ajoutent encore qu'il n'a pas
créé le Diable. L'Auteur attaque & cette
opinion, & ceu* qui c.Vxçk'wîW- '"a- "'■'»■ v=s'-'"
dre pUuvîble pa\ tes ■iia^ûffi^w^ "«?™
' pfcifur. UtttoïVJtc^^
S JOURNAL BEI SÇAVÀHÎ,
ce qu'ils avancent pour exeufer deux au-
tres erreurs de Bardelanes ; l'une regarde
l'humanité de J. C fit l'autre, la refurrec-
tion des corps.
Outre ces erreurs, Bardefanes enfeignoit,
fclon faim Auguftin , que ks actions des
hommes étoient foumifes au Deflin. Nôtre
Auteur a delà peine à convenir que cette
aeeufation foit Julie , & il lui femble que
Bardefanes eftd'un fentiment tout oppofé,
dani le fragment de fon Dialogue fur le
Deflin. qu'Eufebeaconfervé. Bardefanes
y dît clairement, qu'il dépend de l'hom-
me & de fon libre arbitre, de fervir, ou
de ne pas fervir; que le Deflin ne force
nullement les Perfes à fe marier avec
leurs filles, leurs iceurs, & leurs mères ;
que ce n'ell pas par les loii du Deflin que
les femmes des Indiens fe brûlent toutes
vives avec leurs maris morts ; que le
Deflin n'oblige en aucune forte les Ger-
mains à s'étrangler, qu'enfin nulle fatali-
té n'aflujettit certaines naiions plus que
d'autres aux coutumes qu'elles obfervent,
puifque les Chrétiens fuivent partout leur
propre Religion. Ceux qui font nez Par-
tîtes, dit-il, ne prennent pas. comme les
autres Farines , plufieurs femmes ; ceux
qui font venus au monde dans la Péril* ne
Je marient ni avec leurs fœurs, ni avec
leurs filles ; ceux qui ont pris naiiïancedans
la Baelriaae, ne tendent point de pièges
9
aux femmes d'autrui, &c. Comme faint
Auguftin n'eft pas le feul qui ait aceufié
Bardefanes d'avoir établi une fatalité inju-
rieufe à la Providence, M. Strunu'us ob-
ferve, pour fauver le fentiment de ce Père
& des autres qui ont avancé la mémeebo-
fe, qu'il s'eft pu faire que Bardefanes eût
de bonsfentimens lorfqu'il compolbit fou
DialoguCimais que cela n'empêche pas qu'il
n'en ait eu d'erronezdans la fuite, ou mê-
me auparavant. Quoi qu'il en foit , Eu-
febe aiIure en général , que Baidefàties ne
perfifla point dans l'hereCe de Valentin
jufqu'à la fin de fa vie, quoiqu'on enap-
perçût pourtant toujours quelques traces
dans fa doctrine. Les principaux Pères
qui ont travaillé à précautionner les Fidè-
les contre fes cireurs, font Oiigene, faint
Ephrem, & faint Epiphane. 11 ne nous
efî relié aucun Ouvrage entier de cet Au-
teur. Tous les Percs qui en ont parlé
louent beaucoup ce qu'il avoit écrit contre
Marcion & contre cinq autres Herefiap-
qucS; une Apologie qu'il publia pour les
Chrétiens, & dmi laquelle il ta choit d'a-
doucir leurs perfecuteurs; & fou Dialogue
du Dellin , qu'il compofa contre un certain
Abidas, Aftrologue fameux.
Après fa mort fes Difciples firent valoir
fes opinions. On met à leur tête fon fils
Harmonius, bon Poète, & excellent Mu-
fiâcû. Soiomeae dit qu'il compofa en u
A «, ^w
I
10 JOURNAL DES Sç.lVAWI.
langue naturelle , & qu'il apprit aux
liens les erreurs de fon père, en les leur
faifant chanter. Ses airs croient encore à
la mode, du temps de faint Ephrem, qui
prit foin de changer les paroles, & doter
ce qui y bleflbit la Religion.
Prœlectiones Chymicœ, in quibus omnes
fere operationes Chymicse ad vera prîn-
cipia Se ipfius Naturze leges rediguntur.
Oxonii habitse à Jobanne Futinn,
M. D. Mi. Chrilr. Alumn. Amftthd*-
mi, apud Janffcma-Wimbtrpoi. 17 10.
C'eft-à-dire : Ltfeai ckymiques , dam
hfyucllet on explique les eperalhns de la
Chymii , (don leurs vtriiablei principes,
131 filon 1rs Uix de U Kainre. Par Jean
Freilid, Douleur en Médecine, A Amller-
dam , chez les Janflbns à Waesberge.
1710. vol. in 12. pagg. 03.
TE defiein de l'Auteur, comme il s'en
*"' explique lui-même à l'illullre M. New-
ton , à qui il dédie fon Ouvrage , elt
d'expliquer parla venu attraftrice , les ope-
rations de la Chymie. Ce defTein lui pa-
roît d'autant plus digne d'être exécuté,
qu'aucun Chymifle , dit-il , ne s'en eft
aviféjufqu'à prefent, 5c qu'on peut pat
ce moyen expliquer tout d'un coup, 8c
d'une manière (impie, tout ce que laChy-
mic a de plus difficile dans fa Théorie.
Les
Ol'IHll DES SÇAT&Kf.
j, Tenir de h vmu attraifcct , vertD fi
i, généralement reconnue dans UPhyiique,
i, & à laquelle il n'y a rien dans la Ni.
>, turc qui ne (bit fournis. Voici donc
, quelle cil là-demis ma penl'ée. Les
., parties qui comparent chaque molécule
i, de fel , font fort folides , & à raîfon de
j, cène folidité elles ont toutes , les unes
>, à l'égard des autres , une vertu attracVice
;, qui répond à 1a quantité de îa matière.
j, Cela fuppofé, il eft facile de concevoir
„ que lorfque le fel eft dans l'eau , les
„ parties de l'eau étant les plus faibles.
„ font attirées vers le fel avec plus de
„ force qu'elles ne font attirées elles-mé-
„ mes les unes par les autres ; en forte
„ qu'elles vont toutes embraffer le fel,
„ les plus proches y vont plus rapidement,
» Bt les plus éloignées plus lentement , &
„ c'eft la rai l'on pourquoi quand on a
„ jette du fel dans le milieu d'un baffin
„ plein d'eau, l'eau qui ell au milieu du
„ badin fait une forte imprefiion fur la
„ langue, tandis que celle qui cil aubor''
„ eft prefque inlipide. Les particules r
„ l'eau air.fi Attirées par le fel , entr'
„ donc en mouvement; & c'eft ce tr
,. vement qui fait qu'elles s'infinuenr
„ les porcs du fel , 8i qu'elles lr
L'Auteur defeend ici dans le d'
"•'igue pat cent vertu attiV '
J A K V I £ K I7II.
ment fe fait la ditïolmion du fuae c.. .
l'eau, V extraction des huiles par défiiiUn-
ce, & pluiïeurs auires effcis femblables,
dont il rend railbn fans peine. Mais nous
ne le Cuivrons pas plus loin 1 ceux à oui
nuire Extrait paroitta trop court, pour-
ront fe dédommager amplement par la
lecture du Livre même.
Succinfta delincatio Doclrinarurn ufu fi
quentium, de ai'tionibus , giadibus ma-
trimoniaiibus, & meceffione :ib in *
to, in ufum Leclioaum Académie
conferipta , à Jvsto Henni
Bouemiiio, D. Prof. P. & Facuir.
Jurid. Affeiïbrc in Academia Regil
Fiideridana. tteU Magdtl/urg, 1;
proftat in Officina Libruri* Rcnitrï.
C'eil-à'dire : Explication fomtnaire 1
principes Ici plus ufiitz. fie les oSluntt fur
les difftt, dtpanmi, foi rapott aux m*
riaiti : v fur les fuccejfioni ab intelht
Ouvrage defliné pour Us leçons publiques 1,
runiverfnt de mil. Far Juil. Hennin
Bohemer , Prefeffatr w sijfefietr de l
mime Umvtrfiié. A Hall , de l'Impri-
merie de Renger. 1710. in S.pagg.5}rt.
Se trouve à AinfteiJam chez les Waeï-
berge.
n'eft ici qu'un fimple Rec\itft 4e&
£acipes de Droit les plus couvas »
A 7 Vas
14 Journal dEïSçavans.
fur des matières importantes, dont chacu-
ne pourront donner lieu à de gros volu-
mes. Le feul Chapitre des Actions, qui
cft à la tête , & qui s'étend a toutes les
parties de la Jurifprudence , demanderoit
par cène raifon un long détail. Aulfi
quelque foin qu'on ait pris ici de l'abré-
ger, il remplit les trois quarts du Livre.
La matière des degrei de parenté ou d'al-
liance, par rapport aux mariages, conduit
encore naturellement à de grandes quef-
tîons, à caufe des diverfes fortes d'empé-
chemens qui naiiTcnt de la. Et enfin les
fucceflions que l'on appelle ah intiflui,
pour les difiingucr do fuc.-e (fions tefta-
mentaires, ouvrent aux Juufconfultes un
vafie champ, foit dans i'enu nierai ion des
différentes perfonr.es à qui h Loi les dé-
fère, foit dans l'espticanon des différentes
portions qu'eîle leur affgnc. Toutes ces
matières néanmoins font :ra tées dans le
même Livre, mais elles n'y font traitées
que par la feule expofiuon «les principes,
8c par les définitions & les limitions prin-
cipales , tout ce qui cft fuJM à diilwra-
tion n'y entre point.
Sur la manere dt.s actions, on obferve
que les Jurifconfulres appellent action e
général le droit qu'a chacun de pourf
vre en jugement ce qui lui appartir
ou ce qui lui eit dii. 11 y i des aé>
pcrfonùeUcs s d y en a de iéeU«.
Janvier 171t.
_ A a de petfonnelles & de réelles tout à
la fois. Les actions petfonnelles font at-
tachées àlaperfonne, & h fuivent pat-
tout. Elles naiflent de l'obligation où eft
quelqu'un de donner ou de faire quelque
chofe. Les actions réelles vont à deman-
der !a propriété d'un héritage, ou quelque
droit réel far cet héritage ; on les appelle
réelles parce qu'elles n'attaquent que la
chofe, ou !e poflefleur par rapport à la
chofe. Les actions mixtes font celles qui
regardent la perfonne & la chofe en mê-
me temps. Il n'y avoit que trois efpeces
c'actions mixtes dans le Droit Romain:
l'action de partage entre cohéritiers) l'ac-
tion de partage entre des perfonnes qui
poiTedoient un héritage en commun, 8î
l'action qui étoit intentée pour placer des
bornes. On appelloit mimes ces fortes
d'actions, parce qne fi le Juge ne pouvoit
pas mettre une égalité entière dans le par-
tage ou dans les bornes , il adjugeoit à
l'une des Parties une plus grande portion,
mai) à condition de payer à l'autre Partie
une certaine forome, qui tenoit lieu dece
qui excedoit. Un autre exemple qu'on
peut donner aujourd'hui des actions mixtes,
c'elt quand on demande qu'un Particulier
foit condamné à rendre un héritage avec
icftitution des fruits ; ou avec àss 4sss™--
mages & intérêts : ce ?mùcwK\« eSv'w^
déchargé d'une pattie, àe,U iWBas*»-^,,
:;mais
16 JOWRM At DES 5ça
abandonnant l'héritage qu'il poflede: i
il demeure perfonnellement obligé à la
reftttutioB des fruits, & aui dommages&
intérêts. Cette dîvifion générale des ac-
tions reçoit une infinité de fubdivifions
particulières, qu'on trouve détaillées dans
le Livre, & qu'on ne nous redemandera
point fans doute dans le Journal. Ce
font de premières notions dellinées uni-
quement pour ceux qui commencent à
étudier en Droit.
Le Traité des degrez de parenté ou
d'alliance qui empêchent le mariage, elt
divifé ici en pluiieurs proportions très-
courtes, qui femblent former autant de
maximes. La parenté que le Droit Civil
nomme Cognation, comprend deux lignes :
la ligne directe, & la ligne collatérale. La
ligne directe eft entre les afcewians & les
defeendans; & dans cette ligne le mariage
elt défendu à l'infini par. les Loix Romai-
nes, même entre les enfans adoptifs & la
perfonne qui les a adoptez, L'Auteur
croit pourtant qu'en ce cas-là l'empêche-
ment peut être levé par une difpcnle ; mais
il dit qu'il n'y a point (l'empêchement,
& qu'il n'eil pas befoin de dilpenle lorf-
qu'un entant adoptif veut époulér fa bel-
le-mere, c'efl-à-direja femme deceluiqui
l'a adopté: pourvu néanmoins qu'il n'ait
pas été adopté auffi par cette femme. Dans
U ligne collatérale , l'Auteur n'étend les
"lae, ""■ Pour fc y™* « nw.
tèW ,>»v v
ves'kte-«
.*«
«a
de
o'A
\
Janvier 1711. 19
ces frères ou ces fœurs , pourvu qu'ils
foient frères & fœurs de père & de mè-
re, f accèdent également avec le père 3s
la mère; mais s'ils ne font frères que d'un
côte-, ils ne fuccedent point. Le droit de
reprcfentaiîon qui met les enfans en la
place c!e leur père décédé, eft borné aux
enfans des frères, & ne s'étend point aux
enfans des autres collatéraux , qui vien-
nent tous par têtes , félon leur nombre,
& leur degré de proximité ; & s'il s'en
trouve plulieurs au même degré , ils fuc-
cedent par portions égales.
La dernière efpece de fucceilïon eft cel-
le du mari qui fuccede à fa femme, 8ï
de la femme qui fuccede à fon maris il
faut pour cela que l'un ou l'autre meurent
fans enfans, fans parens, & fans Telra-
ment. Ce ne font là que les premier»
principes, mais c'eft l'Entrait du Livre.
Recueil 1I1 Pkm mnrtiâUt les Rtlîgietife.
Royat des Champs, qui fi font fiutm-
s ~ l'Eglifi. A Paris, de l'Imprimerie
oyale. 1710. in 4. pagg. 01. in 1*.
>RS. 214.
Lettre de fin Emintnet M. le Cardinal dt
Noailles, jJrchcvlyue de Paris, aux
Mttitîtpfti de Pert-Rcyal dti CMvm\\ ■. <>&•
•fi fini point enco»e îwmvÇds ***' &fu"
*
lO JOUANAL DES SÇAVANS.
fans Vobé>ff*nit ai ÏEglife. A Paris, chez
Louis Jolie, Imprimeurde fonEminen-
ce Monfeigneur l'Archevêque, ruëfaint
Jacques. 1710. in 4. Lettre, pagg.16.
Pièces, pagg. 70.
f^Es deux Ouvrages ont trop de rapport
l'un avec l'autre pour les feparer. On
y trouve les preuves authentiques de l'heu-
reux changement deprefque toutes lesRc-
ligieufes de Port-Royal , que leur defo-
béïlTance avoit fait difperfer. Dans le pre-
mier Recueil, qui a paru dès le mois de
Septembre, il y a de plus que dans le fc-
cond , la foufeription de h Sœur Annede
fainte Marine Laimé;& le fécond Recueil
S'rjûtc au premier la Sœur Catherine
afion, dite de fainte Tharmle,Religieufe
Converfe.
Dans l'A reniflement qui eft à la tête
du premier Recueil , on expofe les prin-
cipaux motifs qui ont engagé à le publier.
Ces motifs font r, une iorte de réparation
dit au Prince. „ Aujourd'hui que ces Fil-
;, les, éloignées du mauvais air qui alte-
,, roit leurs bonnes difpofukins, prennent
„ des fenrimens fains fk raifonnables, m-
„ marque l'Auteur ; que fe foume
„ abrolument à l'Eglife, elles rouf
„ de la déférence aveugle qu'elle'
„ pour de fimples Particuliers q
*, conduniicj qu'elles loup-*"
JlKTIIH 171t. 11
, deur après nos divins Sacremcns, dont
, elles fe fàifoient un métite devant Dieu
, d'être privées; peut-on ne pas bénir 1»
t, main, qui leur iaifant une violence fî-
., lutaire, les a arrachées d'un lieu conta-
„ gieui. z. La ctmfolmfan dtt Fidtlei. Qui
„ a pu fans la compillion la plus vive voir
„ tant de Filles, la plupart diflinguées par
j, leurs qualités naturelles , fe faire les
1, viélimes d'une faude fermeté, que ceux-
„ mêmes qui la leur ont infpitée, n'ont
„ pas le courage d'imiter ! .. . Ces laintes
„ âmes que leur pieté a fi long-temps
„ fait gémir fur le fort des Filles de Port-
„ Royal , n'eft-il pas Julie de les confoler,
„ en leur apprenant que ces Filles reve^
„ nues la plupart de leur égarement, ne
„ mettent plus leur gloire que dans une
„ humble docilité pour leurs véritables
„ Paiîeurs? 3. Lidijicaiim. La vie exem-
„ plaire des Filles de Port-Royal ne laif-
„ (bit pas d'autorifer en quelque forte la
„ îmuvaiie cauie. dans laquelle elles fe
„ trouvoïent malheureufement engagées.
„ Et qui doute que ce n'ait été là un
» pîege pour bien des perfonnes peu inf-
„ truites? Le voila heureufement décou-
„ vert ce piège, par la foiimiiïion de cel-
„ les dont l'Herefîe s'étoit fervie pour le
„ tendre.,, - Le rétabliiïemetA ^^^s^r
mion des Reli&ievto o;i\ ws- .*^\^X «
deûrdc lamentt fc\e» ***«* ^
A« «SE* ^U, S*?.
Janvier ijit, jj
„ divifion & réparation abuiivc qui dure
„ depuislî long-temps entre les deuïMo-
„ natteres.,,
Voici 1» lifte des Religieufes, qui dif-
pcrfées rn différens Monaileres du Royau-
me, font enfin rentrées dans l'obéiil'ance
de l'Fglife.
Sœur Anne de faînte Cécile Boifcervoî
Ce, envoyée à Amiens, a ligné le Foi
mulâtre le 7 Novembre 1709, dans leW
nalterede fiant Julien.
Sœur Marje de fainte EuphrafieRobe
A Nantes , dans le Monaflere des Urfti
lines, le 14 Novembre 1700.
Sœur Anne de fainte Marine LaymÉ.
A Amiens , dans le Monaflere de faim Ju-
lien, le 2 Décembre f?09.
Sœur Jeanne de fainte Apolline le Bè-
gue. A Compiegne, dans le Monaflere
de la Viiîtation , le 17 Décembre 17 10,
Sœur Magdelaine de fainte AurelieNoi-
feux. Quoi qu'elle le trouve dans cette '
lifte , il n'a pas été necelfaire de lui taire
figner le Formulaire. „ C'eft une Sœur
,; Converfe, bonne fille, d'un efprîtdoux
„ & paifible, qui n'eft jamais enttée dans
„ tout ce qui s'eft paue à Port-Royal.,,
Elle eft à Compiegne, dans le Monaflere
de la Congrégation de Nôtre-Dame.
Sœ«r Marie de ûiutc Anne le OsvMi-
A Nevers , dww \e Wow&t« «^
s du Faubourg,, \c «.Vs»**1 v\«
^H 14 Journal des Sça
^B Sœur Louile de fainte. Juftine Barat.
^H Au Monaftere des Benediftines de Loi-
^m gm , Diocefc de Chartres , le 6 Mais
■ S. Marie de fainte Oportune Mouchot.
■ A Chartres, dans le Moniftere des Hof-
■ pitalieres, le 7 Mars 1710.
■ S. Marie Magdeleine de &inte Cécile
I Bertrand. A Amiens, dans le Monaftere
f de la Vifitation, le 17 Mars 1710.
F S. Denife de fainte Pauline Noifeur.
Dans l'Abbaye de faint Paul, Diocefc de
Béarnais, le ij Avril 1710.
S. Agnès de fainte Blandine Forget. A
Rouen, au Monaftere des Urfulines, le
18 Avril r7io.
S. Françoife de fainte Agathe le Juge.
A Chartres , au Monaftere de la Vifita-
tion, le 33 Avril 17 10.
S. Marguerite de fainte Lucie Pépin.
A Autun, dans le Monaftere de la Vifi-
tation, le r. Juin 1710.
S, Françoife Magdelaine de fainte Idi
le VavafTeur. A Moulins , dans le Monaf-
tere de la Vifitation, le 17 Juillet 1710,
S. Marie de fainte Catherine Iflaly.
Meaux, dans le Monaftere des Uriuli'
le 10 Août 1710.
S. Marie Catherine de fainte f
Benoifc. Au même lieu , le 1
. Catherine Dation , dite
J mvi t r i
larfille. A Senlis, dans
ila Frefentation , le + Octobre 17 "o.
Cette dernière , ainfi que nous l'avons
remarqué nu commencement de'cet Ex-
trait, n'eft que dans k Recueil qui vient
d'êire publié par l'ordre de M. le Cardi-
ml de Noaillcs. Au temps de la Répara-
tion des Filles de Potr-Royal des Champs,
leur Communauté étoit devingt-deuïRe-
lîgieufes. Dii-Iept , ainfi qu'on le vient
devoir, fe font foumifcs à l'Eglife; il y
en a donc encore cinq qui n'ont point
changé.
Pour les gagner ', M. le Cardinal de
Noailles leur écrit une Lettre pleine de
force & d'onction. Les premières re-
flexions de Son Eminence regardent l'ef-
fet que ks Acles déjà publiez auraient dû
produire, & les railons qu'Elle a eues de
taire reparaître ces Actes. „ Vous regar-
,, dez peut-être, leur dit-il, les relations
,, qu'on vous a montrées du retour fmeerc
„ de vos Sœurs, comme des Pi
„ informes , ou moins («.Tarifées qu'il
,, n'aurait fa'.lu pour faire imprelÏÏon fut
,, votre efprit , parce que vous ne Ici
» voyez pas revêtues de l'autorité Epifco-
,, pale, pour qui je veux croire que vous
„ canfervez encore quelque relie de ref-
„ peéV. C'cft ce qui m'oblige à vous a*
Siireilcr ces mânes Actes , à vous
ittevkr la vérité , 8cc. M. le Car>
1
1
me elles le font c
Pourquoi direi-vous encore,
tant permis de jurer que félon la vei
té j le jugement & la juflice , vous a
prehendez de commettie un parjur
que d'ailleurs ce qu'on vous demam
vous eft inconnu \ que vous en dout
même, & qu'il n'ell point de vôtre et
de vousen inftruirc? Mais n'eft-il poi
de vôtre état d'obéir, vous qui en avi
fait une prot'eflion fi folcmnelle, &q
ne pouvez vous en difpenfer que d.v
le cas où l'on vous ordonneroit d
chofes manifeftement contraires i la L>
de Dieu ? Or l'Eglife peut-elle tomb
dans cette erreur? Elle qui c(l l'Ente
prête & la dépo!ira.ire de la Loi <
Dieu, peut-elle vous piopofcr delà--
1er?... Voyonscequeporte le fer1
qu'on vous demande. Veut o\ I
jariaz que vous fçavcz. pu I
propre lumière, que îti Yto^ c 1
faW dans le Livre dejan-
,, que vous n'avci point Il'j, que
s n'entendue*, point quand vom
jrtezliî, Se que vous ne deve* point
te.' Non fans doute, mus on veut
;jue vous adhériez, au jugement de l'E-
glifc, qui l'a lu, qui l'a examine, qui
,. l'a jugé ; on veut que vous préferi»
„ Tes lumières non-feulement aux vôtres,
„ fi vous en avez, mais aufC à celles de
„ vos Docteurs: on veut que fur la paro-
„ le de l'Eglife vous dil'iez en même
„ temps anathême à la doctrine qu'elle
„ a condamnée, & au Livre ou elle l'a
„ trouvée.,, La Loi efl claire. M. le
Cardinal montreavec faint Augultin, qii'e!
le eft du moinsauffi juile; îc que tout fetoîc
renvcvfé dans la focieté, fi on ne vouloi*
croire que ce qu'on connoit par foi-n
me. Son Emmcnce fait voir en même
temps jufqu'où les Filles qu'EUe inltiu
doivent porter le ménagement qu'il e
permis d'avoir pour la mémoire de Jan-
HBÏilti & après leur avoir déclaré de quel-
le Foi Elle les engage à croire le fait du
Foimulaîre, Elle leur remet fous Usyeur
les maxime» feditieufes de leurs Doétems.
L'indignation qu'excitent ces maximes,
donne une extrême, fotee aux reproche!
oui les fuivcut, & à la remomunce vive
« pathétique qui termine h Lettre. Elle
cil iiicV du H Décembre 1710.
B11 \J*
R N * L DES S Ç A V A N S.
es qui l'accompagnent, & qui
eflces de routes parts à M. le
■ Noaiiles, font des têmoigna-
itans de Ton zèle. La dilper-
upeau, l'éloignement des bre-
;(iftance même , ont paru re*
tteution & la charité du Paf-
je de finir, nous croyons qu'il
s d'avertir qu'à la fin du pre-
:il on voit i, des Extraits d'E-
:i entre les mains des Rcligieu-
t-Royal des Champs. 2. Un
de Calendrier. 3. Quelques-
raifons des nmveaux Saints de
. Sur ce dernier article nous
nierons d'obferverque les Saints
it, font un ConfcffeurPomife,
un Prêtre , îk un autre dont
point exprimé. A l'égard du
, il commence ainfi : ,,Mars.
■emier miracle de la Tain te Epine
■Royal) 10. Naiflance & Bap-
M. de Sacy, 1613, 31. S. A-
rophete. Mai. i. Profeffion
ère Agnès. 1. Le faint Prc
remie. 4. Ce jour 163Î, mr
anfenius , Evêque d'Ypre
Profeffion de nôtre Mer'
13. Ce jour 1658, r
■euie petite Mane-T
1 ».
exemç\e îufà
». yavote.Jïj'.
■;. SB :r ;.:rn
,-.- j— «* c:-:(
m PïSiRXt qui
,, l>::^ m je
., qa'i! a énH
„ dent des ch
», yemier qu'
»., plus Dieu
«. piit, ptt
■» nom o"'
cono
■
J »NTIEI 17
„ âgée de quatre ans , fept mois.,. Un
exemple fufnra auitipour dunner l'idéedes
Extraits 8c des réflexions que l'Editeur y
a j ointes. XII. Eitb*it, „ S. Michel
„ eft le premier adorateur de Dieu, le
„ premier Chef des Armées de Dieu , le
„ premier qui nous a appris à obéir à
„ Dieu en defobéitTant à nos Supérieurs
„ qu'il a établis , lorlqu ils nous cominan-
„ dent des choies contraires à Dieu; le
„ premier qui nous a appris qu'on fert
„ plus Dieu par la volonté que par J'ef-
,, prit, par les fortes & ardentes a ffèc-
„ tions qu'on a pour lui , que par les
„ connoîllances qu'on a de lui. Car en
„ cela Lucifer iurpaiïbit faint Michel,
„ Celi-à'dirt que lit Fillti de Pari-Royal ,
,, maigri leur peu de lumière, doivent rifijler
„ avec autant de courage aux Papes , v aux
,, Evèques, qui S. Michel tefîjlj à Lucifer,
qui était fan Supérieur , t? qui le fitrf af-
fût to conaùijpintes. La tomparmfen dx
Pape C des Evéquts avec Lucifer w les
m Bernons dt fa fuite , m dtvroit trouver
,, place qui dans les écrits furieux d'un Lu-
ther.^
Hiftorîa Infeflorum , Auflore J 0 a n n e
R.A10, Collegii S. TrimtatisapudCan-
tabrigienfes , & Societatis Regiœ olira.
Socio. Opus çofthaTOx^Y™*-''*"*"'*^
Societatis Lonàin^fe «Ltosso»- »" ï
I
30 Journal du Sçavanï.
fubjungitur Appendix de Scarabœis Bri-
tanniefs, Auftore M. Listeb S.R.S.
ex MiT. Mulxi Aslimolteani. Londini,
impenfis A. & J. Churchill, ad infigne
nigri Cygni, in vico dieto Pater nèficr-
Row. 1710. C'cit-à-dire : L'Hijloire
des In[tt~tcs , par Jean Rai. Ouvrage peft.
hume , imprimé par l'ordre àt ta Société
Bayait de Londres. A quoi on a joint un
felit Mtmoin de M. Lifter fur ks Efiar-
bots d'Anfititrrt. A Londres, chez A.
6cJ. Churchill, à J'enfeigne du Cygne
noir, rue" du Pater nejiir. 1710. vol. in
4. pp. 400.
Vf R. Rai dans cette Hiftoire décrit tous
les Infeftes connus, comme les ver*
de terre, les vers qui naiflentdans le corps
des animaux, & toutes les autres efpeces:
Les fangfuës, les punaifes, les puces, les
poux, les feorpions, les araignées, les
cloportes, les fauterelles, les grillons, lei
eicaibots, les mouches, les papillons, les
chenilles, &c. Il commence d'abord par
expliquer le nom d'Infecte, puis il divife
les Infectes en deux genres , fçavoir ceux
qui n'ont point de pieds, & ceux qui en
ont. Les premiers naiiTent ou dans la
terre, ou dans le corps des animaux, ou
dans l'eau, Ceux qui naiflent dans la ter
re font ks vers de terre , dont il y a pi
£cars efpeces. Ceux qui fe pioiuilettVi.
1 tiirm i7ii. 31
le corps des animaux, & principalement
dans celui de l'homme , font auiïi de di-
verfes fortes. M. Rai renvoyé là-deffu*
fes Lefleurs au Traité de M. Andry fur
la génération des vers dans le corps hu-
main. Ceux qui s'engendrent dans l'eau
font de quatre elpeces différentes , entre
lefquelles on compte ici les fangfuës.
Pour ce qui eit des Infcftes qui mar-
chent, au lieu de fe traîner,, les uns ont
fu pieds, comme les vers de la farine ; la
puce, toutes les fortes de poux qui dévo-
rent les animaux) les autres eu ont huit,
comme !e fcorpion, l'araignée, leciron,
&c. les autres quatone, comme îc clo-
porte, les autres vingt-quatre, les autre*
trente, &c.
De ces Infeâes les uns fubifTent diverfej
métamuipholes & les autres d-meurent
toujours dans leur première figure. M.
Rai rapporte la-defliis divers exemples, &
après ces préliminaires , il vient à fort
deflein, qui ell de donner l'hiftoire & la
deferiprioB de tous les Infectes- Nous ne
feaurions le fuivre dans un champ fi vaile,
nous nous contenterons de rapporter en
abregccequ'ilditde l'araignée, après MM.
Willughbi 5c Lifter. 11 commence par
faire h dcfcripiion des parties extérieures
de l'araignée; puis il vient à « «jù -«^
garde la géaéttûoii è,e cc=> •vwm.'»-"^ , \»
conflruOion 4e \wiïtt»e , X-mb»»3**^
1% Journal des Sçayan s.
elles vivent , la nature de leur venin , 8«.
Quant au premier article, routes les arai-
gnées ont à la tête deux efpeces de dards,
avec lefquels elles piquent ; au defius de
ces dards, qui fout plus forts aux mâles
qu'aux femelles, on voit deux petites cor-
nes interrompues par des jointures, com-
me fi c'étoir. des jambes. La tête de ces
animaux n'eft distinguée de la partie de
défions par aucune interfeâion. Les a-
raignées ordinaires ont huit yeux , les au-
tres n'en ont que deux; ces huityeuxleui
fervent pour conduire plus régulièrement
les filets de leur toile. Elles ont toutes
huit pieds , mais ces pieds varient en grof-
feur, en longueur, & en fituation, félon
les efpeces. Le ventre de celles qui ont
luit yeux eft diflingué du refte du corps
par une inteifeétion confiderable, au lieu
que les autres ont le corps tout uni. Aux
unes & aux autres on voit feutir de l'anus
comme deux petits tuyaux, dont l'ufage
eft dr conduite les filets qu'elles tirent de
leur ventre. Les araignées font les unes
fans poil, & les autres couvertes de poil;
les unes ont le de (Tus du corps molafle,
& les autres l'ont dut, & comme couver
d'une croûte.
2. Pour ce qui eft de la manière d'
les araignées multiplient, elles s'accoup
comme la plupart des animaux , 8c
toutes orJpares. Loifquc le teur
I
foi
ce
Janvier t?ir. 33
femelle eft en eltat de concevoir commence
à approcher, le mâle ne la quitte point,
& il mené alors avec elle, dit nôtre Au-
teur, une efpece de vie conjugale. Ces
limaux ne s'accouplent point qu'ils ne
lient parvenus à une certaine grandeur,
ce qui n'arrive guéres avant un an. Les
petites araignées font un petit nombre
d'œufs, mais les grandes en pondent juf-
qu'à mille, & au delà dans un feu] élé.
Ces œufs font ronds , 6c couverts d'une
membrane fine & tranfparentc , qui laifle
voir ce qui eft au dedans. La couleur en
eft différente, félon les différentes efpeces
d'araignées : les uns tirent fur le blanc,
les autres fur le jaune , les autres fur le
bleu, les autres fur le rouge. Ils différent
aufli en grandeur ; on en voit qui font
gros comme des grains de moutarde, &
d'autres comme des femences de pavot;
tantôt feparez les uns des autres ;& tantôt
comme colez enfemble; la femelle ne les
couve point, mais elle fe tient auprès.
Ce quelquefois elle les porte avec elle. 11
fe pafTe ordinairement vingt jours avant
que les petites araignées en éelofent.
3. Au regard de la toile que font les
araignées, ces animaux commencent a fi-
ler dès qu'ils font fortis de. l'œuf. Il n'tft
pas certain néanmoins que les araignées
qui n'ont que deux yeu,* \t Vï&ots. %.-«*■» ^
Les mâles filent comme\w towK**'^^.
j4 Journal des Sçavak s,
plus rarement. La matière de ces fils c
dans le ventre de l'araignée , & elle I<
fournit par l'anus. Ils fortent quelcuefo:
plufîeurs enfemble tout diflingtiez les ur
des autres : ils font tous fans interruptioc
foit que l'araignée les jette d'elle-même
fuit qu'on les lui tire par curiofité; mai
l'araignée les rompt quand elle veut, l
où elle veut, félon la conflruétion de l
toile : tantôt elle les difpofe en petits pe
lotons , par le moyen de fts pie!
qu'elle fait tourner par deflus fa tétei 8
ce qu'il, y a^ de plus furprenant, c'eft qu
parle moyen d'un de fes fils elle a ladreflé
quand l'air eft tranquile , de monter ai
plus haut de l'air, &i jiifques aux rués
Ce que je puis allurer, dit l'Auteur, c'd
que j'en ai vil s'élever ii haut, que quo
que je les obfeivafle avec foin , 8c que y
fufle fur une tour très-haute, je les per
dois enfin de vue. Ce ne font que le:
jeunes araignées qui s'expofent à ces forte
de voyages, les autres habitent paifible
ment leurs demeures. Une obfervatioi
qu'il ne faut pas oublier ici , c'eft qu.
l'araignée, après avoir déployé plufieur
aulnes de fil , les retire dans fon ventr
quand il lui plaît. Les araignées quitter
leur peau tous les ans , & en font r
nouvelle , c'eft pourquoi on trouv
fouvtnt des dépouilles d'araignées
Jeun toiles.
Janvier 171t. ^
4. Quant à l'aliment dont l'araignée fc
nourrit , il ne confifte guércs qu'en mou-
ches; & c'eft par le moyen de fa toile,
"elle vient à bout, comme l'on fçait,
de ftirprendre ces petits infeâes, dont elle
fuce toute la fubftanee. Elle avale auili
quelquefois des morceaux de mouche,
comme il eft facile de s'en convaincre,
en examinant ce qui eft contenu dans fes
excremens. Les araignées ne s'en tiennent
pas toujours aux mouches, elles fe dévo-
rent quelquefois réciproquement , & fur-
tout n'épargnent pas les œufs les unes des
autres. Ces animaux ne font point de
provifion pour l'avenir ; ce qui vient de
ce qu'ils le paifent facilement de nourri-
ture, & on remarque qu'ils n'en prennent
point de tout l'hyver , quoi qu'ils foient
alors tout auffi agiles qu'en été. Ils peu-
vent même vivre en toute faifon fort long-
temps fans manger, & M. Redi dit avoir
enfermé des araignées dans des vaifleaus
de verre, lesquelles y ont demeuré près
de fepi mois fans mourir.
j. Le venin de l'araignée ell moins
dangereux en Angleterre, & dans tous
les païs froids qu'ailleurs. Quelque nuifi-
ble que foit ce venin lotfqu'il entre dans
le fang par quelque piqueure, il ne fait
point de mal étant avalé , ce <a>\\V v *^
itimun avec le vwvu\ fc*^fia&SMB\JÏÏSJ«
maux : la taiïoa to «ft-c^V*^^ £»
û 6
36 JoURVAt DES ScAVAKS.
différentesaveclefquelles ils fe mêler
l'eftomach , l'altèrent & le corrigt
telle forte , qu'il a perdu toute fa
avant que de pafler dans le fang. M
bous donne ici fur les différentes e
d'araignées pluiieurs Obremtions c
fes, que nous laiffons , de peur de
trop étendre. Nous voudrions pc
rapporter quelques articles fur ce qu
cerne les autres Infectes, mais cela
meneroit un peu trop loin.
* Elogt dtMr. E A ! N A G E D E B E A 1
Auteur de l'HiJhire des Ouvrants dt
V* Es sire Henri Bafnage Sieur de
val étoit né à Roikn l'an 165
de Mr. Henri Bafnage Seigneur du
quefnoi Avocat au Parlement , fi
par fon Commentaire fur la Coutur
Normandie, & Auteur d'un Trail
Hypothèques qui viennent d'être réi
me 7. pour h troifiéme fois en z. v
folio.
Henri Bafnage s'appliqua à l'étu
Droit, & futreçuaul'arlementdel
l'an 1676. Au lieu de fuivre le Bar
il alla à Valence continuer fes étude
Mr. de Marville qui enfeignoit avec
*Ca An/de rS tiic du Journal de 1
J k m v i i r 1711. yt
coup de réputation : étant de rttout il
plaida avec fuccès . & l'on voit dans le
Commentaire fur la Coutume de Norman-
die divers Arrêts rendus fur fes Plaidoyer».
Il commençoit à entier dans le grand
emploi, lorfque la revocation de l'Edït
de Nantes le fit palier en .Hollande Tan
1687. Mr. Bayle qui étoit alors malade,
ayant abandonné le deffein de continuer
fes Nouvelles de la République des Let-
tres, Mr. B. de Beauval entreprît de faire
la même chofe fous on autre titre : il pu-
blia l'Hifioirt ici Owurstget des 5f «vans , qu'il
a continuée jufqu'à fa mort arrivée le 19.
Mars 1710. Il écrivait avec beaucoupde
politefle , s'il n'étoit pas prodigue de
louanges, il épargnoii auflîtous les termes
qui pouvoient choquer la délicat efle des
Auteurs : il fe contentoit de faire fentir
Je défaut d'un Ouvrage, & le jugement
du public s'accordoit ordinairement avec
le lien. 11 n'étoit point partial fur les ma-
tières de Religions il esaminoit les rai-
fans Se les faifoit valoir fans avoir égard
à la qualité de la perfonne qui les avan-
çoit; il ne prenoit prefquejamaîsdc parti.
On a feulement remarqué qu'il méloit
ttop fouvent fes réflexions avec celles de
fon Auteur, & qu'il étoit très-difficile de
diftinguer les fentimens de l'Ecrivain, dsa
pemecs de celui qui faifoit les eï.vx»K.
Ses démêlez avec Mr. juneu O'ES. ^*
38 Journal desSçavanî.
trop de bruit pour n'en pas dire quelque
choie , d'autant plus qu'ils ont produit
pliifieurs écrits de part & d'autre. La
Îuerelle commença par les Pafloureauxde
lauphiné, 8c la Bergère de Cret qui pre-
noient la qualité de Prophètes pour débi-
ter leurs impoftures. Mr. de Beauval eut
quelque part à la Lettre d'un Théologien
qui parut * contre ces prétendus Prophè-
tes. Mr. Jurieu crût le reconnokre, 11
Je regarda comme fon principal ennemi,
8c lui déclara la guerre par un Aviî inju-
rieux. Mr. de Beauval fit une Rifon/e d*
t Auteur de l'Hiflàre des Ouvrait du Sfa.
■vaas , à l'Avis de Mmfiear Jurieu Auteur
du Lettrei Paftoraies in n. 1690,
Là Mr. de Beauval fe jullifi» des accu-
rations de Mr. Jurieu, & prouva que la
honte d'avoir été convaincu fur la tau (Té-
té des prophéties de ces petits Prophètes,
étoit le véritable fujet de la haine de ce
Miniflre. Mr. de Beauval préfenta au
Synode de Leyde en 1691. une dénon-
ciation delà doétrine de Mr. Jurieu qu'il
combattoit fur plulieurs articles. Mais
comme cette dénonciation étoit anonyme,
& que les Synodes regardent comme des
libelles tous les écrits qui ne font point
lignez, on n'eut aucun égard à celui-ci.
Cependant Mr. Jurieu fe crût obligé de
publier deux Apologies: l'une défend princi-
S £, 16$).
J a m v i £ r I7iï. 39
paiement fa conduite , & l'autre fa doc-
trine. Mr. de Bcauval répliqua fous ce
titre , Exitmtn de U doflrine de Mr. Jurieu,
pour ftrv'ir de riponft à un libelle intitulé ,
féconde Apelt^ie de Mr. Jurieu.
Cette affaire eut des fuites, mais com-
me elle fe plaidoit dans le; Synodes , Mr.
de Bcauval n'y a voit de part que comme
témoin.
Dans le même tems * Mr. Jurieu pour-
fuîvoit Mr. Bayle comme Auteur de l'A-
vis aux Réfugiez , & il aceufa dans fes
pourfuites Mr. de Beauval d'avoir inféré
dans Ton Journal deux Lettres qui favori-
foient Mr. Bayle, 8c prouvoîent qu'il le
faifoità Paris une Edition de l'Avis. Cela
produifit de h part de Mr. de Beauval
une Lettre fur tes diffiren, de Mifitun Jurieu
V Bayle, & Mr. Jurieu ayant publié une
nouvelle Apologie, où i! vouloir prouver
que le Sieur de Beauval étoit complice de
l'Avis aux Réfugiez, 8c que les extraits des
Lettres de Paris qu'il avoir publiez ctoient
faux, Mr. de Beauva! réfuta ces aceufa-
tions par une Réponfe à l'Api loge de Mr.
Jurieu. b Ces démêlez furent un peu
fufpendus par la maladie de Mr. Jurieu:
mais comme en reprenant le cours de fes
Lettres paitorales , il reprenoit aui'ii le
même efprit, c on luïaddrclfa uw Lsxwt
fort vive conuc ïeïçw.'^à •«,«,'&»•«. ^""v^.
» Eu lisi. b Aid. t En WîV
ip JouilNU DES Sç^VANJ.
les Lettres qu'il publioit Tous le nom
Fidelles de France , Lettre du Tidtllei
France* Mr. Jurieu fur fa 2ï. Lettre p,
mit, lignée le Frvrei celle Lettre fut
tribuée à Mr. de Beauval , il fit enc
deux écrits contre le même Auteur. C
fideratiom fur deux Sermons de Mr. Ji
touchant l'amour dit prochain, où l'en t
incidemment cette quefiîon curieufe, t'il j
hdk Mr. Jurku. L'autre a pour tî
Mr. Jurieu convaincu de calomnie c? d
psflun. Ces Meilleurs fe font enfin
conciliez, Mr. de Beauval fe feulant i
lade en 1710. envoya faire à Mr. Jur
des complimens.
Mr. de Beauval fut attaqué d'une I
dropifie pluiieurs mois avant que de s
appercevoir. Il fut étonné de voir
jambes fort enflées à la fin de l'an 17c
cela fut fuivi d'un dégoût total qui
lui perrnettoit l'ufage d'aucune viand
foneftomach étantabfolumenr ruiné, to
les remèdes qu'on lui fit furent inutiles,
fentit bien-tôt que fa maladie tendoit à
mort ; il s'y prépara afin de la voir arriv
avec une parfaite tranquillité. En efl
la ferenilé de fon efprit ne tut jamais tro
blée, & ne parut peut-être jamais pi
grande que dans les derniers jours oùilétf
a l'extrémité. Il s'entretenoit avec pif
avec fes amis. Il pafli h dernière
*rcc eux dais cet état. Si ne f»"1"
J»N'IEK I7U". 41
, difoit-il , puifqu'il mourait en leur
|Ȏfencc. On le coucha pour trouver quel-
que repos, & après avoir dormi un demi
quart d'heure, eu s'cVeillant il tomba ap-
paremment quelque flegme qui coupa la
refpiration, la connoiflanee fe perdit, &
il rendit l'efprit un quart d'heure après. II
étoit ami fidelle & délicat, ennemi des
igcs; il ne pouvoit foufiiir qu'on lui
□ donnât. Sa modeflie croît fincere &
véritable; il rravailloit à la nouvelle re-
formation du Dictionnaire deFureriere,
dont la première Edition d'Hollande avoit
paru l'an mille lept cens un , & la fécon-
de l'an mille fept cens neuf : il n'a pas
laine de donner pendant fa maladie quel-
ques heures à ce travail auquel il Te plaî-
ioit. Il avoit eu du chagrin de ce qu'on
lui avoit enlevé fort Ouvrage, & qu'à la
faveur de quatre ou cinq feuilles de chan-
gemens , on prétendoit avoir donné un
nouveau Dictionnaire , quoique ce fût
véritablement le fien dont on avoit copié
jufqu'aui fautes. Mais fur-tout il étoit
fiché de ce que plulîeurs chofes lui étoient
échappées dans la première Edition, qu'il
roulait changer dans la féconde. Il croît
"ort avancé dans fes corrections , 8c il a u-
roit conduit cet Ouvrage prefque à la
^erfetftion, fi la mort ne l'avoit ntévtwa.-
La Famille de Mi. dtïeiœ»*. ^tate.^
"e eu Auteurs, ouuc ctt TO^'stt^;
3DKNAL DES SçaVAN
feu Monfieur l'on père , die 1
i la République des Lettres Mr.
aujourd'hui Miniure à h Haye
MonfieurdcBeauval j ôcMonfieur
de Flotte m an ville.
Teftamentum Grœcum , cum
unibus variantibuî MIT. exemph-
verlîonum, editionurr, , SS. Pa-
St Scrîprorum Ecclefiaftii:orum;fc
'dem notis. Aeccdunt loca Scrip-
parallela, aliaque exegetica. Prœ-
ur Differtatio de Libris N. T. Se
lisconiriturione, & S. TextusN.
ris ad nollra ufque temporaHifto-
Studio & labore Joannis Millh ,
P. Colleifiionem Millianatn recen-
mdiori ordinedifpofuir, novifque
ionibus locupletavit Ludolphuï
Ebos. Excufum Amftelodumi , &
t< Liffit, apud ych. FriderUurn Gk-
V fil. ilio. C'eil-à-dire : Lt
a Teflamen: Grec , avec ks diver-
;mi t'trêts du Manitfcrits , dis Ver-
dis Editions , desSS. Péris, & du
«ni Ecckfiajtiques : & des Notes fur
verftt Leçons. On ) a joint les il
parallèles de l'Ecriture ; d'autres t
\! peuvent ftrv'ir à L'eXflkaiiir
; Ç^ tint Differiat'mn fritte*
ie h faire tmuitn lei Livr
■fini U C*mn dit N. T. <?
Janvier i7ir. 4*
on J* ce Cane» , £r à conduire l'Hîf-
.. :t dit Ttxli Sacri jufqtt'à nôtre '
Par Jean Mill , ProfeJJeur m Théologie.
Nouvtlh Edition , revue, mife tn metlltur
ordre, çr enrichie dt plafieurs addition! P*r
Ludolphe Kufter. Imprimé à Amller-
dam, & fe verni a Leipfic, cheijean-
FridericGleditrdïSc fon fils.& à Rotter-
dam , cheï. Fntfch & Bohm. 1710. fol.
pp. 63 z.pourle Nouveau Teftamenti,.
I6ï. pour les Prolégomènes de M. Mill.
m-
■*>•■
'leur
f
1er-
:an-
tter-
.fcl.
VUeii^ue applaudi (Ternent qu'air re-
£-çù l'Edition du Nouveau Tellament
Grec, procurée par les foins de feu M.
Mill à Oxford, en 1707, infolio, Stdont
nous avons rendu Un fidèle compte dans le
Suplément du Journal (Juillet 1708. pag.
iôj.) elle n'a pas été exempte de la cen-
fure de divers Sçavans, qui fans réfuter à
^Editeur la toûange dùë à fon travail im-
menre, ont trouvé que fon Ouvrage pou-
voir être conduit à une plus grande per-
fection , foit pour la commodité , Toit
pour la richeife & l'exactitude. Dunom-
bre de ces Ccnfeurs ont été 1. M. Ltn-
faut, Miniftre Françoisde Berlin, qui s'en
eft expliqué par deux Lettres Critiques,
inférées dans les Tomes XVI. & XVIII.
de la Bibliothèque Cbelfit de M. le Ciste, v\~
M. le Clm tuvn&mt , «£»■*■ fc^W-^.1^,
ce fujes une D\&tm\na^A«»ft vasflP0*^
le
s-
ï
l
AL DES SçAV
volume de fa Mil/nU-iue
ï«i) 3. M. pfajf, Auteur
flertation fur la même ma-
ie depuis peu à Amfter-
e M. Mill, que la mort a
t de pouvoir profiter des a-
ilesCritiques, ou derépon-
eétions, voici le fçavant &
Kufter, qui en adoptant,
, l'Ouvrage du Théologies
.» 6 Journal dis Sçavams.
irAiJiiïfiiia. , font des fautes de Copiftevon
d'Imprimeur: kin & !#*»» *"ril 8; «»Ti,
■1 & ««i, V«ir"' Se if A IH , font des
varierez d'orthographe , &c. Du refte
(obferve nôtre Editeur) on trouve beau-
coup de diverfes Leçons de ce premier
genre dans la colleâion de M. Mil!.
i. M. Kufter met au rang des diverfes
Leçons douteutês du N. Teftamcnt, le»
citations de ce Livre Sacré tirées des E-
crits des anciens Pères ; mais ii le fait à
ces conditions , Que ces citations ne
foient autorises par aucun Minutent, ni
par aucune Verfion ancienne, Bî Qu'elles
fe trouvent exprimées en mêmes termes
dans les Ouvragesdedeux de ces Ecrivains
au moins, ou eu différais endioirsdumê-
me Père. Car en ce cas , bien qu'il ne
foit pas certain que la citation fut alors
conforme à quelque exemplaire du Texte
Sacré, on a lieu de préfumer qu'elle pou-
voir n'en être pas différente, puifqu'il fe-
roit allez difficile que deux de ces Ecri-
vains, par un pur hazird, fe futTent ren-
contrez dans tous les rennes d'un même
pillage ■ qu'ils n 'auraient cité que de mé-
moire l'un & l'autre ; ou que le même
Père eût été fur ce poinr d'accord avec
lui-même, en écrivant fur différentes ma-
tières, 5; en divers temps.
3. Les diverfes Leçons de nulle eoafd-
çtience font celtes qui n'apportent aucun
changement au ftns des partages oii aies
te trouvent. AinJÎ , par exemple , il
importe fort peu pour le fens qu'on life
■ ij-i), OU M" *>*i Verrai, OU MsMrwî y*.
(iT&M , otl y"itB" i Aa»-"" ■ OU t^\iru*nï
"'"«A. ou iMfx1»' ôuWçeftpj V*, ou £*»-
*»j W'i OU '"*'ï M»TÎ[, OU Maà«t; cMi:.St'<
ou Aitorirt tout en un mot, Src. Or 1«
diverfes Leçons de ce genre font en fi
grand nombre , que l'on eft étonné de
voir combien il en rette peu de celles qui
portent coup pour le fers: 8c c'eii la prin-
cipale utilité qui refaite de la colledionde
M- Mil! . de pouvoir fe convaincre une
bonne t'ois , que malgré la multitude pro-
digieufe de variaîionsqu'ellenousprefente,
lej veritei effcntielles contenues dans le
N. Teflament, ne courent aucun rifque,
4. Quant aux diverfes Leçons qui doi-
■ regardées comme importantes,
. Kuiler nous renvoyé fur la plupart à
amen qu'en a fait M. Mil] , tant
s fes Prolégomènes, que dans fes No*
:s; fe contentant ici d'en indiquer feule-
X quelques-unes, fur lefquelles il pré-
:nd que le Critique Anglois a négligé
:rcer la cenfure qu'elles mériioient,
'a pas porté un jugement suffi juite
eût été à fotihaiter. Voici quel-
; exemples des négligences & des
■prifes de M. Mill» tele.ve.fa y-w. -ïSsws.
48 JoUKHAl DES SÇAYfcNS.
Sur ces paroles de S. Luc ( Cli. xvi,
j, ) ncàwno ii in-*."'*» ;« im puis irmailii,
la terre , M. Mil! rapporte pour dive
Leçon un paffage tiré de Suidât, au rr
(Oà«i)M>rtf*«i) & conçu en ces termi
«■hîsti» ** twis-t/jm', je ne fçai point iravt
1er à la terre; comme fi Suidai eût e
prunté" de Saint^Luc cette expreflit
Mais l'eiplicatiojl-quY ajoute Suidas , <
iriet/t*', *vtî ii, i! fit s/au, je ni fç&i pal
au lieu de je ut puis , n'a pas permis à J
Huiler de s'égarer ici avec l'Editeur A
glois, & lui a Fait connoitre . que ce!
phrafe , bien loin d'être chez le Grar
mairien Grec une citation de S. Luc<
un piiïige à' jtri/hphtuie, dans la Coméi
du Oi/eaux, vers 143!; ainli que la ne
du Scholiafte fur ce vers, laquelle etl m
pour mot la même qu'allègue Suidas, 1
laine aucun lieu d'en douter. Qui fe f
imaginé que l'étude du Com.ique Gr
eût fervi fi à propos M. KMer , p
rapport à la Critique du N. Tcftameni?
Sur ces mots qui le lifent dans foi
Marc ( vu. a. ) wAj;f»l > ntirn Mtrw
avec des mains impures , c'ejl-à-dire non 1
vies, Mr. Kufter obferve avec bc^uco
de vrai-femblance, que ces deux demi!
(«Tiî-iriWTut) pourroient bien être ■
5 lofe ou une explication des deux piecer
aquelle fe feroit introduite de la r
' w)e leste. 11 croit aulii que '
J ft M v t s K 1711: 49
{iW(tt»0 qui le lit au ; verfet du même
Chapitre, eft encore une explication mar-
ginale . qui a chaiTé du texte le mot
Hnûct qu'on trourc dans quelques Ma-
nuscrits, à la place d'**»w*. ou joint à
ce même terme. 11 fait un fcmbUble ju-
gement de ces mots, '*< «i>««« fan»»i
fur de; faux de chèvre , qui dan* l'Epitre
aux Hébreux (11.57.) fuirent immédiate-
ment ces deux autres (>> fui***») donc
la lignification eft la même. Ces remar-
cjues ont échapé à M. Mil!.
M. Kuffer obferve encore fur le pafTage
de faint Jean {7.4.) où il dit Qo'à Jt-
rufaleirt un Ange dtfcmdât du Cltl eu m»
ttrtmn ttmpi , peur traatler l'eau de U
Pîfilne Ht htihfaidc , qu'il patoit pat quel-
ques anciens Manufcrits , qu'autrefois on
a regardé ce paûage comme douteux, ta
effet ( continué- 1- il) dans un Manuferit
Latin de la Bibliothèque du Roi de Fian-
ce (cotté 4.582) 8c dont l'écriture en let-
tres majuscules atrefte l'ancienneté, ce 4
verfet ne fe trouve point dans le corps
du Livre , mais on le voit ajouté à la
marge fupeticure de la page, paruneraain
plus récente. Ce même verfet manne ~
dans un Manufcrit Grec de la même 1
bhotheque (cotté 2441) ainS que da
deux Mit de la Veriîon Copte du mèo
endroit,' Se dans un Ma&v&crw.'iw-V
tin de a BibUothsc^ae. &e. C
JO JotltlNAL DBïSÇAVANJ.
quel a autrefois appartenu à Thttâm d*
Sètt. Cependant (ajoute M. Kufter) s'il
cft vrai que l'on ait inféré originairement
ce verfet dans le Texte de fatnt Jean, il
faut que cette addition foit plus ancienne
eue Tertulticn , puifquc ce Père avoit fans
doute ce paffage en vue, lorfqu'ilccrïvoit
dans ion Livre dit BafUmt, Pifcinam Btth-
fitidam Angtlus intervenient commoveht, &C.
Un Ange furvenant agitait U Pi feint dt Betb-
faide. Du relie, M. Mill avoit palTé fort
légèrement fur ce verfet,
Dans le partage de la première Epître
de S. Pierre (11.1S.) iwrtpwi ™ï ttr-
■mine, i ptm tëis i^i9ett xai •«•Hfhr, *J.\«
xxt Tsït »*sMa7f, étant fournis à vos maîtres,
tien- feulement k. ceux qui font bons er doux ,
mais encore * aux qui font fâcheux , il y a
grande apparence que l'Interprète Latin a
]ù jvi*i>M! pour mwwfti puifqu'il a con-
fervé ce même terme {dyfcolis) dans fa
verfion. Mai» M. Mill , dans fes Note?
& dans fes Prolégomènes , va plus loin
il prétend que Aicmmk eft Ja Leçon vert
table , dont le mot (««Joî<) n-a été d'à
bord que l'interprétation , quoi qu'il ei
ait pris la place dans !a fuite. C'eftdeqac
M. Kufter ne tombe pas d'accord, ne
feulement à caufe du contentement '
nîme de tous les MIT, connus aujourd
dans /e/quels on lit conllamment »*»
mais encore paice, qiw te 4«mst
J UN VII H 1711. çr
Grec ayant une lignification plus vague 8c
plus étendue que Mùmh, il eft bien plut
naturel de penfer qu'on a dil employer
celui-ci pour déterminer le vrai fena do
l'autre.
Il ne nous refte plu; maintenant qu'à
marquer en quoi cette nouvelle Edition
eft différente de celle de M. Mill. Le
Texte Sacré eft ici imprimé à deux co-
lonnes , & lesverfetsy font diflinguez non-
feulement par leurs chiffrés, comme dam
l'Edition d'Oxford, mais encore par dés
À4ine,%. Au deflbus du Texte paroiffent
les renvois aux paffages parallèles des au-
tres Livres de l'Ecriture ; & ces renvoii
forment des lignes qui occupent toute la
largeur de chaque page. Cela eft fuivi de»
diverses Leçons 8c des Notes imprimée»
auiïi à double colonne, 8c diftinguées par
des chiffres & des à-lineû, qui répondent
à ceux du Texte. Cette partie île l'Ou-
vrage eft confiderablement enrichie par
quantité d'additions, qui font de M.Kuf-
ter, 6c qui pour n'être point confondues
avec ce qui appartient à l'Editeur An-
glots, ont été renfermées entre ces deux
marques (tj:). Outre cela M. Kufter a eu
foin d'inférer parmi les Notes 6c iesdiver-
fes Leçons de M. Mill, 1, toutes celles
tnt celui-ci avoir compofé le, taw% *v-
dix de Jbn Édition. ». Yws*»».***;
rations tirée d« ïwXfewn»*»»**' ■
5* JouhnaidesSçavans.
me Editeur. Ces Prolégomènes ne biffent
pas d'être imprimez ici dans toute leur
etenduèi & ils ont cela de plus commode
que dans l'Edition d'Oxford, qu'étanrpar-
tagei en petites feétions par des chiffres
marginaux , on pourra dans la fuite en
délignet plus préufément les endroits ci-
tez. .
Au refte, les diverfes Leçons ajoutées
ici par M. Kufter , font tirées de douze
Manufcrits Grecs du N. Teftament, par-
mi lefquels il y en a neuf delà Bibliothè-
que du Roi de France." Le plus ancien
& le plus confiderable de ces neuf Ma-
nufcrits eiï celui qui vient du Cardinal Ro-
tlolphi, & qui eft fous 1a cotte (roos.) Il
a cela defingulier, que les feuillets de par-
chemin dont il eft formé , portent deux
fortes de carafleres. Les uns très-anciens
& prefque effacez, nous prefentenr la plus
grande partie du N. Teftament.maïs dans
un defordre & une confulion extrême.
Les autres plus modernes , & qui font
prefque les feuls qu'on apperçoive, cora-
pofent les Opufculesde S. Epl/rem. C'eâ
M. Boiviu, l'un des Gardes de cette Bi-
bliothèque, qui le premier a découvert
des morceaux du N. Teilament , dans
l'écriture prefque effacée de ce Manufciït s
& qui en a recueilli quelques diveries Le-
, çons, qu'il a communiquées à M. Kufter,
I ■& qui font inférées dans «ss* Edition.
J A K VI B x 17*1* SS
maladies compliquées , les maladies qui
fervent de remèdes à elles-mêmes ou a
d'autres, le retour des maladies en dedans,
les fièvres intermittentes , les fièvres ma-
lignes, la perle, les maux que fait le froid,
la fituation la plus convenable aux mala-
de». Nous ne fcaurions donner l'Extrait
de tant de D ilTe nation s , nous nous bor-
nerons à celle du ferment de l'eftomach.
Il s'agit de fçavoir fi l'appétit & la di-
feftion font l'effet de quelque acide.
,'Auteur prétend que non. Il rapporte
les raifons dont on peut appuyer l'opinion
contraire; il réfute ces raifons, aprèsquoi
il établit fon fentiment, qui elt , que l'ap-
pétit & la dîgcftion "tiennent d'une fer-
mentation produite par les efprits, indé-
pendamment de tout acide Se tout alcali.
Cens qui foutiennent ici le parti des aci-
des, rapportent en faveur de leuropinion
dîveifes expériences, dont voici les prin-
cipales, i. Si l'on boit du lait le matin
à jeun, & qu'enfuite on s'excite au vo-
miifement, ce lait aura une odeur aigre,
& fera même un peu coagulé : preuve
roanifefte , dit Tachenius , qu'il y a un
ferment acide dsns l'eilcmach. x> Un
peu de limaille d'acieravalée, excite bien-
tôt dans la bouche une odeur de fotiphre;
& cette odeur clï toute fcinblable à celle
rt 'élevé de deiTus la oauàw. S-mm».^
d on t'a atiotcc Kw» *.«»■> V ^
54 JûBRNAL DES SÇATAM».
Phïtippi Wilhtlmi Stotkii. 1710. C'cft-l-
dirc : Les Difftrttuittts dt Rivinus fur
divers fujttt de Médecine, rajfembltes data
nn mêrne Rimeil, A Leipfic, aux frais
de Philippe GuillaumerStock. 17 1 1. vol.
in 4. pp. 944. Se trouve à Amilei-
dam chez les Waesberge.
£*Es Diffcrtations dont on nous donne
ici une nouvelle Edition , font au
nombre de 47, toutes fur diffërcns fujets.
Ces fujets font, !e Médecin Parfait, le
Médecin Superflïiieux, les propriété! des
medicaraens, l'effet incertaindes remèdes,
l'abus Se l'inutilité de la plupart des dro-
gues que débitent les Apoticaires, !a Mé-
decine dans les alimens ', les avantages de
la vie champêtre , l'efprit vital de l'hom-
me, la force de l'imagination, lavifion,
l'apoplexie, les remèdes anti-cpileptiques,
l'efouinancie, l'enrouement, l'aillime, le
crachement de fang,la phtliifiej'empieme,
la palpitation de cœur , le ferment de
l'eftomach, la faim canine & la boulimie,
a digellion difficile , la bile, le volvulus,
_a lientetie, la génération du fan g, la d<*
pravation du fang , la nutrition, le fc
but, la paralylic fcorbutio,tie , l'hydroj"
la difficulté d'uriner, le diabète, 1'
tement , les maladies hereditrô^
maladies particulières à
maladies animées ou \enri'
nnùoeascs
] A N V I a * 171ÏÎ 5;
maladies compliquées , les maladies qui
fervent de remèdes à elles-mêmes on à
d'autres, le retour des maladies en dedans,
les fièvres intermittentes . les fièvres ma-
lignes, la pefte, les miui que fait le froid,
la (ituation la pins convenable aux mala-
des. Nous ne fçatirions donner l'Entrait
Je tant de Diflertations , nous nous bor-
lerons à celle du ferment de l'eftomach.
i'agit de feavoir fi l'appétit & la di-
m font l'effet de quelque acide.
-'Auteur prétend que non. 11 rapporte
"s raifons dont on peut appuyer l'opinion
intraire; il jefute cet raifons, aprèsquoi
il établit fon lenriment , qui ert , que l'ap-
pétit & la digertion viennent d'une fer-
mentation produite par les efprits , indé-
pendamment de tout acide & tour alcali.
Ceux qui fomiennent ici le parti des aci-
des, rapportent en faveur de leuropinion
diverfes expériences, dont voici les prin-
cipales. 1. Si l'on boit du lait le matin
à jeun, & qu'enfuite on s'excite au vo-
millement, ce laie aura une odeur aigre,
& fera même un peu coagulé : preuve
manifcile, dit Tachenius , qu'il y a un
ferment acide dans l'eilcmach. 1. Un
peu de limaille d'acieravalée, excitebien-
tôt dans la bouche une odeur de fouphre;
& cette odeur elt toute iemblable à celle
oui s'élève de deffus V*. ^«oè** S--Mb'01^
quand on V» «tott* «»» *»**■ % -
J<5 JovitMAL DES SÇATANÎ.
on ouvre un animal vivant , 8ï que dira
la* liqueur qu'on tirera de l'eftomach on
mêle quelque alcali , il fe fera une effer-
vefeence ; ce qui n'arriveroit pas iî cette
liqueur n et oit acide.
4, On remarque que dans les lienteries
& les autres cours de ventre, il ne, fur-
vient prefque jamais de rapports aigresqui
n'annoncent la guerifon. Auili Hippo-
crate a-t-il mis ces rapports au rang des
meilleurs lignes qu'on puifle avoir alors. ■
j. Les acides , comme le jus de ci-
tron, celui d'orange & de grenade , le
verjus, le vinaigre, &c. excitent l'appé-
tit; & les alcali , au contraire, l'émouf-
fent.
6. La faim canine 8da boulimie viennent
d'un acide trop picquant, d'où il s'enfuit
que la faim modérée doit venir d'un acide
modéré.
M. Rivinus répond, que ces expérien-
ces prouvent à la vérité qu'il y a un aci-
de dans l'eftomach, mais nullement que
cet acide foit la. caufe de l'appétit, nide
la digellion. La railbn qu'il en donne,
e'eft que l'acide dont il s'agit eil étranger
à l'eftomach, puifqu'il r.e fe trouve point
dans celui des enfàns. Mais comment fe
convaincre qu'il n'y a point d'acide dans
l'eftomach des enfans ! L'Auteur prétend
Je prouver, en difant que cet acide les
cmpèçheioh àc digérer le lait, çaict*™*
JlNïtE» llîT.' fy ,
_ leroit. Quant aux rapports sddci
.c furviennent prelque jamais dan» les
taies , fins annoncer Ugucrtfon, on
pond que ces acides font l'effet de h
jigelîion , & non la caufe; que la fa-
m entati on qui s'excite alors dans l'efto-
inach développant les différeni (cb des s-
Jimens, fait que les fels acides qui y font
contenus fe font plus facilement fentir,
Pour ce qui eftdes fucs arides qui aiguilcnt
"appétit, ils ne produifent cet effet félon
lôtre Auteur, qu'en débarraffant l'efto-
uch de certaine! humeurs graiTei &
ailTes qui en tapîfTcnt la furface inte-
ure , & qui par ce moyen empêchent
a fermentation naturelle des alimens; en
forte que ces acides ne conftituent ni
n'augmentent en rien le ferment qui fait
l'appétit ou la digellion. An regard de*
alcali, tels que font les yeux d'écreviûei,
la corne de cerf, & autres abforbans ,
qui , à ce qu'on onjcéte , émouiîent l'ap-
pétit, M. Rivin répond , que les alcali
bien loin d'émouffer l'appétit, le réveil-
lent fouvent, c'eit lorfqu'il y a dans l'el-
tomach trop de pituite.
Il le prouve par l'effet que produit aîor*
l'efprit de fel ammoniac mêlé de fel de
tartres d'où il conclut qu'on auroit autant
de iaifon de foutenir que le ferment de
l'cflomach eft alcali , que, de fowerox
qu'il eft acide; èc voici \c ïw&rtnAïW*
C s "S?4
Journal de» Scavani.
qu'il fait là-demis. Le ferment de l'eflo-
mach cil acide , dircs-vous , parce Qu'en
pluiieurs oceaûons l'appétit eft réveillé par
les acides; & moi je ibuliens de même,
i]ue le ferment eft alcali , parce qu'en
plufieurs occdlions l'appciit cft réveillé
par des fels alcali & urineux.
Quant à la faim canine, qui eft exci-
tée par un acide trop dominant : Cet
icide, dit M. Rivin , vient de maladie,
8c par confequent on n'en fçauroit rien
conclure pour l'exiflence de l'acide natu-
rel qu'on veut établir. Aprèsces reflexions
l'Auteur établit fon propre fentiment.qui
efl que la digeftion & l'appétit font l'effet
des efprits animaux , indépendamment de
tout acide & de tout alcali. Voici fes
preuves- i. Quand- les erpiits animaux a-
bondent dans l'efïomach, on a faimi &
quand ils font diffipez , l'appéiit ccuej
marque évidente , félon nôtre Auteur,
que les erprits animaux font la véritable
caufe de l'appétit 5c de la digeftïon. Que
l'on ait faim quand les efprits animaux a-
bondent dans l'eitomacli , M. Rivin le
prouve, en faifant remarquer que fix heu-
res aptes le dîner, & douze heures aprè
le fouper, qui efl le temps où les efp'
animaux fe font reproduits pat le mr
de !a nourriture, on a ordinaireme-
grand appétit. Pour l'autre article
•toi:, gue la faim çefle quand ces
MOIC,
Jm'IIR I7M.
j font di/Dpez , il le prouve eticot. „
,10m faifant obfervec ce qui Ce pafle
iqu' on elt trop long-temps fans manger:
ar alors on fe fent foible , uns avoird'ap.
. L'exercice modéré augmente la
faim, & l'exercice outré la diminue", &
juelquefois l'été toute entière: or l'exer-
ice modère produit des cfprits , & l'excr-
ice exceffif fait tout le contraire
3. Les liqueurs fpiritueufes prifesenune
.ertaine doic médiocre, & tous les affai-
fonnemenslpiritucux, réveillent l'appétit,
». Les faignées trop abondantes, les hé-
morragies, les diarrhées , diffipent les cf-
prits ; & on remarque en même temps
qu'elles éteignent l'appétit, 5. Tout ce
En appelle les efpiits ailleurs qu'à l'efto-
ach, comme font la peur, la trifteffe,
u une violente douleur en quelque par-
; du corps, détruit auffi l'appétit. Un
jiomme partit pour acheter une maifon
de campagne, & quand il fut en chemin il
fe fentit une grande faim ; & comme il
étoitpresde lafatisfairc.il tomba ,&: fe fit
au pied une violente dëtorfe;cetredétorfe
lui ôta tout fon appétit , qui ne tevint
qu'après que le pied fut remis. Comment
rendre raifon de cet effet , qu'en difant
que la douleur de la détorle détourna fut
le pied prefque tous les efprits animaux.
& que lorfque le pied fut temw ,Ç£&*$ïyW
aaiffiaux revinrent à VeftonacM „
Ci c
<fo Jou'rnaidbsSçavans.
Ce que l'Auteur dit ici de la faim , il
îe dit auffi de la digeflîon ; ce font les
cfprits animaux qui divifent raliment, &
qui le réduifent en chyle. Cette digeilion ,
qui, félon nôtre Auteur, eft l'effet de la
fermentation, fe commence dans la bou-
che par le moyen de la falîve , qui eft
toute pénétrée d'efprits, & elle efi ache-
vée dans le ventricule , où des nerfs con-
Êderables , qui font des rameaux de la
paire vague , portent le fuc animal. Voila
le fenriment de M. Rivin fur les caufesde
la faim & de la digeflion , & en même
" temps un échantillon des Diflerutions qu'il
nous a laiifées.
Jo. B*tTHAiAnrs Wernheri D.
Pandetlirum Prof. P. Collegiorumque
Juridicorum quse Witemberga: iunt Af-
fefibris, feleifïce Obfervationes Foren-
fes, noviiîimis Dicafteriorum Witem-
bergienfium prajjudiciis confirmata ,
cùm duplici indice. Wîttmb'.rg* , apttd
Cbrifi. Iheoph. Ludovicum. anno 1710.
C'eftà dire : Remarqua choifin de Droit
■ v de Pratique, confirmées par de nouveaux
^jugement des Tribunaux de Wiitmbtrg,
Pur Jean-Balthaiar Wernher, Profeffiur
Public dit Digefte , V slff'ffcur de lotîtes
les Ecoles de Drcit de Wittmbtrg, A Wi-
remberg, chez Théophile Louis. 1710.
in 4. pagg.97z- SelïtmtTAxi&wàam
chez les VVacsberge. VI Kv
18VIÏ1
M-
jnfultes 6c en ProfciTeurs de Droit,
qui donnent volontiers au Public les E-
crits qu'ils ont dictez dans les Ecoles. M
Wernher a fait des Leçons de Jurifpru-
denee à Witembcrg,& il publie aujour-
d'hui en ce genre cinq cens Obfervations ,
dont chacune fait un Chapitre particulier.
Tout cela ne compofe néanmoins qu'
feul volume.
On ne trouvera pas dans ce Livre a
méthode fuivic; les matières y font ame-
nées comme par hazard , à mefure qu'el-
les fc font prefentées à l'Auteur. Nous
apprennons de lui-même , qu'en parcou-
rant fes Ecrits, il a choifi ce qu'il a trou-
Té de plus remarquable , & que c'eft de
ces remarques choifies qu'eu: compote
l'Ouvrage nouveau dont nous avons i
parler.
Dans le grand nombre d'Obfer valions
dont l'Auteur a fait choix pourfon Li-
vre, nous avons nous-mêmes un fécond
choix à faire pour le Journal. La aj.
Obfervaiion eft fur les Fiançailles, &dans
ce Chapitie voici un cas allez rare que
l'on propofe. Un garçon engagé à une
fille par les Fiançailles, lui rend les foini
ordinaires; mais dans les tranfports de fa
(endrefle , il veut jouit des ^\v**r.vs> **■ I
mari, fan* attendre qu'\\ en «s. "S» 'C;S:s^J|
V7
i
6ï Jqurhal dejSçavanï.
La fille fe plaint de cette entreptife anti-
cipée; elle en témoigne un violent dépir,
& pouffe la chofe 11 loin , qu'elle fouirent
ne pouvoir plus vivre avec cet amant té-
méraire, & par là elle eft dégagéeenvers
lai du lien des Fiançailles. Un premier
Juge, trop crédule peut-être fur le motif
de la colère alléguée , dégage cette fille
de fa promefie. Mais le Juge fuperieur,
fiiivant le fentiment de M.Wetnher, cafù
la Sentence „ & ne crut pas qu'une en-
ireprife qui ne venoit que de trop d'a-
mour, dût être punie par la privation de
l'objet aimé, dans un cas oit le mariage
prochain fombloit devoir tout exculér.oii
tout reparer entre les Parties.
La même matière des mariages donne
lieu à l'Auteur de propol'er une autre quei-
tion. Le mari d'une femme devenue
groffe , croit n'avoir nulle part à fa gro'
felTe. Il ne laiffe pas cependant d'admei
tre à fa table 8: à fon lit la femme qu'
ibupconne : eft-il après cela recevable
Paccufer d'adultère? Non, dit M. Wern
her, parce qu'en ce cas-là , quand l'injut
feroit certaine, elle pafferoit pour remi'
Autrefois, & dans le temps que l'adul'
étoit mis au rang des crimes publics ,<
Ilaccufation étoit permife à des étranj
la diffimulation du mari , qui avoit re
ft femme chez lui après avoir conr
îdciita., DaGoit doui une conr
Janvier 1711. <ïj
criminelle qui métitoit d'être punie. On
ëtoit bien éloigné de recevoir ce mari
pour aceufateur après un certain temps,
puifque par fon filence il devenojt lui-
même aceufé, & qu'il n'étoit excufablc
que dans le cas où il avoit des prétextes
pUuilbles d'incrédulité. C'eft la difpofï-
tion de la Loi 19, au Digefle Ad Lcg.
ï}nl. de Aduli. La Jurifprudence a chan-
gé depuis long temps par rapport à l'adul-
tère, il n'y a P'us 1uc 'e IMÙ qui foït
en droit d'en pourfuivre 1a vengeance: 011
ne le punit plus de fon filence comme
d'un crime; on ne s'en fert que comme
d'une fin de non recevoir, pour Tempe-
cher de le plaindre d'une injure , qu'on
préfume qu'il a pardonnée, en paffant a-
vec fa femme nn temps defliné aux recon-
ciliations domeftiques.
Pour faite entrer jufqu'-i cinq cens Ob-
fervations de Droit dans un fcul volume,
il a fallu donner à chacune peu d'étendue;
aulQ la plupart de celles qui compofentee
Recueil font fort courtes, & tiennent plus
de la précifion des maximes que de la
méthode ordinaire des DifTertations. La
matière fur laquelle l'Auteur femble avoir
fait plus de recherches , c'eft que celle
des Claufti dércgatcirei, On appelle ainfi
certains mots rayilerieux qu'un Teftateur
ft dans fon Teftamcnt, pout fc ^s&t»»*-
mer comte U ïusw&isro. &n^ "^^g
64 . JOUBNAt DES SçATl
Teftament, qu'il appréhende , qu'on ne
furprenne Je fa foiblclîe , & qui devient
inutile lî les mots dont il avoir feul le
fecret , n'y font reperei. Une perfonue,
par exemple, veut dirpofer de fes biens
dans un tems où la fanré & la Raifon lui
permettent de le (aire avec choix. Elle
craint que dans la fuite une iituation diffé-
rente ne lui laifle pas la liberté de refufer
des difpolitions favorables à certaines gens
qui l'obfedent , & contraires à fes vérita-
bles intentions. Elle déclare par unTefla-
ment fait avec réflexion, & dans un tems
libre , qu'elle entend que tout Teftanient
poflerieur qui paioîtra fous fon nom , foit
nul, comme ne contenant pas fa vérita-
ble volonté, s'il ne s'y trouve ces mots,
Seigneur, »yn piiii dtmti, ou tels auttes
mots qu'il lui plaira d'inférer. On aura
beau après cela fe prévaloir de fon grand
âge & de fes infirmité!, pour lui fugge-
rer des dffpofitions contraires, les pre-
mières fubiilleront en vertu de la claufe dé-
rogatoire, fi cette claufe n'eft rappellce
dans les autres* & elle ne le fera pas, 1
moins que le Teftateur, à qui feul elle
eft connue, ne veuille iîneerement chan-
ger de volonté.
Tel efl le fecret qu'il a fallu mettre en
eeuvre pour tromper l'avidité de ceux
qui ne cherchent qu'à fe procurer des
fucceîiiODs pn de mauviifes voyes, fou-
] 1 < V I I K I7II. «(
vent aux dépens des droits du fang 8t de
h nature. Mais l'artifice , qui abufe de
tout, fait fervir quelquefois à aflurer l'ef-
fet de la furprife , ce qui avort été intro-
duit pour l'empêcher. Un homme adroit
qui a fçû engager quelqu'un à difpoferdc
fou bien en fa faveur, & qui craint qu'u-
ne difpofition pofterieure, dont il ne fera
pas également le maître, ne lui ravine le
fruit de la première, fait inférer foigneu-
fement dans cette première difpofitioD une
claufe dérogatoire, qui y donne plus de
force; de forte que lorfque ce Teftateur
mieux concilié veut faire dans la fuite
une diitriburion plus fage de fes biens, il
court rifque de la faire inutilement, faute
de rappeller une claufe qu'il ignorait, OO
qu'il a oublié; & par là des héritiers lé-
gitimes font quelquefois ceux qui , contre
l'intention de la Loi , ont le plus a fouf-
frir d'une précaution inventée uniquement
en leur faveur; c'eil ce qui a obligé plu-
fieurs Doéteurs à condamner l'ufage des
Jiufes dérogatoires, & à Ibuhaiier qu'on
Journal bej S ç * v a k j.
ient , que de faire dépendre de fin-
ie de la mémoire l'effet d'un chan.
t bien certain de volonté. Il ajoute
■s fortes de claufes ont apporte plus
uble que d'utilité dans la Jurifpru- l
; qu'elles ont donné lieu à une in- I
le Procès, pour feavoir s'il futuToit
s fuiTent rappellées par une expref-
Snéralc, ou s'il falloit une revoca- |
■eciale fiî individuelle; & que pour
<is peut-étte qu'elles avoient empê- |
fraude, elles l'avoicct favorifé en
accafîons. De la il conclut qu'à
ous les inconveniens qui fe rencon-
ie part & d'autre, celui de reftrain-
i on ne veut pas tout à fait abolir,
ivoir des claufes dérogatoires lui pir
i plus léger; parce que du moins il
.e les cliofes à la règle, qui cft de
:eder un premier Teftament à un
1 ; au lieu que l'autre patti ôte en
is la liberté de relier, dont les hom-
>nt toujours été fott jaloux. En un
fur le fondement de ces raifons M.
her croit que pour révoquer un T>
It où fe trouve une claufe dérr
, il fuffit de déclarer en générr
eftament pofietieur, qu'on ré
ceux qui ont été faits aup-
3ue dans celui-ci il foit fait
ucune manière de la clau
le Drcmier : en forte c.
J a H T I « R I7ir: f,7
Syftême l'unique différence qui Te trouve
entre un Teftament où il y a une claufe
dérogatoire, & un Teilamenr où it n'y
en a point , c'eft que pour révoquer le
premier il faut déclarer en général qu'on
le révoque, quoiqu'on ne parle pas en
particulier de la claufe : au lieu que le
fécond erl révoqué de plein droit par un
Teftament pofterieur , fans qu'il fait b«
foin d'aucune révocation formelle.
Comme les claufes dérogatoires doivent
leur naiflance à l'imagination des Doc-
teurs , il faut raporter auffi au même
principe les diftinélions & les modifica-
tions avec leiquelles on les a reçues.
Plulîeurî, par exemple, eftiment que lorf-
qu'il s'eft écoulé dix années entre un Tef-
tament où il y a claufe dérogatoire , &
nn Teftament où il n'y a point de clau-
fe femblable, celui-ci pour révoquer le
premier n*a pas befoin de rappeller la
claufe , parce qu'alors on préfume qu'elle
a pu échaper de la mémoire du Tefla-
teur par ce long intervale. Mais M. Wern-
her ne trouve pas que le fondement de
cette diilinéiion foit folide. Le Tefla-
teur, dit-il, n'a-t-il pas pu oublier cette
chufe dans i'efpace de neuf ans comme
dans celui dédis > La fidélité de la mé-
moire a-t-elle un terme fixe au deli.4».-
3uel il n'y ait rien îl ri^iw, fe-«-*«-^
uquel il n'y aAt ne.t\\ crû»Ss* - ^
Janvier j 7 f i. iV_,
aufli novis fragments Grsecis; Obfcr-
vationibus ae notis , copiolîiiimifque
Glolïanis & indicibus illuitrati & locu-
pletaii; quibus omnibus prsmiuuntur
tresDiiïerrationes, in quibus Hœrefes
ab Irenœo memoratK, & loci difficiles
explicantur, ejufque vitœ ac geflorum
Hiftoria difcutitur. C'eft-à^diie : Lis
linq Livres de S. Irenée centre les Htre-
fies. A Paris, chez Jean-Baptifte Coi-
gnard, à la Bible d'Or. 1710. in fol,
pagg. 83 B.
TA première Edition des cinq Livrci
*** de S. Irenée parut à Baik en ijie,
par les foins d'Erafme. Quoi qu'il eût
confulté trois Manufcrks , elle eit iï dé-
feétueufe , que le Père Maiïuet remarque
que fouvent on y cherche le lens de l'Au-
teur, fan* pouvoir venir à bout de ledc-
courrir. On doit la féconde Edition à
Nicolas Gall.ifius , Miniftre de Genève,
qui la publia en 1570. Pour ce qui re-
garde le texte , elle ne diffère de celle
d'Erafme que par de nouveaux Sommai-
res de Chapitres , & quelques additions
tirées de S, Epiphane. Dans les Notes
l'Editeur a eu principalement en vile", fé-
lon le P. Maffuet , de rendre S. Irenée
Calvinifte. Jean-Jacques Grynée dessa-
la troifiéme Edition «sa \yn. *- "*»**= ^
ranôenne Veifion ôm vwss»» ç=01*^
Ton de celle du 1".
de l'Ordre de S. François. Nous parîoni
principalement de l'Edition de Cologne
de 1596, car ainfi que le P. Mafiiier l'ob-
ferve, celle qu'on avoit vu fortir de l'Im-
primerie de Nivelle dès 157581 is7fi,n'é-
toit pas encore tout à fait exempte des
défauts des précédentes.
Dans l'Edition de Cologne , & dans
celles de Paris qu'on y conforma, leteite
fe trouva rétabli en beaucoup d'endroits,
par le recours de deux anciens ManufcritSj
Se on y vit paroître pour la première fb»
les cinq derniers Chapitres du cinquième
Livre, avec la traduction de quantité de
fragmens de S. Irenéc , épars dans d'au-
tres Ouvrages. Après avoir relevé le
(e. M. Grabe a rejette à la mar-
Leçons qu'il falloit conferver. Se
fé ptufieurs fautes dans le texte,
alité eft fi fenfible dans les Notes,
"apperçoit d'abord qu'il s'eft plui
é à mettre S. Ircnée dans le parti
.ife Anglicane, qu'à faire une Edi*
■acle des Ouvrages de ce Père.
:rs la plupart de ces Notes, fcm«
à celles du P. Feuardent, fati-
>ar leur prolixité , & ne fervent
de rien pour l'intelligence du texte.
ut vuir dans le Livre les autres
îes que nôtre Editeur fait à M.
s cette Edition , le P. Maflnet s'eft
: trois chofes; fçavoir, de redon- ,
tente toute la pureté poffible; de
îr : & d'énarener en tout ce oui
7* Journal dïs Sçavaxi.
firemier point. Dans fes Notes i! e*p!
es difficultez du texte, qui font très- r
breufes, parce que l'Auteur y combs
Hérétiques , dont le Syiléme 8c le
gage étoient l'obfcurité même. 1
Diflertations qui font à la tête du
lurae fourniflent aux Lefleurs une
nité de connoiflances dont ils peuvet
voir befoin.
Dans la première l'Editeur fait 1'
toire des Hérétiques dont parle S. Ire
dans fon premier Livre. 11 comme
par Valentin, & il expofe les dogmes
cet Herefiarquc avec- toute la clarté A
ils font fufceptibles. Les Difciplesde''
Jentin paroiffent enfuîte fur la Scène.
nous fait connoître Secundus, Epiphai
Ptolemée, Colorbafe, Marc le Magici
Ce dernier fe rendit aufiî célèbre par
prefliges que par fon éloquence. Il s'ai
choit fur-tout à pervertir les femmes
plus diflinguées par leur beauté & ]
'leurs richefles. Il leur apprenoît avec l'I
relie Valentinienne , les myfteres de
Theurgie, & les inflruifoit à faire de fi
miracles à fon exemple. Un de ces n
racles étoit de changer du vin blanc i
vin rouge par une confectation facrile|
Des Difciplcs de Valentin on remonte
fts Maîtres, à commencer par Simon
Magicien , père de tous les Hérétique
_<■'«? ainû qae l'appelle S. [renée. Ar
] » " V 1 I « l]n. 71
viennent Menindre . Saturnin.
Carpocrate , Cerinthe , In
: , les Nicolaïtes , Ccrdon,
. On fait enfuire de nouvelles
; fur les diverfes Sectes de Gnofti-
en particulier furies Ophites.Ies
, & les Caïnites.
conde Diflertation renferme la vie
renée. On conjecture avec affer
femblancc qu'il naquit vers l'an
us le règne d'Antonin Pie; Se on
bien au long contre M. Dodwcl,
it fa vie parle martyre. Apres
ntretenu les Lecteurs, de ce qui
"a perfonne, on donne une idée
uvrages. 11 compofa les cinq Li-
itre les Herclies fous les Pontifi-
Lleulnere & de Viftor , 8c il les
en Grec. 11 eft arrivé à cet Ou-
qui eft arrivé au Pafiiur d'Her-
origïnal Grecs'eit perdu, & il n'eit
la Verfion Latine. On ne con-
l' Auteur de celle de S. Irenée,
elque mauvaîfe qu'elle foit, elle
m auflV ancienne que le texte mê-
la troifiéme DiiTertation , le P.
expofe très-nettement h uofttine
enée. Cette «polition ellparra-
ilufieur s articles, où l'on déccnmsi
timens de ce Père fat Yfcoixw*
fat h Tradition,
-t I tic im 1 LUITOU
Grecs i « V betom û^ ûetonstw.
&
Juin» 1711.
mtm dei tin/ciel. P.ir Jlmii ,\lh
s la Socieli Rayait du Scïtnctt , t? Dm'
ttttr m Médecine de la Faculté di Mon.-
Çlltir. A Montpellier , chez Honoré
ecb. Imprimeur du Roi & de la So-
ciété Royale. 1710. in 11. pagg. 1B9.
planches 1.
T E mouvement des Mordes efl un phé-
■'■"' noméne dont la véritable caufe eft S
cachée, qu'on ne doit pas être furpris de
voirparoîire de temps en temps quelque
nouveau Syftême.qui promettele dénoue-
ment de ceite Enigme phyfio logique. En-
ire ceux qui fe font flatez de 1 "avoir trou-
vé, l'on peut dire que MM. Stéaen, Hïi-
lis , AUyrui , Perrault, Barelii , BtrnouUi ,
Bt quelques autres , tiennent le premier
rang. Mais on ert obligé d'avouer en
. même temps que tout ce que les reeher-
d ches de ces grands hommes nous offrent
de plus folide & de plus ingénieux fur ce
point, fe réduit à de pures vrai-femblan-
f ces , qui loin de porter avec elles une
entière conviction , font naître de nou-
veaux fcrupules & de nouveaux doutes,
dont elles ne fourniiTent point réclairrifie-
ment. Deux'obftades prefque infunnon-
ubks fe font oppofex jufqu'ici à une dé-
couverte fi neceiTaire , pour metutiras
" un plein joui ce qui lait la part\e \» V^4
conlidenble Se la plus cutïeute àe, \Oc-
D z «»•
É
j6 JoUKVAL DES SÇATINJ,
conomie Animale. Le premier de cm
obilades vient dece que maigre1 le fecours
des microfeopes les plus exquis, on ignore
encore aujourd'hui la (huéture intime de
l.i fibre motrice , de laquelle néanmoins
dépend tout le jeu de la machine mu/cu-
Itufe, L'autre inconvénient , c'eft que
l'on connoît aufli peu la nature du liquide
delliné à mettre cette fibre en mouvement,
& qu'on nomme d'ordinaire efpri ranimai;
ju!hues-là que quelques uns ne font nulle
difficulté d'en nier l'exiftence.
Cesdetw écucils , contre lefquels ont
échoué tant d'habiles gens , n'ont point
empêché M. Aftruc de tenter l'avanture;
& il faut demeurer d'accord , qu'aidé dd
diverfes expériences anatomiq ues, &cori
duit par la méthode des Géomètres , ij a
pouffé l'explication du phénomène dont
il s'agit, jufqu'àun degré de vraiteinblan-
ce qui paroît approcher fort de la vérité.
Il divife fa Differtation en trois parties. Il
recherche, dans la première, quelle eft
la caufe du mouvement des mufdes. Il
examine, dans la féconde, par quelle Mé-
chanique les efprits animaux peuvent mou-
voir ces organes ; oc dans la dernière par-
tie , il déduit les conféquences de cette
Méchanique , & répond à quelques ob-
jections.
/. M. Aflruc entre en matière par une
dd'cripûoa «atomique 4\i>iVï.Wk. Ct&»
] I
i-n.
dit-il, un compofé de fibres charnues, tu-
dinairement paiallcles entre elles , dont In
extremitei reunies forment de part 6c
d'autre une cfpece de corde ou d'attache
d'un litfu irés-fcrme & uès-teiré.appclJée
Ttnim. Chaque Mufcle cft exactement
enveloppé d'une membrane, qui le pénè-
tre intérieurement, & qui par une infinité
de fubdivifionsen partage ks fibres en pli
fleurs pacqnets de figure hexagone, qua
lée, triangulaire, &c. en forte que ceq>
paroit a l'œil une (impie fibre mufculeulc,
étant regardé au travers d'un microfeope,
fait voir un faïfceau de pluficurs fibres re-
vêtu de fa membrane particulière, &i d
vifé en plufieura autres petits pacquets. 1
fubftancc du Mufcle efi garnie d'artère
de veines, de nerfs, & de v aï fléaux lym
phatîques, qui s'y distribuent par quantiti
dcramirkatioos. M. Aftruc ne cunliden
les tendons que comme de (Impies cordes
incapables de raccourci iTement ;
prétend qu'il ne fe fait de véritable
traclion que dans la partie charnue ou I<
ventre du Mufcle. 11 eft fort éloigne
d'attribuer, avec Maytiu', cette contrac-
tion aux filets membraneux , qui
nu;nt entre les fi.ires mufculeufM
n'accorde à ces filets d'autre u;age, que
celui d'avertir l'animal par une fenfauoa
douloureufe. que daiii certains mouve-
j trop iiuknsSi rontracÂioa des Este*
D 3 Aê-
?8 JOURMAL BEsSçATAN»!
devient exceffive, & qu'elles font endati*
ger de fe rompre.
La ftrmfture du Mufcle ainfi établie,
r Auteur recherche quelle eft la liqueur
qui communique le mouvement à cette
machine; car il fuppofe abord, comme
une vérité qui n'eft conreftée de perfonne,
que ce mouvement n'efl dû qu'à un li-
quide. II n'a pas de peine à fe détermi-
ner en faveur de l'efprit animal; d'autant
plus que cette opinion eft, dit-il, appuyée
du confentement unanime de tous les
Auteurs, fans en excepter Stimn, quoi
qu'en ait voulu dire Mttjovo. On voit
bien que M. Aftruc ne met point ici en
ligne de compte ceux qui nient abfolu-
ment l'exiftence des écrits animaux. Il
eft fipcrmadéque ces eiprits fuffifentpour
la contraction des Mufcles, qu'il ne vent
pas même y joindre le fang artériel , que
pluiîeurs ont crû devoir y mettre de
moitié , fondez fur l'expérience de Sténo»,
3ui aflure qu'on ne peut lier au deflbus
es reins dans un chien vivant l'artère
defeendante , fans ôter le mouvement à
toutes les parties pofterieures de cet a-
tiimal.
L'Auteur a vérifié cette expérience]
mais il y a découvert une circonftan"
ignorée par Slirwn. C'eft que les partie
poilerieures du chien, par cette ligature,
uaa-fcukment perdent \e mou\M&a«
J--* m v i E n. 1711". 70
niais encore le fentiment ; quoi que tout
le monde convienne que le nerf animé de
fes efprits en (bit l'unique organe. De là
M. Allruc a pris occafion de faire de nou-
velles réflexions fur la caufe de ce phéno-
mène; & il a trouvé qu'elle confiftepré-
cifément en ce que la ligature empêchant
la diftribution du fang artériel dans cette
partie de la moelle épiniere d'où partent
les nerfs qui ie jettent dans les parties
pofterieures du chien , elle fufpend Fis*
fluence des efprits dans ces mêmes nerfs,
à laquelle ne contribué' pas peu (félon
lui) la fyïlole ou la contraction de celte
partie de ta moelle, caufée par le batte-
ment de tous les rameaux d'artères qui
l'arrofent. Cela eft fi vrai , que fi l'on
fait plus bas la ligature de l'artère , en,
forre que le fang ne pouvant couler dans
les artères iliaques & dans l'hypogaitrique
qui le portent à toutes les parties inférieu-
res, ne laine pas d'avoir fon mouvement
libre dans les artères lombaires , qui le
conduifent à la moelle de l'épine j il ar-
rive que ces parties inférieures, quoi que
dénuées de l'influence du fang artériel,
comme dans l'expérience de Siérwn ,• con-
fervent néanmoins le mouvement & ie
fcntiment. M. Aftruc n'oublie pas d'aller
t devant de quelques ohijtavaw. , <s?»
partifans de Y exçlolion eis&fcft "«"OS
Mue ea [»j«i~\ «*. »»^*»
JOUHNAL DIS SÇAVANS.
imal, pourroient faire contre)» conft-
quence qu'il tire du fait anatomique dont
nous venons de parler s & il a foin de
confirmer ce fait par quelques amies ex-
périences.
II. Après s'être efforcé de prouver, dani
la première Partie de cet Ouvrage, que
le mouvement des Mufcles dépend uni-
quement des efpriis animaux , &que le
fang attériel n'y a aucune part, il s appli-
que à déterminer par quelle rr.édianiquc
ce mouvement peut s'accomplir. 11 fe
jirefenie d'abord une grande difficulté, ti-
rée du peu de proportion qui fe trouve
l'ntre la force qui meut les efpritj, & la
lefjftance qu'elle doit furmonter dans le
mouvement des Mufcles. Que la force
»vec laquelle ié meuvent les efprits fuit
nés-petite , on n'en peut difeonvenir
(félon l'Auteur) puifque la plus légère
iuipreflion, par exemple, celie d'un lêtu
appliqué fur la peau , fe faisant reuenlir
dans Imitant, ell capable de vaincrccctte
force, en repouffant une colonne d'cfprits
vers le cerveau ; frns quoi il n'y auroit
point de fenfation. D'un autre coté, l'on
j'eut juger de la grandeur de la réiîflance
a furmonter, parla manière dont les os
font articulez enfemble, & dont les Muf-
cles y font appliquez; d'où il arrive que
cetix-ci ni peuvent foûkvet un poids mé-
tfïocre fias employer une tocc ç^mc
Janvier i7n. S,
immcnfe i ainii que le montrent les
Calculs de BanUi , aufqtiels nous ren-
\oyc en partie M. Aftruc. Il ne laifle
pas d'alléguer quelque exemple , en-
tre autres celui du Mufcle Dtlis'tdi ,
qui pour foutenir le bras fitué hori-
zontalement , & chargé a l'endroit du
coude d'an poids de \% livres , doit
exercer une force égale au poids de Bjj
livres.
Pour refoudre cette difficulté , il eft
queilion d'imaginer dans le Mutcle une
l'ruéturc capable de multiplier infiniment
la force avec laquelle les efprits animaux
y font pouffez : & c'eil à quoi travaille
l'Auteur dans deuï Chapitres deflinez â
l'étabUffcment de plulîeurs himmu Anato-
miques, Phylîques, & Géométriques. 11
fuppofe donc en premier lieu, i. Qu'un
pouce quarré contient 36864 fibres inuf-
culeufes , Jituées directement , & qu'il
en contient le double lorsqu'elles fui t
poiées obliquement, i. Que ces fibres
ne fc con; iactcnt que par leur dilata-
lion latérale. 3. Que wcune de ces
ttbres n'tlt qu'un enchaînement de ve-
liculcs elliptiques. 4. Que chaque vc-
ficule reçoit les efpnts animaux par un
petit canal nerveu* qui lui cil particulier.
<. Que ces efprits exercent toute leur
force contre chacune des parties de lavé.-
toile, qui fc UouvetA taAWi^Xw**
Sa Journal ut s Sçavan
ehure du petit tuyau nerveux ; & qu'on
peut fuppofer dans les parois de chaque
véficule 900 de ces parties , qui font di-
latées par toute la force des efprits ani-
maux. 6. Que la force qui dilate chaque
véficule eft à la rdiftance qui s'oppofe à
cette dilatation , comme la largeur de
cette véficule eft à la moitié de fa hau-
teur, &c.
De tout cela il refulte que dans l'action
du Mufde DcUùde , formé de l'aifemblage
de douze autres Mufcles, qui ont chacun
an demi-pouce en quatre , & dont les
fibres font fituées obliquement ; chacune
de ces fibre» & chacune des vcficules qui
la compofent , eft en équilibre avec le
poids de trente grains, puifque le Mufde
entier (comme nous avons dit) peut foa-
tenîr un poids de 855 livres. Mais com-
me on admet dans chaque véiicuJe 900
parties qui font dilatées par toute la force
des efprits que contient cette véficule, &
qu'on fuppofe d'ailleurs que la l.irgcur de
cette même véficule dilatée eft fous-dou-
ble de la moi» de fa hauteur, il s'enfuit
que la force pofitive des efprits qui cou-
lent dans cette véficule pour la dilater, eft
égale a la (bixantiéme partie d'un grain;
Si que par conféquent la force totale des
efprits qui font la contraction du Mufcli
Vtliatdt, eft égale au poids de huit à
drachmes. De là il cit ûfé de coud
] » « 1 1 n 'm: 8j
qu'une puiiTioccqwi canndletn «une pour -
joit foutenir qu'une once & quelque chofe
de piu». devient capable pat la mavcil-
leufe méchanique du Mufde , de contre-
balancer le poids de I s$ livres.
L'Auteur , pour confirmer la vérité qu'il
vient de démonirer par rapport an mou-
vement des Mufdes, ceft-à-dire, qu'âne
très- petite force peut vaincre u ci e très-gran-
de refiftanec, rapporte quelques expérien-
ces, entre antres celles d'une corde mouil-
lée , qui en fe raccourcira nt par la feule
introduction des particules d'eau, fouleve
les corps les pins peiitis. II a foin auffi
de mettre fous nos yeux par une Table,
h proportion qui fe trouve entre les di-
vers degrei , tant de h dilatation que
fouffrent les véfieules mufculeufes, que de
la refiftaDCe de leurs parois, 8c de l'effort
que font les efprits animaui pour les di-
later.
III. La dernière Partîede cette Differta-
tion contient quatre Ch a pirres, dans le pre-
mier defquels M.Aftrucjuftifie laNaturedu
reproche qu'on lui pourroit faire, d'avoir
montré peu de fageffe & d'habileté d.ins
la fituarion & le jeu des Mufcles, qu'elle
a difpolëz de manière , que pour nirmon-
tet one médioetc refiitance, elle efl obli-
gée d'employer une très-grande force;
celle deSsç livres ( par exeoitjVeA V*^*^
mouvoir 5^. W fYvftWK ■ass'aS**31*'''^
*4 Journal des S Ç a V i n s.
coup furies raiforts tirées de la necefCté
de cette lituation, ou de la beauté exté-
rieure du corps , qui n'ont pas permis à
la Nature d'agir autrement , s'attache à
faite voir que pour l'intérêt même , la
commodité, & la confetvation de l'Ani-
mal, elle n'a pas dû mettreen œuvre une
raéelianique différente de celle qu'elle em*
ployé dans le mouvement des Mufcles.
Car par ce moyen ri on -feulement elle a
diminué conGderablement la contraâion
des fibres mufculeufcs, & la dilatation de
leurs vélicules , mais elle a prévenu la
trop grande difîipation des cfpritt; & en
multipliant la viteife & la force de leur
mouvement , elle leur a fait furmonter
de plus gtandes reiittances.
M. AÏÎruc montre , dans le II. Chapi-
tre, combien la ftrueWe des Mufcles clt
propre a jronferver & ménager les efprits
deitincï i les mouvoir ; & que ce n'eft
pas inutilement que la Nature en a fait
les fibres fl délices , qu'elles échapent à
nos yeux, & aux meilleurs mictolcopes.
En effet, il s'enfuit de cette «tréma dé-
licatcue du tiffu d'une fibre, que la plus
petite quantité d'efprits fuffit pour en di-
laterles vélicules, & en procurer le rac
courcifiement, C'ell de quoi l'Aute
donne ici quelques démonflrations C
métriques.
Jlpiopofc, danj le III. Chapif
Irnnin nu. 8j
msnVe dont fe fait le relâchement du
Mutcle. Cela ne peut arriver (. dit-f! )quc
pat le reflux des elprjts ver* le cerveau,
ou par leur écoulement au travers des vé-
tienta mufcirleufes. Il rejette le premier
moyen, qui ( idon lui) ferait accompa-
gné de quelque douleur ; Se il aime mieux
s'en tenir au fécond, dont il fpécifie les
diverfes circonlUiiccs , & dont il dévclupç
ingënieulemein toute la médianique.
Enfin l'Auteur employé fon dernier Cha-
pitre à l'examen de l'expérience de C/iflï»,
par laquelle cet Ar.atomifte a prétendu
démontrer que la contraction du Mufcle
en diminue le volume. Nous pallbns
fur tous ces points d'autant plus légère-
ment, que nous n'avons nul deflein de
donner ici un Extrait qui tienne lieu de
l'original. Nous nous contentons d'exci-
ter la curiofiic des Lecteurs , & nous ht
renvoyons à l'Ouvrage de M. Allruc,
où ils trouveront de quoi la fatisfaire.
Rçl.vîan txufti concernant lis Ctravannti
des Cartegts du Marchands d'Afit. Pur
Ai. BvcnoN , Ctigraj-bt ordinaire dt S,
A. R. dt lorréini. A Nancy, chez R.
Chariot & P. Defchamps , Imprimeur»
ordinaires de S. A. R, Se fe vendent
chez Claude Bouchart&FrancoisFaflré,
Marchands Libraires à N»ncj. xoC
lî. pagg, 114.
■aftré,
m
.,.
85 JODUKALDEïSÇAVAN
pLusrEuas Autearsontparlédes (
vânes des Marchands, mais aucur
qu'ici ne nous a donné une connoiil
parfaire de ce qui s'y pratique. Pieri
la Vallée, & te Chevalier de Vérone
dit M. Bugnon.auroienipùnQiisinilruii
deflusplusàfond.M. leTëvre.MJouvii
Rocheforr, 8; l'Auteur de l'Hiftoin
Kemiski , fe font un peu plus éten
mais ils nous laiflent encore bien des*
fésà defirer. MM, Thevenor , Tavcri
Moriron, Gautier, Schouten, nous
parlé des Caravanes des Pèlerins qui <
vifiter le tombeau de Mahomet , £
lieu de Ta nailTancei mais nous ne vo;
point dans leurs Relations , non plus'
dans celles des autres, qu'on ait pen
dans les deferts de l'Arabie avec des C
vanes de Marchands , ni par conféqi
que crt Caravanes foient entrées en ail
ce avec ces Arabes, pour y conierv«
fureté 6c la tranquillité du Comme
C'eft Une partie de ce que l'on voit <
la Relation que nous donne M. Bugi
Il profite de ce qui a déjà été rappi
par d'autres, Si il y joint ce qu'il a
couvert de plus. Ce qui apparticr
d'autres Auteurs fe trouve ici marqua
une étoile au commencement de cl
article ; Se ce qui eft de M. Bugn
marqué par dcujt ou trois étoiles.
ï * w ri s & i7ii. tf
te qu'on peut connaître d'an coup dv*J
toutes les additions de ce Livre- LO*-
vrage eft conçu en forme de Lettre, te
on y voit, depuis le commencement juC-
ques vers h moitié, ce qui compote les
Caravanes des Marchands ; de combien
dcfortesily en a; de quel ufage y font les
d/fFérentes efpeces d'animaux qu'on y fait
entrer , & combien on les acheté j les
lieux où on les prends 1« hommes qui
font employé* à les gouverner , & la
paye de ces hommes; les différens Offi-
ciers qui ont la conduite de tout , leurs
appoinremens; ce que c'efl que voyage
de terre & de courfes ; comment fc font
les Haltes aux Carvan-Serraû & aux Ha-
Tims. On y voit par des deferiptions Geo-
métriques, & par des plans particuliers,
les différentes manières dont ces Caravanes
fe campent; comment elles fe défendent
lorsqu'elles font attaquées par des Turmtt
Arabes. L'Auteur employé le refle de
l'Ouvrage à nous apprendre ce qui fe
paile dans la conjoncture des Traitez
d'alliance que font les Caravanes avec les
Arabes. Il prend occaiion de là , de foire
connoître le génie de cette Nation; d«
nous informer par quels préjugez elle fup-
pofe qu'il lui cil permis de dépouiller, li
elle peut, toutes les Nations de la terre,
voit enfuite la prodigieufc Qt-vw^fe.^
liions qu'une Çuviisa «kwï«ï^ ^
s
£3 JoORNAtDESSçAVANS.
vec foi ; en combien de partis une Cara-
vane fe divife au dépait des entrepos, &
comment s'y font les échanges des Mar-
chandifes; le temps qui eft accordé aus
Coinmiffionnaircs locaux pour difpoiér
des parties qui leur font cônfignécs com-
ment on leur fait paffer l'avis, Scdequel-
le manière les équipages prennent le re-
pos. Voilà le plan de l'Ouvrage, venons
à quelques participai irez. Les Caravanes
^dont il s'agit font degrandsconvoisd'hom-
mes armei, de Marchands, de Ncgotians,
& de di vertes fortes d'animaux pour por-
ter les proviiînns. Ces Caravanes ne font
armées que pour veiller à la furetedetout
ce qui eft de leur fuite, & fe défendre
contre les voleurs , mais principalement
contre les Arabes, qui fe croyent en plein
droit de dépouiller toutes les autres Na-
tions. Pour former une Caravane il faut
avoir par écrit la permiffion d'un Souve-
rain, legaiifée au moins par deux autres
Souverains voilins, ce qui s'appelle , com-
me dans la guerre, une Comtnifljon. Il
eft libre à un Negotiant de faire une So-
cîeté pour former une Caravane. Celui
au nom duquel elle fe levé en eft regardé
comme le Chef, à moins qu'il n'en fubf-
lîtue un autre en fa place; 6i fi la Cara-
vanne eft à plufieurs Marchands , ils éli-
sent entre eux un Chef, que l'on appelle
C*rv*wbantky. Entuitc ils, choilitrenr des
I t :; v ] i ( 1711.
liciers pour 11 conduite de la Caravan
; pour juger cnfcmble des différens qui
peuvent furvenir pendant le voyage. 11
y a cinq efpeces de Caravanes. La pre-
iiu'ere ell appellée Caravan* ptfantt. Elle
cil compofée d'élephans , de dromadaires,
de chameaux, & de chevaux. On l'ap-
pelle aufli Caravane nombreufe & invin-
cible, parce qu'elle eft difficilement vain-
cue par les Arabes. La féconde fe nomme
Caravan* Itgcre. Il y entre des droma-
daires, des chameaux, des chevaux , Si
(très peu d'elephans , qui ne fervent qu'à
porter de ville en ville les provîfions de
bouche. La troificme cft appellée Car*-
■vant ordinaire. On y voit des droma-
daires , des chameaux , & des chevatu
On nomme la quatrième Caravane de .
■vaux, parce qu'elle n'eft compose que
de ces animaux, dont les journées font le
double des autres. La cinquième, qu'on
appelle Caravane de Mer , n'eft autre choie
qu'une Flotte Marchande, compofé'
certain nombre de Vaifl'eaux chargez de
Marchandées , & efeortez par quelque!
VaJrTeaux armez. Laproportion que l'on
garde fur le nombre des animaux qu'on
fuf entrer dans une Caravane, cft que s'il
y a cinq cens élephans , on met mille .
dromadaires, ci deux raille chanrtWKi. vx
moins. Le cortège eft, de qûauc tù&c
hommes, tous momei, tans v c(jtoîï«&-
o© Journal des Sçavans,
d/e les Officiers de Caravane, ni les Ctfï*
meliers & autres Serviteurs, non plus que
les PafTagers, qui ne contribuent pas peu
à- en augmenter la force.
Il faut deux hommes , qu'on appelle
BmcIks, pour conduire un éléphants cinq
Bextbts, pour trois dromadaires , & fept
pour dôme chameaux. A l'égard des
PaiTigers, le nombre n'en peut être fixé,
ils ne font point obligez à prendre les ar-
mes pour la défenfe de la Caravane ; mai»
îi dans l'oecafion ils négligent de le faire,
ils ne peuvent plus rien efperer fur les
provilîons de la Caravane : car quelque
prodigieufes que foient ces provifions,
puifqu'il y en a toujours fept fois plus
qji'on n'en peut eonfumer pendant le
voyage, elles ne font jamais dilhibuées,
même pour de l'argent , qu'à ceux qui
font à la folde de la Caravane , ou qui
portent les armes pour la défendre. Dans
le nombre des animaux qui la compofentr
il y a des élephans uniquement deitinez
pour le combat , d'autres pour monter
les Officiers & les Conducteurs, qui corn*
bMtent iiiffi dans le befoin ; il y a des
dromadaires de charge , avec leurs Offi-
ciers , des chameaux chargez de provi-
fions, Se des chevaux qui fervent à mon-
ter les hommes, & qu'on employé aulli
çue/guefois a porter vme çwiîe des provi-
fions. C'cft dansYOïWW.opA'iftVWïws^
l tous ces animaux.
Janvier 171"!. 91
Unélephant bien conditionné coûfe7s7
écus, en le prenant à Siam , oEi les éle-
phans font à meilleut marché, fit oïl les
plus chers ne coûtent que 10000 livres.
L'Auteur ne parle point ici de ceux qui
font d'un plus grand pris par leur blancheur
naturelle , & qui font deftinez pour Ben-
gale 8c Siam. On peut voir 11-deflusM.
de Choifi. Les Carvanbanchis n'achettent
point de ces élephans, ils les laifTent a la
dévotion de ces peuples, qui en font l'ob-
jet de leur idolâtrie. Les dromadaires fe
trouvent dans lesmontagnes deGolconde,
& de Raolcon.de, tributaires du Mogol;
ils font plus forts, Se d'une plus longue
vie que les chameaux , mais ils coûtent
au moins 100 écus pièce. Les chameaux
bien conditionnel, 5î en état de porter,
coûtent j8 écus pièce; la Perfe & le Mo-
gol en font remplis , mais les meilleur»
viennent de l'Arabie Heureufe , ou du
Royaume d'Adel , dans les côtes d'Ajan ,
fur les confins de la Mer Rouge. L'é-
quipage d'un éléphant coûte «56 écus mo-
noye de France i celui d'un dromadaire
31 écus, & celui d'un chameau iS, La
nourritured'un éléphant fe monte à 3 écus
& demi par jour en campagne , & à 1
écus par jour pendant toute l'année } celle
d'un dromadaire , à j Maftm <x\ <^ox~-
pagne , c'efr-à-dire , i ia Mfc . ™^ S*^.
«font le fejour elle ne mon« c^iA'-'^ ^
>}i Journal dis Sci
lié. Le dromadaire confume non-feule-
ment beaucoup de bled 8c d'oige , mais
beaucoup de ici 8c de falpêtre , à caufe
que !c bîfcuit qu'on leur donne dans le
defert doit être fort falé, pour les obliger
à boire de grands coups, 8c à s'humecter
les poumons, ce qui four i en t cesanimaui
contre la chaleur Se la fatigue. On amafle
avec foin l'urine des dromadaires ; elle
S'employe à divers ufages , & on prétend
' j'clle eft l'unique diflolvant de l'or,
ous patTons plufieuts autres articles^
jur venir à ce qui regarde les Carvan-
..rray , ou Ctrvan-U'r.vt. Ce font des
hôreileries ou rctraiies publiques , iituée»
dans les pats habitez de la Turquie & de
la Perfe , pour mettre les Caravanes à
couvert. C'etl le grand. Seigneur tk les
Bâchas qui les font bi.ir. 11 y a des &w-
van -Sirruh reniez où l'on ne paye rient
ta conflruétion de ceux-ci n'efl permifeen
Turquie qu'à la merc ou aux fceors du
Grand Seigneur. Les Vifirs & les Bâchas
ont ce privilège , mais ce n'eft qu'après
qu'ils fe font trouvez trois fois en Bataille
contre les Chrétiens. II y a des Csrvaa-
Serrait où on ne trouve que le lîmple lo-
?;ement, d'autres où l'on n'a rien du tout
ans payer. Les Magillrats des Villes à
portée defquclles ces retraits font bâties,
ont grand foin d'en faire remplir les gre-
aiers- dès qu'ils tout \\i\&«. \i i» ni
J A N V I H H 17IÏ.
efteur gagé qui en fait la vifitc au ,1c.
.t de chaque Caravane ; Se c'eft lui qui
.xe le prix de la nuit, à quoi il n'y s
point d'appel. Quand une Caravane eft
arrivée au Carvim-Scrray , elle a l'avanta-
ge d'y êirc à couvett de l'ennemi, & de
toutes les injures du temps. Elle y eft
gardée en dehors par cent dogues , que
Ton lâche tous les foirs , après .un fignal
public de retraite. C'eft dans cçiCarva*
Strrais que fe font divers changemens d
Marrhandifes ; & l'Auteur rapporte là-
deiîus l'exemple d'un de fesamis, qutga-
gna confiderablemenr par un troc qu'il fît
11 avoit une montre de trente Louis, un
Indien lui en demanda le troc contre deux
diamans brutes, l'échange fut fait, & ce-
lui qui reçut les diamans en fit travailler
un à Ormus, lequel fut euimé iScoo
liv. II troqua ce diamant fur le chemin
d'Ifpahan contre cinq cailles de foye ar-
dafle , c'eft une forte de foye qui ne fe
teint point. Il les fit conduire à Tbifct,
où il les troqua contre trois élephans , de
chacun defquels le Chef de fa Caravane,
qui en avoir extrêmement befoin , lui
donna !ooo liv. Le diamant brute qui
n'éroit pas encore taillé , fut troqué à
Trtbifenâe contre deux balles de toile de
Silelie. lefquelles à leur tour furewttK»-
quées à Tautis, contre des éiofies &t'¥«-
ie, qui lui valurent plus ck 40000 \« - **
*i 4 Journal d e s S ç, a \
forte que la montre qui itoit fa premiè-
re marchandise , & qui ne valoit, comme
nous avons dit, que trente louis d'or, lui
jnoduiu't près de jooco écus. Sur quoi
il faut remarquer que le transport ne lui
foûtoit tien ; e'cft une franchise qui s'ac-
corde a tous les Officiers de la Caravane,
■6c quelquefois aux Bouche* du Cortège
Le defir de gagner quelque chofe dans
ces trocs, fait que les Caravanes font tou-
jours fuivies d'un grand nombre de Paffa-
Éjers, dont pluiîeurs réitèrent même plu-
Jieursfois de Semblables voyages, fans en
être pour cela plus heureux. Le bien
que cette espérance produit , c'eft qu'el-
le .fait Supporter avec plus de facilite"
les incommoditei qu'on fouffre dans les
Caravanes, „ Ces incommodité! foui
„ des puanteurs effroyables , une confu-
„ fionde Nations, de mœurs, de langa-
„ ges , & la necefliié de fe nourrir de
„ chofes acommodées comme on les
„ trouve , être quelquefois fon cuifi-
j, nier foi-méme , & manger quelque*
„ fois indiflinétement avec les plus rnal-
„ heureux de la Caravane j être accablé
„ de fumée de tabac , coucher fur des
„ nates Men dures , &c. Se être toujours
„ en danger de perdre fa bourSe , à
„ caufe du grand nombre de voleurs a-
„ droits qui Se trouvent mêlez dans cette
#, ŒJjil4tu.de, ï\ ïi'"J HttOft \as «Arç*
\*V'
''•a, * o...
Ps§g£3
5« Journal oesSçatAns.
Lettre de Mr. de Mnitulc Ctmmi[faitt
eràia*\re de l' Artillerie à un défis jtmii,
contenant fei tonjtciuret fur les cau/ei qui
mettent tn fi peu de teint Ut pièces d'Ar-
tillerie hors délit de firvïr , v fur Ut
moyens d'en augmenter conjidtrablemtnt U
durée.
JE vous tiens un peu tard, Monfîeur,
la promette que je vous ai faite , de
vous envoyer mes conjectures, fur les
caufes qui mettent en fi peu de tems les
pièces d'Artillerie hors d'état de fervir , &
fur la manière d'en augmenter confident*
blement la durée. Les occupations con-
tinuelles que j'ai eues depuis que j'ai en
l'honneur de vousvoir. m'ont abfolumeot
empêché de vous fatisfairc plutôt, quel-
que envie que j'en aye eu. Vous connoif*
fez mon inclination pour la Vhylique &
à vous faire plaiiir : c'en ell allez pour
me flatter que vous recevrez mon exeufr,
qusnd elle ne feroit pas auffi-bien fondée
qu'elle l'ell en effet.
Pour entrer en matière , vous verrei
par ce que j'aurail'honneur de vous dire,
que je ne prétens pas comme Mr.... é*
temifer la durée d'une pièce de canon.
L'expérience nous apprend que rien ne
■peut réiiiter à la violence de la poudre,
ou
I £ Tire'du Jouis, de 1«n<m* ,W.m\v|\o. m-v*-
et de
:anon
drede
ou!er.
ou plutôt du feu, & que ce terrible élé-
ment vient à bout de détruire les borne*
étroites qu'on lui prêtait dans le canon ,
quelques fondes qu'elles paroifTent. Je
prétensdonc feulement qu'on peut en aug-
menter la durée i & ce fera le fujet de
mes conjectures.
On fçatt.par expérience > qu'un cane
du plus gros calibre, chargé de poudredi
la pefanteur des deux tiers de fon bouler,
ne peut gueres tirer ordinairement que
deux mille coups fins crever , quand mêJ
me il n'en tirerait qu'un coup par heure,
fuppofé qu'il ne fouffre que la feule vio-
lence delà poudre enflammée : 8c iln'eft
pas extraordinaire de le voir crever, fans
avoir tiré même à beaucoup près cenom-
bre de coups. 11 n'y a qu'a lui faire faire
l'es décharges fans aucun intervalle que ce-
lui que l'on met à le recharger: il crèvera
infailliblement bien-tôt; parce que chaque
coup fa ifant effort fur les parties du mé-
tal, par le mouvement violent que lui
communique la poudre enflammée-Si l'air
extraordinairement raréfié dont elle cil
remplie & dans fes porcs £c dans fes in-
terllices des petits grains qui la partagent,
ou en forment le volume, tout cela les
defunit & les dérange infenliblemcnt. De
forte que le mouvement de ces, -yt-ci».
toujours augmenté çat Y*. <2w!«>a.x ^^v
caufeiit à un canon , «m. 4r à-tc,A",^ï&s
:nE enfia
p8 Journal ses Sçayanï."
promptement réitérées , pouffent e„_
leur dérangement à un tel point, qu'il ne
peut plus erre augmenté , fans une folu-
tion de continuité fenfible.
Le canon crevé alors ordinairement
vers le milieu de la volée; quoi qu'il foit
plus épais en cet endroit qu'à l'embouchu-
re : h raifon de cela elt:claire : c'eft que
la poudre enflammée & l'air raréfié fe
trouvant plus preffeï , le boulet étant vers
le milieu de la volée, que quand il eft à
l'extrémité, ils font plus d'effort en cet
endroit que s'ils occupoient un plus grand
dpace, le boulet étant à l'extrémité de
la volée.
On m'objectera peut-êtreque félon mon
raifonnement le canon doit plutôt crever
vers h culaue que dans la volée ; ' puifque
la poudre enflammée s'y trouvant plus
preiTée que par tout ailleurs , elle y fait
nuili plus d'iinpreiïïou fur le; parties de
métal.
A cela je répons que R le canon étoit
cylindrique il creveroit immanquablement
à la culafle plutôt qu'ailleurs : mais que
comme il a beaucoup d'épaifleur en ce'
endroit , il crevé ailleurs avant qu'
poudre enflammée ait eu le tems de
tre en mouvement toutes les par-
métal dans une fi grande épaifleur
// eïî vrai qu'on voit fouvent '
canon près du bourrelet i &
tout CB-
J ft n y i e n
bourrelet fauter en partie , ou tout
tier : mais il n'clt pas difficile d'en deviner
la caufe.
Ou le canon a trop peu d'épaifîeur en
cet endroit; ce qui fait que les parties du
métal y étant trop tôt mifes en mouve-
ment, font aullî plutôt fenfiblcment dé-
rangées.
Ou ie boulet qui fait fouvcnt des rico-
chets dans l'ame du canon, en fait quel-
quefois de fi violais en fortant , qu'il
ouvre le métal près du bourrelet , qu'il
fait fauter quelquefois tout entier.
Ces ticochets qui font fi préjudiciables
au canon , ne peuvent être caufez que par
des boulets mal ébarbex, ou qui ne font
pas exactement ronds , ou enfin qui ne
font pas du calibre de la pièce ,' foit pat-
ce qu'ils ont trop peu de vent , ou parce
qu'ils en ont trop-
Si le boulet eil mal ébarbé , ou n'elt
pas exactement rond , ce qui produit à
peu près le même effet; comme il tour-
ne toujours autour de fon centre dès
qu'il a reçu le mouvement que la pou-
dre lui imprime, la partie de fa furface la
flus éloignée du centre venant à toucher
une du canon , y fait l'office -d'un
coin , enfonce le métal en cet endtoit,
&C fait même courber la volés. , Ç.Na.V-
gure ttop irrcgnliére en «x«4R'«i».^:*,'a
ïonie.
1 -
Journal dis Sçatans.
Od pourroit en quelque façon remé-
dier à cet inconvénient, fi ceuï qui font
charge! de la fonte <ks boulets avoient
un foin particulier de les faire bien ébar-
ber. 8e de rebuter tous les irreguliers.
Si le boulet a trop de vent quelqu'ei-
alternent rond qu'il foit , il fera ibuvent
des ricochets peu dangereux à la vérité,
mais qui ne laiiïent pas à la fin d'endom-
mager la pièce par les écorchemens qu'ils
lui font dans l'ame. Ce qui caufe en ce
cas-là les ricochets , eft la Jîruation du
boulet dans l'urne du canon. Comme il
touche l'ame par en bas, & qu'il a trop
de vent par en haut , la poudre ne fait
Eas une égale impreffion fur le côté de ce
oulet qui lui cil oppoië : elle le fait
fauter eu tournant , & lui fait faire par
conféquent ce qu'on appelle des ricochets.
Si le boulet a trop peu de vent, pour
peu qu'il foit irregulier , il produit les
effets dont nous avons parlé. Si la figure
eft régulière, il nelaiifera pas d'écordier
un peu la pièce , par cela feul que fa cir-
conférence ne fe trouve jamais parallèle à
celle de l'ame du canon.
Il n'eft pas impollible de remédier à
tout cela ; & je trouve trois moyens qu'on
pourroit mettre en ufage pour en venir
a bout.
Le premiet feroit de raffraichir la pièce
de canon à. chaque, coaç <çï c\\<; Ww. a»
] ANVIE» 1711. 101
refixeroit par-là en quelque façon les par-
ties ébranlées du métal : & la pièce ne
s'échaufferait pas aWolument , ni fi toi ,
ni fi fort, qu'elle fait ordinairement, lors
qu'on lui fait faire pluficurs décharges
lans la raflraîchir. Ce tarira îchiiTe ment
fréquent cil une chofe eflentielle à la durée
d'un canon s & il n'eft prefque plus tems
de penfet à le raffraichir , lors qu'une trop
grande quantité de décharges précipitées
ont mis les parties du métal dans un trop
grand mouvement. Le r affranchi fie ment
alors ne peut tout au plus fetvir qu'à era-
pécher la poudre de prendre feu quand
on recharge la pièce.
J'avoue que de fi frequens rafTraichif-
femens ralentiraient un peu les décharges
de l'Artillerie, & cela eft vrai: mnis il elt
mi auffi , qu'on en tireroit pluiieurs a.-
va mages.
Le premier, deconferver les pièces qui
coûtent tant au Roi , & de les mettre eu
état de iiiffire pour la durée d'un (iege;puif.
qu'iL n'eft que trop vrai fuîvant les fâche u-
fes expériences qu'on en a faites jufqu'i
préfenr , que les pièces d'Artillerie trop
tôt mifes hors de Service , ont (bu vent re-
tardé ou fait manquer la prife de pluiieurs
l'iacef.
Le fécond , d'obliger ceux qui font
chargez de la fonte des boulets dans les
forges, d'avoir un foin particulier àe, \«
£ 3 hast
r«*i Journal des Sçavans.
faire bien ébarber , de faire faire les co'
quilles autant fphériques dans leur eonca"
vile qu'elles le peuvent être, en forte que
le boulet n'en fortît jamais ni ovale, ni
trop barbu , & enfin de rebuter tous le:
boulets irreguliers.
Le troifïeme , de faire tourner d« cy-
lindres de bois de la longueur du diamè-
tre d'un calibre , dont un bout feroit cou-
pé en angle droit 8c l'autre creufé en de-
mi -fphere , pour recevoir le boulet juf-
qu'à l'on demi- diamètre. Cela produirait
plufieurs bons effets, i. On fe pafferoit
l\ l'on vouloit de fourrage pour bourrer 11
poudre, & l'on ne s'en ferviroit que pour
foire tenir le boulet dans le bout creux du
cylindre: ce qu'on ne pourvoit faire fans
bourrer 5c refouler en même tems la pou-
dre; puifque le cylindre tiendroit lieu de
bourre.
i. Le boulet ainfi mfpendu au milieu
de i*ame du canon , en foriiroit fans y tou-
cher , & n'y feroit par confequent ni ri-
cochets, ni écorchemens.
3, Le cylindre remp'iiïant eiaéiement
l'ame du canon , feioit plus de refiftance à
la poudre enflammée que h bourre qui
mollit, & qui empêche par Ton r effort que
h poudre ne fade fur le boulet toute l'im-
preïiion dont elle eft capable : d'où je
conclus que le boulet doit aller plus droit
Ar plus loin qu'à. Yoïiuwite.
JiKVIEt 1711. 10}
'4. On mettroit près d'un licrs moins
detemsà charger 1 puis qu'on ne bour-
rcroit qu'une fois.
S. Quoi qu'il fallut quelque charrettes
de plus pour porter de ces cylindres, la
grotte épargne que l'on fetoit par la durée
des pièces de canon, dédommagerait avec
ufure de la dépenfe des charretes.
Il y a une autre caufe qui met fouvent
une pièce de canon hors d'état de fervir,
avant qu'elle foît endommagée confide-
rahlement par ailleurs : c'en la lumière
3ui devient fi grande par les fréquentes
cchargesde la pièce, qu'on eft obligéd'y
remettre un grain, ou de la remettre à la
fonte: mais ces grains content beaucoup
à mettre, Si ne durent pas long-rems fans
fauter , parce que quelques mefures qu'on
prenne, pour les incorporer en quelque
façon avec la pièce, ce qui feroit le feul
moyen de les faire durer , on n'en viendra
jamais à bout fans mettre la pièce en fa-
non : ce qui coûte roit prefqu'jutant qu'il
en coùreroit pour la refondre 5c larejetter
en moule.
Letainqui entre dans la compoiîtion
du métal donc on tait les canons , rend ce
métal plus ferme, plus dur, mais plus fra-
gile aulîi. Ses parties l'ont plus faciles à fe
defunir ; parce que celles de l'étaùx o^
font beaucoup movns vwwtvfei ts- -tomcw»
entreJaiîces que ccWes 4^oiv«e. » -sw^
104 Journal des Sç*vans.
fe mêler avec elles, les dérangent confi-
derablement , empêchent que leurs ra-
meaux ne fe lient & ne s'embar raflent
ks uns dans les autres comme auparavant.
De forte que les parties du cuivre & de
l'étair, fe touchant dans leur mélange fans
beaucoup s'erabarraffer, prennent un ar-
rangement à peu près femblable à celui
des parties du verre. Les parties de ré-
tain fe mettent même par petits grumeau*,
pour fe féparer en quelque façon de celles
du cuivre avec lefquelles elles ont de la
peine à fe bien lier : ce qui fe remarque
très'bien par le moyen d'un bon microf-
cope.
Ce qui fait que le feu qui fort par la
lumière du canon, avec toute la violence
que lui caufela petiteficdeccpailage, em-
porte peu-à-peu ces petits grumeaux d'é-
tain déjà bien ébranlez & comme à demi
fondus par la chaleur de la pièce, écrou-
la lumière, dont il rend la furfacc inté-
rieure toute irreguliere & toute rabo-
teufe, par l'ai fcnee de ces petits grumeaux
d'étain, qui biffant de petites cavitet entre
les parties du cuivre qu'elles ont abandon-
nées, font que ces dernières fe détachent
a leur tour avec d'autant plus de facilité,
qu'elles donnent plus de prife au faufile
violent du feu qui fort par cet endroit.
Ainfi la lumière du canon devient fi
\dc parles ftiqaeatei â&b»r|j&
W
Janvier 1711; ioj
lai fait faite, qu'on eft obligé de le ren-
voyer a la fonte, ou d'yremcttreungraia
quand la pièce h'eft pas encore endomma-
gée par ailleurs : ce qui elt embarraflant,
coûte beaucoup, 8c retarde prefque tou-
jours l'exécution d'une entreprife, s'il ne
h fait pas manquer.
II paroit d'abord diCcile de remédier
à cet inconvénient : mais pour peuqu'on
feue d'attention à ce que nous venons de
dire, pour en découvrir la véritable cau-
fc , on n'aura pas de peine à en venir à
bout.
S'il elt vrai, comme nous le venons de
dire, que la lumière d'un canon ne a'é-
croit lî-iôt , que parce que les parties de
l'etain & du cuivre qui font la compoli-
tion do métal dont il efl formé; ne foni
prefquejamais ni bien mêlées, ni bien in-
corporées enfemble, 8c qu'il y demeure
quantité de grumeaux d'éiain, que le (buf-
fle violent du feu détache avec tant de
facilite, il faut trouver moyen de les mê-
ler, iînon parfaitement, du moins autant
qu'elles le peuvent être.
On en viendra à bout en quelque fa-
çon , fi i'on prend foin d'agiter long-tems
le métal dans le fourneau, & de manière
qu'il le foit par tout également. Mais
cette agitation fi enfle ne peut avoir
C! dans une petite quantité de mé-
is lu fontes otd.uiM.wSj 4s. <h«>k«^ .
I
ÏCÔ JollUNiL DES SçAVANS.
où Von employé jufqu'àfoixanteCc quatre
vingts mille livres de métal 8c plus , il
n'elt guéres poflïble d'agiter par tout une
fi grande maffe: trop de choies s 'oppofent
a une agitation fi necelfp.ire, la quantité du
métal , la grande étendue intérieure du
fourneau , la petiteffe des portes de ce
fourneau, la chaleur prefqueinfupportable
qui en fort , le refroidiffement du métal
quand les portes fout trop long-teros ou-
vertes &c.
Il faut donc recourir à quelque remède
plus fur, plus promt, &: moins embarraf-
fant que celui de l'agitation & du mélan-
ge parfait, auquel il eft fi difficile de par-
venir, 8c qu'on ne doit jamais pourtant
négliger.
En voici un qtii peut pafTer pour infail-
lible , & qui eft très-facile à mettre en
ufage. Il n'y a qu'à former de bons grains
de cuivre de Sueded'une groffeur propor-
tionnée à celle des pièces pour lerquelles.
on les deftine; bien battre ou forger ces
grains à froid pour en refferrer les pores;
& les placer dans les moules à l'endroit
où fe doit trouver la lumière du canon. Le
métal qui entrera dans ces moules, ifer»
fondre par fa chaleur plufieurs lignes d'é-
pailTeur des grains avec lefquels il fe liera
& fe foudera parfaitement. Des grains de
cette nature ne manqueront jamaiss & la
lumière qu'on y perce» le trouvant for-
^z
c par une dpiîffeur confidéuUe d'un
métal fans mélange , & dont tout» lu
parties fe trouveront parfaitement homo-
gènes, dureront afiei long-rems, pour ne
mettre jamais la pièce hors d'état de fci-
\h-, & ii elle vient à *'«<•«/« un peu par
un très-long ufage , elle confervera toûjouiî
une figure parfaitement ronde.
J'attends, Monfieur, vôtre jugementfur
ces conjectures, & j'ai l'honneur d'«rc,
Monfieur, &c. de Morale c.
.,-i './.-■ j U \a. Ntvimkrt 1705.
Otuvres fpiritutilti de M. H Ht 10 T,
"otiftiller du Roi tn la Cent dis Ay.lei de
iHi) avu un abrtgè it f* vit. A Pa-
lis, chez. Jean Haptiile Coignard, rue
faint Jacques. 1710. vol. in S. pp. 39;.
evkj perfonuesfouliaiîoientdc'
puis long-temps l'impreilion des Oeu-
Tres fpirituelles de M. Heliot , dont il
couroit dîverfw copies dans lePublic. Ce-
lui qui s'eft chargé de l'Edition , a con-
fronté ces copies avec l'original qui lui a.
été communiqué par M. Courtois, Avo-
cat au Parlement , dépolit aire des Ecrits
de M. Heliot, auffi bien que l'Exécuteur
de fon Teftament > & il y a trouvé une
grande différence , puifqu'outre les chan-
gemens 8* les itérations qui font dans ces
copie» manofcjiies, elles ne comîttnwçx
£6 *P»
PIC? J:OflRSfcL DES SçAVANS.
que douï.e Dilcours, de vingt-quatre qui
Te trouvent dans l'original. Le P. Craflet.
de la Compagnie de Jefus , qui avoir été
Confeffeur de M. Heliot pendant plus de
dix-huit ans, les auroit données au Pu-
blic, fila mort ne l'eût prévenu. Il a-
voit même compofé la viede cefainthom-
mc, pour la mettre à la tête de ces Oeu-
vres. Celle que l'on donne aujourd'hui ell
h même qui a été compofée par ce Père,
mais on l'a abrégée en quelques endroits
poury ajouter quelques particularitezdont
le P. Craffet n'avoit point eu connoilTan-
ce, & qui regardent principalement la fa-
mille de M. Heliot. „ Au refte , c«
. ,> Oeuvres de M. Heliot font une fuite
„ de fa vie, puifqu'il afldellement expri-
„ mé fur le papier ce qu'il avoit dans le
„ cœur. & qu'il n'y donne aucun confeil
„ qu'il n'ait pratique lui-même. On ne
,, fçait s'il avoit defiern de faire imprimer
„ ces Difcouts , & d'en faire un corps
„ d'Ouvrage fous quelque titre ; mais
„ comme ils fe fonttrouveiaprès fa mort
„ en autant de cahiers feparei , on s'eft
», feulement contenté de leur donner
„ quelque ordre , en les divifant même
„ par parties , Si de les publier fous le
„ titre d'Oeuvres fpiritudles de M. Hc-
„ liot, puifque chaque Difcours peut *-
„ treregardé commeun Ouvrage ieparé.,.
Le flvle en cil fimok & naturel: on voit
i'Itl If». 10$
jue c'étoit le cœur qui parloit; c'eftpour-
uoi l'Editent les a lailfez dans leur
timplicïié , de peur d'affbiMir l'onflioo
dont ils font remplis. 11 n'a pas même
voulu changer quelques expreflions qui
ne fe relTentent pas de la pureté de noire
',angue, & qui pouvoisnt être en ulàge
>rfque M. Hcliot a compofé ces Dif-
.ours.
On doit lire ces inftruétions dans le mê-
me etprit qu'elles nnt été compolées. Qui
voudrait les lïie en Méuphylicien ou en
Géomètre, courrait rîlque de (e priverde
t le fruit qu'il en pourroit retirer.
NOUVELLES DE LITTERATURE.
DE L I G OU R X E.
QNi publié depuis peu ici de nouveaux
v Elemens de Géométrie. Euclidei rtfit-
tftams, fixe plan» çr folida GeometrU Elt-
ment», epm in qui lion alla plerarftie, tUm
ffaltpmi ratîonîs w propertionii Ratura ■&
prepfictatti nova méthode lUriui, qu.im an-
lia ah aliis , atque facitiis txponuntur fit-
miufjue ac evidem'ms demotijïrantur. in 4.
C'eft M. Matchetti , Mathématicien du
Duc de Tofcanc, & Profelîeur enMécha-
nique dans l'Univerfité de, P\fe * «çà. eSs-
Autcitr de cet Ouvnje. "ù. 1 ■^'"S^
£7
*,
■îio Journal dïs Sçavans.
plulîeurs démonllrationsqui ne retrouvent
point dans Eudide; & pour en démontrer
quelques-unes , il fe fert d'une méthode
qu'il croit plus intelligible , particulière-
ment fur h propriété des parallèles. 11
prétend que les Mathématiciens fe font
trompez en donnant comme théorèmes
des propoiîtions qui doivent être regar-
dées comme premiers principes, & il en
Cite deux, fçavoir : Deux quantités éga-
les ont entre elles une égale proportion;
& deux inégales, l'ont ^ inégale. Deux
quantités qui font égales à une troiiiéme,
font égales entre elles. Dans le troifiéme
Livre il fe fert d'un Ouvrage qu'il publia
en irtoj, in -|. fur la nature de la pro-
portion, pour faire voir que les Mathé-
maticiens fe trompent en voulant défini!
l'égalité & l'inégalité des proportions) qui
doivent être cenl'ées connues par elles*
mêmes.
DE LE I PS IC.
f\N a traduit en Latin un Traité de
^ Chymie, eompofé en Allemand par
M. Bêcher, & cette Traduction elt foui
la prefle.
M. Jean Kern a publié une Lettre fur
la vie de feu M. Ittigius qui mourut ici
il y a quelques mois. * Di vite , obitu,
f Ou U doute shei les Wttftvic,
3 »K7IE. IJII. III
Scrtftifiue D. ihanu itiigiï. Cette Lettre
contient des particularité! très-curieufes.
M. Starkius, Profefleur es Langues O-
neniales.vientdepublierun Ouvrage * fut
les Epîtres de faint Paul, intitulé : Jf«-
(* feUSii , Cr'uïct, PhiUlt>gitt,in Eftflolatn
ma Hebruss, annexa [uni Noix in Itia dijfi~
iriliera EpîftoU ad Rcmxnos. in 4.
DE G 1 E S S E N.
Vf R. Jean Nie. Hcrtius , TrofeiTeur de
cette Ville, eft mort il y a quelques
mois. U venoit de publier une Dilfcrra,-
tion fur l'ancienne Hifloire de France.
■f Wolîlia vestris Frmeeram Regni ufque ad
txctlfum- Lad. PU. On a trouvé parmi fes
papiers un Traité des Fiefs tout prêt à
imprimer.
DE FRAXCFOR7.
/-)N doit publier inceflamment unenou-
w velle Edition du Gloilaire de M. du
CangC. Corel* du Frtfnt d» Cangt , Régi
À Ccnjiliis, V Francis apud AmbiaJiûs^aÂÇ-
teris , Ghfjrimn ad Scripteres médit. ©" in-
fini* Latinitath , in auo Latin* vecabulu
novatt jignifiiaiionis sut usas tarions , bar-
bara\S txitka ixfliCMlur, tirant miiorui
On le trouve cheik* Wic-teerç^. _
Ou 1* trouve cho, i» ïwan» VS***1*
îli JOUÇNAL DEJ SçAVANï.
C erîgmatioirts retegumur : Cempluns *vi
piciii ritm V morts , confattudinum muni-
lipalium, & Jurifprudevii* rtctrttioris formu-
le r? ob/olne vous , utrïufijHt ordmis Eccle-
ftaftici É3" Ldùi Digniiotts & Officia , rj>
quamplunma alla Obfirvaiiom dtgaa ricin-
Jimtur , tniiclrantur , illuftraniur , e Libris
tdil'ti , intfitis , aliijaue monurnemis cùm
publicii lùm privAth. Acctd'u Dijjertaiio dt
lmperatorum Conliantinopcliianorum , Jeu
in ferions evi vet lmperii , uli -votant , Nu-
rnifmatibm. On nous fait efperer que
cette Edition fera beaucoup plus ample
que celles qui ont paru jufqu'icî.
M. Jean-George Abicht , Dofteur 5r
Profefleur en Langue Sainte dans l'Uni-
verfité de Leipiic, a fait imprimer ici u.
ne Introduction à l'Enflure Sainte de l'an-
cien Teilament. Ars difiincTt legindi fy
interprttmds Scripturam Sacrum Vit. Te/ia-
muni.
DE HALL.
X|R. Wolfiuj (Chr. ) Profeffeur en
Mathématique, quia publiéun Trai-
té delà pefanteur de l'air en no8, doit
faire imprimer incefiaminent un abrégé de
Mathématique en Langue Allemande".
M. Heineccîus fait imprimer la fuite
àcs Antiquitez de la Ville de Goflar, dont
il
*JJeiWc>KûevA
I»«'Ill 1711. 113
il publia le premier volume en 1701. in
fol. 11 travaille a faire un Suplémenr à
l'Ouvrage qu'il publia il y a quelques an-
nées far les cachets des Anciens.
DE COPENHAGUE.
QN reimprime ici la defeription du Ca-
binet des Rois de Dannemark , publié
autrefois par M. Oligerius Jacobxus:
Oligirii Jatéà Muftum Rtpum. M. Lau-
renzen , Confciller d'Etat du Confeil Ec-
clefiaflique, a foin de cette Edition. I!
y a fait plufieuts additions, dont la prin-
cipale eft un Commentaire Hiitotique fur
les Médailles Danoifei.
On imprime aufli, par ordre du Roi,
les Loix du Roi Chriftian V. M. Hag '
zious les a traduites en Latin ,
Verfion Latine fera vis-à-vis le texte Da-
nois.
Z>'E r S E tJ A C H.
Vf R. le Duc de Saxe-Eyfcnach vient d-
publier un Ouvrage de fa compofi-
tion, qui contient plulïeurs retlexionsmo-
rales fur le Nouveau Tefta aient , avec
quelques inftructioiis à ûs enfans.
* On h douve l/ua&ft«4M&*.w-'Vs***
£14 JOVRIUl DES SCAYiNI.
T 'Impreflîon du Clément Alexandrin de
•" M. Porter va très -lentement , à caufe
de t'abience de l'Editeur , qui s'elt retiré
à fon Bénéfice , fort incommodé de [a
yûë.
M. Hudfon travaille à un nouveau vo-
lume des anciens Géographes , où il y
aura plufiéursïPieces qui n'ont point en-
core paru , entre autres un Traité d'Aboi*
féda , De Penio/nU Atabh, avec la Ver*
iion Latine de Gravius , & des remar-
ques de M. Gagnier.
Le même Auteur n'épargne rien pour
perfectionner l'Edition de Jofephc, qu'il
fe propofe de donner au Public. I! a dé-
jà la collation des principaux M (T. qui
font en Angleterre; de ceux d'Ifaac VoC*
fius, & les matériaux qui avoient été pré-
pare! par Samuel Petit, & par Bofius. Il
attend incefiamment la collation des Mil.
qui font à Florence , & dans les auirei
Bibliothèques d'Italie,
DE LONDRES.
T E Sieur Tonton , Libraire de cette
*-* Ville, vient de, publier une Edition
in fol Se une autre in 8. du Procès du
Docteur SachcvctcW Ce Vlwit ■». été
publié par ordic de la Chambre des Sei-
gneurs. On y voit les chefs d'aceufation
de la paît des Communes , la réponfe de
ce Docteur, la réplique des Communes,
le Sermon qui a donné lieu à l'accufttion,
les Plaidoyei que les Députez des Com-
munes ont prononcé devant le Tribunal
des Seigneurs , la Harangue du Dodcur,
& les défenfes de fes Avocats , & enfin
le Jugement qui a été renda contre loi.
Les Seigneurs ont voulu qu'on y ajoutât
h Sentence par laquelle ils condamnentna
Décret de l'Univerfité d'Oxford , fur 1*0-
béïflancc due aux Souverains, à être brû-
lé par la main du Bourreau, comme on-
tenant divirfis prtpajîtieat contraint À lu
Conjihutbn de (t Reyoumc, er eppojèts À Ut
Sutcejfinn PrtttfittU* , liilt qu'élit i/l étallit
par Us Lùix. Ce Décret avoit été fait en
1683, & i! a été brûlé avec le Sermon da
Doifteur Sacheverell le 27 du mois de
Mars, vieux Style,
Tf AMSTERDAM.
Vf R. Witfen, Bourgmedre delà Ville
*"* d'Amlterdim,, à qui le Public ert re-
devable de la Carte de la grande Tartane
qui c(l à la tête du Voyage de M. If-
biand Ides , doit jncerumme« publier
une delciiption de ccs-PaSs, <^i\. S.W». vste«-
curieufe, & très-éte.DÀuë. Qo. ~i vtw^>^Si,
it<> Journal disSçavakj.
même une relation de plufieurs Antiqui-
té! qui ont été trouvées dans des fepul-
chres,
DE F H A iH £ g_U E R,
()N> publié ici un nouveau Syftêmede
Théologie- * Syfttma Thtobgito-fky'
ficô.iUtuphyficum, Auëlare Raurdo Andak.
in 4. Cet Ouvrage contient trois Trai-
tez difîërens. Dans le premier l'Auteur
traite de rexiftence de Dieu , & de fes
attributs. Il pore pour principe que nous
avons des idées innées , d'où il conclut
Ïu'il n'y a point d'hommes qui croyent
ncerement qu'il n'y a point de Dieu,
Le fécond Traité ell un Commentaire
fur la Métaphyfique de Defcartes. Le
troîlîéme contient quelques Differtations
fur la Théologie naturelle. S; fur la Philo-
fophie.
TL paroît une petite brochure » n. fuit
nom d'Auteur ni d'Imprimeur j où l'on
répond à un Ecrit dont nous avons parlé
dans les Nouvelles .Littéraires du Mois de
Septembre de t7io, p. 353. & qui a pour
titre : Remarques de M. le Hii , fur la W4-
niere de graver & d'expliquer tes Pierres an-
tiques,
* On le tnui
, Qu'on doit dejfmer les Antiques irait
r Irait , C au'on »» dm rien ajeuier,
rigir , Vf diminuer dam ces txttlltns Ou-
get i .fentiment que l'Auteur appuyé du
rrage Si de l'exemple de tous les Anti-
La féconde chofe que l'Anonyme ft
ipofe, c'eft de défendre l'explication du
chet de Michcl-Angt par M. D.M. con-
1a Critique qu'en a faite M. U Hay
is fes Remarque). On affûte donc ici
je cette explication n'a rienquedeplau-
.\e , & qui ne foit fouienu de bonnes au-
rirez j & Qu'une fête en 1 honneur de
cchus Si en mémoire de fa naiffance, qui
ce que reprefente le Cachet ( félon M.
M. ) n'eft point incompatible avec une
e de vendanges.
L'Anonyme finit en attaquant les «pli.
!
J1
si;*-
_ tr S.i
«^•JS-ffiS
LÏLl*1
fl*
LÏ*
«.0
d. B*V,„„îo'«V
I*
1
ce
.BLE DES LIVRES. u9
jK, RtUtit» fomentant les Cara-uan-
,es Corttps des Marchands d?Afn. 8j
, dl.EC, Lettre fur les taufes qui met-
m m [i piude nmi les Pièces d'Artillerie
ours d'étal dl fervir , S(C.
.ELIOT, Oeuvres Spirituelles, 107
f tilts de littérature. ion
CATALOGUE
DES
LIVRES NOUVEAUX
Qu'on trouve à Amfterdam , cher les
JahssoXs à Vaeseiigi.
T\Ionysii Loncini de Snblimitatê
libellus, cum Prxfarione de vit a 8î
Scriptis Longini, Notis, Indicibus , 8c va-
riis Lecrionibus, 8. OxortU ï Théâtre* Skel'
doniano. 1710.
Hijloire du Papifmt , ou Abrégé âe PHifioirt
de l'Eglife Romaine, depuis fit nai/J'anct
jufquis à frtftnt , traduite die Latin de
Jean Henri Heidegger Pre-
ftffeur en Théologie à Zurich, ta. A.
Attifterdim chez Jacques Deftoti.^.
-
no CATALOGUE.
DatidisCzuttingeri Nob. Hung.
Spécimen Hungaria; Literatœ , Viro-
rum EruJitione darorum.nationcHun-
garotum , Dalmararum , Croatarura,
SlavorumatqueTranffilvanorum, Vitas,
Sctipia, Elogia & Cenfuras ordine Alpha-
betico exhibens. Accedit Bibliotheca |
Scriptorum qui extant de rébus Hunga-
ricîs. 4. Francfort!, fumptibus Jod. Guil.
Koblefti. 1711.
Entretiens pieux d'un Tidelle avec fort Pajltm _
dans lefijutls on trouve divers conflits
pour s'avancer dans la famicii , la Bu.
felutkn de plufiturs cas de Confidence,
l'Explication d'un grand nombre dt pajfagtt
& i'Hifioirt de pluficurs faints hem
comme des Martyrs. Par B. Pictet i
ftjjeur mTbeol, à Genève. 12. A Genève
chez Fabri& Barillot. 17,11.
3*ni Bsoucihusii, Poé'matum Li-
bri fedecîm, editore Davjde Hoog-
stbatano. 4. Amftelodami apud Iran-
eifeur» Halma. 1711.
Réflexions Morales , Satiriques O" Comiques,
fur Us moeurs de nôtre ficelé. 8. A Cologne
chez Pierre Marteau le Jeune. 1711.
Etal ancien t? moderne des Duchez. de Floren-
ce , Modem , Mantoue a- Parme avec
Ptiifloire anecdote des intrigues des Cours
de leurs derniers Princes. On y a ajouté uni
femblablt Rtlation de la fille ejr Légation
de Bologne. 11. A Vîvttdfc <3asx Guillau-
me Broedckt. i*]u.
o
AVIS.
r ge les Livres fuivans :
ENGELBERTI YANDSK BlIRG C
tiones,& Tractatus , i. de abufu y
mentorum , quo divîna Majeftas
ditur.» 2. deabufu Appellnriomim, <
hnmana Mnjdlas teditur 3. de juril
Privilegiis,..& pffieip DocWtim 4.
Rïtione ftatus. -j. de Thcfauris &
te tara Principes quam Privalorum ci
eofdern.6. de uiii & abufu Comm
riorum, 7. de peijurio. 4. ZJpfik *j
Rtnd. Lmkifîanos. 17 10.
Joh. Hem nier Bergeri Supf
menta ad Elefta Jurifpnjdcntia: Crii
nalis Pars II. Acccffii Difquîiirio.ntn
à Principe teraperati pœna adulrerit p
lit. 4. Lipfi* fimpi. Hkred. ïrtdi.
Ldnckifii. 1710.
D. Goinoi. Fuir». SiliCma
ni Exeicirationes Académies Hif
ri co- Phi! ofophîco -Théo logiez è fc
feo Hekrici Pippingii. D.
DrefJâ afud Gndofridiim Lefch'mm 17
CasparIS Htismci Hobnii
Z-ibro Metatiico, (\oi fcwigrapbus ■((
genbuch) diciioi , ScYie&tfm^w&sx
+. IrtreUrg*. «fui ^«.1*4. tA«îrt.-\
JOURNAL
DES
S C A V A N S,
5
Four le Mois de Février M. DCCXI.
Commenta ri us de Vita Scripiiftjue ai
ritis îlluft. Viri Jobi Ludolfi, CooCliarii
quondam Sereniffiraorum Saïoniœ Du-
cum intimi, viri per Eruditum Orbem
celebetrimi. Jiuctore Christ
Junckeko Drcfd. Hiftoriographo
Ducali Saxo-Henncbergko. In Appen-
dice adjefta (tint tum Epiitolœ aliquor
clarorura virorum, cumetiara Spécimen
IJnguaï Hotremotiae , numquam alias
ad notitiara Gerinanorurn perlitse. Lip-
jis g- Franco/uni , funiftihut Joh. Fri-
itricl Braunii. »nao 1710. C'cft-à-dire:
Commentaire fur la Vie er Us Ouvrages de
fillulin Job Ludoiphe, autrefois Confeil-
1er del* Cour dtSaxc, homme nltbre iant
U Monde Scav»m. Pu Chrétien ^UW.-
ket , HiftifioirAphe dis Ducs de Saxe. <6»
*jtat£ à la fin ta Leitrti de auïlques \u-
F 1 {m***
Pag?' -
a Wae
114 Journal des Sça vans.
fcr.nis illufins , V an Ejfaî tii la Langui
du Hottenrots . flw" «V/wV e*j «n»rr
parvenue à ta connoiffance dit AlUmanu
A Leipfic Si à Francfort , aux dépens
de Jean-Frederic Braunius. 1710. in 8.
■>g. 108. Se trouve chez les Janflbns
uVaesberge.
T L e(i de l'intérêt des Sciences qu'un
-*■ faiîe honneur à la mémoire des Sc.i-
vans, en publiant leur vie & leurs Ouvra-
ges, c'eft fouvent l'unique recompenfe de
leurs travaux; c'eft du moins la plus fia -
teufe & la plus fure. M. Junckcr donne
au Public dans celte vue les principales
ci r coniUn ces delà vie de M. Ludolphe.
qui a pofledé les premiers emplois du pais
où il étoît né , & à qui les occupations de
la Magiflrature n'ont rien fait perdre du
goât^u'il avoit pour les Lettres. Erfort
ville capitale de la Thuringe, étoit le lieu
de fa nailTance. Il comptoir parmi fes a-
yeux plu fleurs Sénateurs, & d'autres per-
fonnes diflinguées. On remarqua en lui
dès fes années les plus tendres d'heureufes
dilpofitions pour l'efprit & pour le cœurs
& il falloit que Ton beau naturel fût bien
puilïant) pour refifter à la mauvaife édu-
cation & aux exemples contagieux de ce
temps la. Il n'avoir encore que cinq ans
en 161$} alors il regnoit dauslepaïs di-
vtts troubles , dont U iutiç ta. Vm^tî*.
F * i
171t.
ïï
mette. On était tout occupé des fomi de
» guerre i & ces J'oins, dit M, !
ne l'ont pas de petits obftacles aux Scien-
ces 8c à 11 venu. Elles croient, ajouté*
t il, li négligées, que la Mute naturelle
d'Hildebrand, ou d'auties vilions fembla-
bte, faifoient prefquc la feule étude de la
euneffe.
Le malheur des conjonctures ne dérour-
ia point Ludolphe des bonnes routes. H
î'aitacha foigneufement au> petit nombre
de gens de Lettres qui compofoient l'U-
ni veriîté d'Erfort , & prit du moins une
teinture de toutes les différentes fortes de
Cûnnoiiîances qu'ils cultivoient. Dans
l'envie extrême qu'il avoit de fçavoir.rien
ne lui paroiiToit inutile ni indifférent. La
Mufique occupa fou attention , comme
les autres Sciences. H ne négligea pat
même l'écriturei & fît voir par la. remar-
que l'Auteur , qu'il n'eft point effentiel
aux Sçavans qu'un putlTe à peine lira
leurs Ecrits.
Cpmme il y avoit dans l'Uni verfi te*
d'Erfort un célèbre Profelfeur de Droit,
nommé Muller.il prit fous lui les premiers
principes de Jurii prudence. Mais il quitta
bien-tôt cette étude, & la referva pour
un autre temps, perfuadé qu'avant toutes
chofes il falloir s'appliquer à la conooiC-
fance des Langues. Les -ç\va &\*foSiss.%*. |
Ici moins connues , teWes «JK. "vW<t^i!
V *i
"jï6 Journal des Sçsvaks.
Langues Orientales, fuient celles qui ex-
citèrent le plus fa curiolué. C'était peu
pour lui de fçavoir à l'âge de vingt ans le
Grec, l'Hébreu 8c l'Arabe, r! voulut ap-
prendre particulièrement la Langue Ethio-
piennes 8c quelque peu de fecours qu'il
trouvât parmi lesSçavans pour le conduire
dans cette étude, il ne hiffa pas , à force
de travail & de recherches t d'y faire en
peu de temps de tels progrès, qu'il conv
pofa lui-même une nouvelle Grammaire
pour l'intelligence de cette Langue. En-
fuite il revint à l'étude du Droit , fouj
Je célèbre M. Muller , dont nous avons
déjà parlé; 8c après s'y être appliqué avec
fuccès, ilfe mit dans le goûtdesvoyages,
non pas Amplement, dit l'Auteur, pour
voir de nouveaux pais &d'autrespeuples,
mais pour former des liaifonsavecles Sça-
vans, 8t acquérir par ces fecours étrangers
ce qui manquoit a fes propres connoifian-
ces. Il avoir fur cela un empreffement
fi vif & û impatient , que fans trop con-
fulter fa bourfe, il s'engagea dans des dé-
penfes qu'il n'étoit pas tout à fait en étal*
de fupporter. Mais il y a , obferve l'Au-
teur j une Providence fecourablc pour les
gens de bien 8c les Sçavans,
Par-tout où M. Ludolphe pafla, il fil
connoître 8c admirer fon mérite. D'a-
bord il alla en Hollande , où l'attrait de
h libellé retient ton i« G«a i* Uy.«es.
r de deux
1711,
e là il vint en France , où il puce
._s principales Villes; fit un fcjourdedî
mois àSiumm, demeura enfuir*
r^mps à Pans , d'où les Guerres Qvilei
"obligèrent enfin de «'éloigner , pour fe
endre à Rome. 11 voulut voir après ce>
i la Suéde, & fur-tout h Reine Chrilri-
, qui s'étoît acquis une grande reputa-
ion pat fes vertus , & par la proteétû
qu'elle donnait aux Sçavanj. II fe loin
extrêmement de ce pais-là, Si particc
renient de la liberté avec laquelle ol ,
voyageoit, fans craindre les aflaffînats rii
les voleurs. Ses diffétens voyages durè-
rent fis ans, après quoi il rciint à Erfo
fa patrie , où il îendit les derniers devoi
à fon père ,. qui mourut en ce tems-li
Quand vl eut réglé les affaires domeftique
où cette mort l'engageoit , il fe rendit a
trie au Public dans les fonctions de Cor
feiller, qu'il exerça plus de dis-huit a
durant lefquels il fut fouvent député poui
affilier aux Diettesque l'on tint au fujet
des conteilations qui étoient depuis long-
temps entre les Ducs de Saxe & les Ar-
chevêques de May en ce. Ces occupations
turaultueufes l'enlevoient malgré lui à fes
études. II fouhaitoit impatiemraenr de
fe rerirer des affaires , pour fe donner
tout entier au penchant des Lettres. La
difficulré croit de faire agréer ceue tCXWAt
au Prince. 11 y reufiît pat \\ eotïvAw
F 4 vYGty
11.8 JoirRNAl de j Sçav ans.
lion de fes longs fervices. Frideric Duc de
Saxe lui permit de fe retirer, 6c lui ac-
rorda avec doge des Lettres de Confeil-
Honoraire,qui font rapportées au long
is le Livre. Alors fe croyant maître
de fon temps & de lui-même il crût de-
voir choifïr pour demeureja Ville de Franc-
tort, qui par le grand nombre de fes ha-
bitans , & l'étendue de fon commerce,
fembloir lui faciliter les liaifons fçavtntes
qu'il vouloit entretenir en divers pais.
Mais à peine fut il établi avec fa famille
"ins cette Ville, que l'Eleflem Palatin le
te à la tête de fes affaires, & lui cou-
le foin de fes revenus. Dans ce chan-
tent de fltuation il eut occafion de
lire de nouveaux voyages. Il fut envoyé
deuï fois en France; & pendant le féjuur
qu'il y fit il eut foin de vifjter les Biblio-
thèques de Paris, B< en tira tous les re-
cours qu'il y put trouver pour la parfaite
intelligence des Langues Orientales. En-
fin il retourna à Francfort, où, fuivant
fa première deflination , il palTa le refte
de fes jours, fans autre foin que celui de
revoir & de mettre en ordre les divers
Ouvrages qu'il avoit compofez. pour le
ïublic. 11 mourut en 170*. âgé de ïo
ans, & univerfellemcnt regretté. C'étoit
Un homme, dit M. Junckcr, auffi efti-
mabJe par fes mœurs que par fes talens;
fçachant 6ca-«coup , oc ce qm cft. *&«.**■••
V»
parmi les Sçavans , ne cherchant qui
communiquer fa fcîence aux autres, & x
prendre d'eux ce qui lui manquoit ; dut
& infatigable au travail ; accoutumé tel-
lement à l'étude, que dans Tes rcjfts mê-
mes il avoit toujours on Livre fous les ,
yeux ; propre à l'exécution comme au
confeil; aux affaires tumultueufes de l'E-
tat, comme aux recherches païlîhles des
Sciences ; ami de l'ordre 8c de 1a règle
jufqu'a exiger des attentions fcrupuleufes
& quelquefois un peu incommodes dans
les moindres détails domefliques. On
trouve à la 6n du Livre un catalogue de'
lous Tes Ouvrages imprimez , & un lé-
ger ElTai de la Langue des Hottcntots..
uotatiombus res a>vi annquiuns pract
pué complètent ibus illullravit Simc
Fridekicus Hahmius Bergen
Magdeburgicus. Adjecta eft qufden..
Aufloiis PrLcfatio de inftauratoribus ar-
tis Diplomaties. Magileèurgi w Lipfi*,.
ftbud Cbrftcjhorum Stytteliitm. 17 10.
Cell-a-dite : Le Titn Ht Fondation du
Mvntftert de Ecrg fur Elbe, avec de; note;
fnjleriqttts, qui concernent principalement
l'antiquité. On y a ajouté une Préface
dtrtnéme Auteur fur Us R« Saurai eut s a«
U &fiema!i^Hi. A Ma°4ebo\jtç, **
k v-war
I30 JotJRHAL DEîSçAVANS.
à Leiplic , chez Chriftophe Seyde!-
1710. in+. pag*;. 64.
I Es Communautez foDt jaloufes de fe
■^ donner une ancienne origine; 8t cet-
te délicatefle va quelquefois jufqu'à fup-
pofer de taux titres au défaut de véritables.
On ne peut douter que- l'artifice des Moi-
nes n'ait bazardé Sien des chofes en ce
genre- Souvent mime ils ont crû que
l'intérêt de la kc!:gion le demandoit,
parce que les érab'iflcmens modernes é-
toieit toujours mc:ns refpeétez, & deve-
noient pat là moins utiles à l'Eglife que
ceux qu'on croyoi: avoir été formez de-
puis long-temps Mais fous pretexteque,
parmi tout ce qui eft annoncé pout an-
cien il y a bien des Titres fufpects, n'y
en a-t-il point auilï qui ne le forent pas?
& doit-on les confondre tous fous la
même idée ? Une défiance outrée fur
cette matière ne fait guéres plus dton-
rieur qu'une extrême crédulité. Il eft de
]o gloire des Sçavans & de l'intérêt du
Public , qu'il y ait une méthode & des
principes pour difeemer le bon du mau-
vais :. car i'ans cela rien ne feroit plus aifé
que de uier tout , & les plus ignorans-
prendroient volontiers ce parti. Il y»
d'ailleurs,, dit l'Auteur, une injuftke aflez
générale chez les Critiques. C'eft allez
]iiïIî3ppercoivent quelque chofc d'altéré
'RIE* rjti.
ou de changé dans un Titre , poui qu'ils
fe croyent en droit de conclure que la
pièce entière cft faune. Cependant ne (e
peut-il pas que le temps ayant ufé le pa-
pier en cetiains endroits, on ait remplacé
par d'autres mots les mots effacez,
fans que pour cela il y ait rien de chaa-
gé dans la fubitance de l'Acte ?
L'Auteiir a cru devoir mettre ces Ob-
fet valions à la tète de fa Préface, pot»
difpofer le Public à recevoir comme vrai-
ment ancienne la Pièce qu'il lui prefeate,
qui cft le titre de fondation du fameux
Monaftere de Berg fur Llbe. Mais avant
que de rapporter cet Acte , il fait une
petite DuTertation fur la Diplomatique,
& fur les Auteurs qui en ont traité. Il
convient que le Père Mabillon eft celui
de tous les Auteurs qui a donné le plus
d'étendue & le plus d'ordre à cette ma-
tière, li parle aufli avec éloge du P. Pa-
pebrock , du P. Germon, de M. Fon-
tanini , & de quelques autres Sçavans
moins connus. Enfuire 11 propofe fou
fentiment, qui eft de tenir un jultc milieu
entre une facilité aveugle de toutadopter,
Se une détermination générale à tour rc-
jetter en ce genre. 11 eft perfuadé avec
le P. Mabillon, que lorfqu'ime poflêffior*
de plufieurs fiecles a fait paffer des Actes
Crais, on ne peut plus les çwmsv4k*-
à moins au'on ne U ,M«su»fc w^
Fi «
IJI J 0 0 K N A L DES S Ç A V A H S.
évidence. Ce B'cft pas afl"ez d'oppofer
des préemptions & des indices, la pofTef-
fion contraire les lurmonte, & ne cède,
pour ainfi dire, qu'aux dêmonitrarions. 11
cft injulle, obftrve-t-i!, de demander des
preuves de la vérité d'un A«Se qui a tou-
jours été reconnu véritable ; c'eft à ceux
qui ofent en douter, d'expliquer ce qui a
pii les déterminer a ■,'é'oîgner de l'opinion
& de la reconnu! (Tance générale. Où en
feroit-on fi la feule. hardielîe de révoquer
en doute les monumens les plus iiïrs de
l'antiquité, étoit un titre fuffifant pour les
rendre douteux ï
Après avoir pris cej précautions contre
l'incrédulité des Critiques , il remarque
que la célèbre Communauté dont il va-
rapporter la fondation , a beaucoup fouf-
fert du malheur des guerres , & de la né-
gligence des Abbtz; mais qu'elle a repris-
anriî en divers temps fon premier éclat.
Il expofe enfuite ce Titre tout au long j
dans la même forme qu'il le trouve en o-
riginaldans les Archives; & par des notes-
curieufes fur les claufes & fur le ftyle de
cet Acte , il n'oublie rien ppur prouver
que c'eft un Acte du dixième fiécle , fie
Su'il cil venu jnfqu'à nous fans altération..
ne fe flare pas néanmoins d'échaper
aux attaques du P. Germon. Ce fçavant
homme, dit-il, qui s'eli élevé avec cou-
tage çoniïe la Diplomarique de Dom'
PFn in» rjri. ij3
MiKUon , n'aura pas plus d'égard pcmtce
Titre que pour tous ccuï qui lui ont paru
lurpcfts jufqu'à prefent( mais il le prie de
connderer qu'outre l'avantage d'une poffef-
fion de plulieuri liecles , qui eft Toujours
une prefomption heureufe pour la veiire
d'un Titre , il y a encore en faveur de
celui-ci autant de erreonfiances qu'il y a
de claufes&prefquede mois dans cet AAe.
C'cft ce qu'il entreprend de prouva pu
un détail de corapiraifons & de reflem.
blances entre les exprefiions qui font em-
ployées dans le Titre dont i! s'agrt , &
celles dont on ufoit communément au
dixième fiecle.
Othon Fondateur decerte Abbaye don-
ne pour motïF à fa fondation l'amour de
IDieu & de tous les Saints. Oh arnortm
Dti emniumqui SanHomm . L'Auteur veut
qu'on reconnoirTe à ces mots l'ignorance
fuperftitieuïe du disiéme fiecle , où l'on
croyoit devoir aimer les Saints comme
Dieu même, & où l'on faifoit confiftcr
toute la Religion dans le foin de ramaffer
8e de garder leurs reliques. Le Prince a-
joute qu'il fonde cette Abbaye pour le
falut de fon ame : Pn remt.iio anim*.
Cette formule, qui , félon l'Auteur, étoit
déjà en ufage du temps de Dagobert I.
découvre, dit-il, l'antiquité de la Pièce,
parce qu'en ce temps-là, pour s'attiret la.
libéralité des Grands , oa jvo'U Y*4teSa-
F 7. ■ *R
»J4 Journal des Sçavanj.
de leur perfuader que quelques péchez
qu'ils eull'ent commis, tout étoit expié &
firdonné dès qu'ils fondoient une Eglife.
.a fuite de l'Acte contient une longue é-
numeration de tous les biensdeilinezpour
la fondation de cette Abbaye, & le détail
des diverfes fortes de privilèges qui lui font
attribuez, parmi lefquelson trouve celui de
fc choifir des Protecteurs qui veillent aux
intérêts de la Communauté", de peur que les
Religieux rropapliquez à la retraite, ne les
négligent eux-mêmes. A la fin de l'Acte
Orhon défend à fes fucceflems de donner
jamais la moindre atteinte à cequ'il vient
d'établir; & s'ils ofoient ne pas déférer à
fes défenfes , ou que quelqu'un s'avisât dé-
faire tort à ce Monaftere , il veut qu'ils
foient livrez à la vengeance du Souverain
Juge, & à la colère des Saints Martyrs
qu'il a nommez. Summx jnd'ms vindiilt.
jubjttetai , itamqut pmnomitiatorum M»rry.
mm murrat: autre preuve , comme on
l'a déjà oblervé, que ce titre eft du dixiè-
me fiecle , où regnoit plus qu'en nul autre
temps une pieté fauffe 8t mal entendue , qui
fàifoit entrer les Saints dans tous les Actes.
Au relie l'Auteur en donnant ce Titre
pour un Diplôme ^entablement ancien t
ne doute pas néanmoins que le Père Ger-
mon ne le combatte» &qu'il ne l'attribue,,
fui va nt fa coutume, à l'invention artifi*
tieufe des Moines > qui ont fc,u fe faire
de
F l T «. I B H. 1711. 13s
de faux Titres au gré de leur inlerét.V
de ce qu'un Aâe a pu être fabriqués:
coup, il ne s'enfuit pas qu'il l'ait été
feftiveraent. L'acculation de faux eft in*
îurieufe; on ne la reçoit que lorfqu'cJJe
paroît accompagnée de bonnes preuves,
L'Auteur ne peut pas , dit-il , prévoir tou-
tes les objections que fes adverfaires lui
préparent; mais fi elles deviennent publi-
ques, il promet de les réfuter.
Isaaci Caja v boni Epiilote jnfertis
ad eafdem Relponlionibus , quotquot
haftenus reperiri potueruiit. fecundiim
feriem temporis accuratè digeftie. Ac-
eedunt huîc tertiœ Ediliont , prêter
trecentas ineditas Epiftoias , Ifaaci Ca-
fauboni viu , ejufdem Dedicattones,
Priefariones , Prolegomena , Poëmata ,
Fragmentum de libertare Eccldiallica.
Irera, Muret Casauboni, I.F.
Epiflolœ, Dedicationes, Prrefationes,
Prolegomena, & Tïaâatus quidam ra*
TÎores. Curante Tueodob.0 J an-
SON. AB Almeloveen. Rotcroda-
mi, Typis Cn/paris Fritfeh &■ Mickielh
'm. 1709. C'efl-à-dire : Les Lettres
lacCafaubon, rangées félon l'ordre des
es"- accompagnées de leurs Rtponfes.
ftéme Edition , augmentée de trois cent
on encore imprimées , de la ta*
iAMittr,. défit Didit.Mii , île f«
I.j6 Journal des Sçavàrs.
faces, de fes Prolégomènes , de [es Poejtes'r
(y et un "Fragment de fin Livre touchant
la liberté Ecclejiajlique. On y a joint les
Lettres de M&ic Cafaubon fils d'ifaac,
[$s Dédicaces , fis Préfaces , fis Prolégomè-
nes , v quelques-uns de fis Traitez , qui
êtoient devenus rares. Le tout imprimé par
les foins de Théodore Janfon d'AImélo-
vcen. A Rotcrdam , de l'Imprimerie*
de Gafpard Fritfch & de Michel Bohm.
1.709. in fol. pp. 76. pour la Vie. pp..
250. pour les Dédicaces, les Préfaces,.
&c. pp. 670 pour les Lettres, pp.
1 82. pour les Ouvrages de Méric Ca-
faubon.
A première Edition des Lettres d'Ifaac
r Cafaubon parut à la Haye en 1638. in
4. par les foins dé Jean Fndèric Gronovius,
Feu Gravius en donna une plus ample,.
imprimée à Magdebourgcn 1656, auffi in
4. & qui contenoit 810 de ces Lettres.
M. d'Alméloveen s'eft crû d'autant pliis
obligé de contribuer à l'enrichifiement
d'un pareil Recueil , qu'ayant marqué
s'intereffer particulièrement a la mémoire
des Etiennes par la peine qu'il a prife d'en
publier les Vies , il ne devoit pas demeu-
rer dans l'indifférence pour Cafaubon,
gendre de Henri , le plus fameux de ces
Javans Imprimeurs. Il s'eft donc mis en
voir de rafiembler ou par lui-même, ou>
'mûri & Ricbnrd Parlttr lui en
é plufieurs d'Angleter rc, copiées
;inaux de l'Auteur. Il eu a reçu
qncs-uncs de MM. iimtfau. Se
du P. Hardaum , & de divers
ivans. Mais c'eft de M. Jian
jdjacre de Cantorberi, quenô-
r a tiré le plus de fecours , puif-
>!us de ijo Lettres nouvelles
nglois lui a communiquées, il
ni de quoi rendre plus coût êtes
avoient élé imprimées. Se de
remplir les lacunes. M. d'Al-
, de Ton côté, n'a rien oublié
ier à ces matériau* l'.irrange-
>lus convenable, & poirfatis-
nt qu'il l'a pu, la curiciîté des
Il a rlifonfa In l,Mtm frlon
13& Journal des Sçavans.
res ou exprimées énigmatiquement , i
a joint une clef compofée par feu C
neiez., mais qu'il a augmenté de plus
la moitié. Du relie, il n'a retranché
cune de ces Lettres , . pas même ce
dont Grotius apprehendoit la fuppreflk
à caufe qu'elles n'a voient pas été agréai
à Meilleurs de Genève.
Le ftyle de ces Lettres a de la force
de la netteté; c'eft le jugement qu'en p
te l'Editeur j mais il ne prétend pas
donner comme unedccifion; & il allej
fur cela les fentimens de divers Critiqi
On trouve dans les Lettres de Cafaubon (
Sorbiere dans le Sorberiana ) l'Hiftoire À
ff avant homme j elles n'ont rien failli
qui les rendent recemmandables , fi ce *
la pureté du ftyle & le caractère de canà
qm y règne. Vigneul-MarvilU (dans
Mélanges d'Hi/loire v de Littérature)
juge plus avantageufement; elles font toi
parfaitement belles ( dit-il ) cr je ne en
pas de les mettre au rang de celles de^Grei
O* de Scaliger pour l érudition, çr même
peu au-deffm pour la facilité vr la netteté
ftyle , qui eft tout-à-fait épiftolaire, e? nu
ment guindé. Il y a cent remarques à f
dans ces Lettres de Cafaubon. M. d'Ali
loveçn avoue qu'il feroit aflez de l'avi
Roland De/maréts , qui trouvoit ces I
très trop hériffées de Grecajoutantqi
les perdoient par là beaucoup de icuc {
.Tient. Nôtre Editeur exe uic néanmoins
■fiât, en difant que cétoit celui du
où vivoit Cafaubon; ce qu'il juflitie
exemple àïKiafmt, de Bmli, de 3*-
talilir, de LifÇt, de Eaudius, & de
surs autres. Il ne diifimule pas les
ens Gailicifrnes reprochez a Cafaubon
e P. Vavaffiur, & quelques autrejVi-
"elocution relevez par le redoutable
tus. Mais { ajoute-t-il ) ces taches
point empêché Ciri/fo/éU Ad»m Bi-
lans fou Mtnure EpiftiiUire , de don-
Cafaubon pour modèle , fur la manière,
iie des Lettres de toute efpece. Quel-
doigné que fott M. d'Almétovceti
jprer une approbation fi générale, il
:ilTe pas de louhairer que chacun à
î travaille à groffir ce Recueil , en y
ant de nou»dle> Lettres, qui (félon
Journal des Sçavah s.
defquels elles ont parti d'abord. Ses PoËëcî
font en petit nombre, & Grecques pour
la plupart. A l'égard du Traité de Li li-
terie Kttlijîafiiqut , Cafaubon entreprit cet
Ouvrage par leconfeil dequelques Grands-
Seigneurs de France, à l'occailon Ats dé-
mêles qui étoient alors entre le Pape 8c
la Republique de Venife. Maïs ces difle*
lens s'étant accommode* Iorfque le Tiaité
dont il s'agit ctoit encore fous la prelTe,
& qu'on en împrimoit la page 264 à Pâ-
tis en 1-607, m 8. le Roi Henri IV. dé-
fendit qu'on en pourfuivït l'Edition, or-
donnant en même temps que l'on fuppri-
màt ce qui s'en trouvoit d'imprimé : de
manière que l'Ouvrage étant demeuré im-
parfait, il ne s'en publia que très-peu d'Ex-
emplaires, & même fans nom d'Auteur.
L'un de ces Exemplaires étant tombé en-
tre les mains de Mtitbhr Gddaft , il l'inféra
dans le cinquième Tome de fa Momtrihii
Au faim Satire , page 674. & fui vantes.
M. d'Alméloveen a crû faire plaifir au
Public de renouveller iei'ce précieux Frag-
ment , qui étoît devenu fort rare , &qui
peut Tenir à prouver combien l'Auteur c-
toit profond dans la connoiifance de l'An-
tiquité Ecclefiaflique,
Pout ce qui concerne Cafaubon le fils,
outre fes Lettres, fes Epitres dédicatoires,
fts Préfaces , & (es Prolégomènes , on
ttouve ki quatre petits Owia^cs de ft
■un. , tevfa txaliemeat fur U Grammaire
lie M. l'Abbé Ktgmtr Dtfmuran , fur te
Dittionnairt dt l'Açaiiwit Frarlfoife, &
fur flufitars RtmtrqHtl neuvtlltl, v 4ltg.
miatii dt orts d'une quatriimc Parti*. A
Amrterdam, chez R. & G. Wctflein.
1710. vol. in 11. dcuïToracs.I.Tom-
pp. 307. II. Tom. pp. îs*'
pEi Ouvrage e(l un Recueil abrégé de*
Remarques que nous ont données fur
la Langue M. de Vaugelas , le P. Bou-
hours , M. Ménage, M. de Corneille,
l'Académie Françoife, M.l'AbbéRegnier,
8c l'Auteur des Reflexions fur l'ufage prê-
tent de la Langue Françoife 1 ou plutôt
c'eft un iîroplc abrégé de leurs dêciiions,
car l'Auteur ne rapporte point les raifoni
fut lelquelles ils appuyenr leurs fenti-
roens.
L'Ouvrage eft partagé en deux Tomes.
Le premier contient en trois parties ce
qui regarde la Grammuiicminn. On trou-
ve dans la première Partie de ce premier
Tome ce qui appartient à la prononcia-
tion & à l'orthographe. Quant à la pro-
nonciation , l'Auteur a eu foin de don-
ner un grand Chapitre de la Quantité •
françoife, c'eft-à-dire , des fyllabes lon-
gues é< des brèves , conformément 'i
144 JO-OlMAt DBS SÇAVANÏ.
à l'orthographe, il a abandonné le
ment de l'Académie FranLoîfe ,
lequel il déclame dans fa Préfai
traite dans la féconde Partie, de la :
des mots. 11 fait cinq déclinaïfoi
cinq dirVércns acides , ce qui peui
ocr, dit-il. beaucoup .dejour à l'en:
que caufent ordinairement ces part
11 examine !e genre des noms; &
avoir expliqué ce qui regarde les i
réguliers , il met les irreguliers da
colonnes, qui comprennent les lu i
dont fe forment tous les autres; il:
ajouté quelques remarqués fur les t
conjugaifons des verbes irreguliers^
troifiéme Paitie renferme la Syntaxe
un Chapitre des principales qualiti
ftylej Pc un autre, de la Poe'fie.
Le a Tome comprenddiveriesdec
détachées, furies néons de parler do
fes. L'Auteur dit que fon Ouvrage
brade tout ce qu'il faut fçavoir pour
parler François , &; qu'il pourra fut!
ceuxqui ne font pas d'humeur d'ach
ou qui n'ont pas le temps de lire lej
nombre de Livres qu'on a écrits fui
tre Langue. Au refte, commeil ne
rien s'attribuer, chaque dédfion cil fi
du n<im de l'Auteti: à qui elle appart
Il s'elt néanmoins mépris quelquefoi
deffus , & entre autres a la page t
pixrnier Tome, ou îtiçïAwA de, la
arion a un Grammairien , qui 1*
mne cependant en termes formels,
te féconde Edition renferme des ad»
s notnbrcufes, à ce qu'on nous dît j
ine des plus conlîderablescft un Avèr-
ent qui elt à h tête du Livre, dans
! le Diâionnaire de l'Académie Fran-
& la Grammaire de M. Régnier
:>eu ménages. Voilà tout ce que
avons à dire de cet Ouvrage , où
n'avons rien trouvé qui demandât un
impie Es trait.
tire \du Père Tarteroh écrite i
-.*** à l'Ma/kn de la Priface que Mr..
)STE a dallée il Londres, ejr qu'il a
i « la tête de fa Critique faite jur la
•.dutlien d'Horace , imprimée depuis
10. A Amsterdam cha Pierre de
146 Journal desSçavans.
modérer, quelque ardent que je vouscon-
noifle fur ce qui regarde vos amis. L'Il-
luftrr+Ioniieur l'Abbé Bignon rie s'eft pas
contenté de faire inférer dans !e Journal
de Paris un petit Extrait de ce que Mr.
Coite dit d'honnête & d'obligeant pour
moi ; il a de plus eu la bonté de me
confier le Livre tout entier jpourmedon-
ner le tems d'y répondre , c'eft à quoi je
travaille , je ne puis m'en défaiiïr. Je l'ai
parcouru d'abord avec toute la vivacité
d'un Auteur interefTé. le fuis enfuite re-
venu fur mes pas , & j'en ai relu la Pré-
face avec beaucoup d'attention & defang
froid- Elle m'a jnfqu'i préfent prefque
feule occupé, & même un peu trop; car
à mefure que je la lifois, je me fuis ap.
perçu que l'amour propre s'accommodoit
fort des louanges flateuiés & délicates que
Mr. Colle donne au Traducteur. La vaine
complaifance faifit infenlîbleinent 8; gagne
le cœur , fi l'on n'y prend garde ; fur-tout
quand un habile Homme qu'on n'a pus
l'honneur de connoître, 8c qui d'ailleurs
ne nous connoît point peribnnellement,
nous marque de l'eilime 6c de la conlîde-
ration. Je vous avoue debonne foi.Mon-
fieur, que ce qu'il y a dans fon difeours
de gracieux &z d'obligeamment écrit en
ma faveur, m'a femblé lincere & vrai de
fa ptrt; je ne l'ai point pris pour un fini-
pic compliment, pir \x wiSoti e^a^ne
Février on. i47
voit pas que de Londres , on s'avife d'en
faire de pareils à un Jefuite. II y a nom-
bre d'années que je me fuis rendu juilice
fur mon peu de mérite ; celui de mon
Cenfeur me fait fouhaiter par reconnoif-
fance à fon égard, d'en avoir du moins
autant qu'il en faut, pour ne pas tout i
fait le démentir fur l'idée trop avantageu-
fe qu'il s'eft formée de ma petfonne. Ce
fouhait cil téméraire, je n'en difeonviens
pas; j'ai lieu néanmoins d'efperer, qu'avec
le fecours que je prétens tirer d'une Cri-
tique Il Iblide & Sx recherchée, il devien-
dra dans la fuite excu fable. Ainii, bien
loin d'être choqué d'une enireprife, dont
l'exécution ne peut être qu'utile & agréa-
ble au Public, j'y aplaudis de tout mon
cœur , & je lui fçai bon gré d'avoir traité
de bagatelles & de légères taches , des
fautes qu'il a eu l'honnêteté de ne pas
nommer par leur nom. C'eil être du ca-
ractère Se de la politelTe d'Horace , que
d'en ufer de la forte, & il a droit autant
3ue ce Poète de dire, non ege pauds ejfen-
armaculù : ou plutôt, funi /tcliéla tarât»
Îuibiis ignt-jijjt vtlimus. Je lui fuis fenfî-
lement obligé de fon indulgence , U je
lui en rends mille actions de grâces. Il
y" a trois ou quatre pages où il m'élève g
excefli ventent , & que je ne çm\^ \wc ^■wa Jj
confufion dans fa doue Yxéfotc , "yt w
m'y reconnais point. Quoà cçi\\ vr ^'
G x v
àe mon "*tct '
teSS0S2Snî
Je, Se ne s'apperçoit pas qu'elle la
la moindre flaterie la fait rougir, et
s lui-ianges d'un Homme de votre mérite
.ont très-dangerenfes pour file,
eit une autre forte de modeftie plus auf-
, dont j'ai quelque droit de me pi-
■ : &je vous dirai franchement avec
: libené Francoife qui nous ell pro-
j à vous & à moi , que j'ai été fort
alarmé des coups que vous lui portez fur
°i fin de votre Préface; j'en ai frémi, je
■e vous le celé pas. Détermine que je
fuis de tout icms à ne jamais franchir les
lornes de cette vertu, elle m'eft fi chère,
'c convient tellement à mon état 6c à.
ion inclination, que je me fuis obfeivé
■"lu'au Icrupule dans tous mes Ouvrages
ur ne la point bleflcr. J'.it eu beau fai-
; malgré votre extrême polit effe & ma
irconipection, vous n'avez pas I a ûTc d'y
donner dans deux ou trois citations de
très-vives atteintes , fur tout à la page
106 du ». Tome, Apparemment dans
la Gtuatîon préfente où vous vous trou-
vez , vous n'avez pas éié fâché depvendre
un honnête prétexte d'égayer 8c de diver-
tir les deux Nations aux dépens de la robe
que j'ai le bonheur de porter , & pour la-
quelle vous n'ignorez pas que l'Angleterre
& la Hollande n'ont que de médiocre*
égards: mais je puis vous pT.cAcftctie.NfcW.
Dieu, qaele £tns que vous àontttXi ^m*
G 3 ^
IjO JotJRNM DES SÇAVANS,
heiîter» à mon eipreffion, ne me vint
jamais dans l'efprit. L'anreufe idée de IV
dultére étoit infiniment éloignée de mon
imagination , quand je me fervis de ces
mots , une femme adroite qui utt»pt fort
mari. Quelques faits différens la produifî-
rent alors : je les fi;ai d'original , & je
fuis fur qu'ils me juftiiieront auprès de
tous, quand je répondrai en détail à vo-
tre délicate Critique. Je n'enfle pourtant
pas mal fait d'ufer du mot que vous me
préfentez. ; peut-être même que je m'en
fervirai à la première réimpreffion , puif-
que je n'ai pas. fait difficulté de l'employer
pour traduire dans l'Epitre 17. du L. 1.
le terme de mertirix, & que je l'ai expli-
qué à la lettre en gardant toujours le de-
arum. Mais quand j'y penfe, pourquoi
différer de me difculper, & de vous faire
juger plus jufte de la pureté de mes inten-
tions? Je n'ai pour cela qu'a vous cïpo-
fer naïvement un de ces faits* il elUîmple
& allez plaifant.J'étois jeune encor & dans
le monde quand il vint à ma connoiflan-
ce,& Molière au défaut deFundanius.au-
roit pu le, Faire valoir fur la feene : ilvous
défabufera , ou je fuis trompé. Le voici.
Une femme d'efprit, bonne bourgeoifeSt
un peu joueufe recevant de fon mari un
fac d'argent pour le compter en fa préfen-
cc èi le lui rendre fur le champ , lui de-
minda. : Combien ,Monueui,ào\x.-\\,jwK«i
USA
FEVRIER f]U. 1J1 I
_ahs ce fac? Deux cens cens , lurtepon-
dit-il. Vous avei raifon , repril
les lui ayant comptei , les voilà : & glil-
i'mt fubtilernent dans la fente de fon gand
coupé au milieu de la paume de la main,
douze écus d'or de furplus proprement en-
veloppez, elle s'en accommoda. C'eft
jufiement ce que j'appelle uni fimmt a-
■tîu qui trompe {en mari, ^e vous pro-
file encore une fois que je n'y ai point
attendu d'autre fineiTe. Vous en croirez
; qu'il vous plaira : du refte je me km
affez honnête homme pour être crû fur
ni parole. II ne tiendrait qu'à moi de
ous citer plufieurs exemples de certaine!
emmes qui nielles à leurs époux dans
'eflëntiel , oe le font pasloûjours à corap-
;er juïte dans le mémoire de U dépenfe,
dont il eft de la bienféance 6c de l'ufage
qu'on leur confie le foin : rien n'eft plus
ordinaire dans les familles où le Chef n'y
regarde pas de fi près. Riez donc tant
qu'il vous plaira de mon inadvertence;je
ne penfe pas que fur cela vous ayei beau-
coup de rieurs de vôtre coté ; car elle
n'eit rien moins qu'inadvertence, & jene
la mets point du tout aunombrede celles
où je fuis tombé. Je fuis perfuadé que
pour peu que vous rcfkchifliez fur vôtre
note, ÔC fut toute la belle morale deCa-
ton Si d'Horace, dont vous l'aveT-ouvie,
vous conviendrez en galant- Homme owIcV
G 4 \*
lji Journal des Sçavans.
le n'eft point là à fa place , & qu'i
porte indubitablement à faux , r.omrtt
hem. Je ne içai f\ je m'abufe , mais i
me paroit rien d'équivoque dans l'exp
iîon dont il s'agit. L'idée la plus fuu
& la plus vraye qui frappe l'efprir ,
celle qu'autorifent ces fortes d'hiftoric
qui arrivent tous les jours à Paris dam
plupart des maifons où l'on vit à fona
& où la maîtrelTe du logis eft chargée
la dépenfe. Déplus, Monlieur, qu:
la phrafe de ftmmc admti çrc. vous fe
bleroit équivoque , pourquoi la pren
dans un iens où vous faites dire une 1
grande fottife à un Auteur qui de no
ricté publique , fait profeffion de n
point dire, que dans le fond vouseflini
le que vous honorez de vos fuffrag
Que ne prenez-vous avec vôtre polit*
ordinaire l'autre interprétation , qui n'o
à l'erprit des honnêtes gens rien que
vrai & d'agréable? Vôtre probité, vc"
équité, votre bonne foi , & les loix
h focieté civile que vous fçavcz fi bit
vous portoient la naturellement. Puifi
je fuis fur ce chapitre , fouffrei que
vous décharge mon cœur : car il cl
naître, MonJieur, que depuis plus de
ans que la Traduction des Satyres t
voit le jour , qui que ce foit , excq
vous, m'ait caulé le moindre fcrupule,'
m ait rko reproché lut aucune ç««
FEVRIER 1711. I5j I
ies- Ouvrages, pas même for celle» oui
t paru depuis , & que vous prétendez
e plus libres par cndinits, qu'une bonne
partie de ce que j'ai fupprime. Ce n'eft
pas fans raifon que j'infifte, comme vous
voyez, un peu vivement fur ce point ,
rous voulez bien me le permettre. Tenez
lonc pour cotillanr que tout ce que vous
ivcz remarqué d'altéré & d'ôté d-.ins ma
Traduction , eft entièrement conforme a
ce du Père Jouvauci aflez connu
e qu'il eit parmi les gens de bien.
.. e nie fuis fait une efpece de Religion de
iuivre pas-à pas lout fon tejcie , a quel-
les petits mots prés de nulle conféquen-
:e. Cela préfuppofé, ne m'attribuez point
e difeemement & le choix qu'a fait ce
;ieux & fçavant Jefuîtc, de tout ce qu'il
m'a biïïi de fais Se de loiiable à traduire.
\ la vérité il a été obligé de laitier quel-
ques vers qui m'ont paru délicats ; finis
enfin ils le font trouvez dans la route, je
me fuis exprès familiarifé, pour armldirc,
avec eux afin de les conduire infcnfible-
ment au terme où j'allois. Parlons nette-
ment; j'ai fait de mon mieux pour les
tourner du bon côté, & pour les rendre
irréprehenfibles aui perfonnes les plus
feru puisâtes.
Que j'ai perdu, Monfieur, de ne vous
avoir pas poifedé ici ! Quelques ewiftwns
q c j'cuÏTeeû lebonfieiud'a.vQVsa.'KC.NWWt
G s -stiî»-
15+ JOURNAtDESSçAVANS.
m'auroient fait tous les biens du monde
les plus légères ombres des idées contraires
à la pudeur auroient difparu : mon Ou-
vrage fe feroir trouvé hors de prife. Oui,
les avis qu'Horace donne à Lîgurinus
* vous auraient femblé , de la manière
dont ils font exprimez, moins imprudens
& moins indiferets que vous n'avez pen-
fé, par la raifon que comme )ç n'ai point
lu la première Ode du quatrième Livre,
ni toutes celles que j'ai omifes, il ce m'a
pu tomber dans l'efprit d'infinuër aucun
rapport a des pièces que je ne connus ja-
mais, & que je juge fur vôtre feule paro-
le, fi infâmes Se fi deteftables. Enfin il
m'a paru , & il me paroît encore , que
vous devîei d'autant plus m 'épargner fur
le fujet dont il s'agit , que je me fuis ex-
trêmement obfervé, pour ne rien préfen-
ler de deshonnête & d'indécent aux yeux
de nys Lecteurs. Ce que j'ai été indif-
penfablement obligé de fupprimer . m'a
rendu plus vif & plus animé fur tout le
refte. J'ai tâché de dédommager le Pu-
blic des pertes que lui caufeient la fainteté
de ma Religion & la bien-féance de mon
état ( fi tant eft qu'on puiffe raiformable-
ment appelle: des pertes, ce qu'il importe
infiniment à tout homme de probité
d'ignorer toute fa vie') j'ai tâché, dis-je,
àe dédommagée le Public de ces fortes
ie
* V- «/*■ T. i.
cep.
*
Fiviiit 1711. ijj
de pertes, par les peines que je me fais
données à redoubler la vivacité de mon
imagination , & à lui faire produire de
riantes peintures & des images qui puflent
plaire. Vous m'êtes nn bon garand de ce
que j'avance , Monfieur, 8c le plaifîr qu'el-
les vous ont caufé , fait dans vôtre Pré-
face, félon toutes les apparences, le plus
bel endroit de mon éloge. Je fuis confus
de me voir entraîné à entrer dans vos
fentimens fur le bien que vous dites de
moi , & de vous faire valoir la naïveté
de certains traits que le génie & la beauté
de nôtre Langue m'ont fait inventer à
force de réflexions; plus ils font naturels,
plus ils coûtent. Enfin, Moniteur, vous
tomberez d'accord que les endroits un peu
délicats que je n'ai pu raifonnablement me
dirpenfer d'interpréter, font maniez avec
toute la pudeur & la rirconTpeétion pofiî-
bles. Supportez donc avec quelque com-
plaîfance 6t dans tout fon entier, l'éxcla-
matioD pathétique que vous avez lue dans
la Lettre qui elt à la tête de Juvenal im ■
primé en 1689. & ne me chicanez pas fur
un trait qui me lied fi bien : puifque vous
devez être convaincu que je n'ai défiguré
l'image d'argutâ miretrice, que dans la vue
d'en fubflîtuér une autre qui fût à couvert
de la plus fevere cenfure. Je ne l'ai pas
ipendant échapée à l'etidïotX mtv&ft °^l
ne m'aireûdois à rien tooixa. C«St
G 6 «■"*■
ï<6" Journal dej Sçataks.
m'avoir pris à l'improvifte : vous y re-
médierez quand il vous plaira , je vous
y crois obligé en confeience ; car pour
peu que vous vous rendiez juflice fur la
bonté de vos remarques , vous jugerez
qu'elles pouvoient contrebalancer de refle
ce qu'il y a de trop dans vos louanges,
& m'obliger à ne m'en pas élever , ni
m'en faire accroire , fans m'attaquer par
l'endroit où je m'étois retranché & forti-
fié , & que j'avois le plus à cœur de ren-
dre inacceiïible. J'enfle mieux aimé,
Monfieur, fi vous m'aviez fait la gracede
me laiffer maître du choix, ou que vous
n'euffiez pas d'abord tant dit de bien de
moi , ou que vous euffiez pris !e paiti
d'errer conféquemment. Mais à préfent
le fort eftjetié, peut-être que dans la fuite
vous aurez affei de condefeendance &
d'humanité pour en addoucit la rigueur,
Penfez-y, Monfieur, la gramude vous y
engage. Car enfin mes fautes fi fpirituel-
lement relevées vous font honneur , &
vôtre réputation s'eit accrue , & s'augmen-
te de jour en jour à la faveur de vos au-
tres remarques en partie ii jufles & fi fen-
fées i le fel fk les agrémens que vous y
avez répandus, en font plus valoir le ib-
fide. Pardonnez moi donc , Monfieur,
ii je prens la liberté de vous dire avec
toute la confidetation qui vous eft dûë,
çu'ti n'eioit pts neeefliire que vous prif-
FivMB» 1711; 1 57
la peine d'avoir recours à une pté-
,on aufli violente que celle dont vont
vous êtes fervi , pour empêcher que l'Ho-
race habillé à la Frantoile ne vinr à tom-
ber & à fe perdre. Vos ctaintes fur cela,
quelqu'honorables qu'elles me (oient, &
vos foins me paroiflent aller trop loin. Le
nombre des libertins n'eft pas le plusgrand;
l'immortalité d'un Ouvrage plein d'efprit
ne dépend non plus d'eux, que des ordu-
res fkdes infamies qu'il renferme, &vous
m'avouerez que ce n'eft nullement à la,
faveur de l'es vers cyniques & effromeï,
3u'Horace s'eiî flué de fe faire lire à nos
emiers neveux. D'ailleurs la modeftie
& la délicatefle de noire Langue fonr ex-
trêmes; elles éloignent d'elles tout ce qui
peut bleffer des yeux 8t des oreilles chaf-
les. Vous concevez aifément à ce dif-
cotirs que fîj'eufle été le revifeur de ccttt
impreflion d'Hollande, je l'aurois expo-
fée de bon cœur xuffi bien que toutei
celles de Paris, au rifque d'être un jour
anéantie & de tomber dans un éternel
oubli , plutôt que de permettre qu'Horace
y eût été rétabli dans tous fes droits, 8î
remis en polïdiion de ce qui lui appar-
tient. Si j'ofois y trouver à redire, aflu-
rément j'en prendrois la hardiefle , mais
cela Teroît inutile. Ce n'eft 'donc çcvm.
par incivilité, Monfieur, que \z wt n o**
fais cas de remerdmens de Y». ee.ï«t»fefc
G 7 °a*
iaf-
fif-
tte
10-
tei
ur
■cl
ce
i<8 Journal des Sçavanî.
que vous avez eue de relliruer à Horace
tout ce que je lui avois enlevé. Vous lut
avez libéralement payé ce que vous avez
prétendu que je lui devois , parce que
vous m'avez jugé infolvable , je le fuis
abfolument, il cil vrai, & j'en fais gloi-
re. Je vous f^ai pourtant bongréde vôtre
diferelion, qui ne vous a pas permis de
traduire en nôtre Langue ce que les gens
d'honneur qui la parlent, & qui connoif-
fent Ton extrême retenue fur les mœurs,
n'auroient pu lire fans indignation.
Une féconde Lettre imprimée & infé-
rée depuis près d'un an à l'ifluë de celle
des Odes, n'a paffé ni à Londres, ni en
Hollande ; les corrections qu'elle renfer-
me , ne diminuent que de fort peu le
nombre de vos notes. J'aurois tâché,
Moniieur, en gardant l'ordre, de vous la
faire tenir, (î j'euiîe pu devinerqu'unauul
célèbre & auffi fameux Auteur que vous
l'êtes , eût été fur le point d'honorer
d'une fçavante Critique un Ouvrage trop
médiocre pour la mériter. Cette Lettre
contient quelques petites réflexions qui,
autant que j'en puis juger au caractère de
vôtre efprit , feroient alTez de vôtre goût,
& pourroient ne vous pas déplaire. J'ai
tourné félon les maximes & la Philofophie
d'Horace, le conleil qu'il donne à Leu-
conaé en ces termes, w fans ccmpttr fur
d'jptxir, goutex. chahut joar cmi Us plaifirt
Février 1711. iî9
dent -votes pouvez, jouir. Certains Connoif-
feurs font pourl'expreflîon plus ferrie de
la dernière Edition , ils la trouvent plus
exacte & plusjufle, elle leur plaît; je la
remets donc fous vos yeui & je m'y
tiens. El retranchez de vpi efperintei te
qui tft au delà du peu tjm vous avez. À vivre,
j'ai auffi reformé la fin de cette Ode par
ce tour , cr par trop de confiance n'astendix.
pm le lendemain. J'ai de plus attaché à la
perfonne du Poëte, magnai i nier opes Jeeps,
& cela par bonheur conformément à vô-
tre idée; je m'en fais des con joui (Tances.
Je penfe qu'il n'y a que ces trois feuls
endroits a iupprimer de vos falutaires a-
verrifl'emens , dont je prétens bien que
ma première impreffion fe reiTente, je ne
fçai pas quand: mais par avance, Mon-
ficur, je puis répondre que vous me fe-
rez alors un iilr & fidelle témoin de ma
docilité. En effet je luis plus porté que ja-
mais à entendre raifort; & je ne me fens,
gracesàDieu, ni incorrigible, ni ■heurté
à mes fentimens. Encor faut-il aujnoins
fur le milieu du retour , s'étudier à deve-
nir bon 5c traitable de plus en plus : en-
forte queles Horaces du fiëcle,c'eft-à-dirc
ceux qui fçavent parfaitement le monde,
foient contons de nos réponfes, s'ils s'a-
vifent de nous demander avec l'Horace
du tems d'Augufte , lenior ttc mtlior ju «t-
uâtnii ftnt3Â;
mi
de
ce
on
d Journal des Sçavaks.
Ma Lettre finie ; j'apprens d'un brave
Capitaine aux Gardes de mes anciens a-
mis, & d'un goût exquis pour les belles
Lettres, que Mr. Bernard dans fon extrait
de Février dernier, me juflific devant tout
ce qu'il y a de perfonnes toges & qui
ont l'elprit bien fait, & qu'il femble des*
approuvet évidemment le fens malin que
vous donnez à une expreflion tres-inno-
çente. Son jugement ne doit pas vous
être iufpeft; vous avez plus d'une raifon
pour ne le point reculer; & moi, quoi
qu'il mereviennede beaucoup d'endroits,
qu'il ne laine prenne palier aucune oeca-
lionde parler favorablement de mes Ouvra-
ges, jenele connois uniquement que parla
réputation qu'il s' rit acquife d'un des plus
fçavans Hommes de noire ilécle. Que nelui
dois-jepas, Monlïeur, pour le bon office
qu'il me rend auprès de vous! Je fuis &c.
JE vous abandonne cet Ecrir , Mon-
fieur, retranchez-en ce que vous jugerez
a -propos. D'un côté je m'y vange de
mon PanégyriflCj par tout ce que h plus
fincere & la plus vive reconnoi (Tance a
fcù m'infpirer : & de l'autre je lui ex-
pote de bonne foi la droiture de mes in-
rentions , & je me tais connoître à lui
lel que je luis , & non pas tel qu'il s'eft
imaginé que j'éiois. Si j'ai quelque ufage
dumonde, je L'en ai, \ous le lcavcz,
F £ V R I E R I7I1.
u'autant qu'il convient à ma proft (1
ïr, Sî rien de plus. Cela ne p
naines bornes, au delà defquell
on Cenfeur trop officieuxparoît me vou-
ir furprendre: lurement il^ne m'y trou-
va pas. Sa trop grande pénétration, Se
la légèreté d'un ftjle a fie?, gai , auquel
j'ai été formé dès mes plus tendres an-
nées, & où l'humeur a quelque part, l'ont
porté à croire que l'air du grand monde
m'avoit un peu gâté. Mais neuf luilres
- 1 tiers qu'il y a que je refpire celui du
s Latin, & mes occupations ordinai-
m'ont mis heureufement au delTus de
ce mauvais air , & doivent diiïiper juf-
qu'au moindre de fes foulons. Difpi
lez de cette Lettie comme il vous plair;
Monfieur, vous en êtes le maître. Voi
la pouvez communiquer à vos amis &
aux élevés d'Horace réduit aux règles de
la bien-féance Si du devoir. Je vous prie
néanmoins de ne la rendre ici publique,
qu'à proportion que vous verrez que !a
belle & ingémeuie Critique de Mr. Cofti
le deviendra. Je fuis avec tout le refpeét
Se toute la confiance poffible,
(]■_■
tu
1 ONS I EUR,
Votre très humble fc n
obeïflint Servi
H. T iïisms*ti»
.,.u- itiut in ivon
^Uh'»;iw :'iuùcs <
FBvmti 1711.
fes , Bt principalement en ce q
:erne la foi, nous ne pouvons nous
enfer d'effacer les iraprefiîons que
Ecrits pourraient avoir faites dans
efprits.,,
afirudion eft divifée en deux Par-
Dans la première on dévelope Se
iite les fenrimens de Janfenius & de
!ciples;on examinée^ on condamne
a leconde la Théologie du P. Jue-
de Meaux donne lui-même une idée
erre & très-exacte de tout ce que
:nt la I. Partie. Il la commencepar
;dans tout leur jour les principes que
,ius établit , & d'où l'on tire les cinq
ilitions. Ces principes roulent fur la
; de l'homme , fur la volonté que Dieu
le fauver, & fur la nature des grâces
Iles. II montre enfuite que les pté-
s Difdples de faint Au'ullin embrai-
es mêmes principes ; après quoi il
:vre d'un côlé h conformité qu'il y
e Calvin Se Janfenius (ur ce qui re-
la liberté; & de l'autre, la différen-
i fe trouve entre cet Evêque & les
liftes, non-feulement fur la liberté,
encore fur la volonté de Dieu par
rt au falut des hommes, & fur les
; actuelles. Il expofe enfva U iot-
de VEgUfe fur les mêmes mwÂetw,
léz Journal des Sçavans.
Jdanâtment e?" Inftruiîion P&Jlorale
Menfiigniur VEvtqu* de M E * o X j
Janfetà/me , fanant condamnait!»
lnftituiiani Thtohgiyius dit Ptrt Ju
A Paris , chez J. B. Chriftophe
lard. 171a in 4. pagg. 636.
JE raiibnneraent 8c l'autorité fe I
vent tennis dans cet Ouvrage 1
l'on y profcrit tejaniénifme, cen'eft'
près avoir montré qu'il mérite d'être]
crit. M. de Meaux pouvoit fe contt
d'ordonner , ou de défendre 1 mais
crû qu'il devoir joindre l'iDltruétioi
Mandement , & conduire à l'obéïfl
parla voie de la conviction. Il ci
d'abord les motifs qui l'ont engagé à
lever contre le Janfenifme en général
contre la Théologie du P. Juenin eu
ticulier ; & après avoir parlé des la
qui lui font communes avec les autri
véques, „ Outre ces raifons, ajout;
ii il y en a qui nous font particulière;
,, qui nous obligent plus qu'aucun :
,, à nous expliquer fur celte Theol
n On a cité en fa faveur nôtre témo
„ ge dans des Ecrits publics Se répa
„ de tous cotez, par lefquels on vou
„ perfuader que nous en avons ado|
„ doctrine. Quelque faulTes ou qu>
,, frivoles que foient les preuves de
„ îndrgne fuppofition i comme un
-, 90e doit être it
At m. ^
FlTlIEI 1711. 163
Dfes , & principalement en ce qui
îceme ta foi, nous ne pouvons nous
penfer d'efiàcer les impreilîons que
s Ecrits pourroient avoir faites dans
: efprire.,,
-Tnllruclion eft divifée en deux Par-
Dans la première on dévelope &
rfute les fentimens de Janfcnius & de
ifciplesjon examine & on condamne
ta féconde la Théologie du P. Jue-
. de Meaux donne lui-même one idée
îette & très-exacte de tout ce que
eut la I. Partie. Il la commence par
re dans tout leur jour les principes que
nius établir, & d'où l'on tire les cinq
alitions. Ces principes roulent fur la
;é de l'homme, fur la volonté que Dieu
le fàuver, & fur la nature des grâces
elles. Il montre enfuite que les pré-
us Difdples de faint Aagultin cmbral-
ces mêmes principes ; après quoi il
-uvre d'un côté h conformité qu'il y
Te Calvin & Janfcnius fur ce qui re-
l6+ JOUKNAI DES SçAVANÎ.
point les principes de janfenius y foi
pofez. Des principes il palTe aux t
quences , c'eft-à-dire , aux cinq Pn
tions. Il rapporte les maximes don!
fenius ie fert pour les défendre; il ci
que le vrai fens , & les fens imagi
que les Jantenilïes mettent à la plâ
vrai. 11 indique les règles qu'il faut
pour démêler fùrement l'erreur qui
glife a voulu, condamner dans chaqui
pofition. Il s'applique après cela
montrer que le fens hérétique qi
renferment véritablement , eft en
comme une doctrine faine par ]anf<
& par ceux d'entre les prétendus Di
de faint Auguftin dont le témoigna]
roît le plus recomrnandable ; & qi
conféquenr le Janfenifme n'eft rien
qu'un fantôme. M. de Meaux cor
auiïi le Janfenifme du côté de la M
& il montre que „ cette nouvelle
„ fie ne fc borne pas à de iîmples
„ lations, mais qu'elle efttrès-dang
„ pour la pratique de la vie Chrétit
Sur la fin de cette première Partie
iruit les principaux moyens que les
miles employent pour iauve: leur i
ne. 11 prouve que le filencc refpci
ne l'unît pas pour obéir a l'Eglife
elle ordonne de condamner des L
& qu'on ne peut fignei \e¥o\ma\iii
être pcrfundé que 1 "
TF e v ft. i e a i
damnées dans le l'ens du Livre de Jin
lenius.
Cette réfutation de fon Syftemc efl û
fuivie. & les railbnnemens qui la compo-
fent font tellement cnchainei les unt avec
les autres, qu'il n'elt prefque pas poflible
d'en détacher aucun- Ainii nous nous ré-
. duirons à mettre ici fous les yeux dci
Leéteurs une efpecc de récapitulai ion trej-
inftruétive, où M. de Meaux marque avec
beaucoup de ptécilton le lens condamné
des cinq propofiiions, & celui qu'on pré-
tend y fubfbtucr. „ S'il faut convenir
„ avec les Janfenilles, dit-il , que c"cll
„ une erreur de dire que la Comnsande-
„ mens font abfotument i'npojftbUt à teus Us
„ Ju/ies , ou fur la nature prife e» elle-
„ même , bu par ta corruption que le ptchi
,, d'origine a ttufie tn elle $ (y que tel grâces
,, les plus fanes ne leur donnent pat unpeu-
„ -voir même commencé de lei obferver ; Il
,, faut qu'ils conviennent avec les Catho-
L~\ » liquesi que c'efl une erreur condamnée
t-4 » dans la première Piopofiiion , de dire
Cli, que les ju/la qui i'ej}orctnt d'obftrver les
„ préceptes font dans une vrjyc impui/fanct dt
,, tu accomplir , tor/qu'ili ta violent par le
i, défaut de lu Grau efficace , qui efl la
m/c qui donne tous ce qu'il faut peur tes
U i „ pouvoir obferver. S'il faut convenirïvec
» les Janfeniftes que c'efl une en cm 4t
* petite qoc U Grâce fait tout enl'bomm*-.
166 Journal des Sçavans.
„ qu'il ne fint rien en lui qui y nfîjU , C
„ qu'elle lui fait toujours pratiquer le bhn
„ auquel elle excite fa ■volonté ; ils doivent
„ auiïï convenir à leur tour , que c'ett
„ une autre erreur condamnée dans la k-
„ conde Proposition , de foutenir qu'«
„ fait avec chaque grâce tout le bien qu'en
„ peut faire, quoi quille excite à faire plut
„ qu'en m fait. S'il faut convenir avec les
„ Janreniftcs , que c'eit une herefied'aflu-
„ rer qu'on peut mériter rjr démériter agi/-
„ fant par contrainte , ou par une ntceffiti
„ naturelle , ou par une mceffiié volentairc
„ ty immuable en même temps; il fautauffi
„ qu'ils conviennent avec nous que c'eit
„ une autre herefie condamnée dans Iij
„ troiùéme Propolîtion , de dire qu'
„ peut mériter (y démériter par des acliet
„ bannis ou mauva'ifes qu'on fait ntcefji
„ mtnt , ou fans avoir te pouvoir parfait
„ itn tbjlenir, quoi que la nettjfué qui 11
„ fait faire fait volontaire , es* qu'elle
» paffagere. S'il faut convenir avec
„ Janfenifles que c'elt une erreur d'à*
j, cer CJ'Je la Grâce efficace fait fa
„ de telle forte , qu'on ne pourroit mèmei
„ tmpichtr, quand on le voudrait, V tp
,, ôte abfolument & peur toujours U f '
„ de rejijier , commt fi elle éteignait
„ ment le fiyer dt la cancupifcence :
„ qu'ils rcconnoiffeirt avec nous , quel
„ une erreur cenfutéc i»w \* op»
c'eft enfin une erreur d'*û*urer q
Elis font lu fatli nvn-ftuUmciU f
jutls ^f. C. fois taon , mats pour
:is il ail otsmu àtt gr/tets : c'eft une
n-c erreur condamnée dans la cin-
iéme Proportion , de dire que Ut
es font les fiuls que J. C. vtuitle finct-
ïtntfomitr, quoi qu'il ah mêrtii dts
ns la féconde Partie de l'Inftiuétion
« Meaux applique à la Théologie du
enici les règles établies dans la pre-
:. 1. 11 examine la doctrine de ce
fur la liberté; & après avoir rappor-
: expliqué les principaux textes qui
ennent cette doctrine , il conclut
fes réflexions : ,, Selon cer Auteur,
force de la liberté dont jouïffoit
amme innocent , coniiftoit dans le
l68 JoUlNAL DES S Ç A Y A K
„ dite. Il eft entraîné par une i
„ phyuque 8c antécédente, quoi i
„ lontaire &pafiagere,à fuîvrcce
„ plaît le plus. Enfin ce qu'il vi
„ ce qu'il fait volontairement , i
-,, & en là puiiïance. Enfeîgner u
„ doctrine n'efl-ce pas fouienir i
„ cipales maximes de Janfenins f
„ berté?,, M. de Meaux trouve i
reille conformité entre les fentim
Père Juenin Bc ceux de l'Evêque d'
fur la volonté de Dieu à l'égard i
de tous les hommes; & il y fait
quer une pareille oppofition a la d
del'Eglife : „ L'Eglife, dit-il, cr.
„ Dieu veut par un acte pofitif de
„ lonté lauver tous les Fidèles, c
„ rez non-feulement comme ho
„ mais encore comme pécheurs , 8
„ conditions dont ils peuvent cm
„ l'accompliflement. Le Père Juen
„ tient au contraire , que toute
>, lonté que Dieu a pour le falut â
„ les Fidèles qui ne font pas du m
„ des Elus, n'eft autre chofe qu"un>
„ complaifance pour leur falut; qui
„ n'a même ce penchant ik cette i
„ lie» de fauYtr ces hommes, qu."
„ confiderant comme des Etres ci
„ fa reflemblance j & que Dieu i
„ toujours à ceux qu'il veut fauvi
, Atours qui leur font e.ffio.«m«u
FEVRIER I7U. !«,
'„ cutcc les conditions fous lefqueïles 1
„ veut leur falur. L'Eglife croit que li
„ fin de la juftilication & de toutes les
,, grâces que Dieu donne aux Fidèles re-
,, prouvez aufîî-bien qu'aux Elus, eft leur
,, talut; que Dieu Icsjuftifie, Scleurdon-
„ ne les grâces afin qu'ils puilTent l'ohte-
,, nir : Et le P. Juenin enfeigne que la
„ fin que Dieu fe propote dans la juftifi-
„ cation des reprouvez, c'efl de les faire
,, fervit a la manifellation de fa jmlice
» divine, & aux befoins fpirituels Bc tem-
„ porels des Elus.,, L'Auteur de ITnf-
tru&ion expofe, fuivant la même métho-
de , ce que penfe le P. Juenin fur les
giaces a&uélles. z. Il indique les moyens
qu'employé ce Théologien pour fe met-
tre à couvert des cenfures. Le premier
„ eft de condamner les cinq Propofitions
„ dans un fens forcé Se étranger . & de
I„ prendre pour les veritez cppofées ans'
„ erreurs de ces Propofitions , d'autres
„ veritez que celles que l'Eglife a eu en
,, vue de décider lorfqu' elle a cenfuréles
., cinq Propofitions de Janfcnius.., Le
fécond moyen eft „ de donner une Pro-
„ feffion de Foi contenue en cinq arti-
., des, qui s'accorde avec la doctrine he-
., retiqne du Livre de Janfenius.,, Aptes
pi lavoir parlé de Vufage que le P. Juenia
irtlhit de ces deiix moyens, M. àc tAe^Mi
*f| ictnande ce que ce Père pou\o'rt tains 3«
H ^x»
fJÙ Jo ORNAI, DES Sç AVANT.
plus en faveur du Janfenirme dans des In f-
ritutions Theologiques, à moins que de
foutenir en termes formels ou équivalens
la doârîne hérétique des ànqPropoGtions?
3. Dans la fuite il examine fi le P. Juenin
ne la fomient pas en effet cette doctrine,
ti il ne parle a la! condamnation des Inf-
titutions Theologiques , qu'après avoir
produit tout au long les Textes qui regar-
dent en particulier chaque Proposition.
Les citations longues & nombreuses ont
extrêmement groffi cet Ouvrage, & M.
de Meaux fait là-deffus une remarque qui
ne doit pas être omife ici. „ La neceffité",
„ dit-i! , où nous Sommes de faire taire
„ la calomnie , qui fe plaint fans celle
„ qu'on impofe à Janfenius , ne nous a
„ pas permis de nous borner à quelques-
„ unes de fes paroles. On n'auroit pas
„ manqué de publier qu'il eft aifé par des
„ paffages détacher de faire dire à unAu-
„ teur tout ce qu'on veut qu'il dife. Il
„ a donc fallu donner des Extraits allez
,( amples de plufieurs endroits de Tes On-
„ vrages , pour perfuader que tous fes
„ fentimens font un corps de doctrine,
„ & un Syilême très-réel qu'il a voulu
„ établir. La même raifon nous a obligé
„ de rapporter au long les paffages qu'on
„ 2 tirez des Ecrits de fes Difciples.,, M-
de Âfeaux ne s'eft pas contenté de cette
P&aution. Pour prévenu yi^i^mwa-
■
F £ Y R 1 E * IT.lt. 171
__ fujets de reproche fur les citations, A
marqué dans une lifle qu'on voit i li
fin de ce volume, les Editions «Jes Livret
dont il s'eft fervi.
Titt Lrvn Hiftoriarum quod exilât,'
cUm inlegris ] o annis Frëinshe-
m 1 1 Siipplementis emendatioribus 8c
fuis loris collocatif , Tabulis Geogra-
phicis Se copiofo Indice. Recenfuit 8e
notulis auxit Joamnss Cluiciu.
AmfleUàami , apud HinrUum Wetfienium;
Trajefli ad Shemtm , apud Gulielmum
■uandt Wdtir. 1710. C'elt-à-dire ï L'Hif~
toirs Romaine àt Tite-Live, accompagnée
des Supltment de Jean Freinshemios , cet-
Érigez & infertx, en leur lieu-, er enrichie
A* Canes Géographiques g- d'une ampli
Tuble des matières. Le tout imprimé par
lupins de Jean le Clerc, lequel y a joint
quelques Notes. A Amfierdam , cher
Henri VVetflein j & à Utrecht , chez
Guillaume vande Water. 1710. in 8.
10. vol. Tom. I. pp. 445. Tom. II.
pp. 490. Tom. III. pp. 470- Tom. IV.
pp. 446. Tom. V. pp. 460. Tom. VI.
pp. 4ç s . Tom. Vil. pp. 506. Tom. VIII.
pp. 49s. Tom. IX. pp. 504. Tom. X,
pp. 164. Cartes Geograph. XIV.
A £}Uilq_ue occupé que foitMAeCwsc
H x fe»
ifz Journal des Sçavans.
fes propies Ouvrages , il lui refte encore
des m o mens deloiiir, qu'ilfçait employer
utilement à renouveller les Editions des
bons Auteurs , tant anciens que moder-
nes, & à les rendre plus parfaites. Celle
de Tite-Live qu'il donne aujourd'hui, a
cela de particulier, qu'elle réunit deus a-
vantages qui ne s'étoient point rencontrez
jufqu'ici dans les précédentes, c'elt-à-dire,
qu'elle eft portative , 8c des plus com-
plettes.
On y trouve en premier lieu cequinous
relie du Texte de cet Hillorien, imprimé
en beaux caractères, fut l'Edition de Jean
Frédéric Grona-vius, la plus exadte& la plus
correcte de toutes celles qui ont paru.
Celle-ci l'eft encore davantage , par le
foin qu'a pris M- le Clercd'ycorrigernon-
feulement les fautes d'impreflion indi-
quées par YErmta de Grono-Jiui , mais aufli
quantité d'autres qui avaient échapéà l'at-
tention de ce fçavant Critique , & qui
n'étaient point comprifes dans ce même
Errata. A l'égard des erreurs des anciens
Copiftes > il y en a pluiîeurs dont nôtre
Editeur s'eft contenté d'avertir dans fes
Remarques : il y en a d'autres fi groffie-
res & fi vifibles, qu'il n'a fait nulle diffi-
culté d'en purger entièrement le Texte,
pour épargner l'ennui d'une lecture fou-
vent «ire/rompue par la neceffité d'aller
conCahet une Note fur uti çiKa^t <\vn tve
Février 1711. 175
(bit obligé de recueillir cette date de di-
vers endroits de cet Hiftorien, où il c'en
parle qu'en paffant.
Chap. VIII. no. t. Rthut dhims nil
ferptttttis, votât aspit ad conciiium multitit-
d'me , qui cotiUfiiri in paputi unius terpui
nullare, prtlerquam Ugïlui, paierai, fur»
dtdit.] 11 feroit à fouhaiter (dit M. le
.Clerc) que Tite-Live nous eût appris
quelles furent ces Lois que Romulus don-
na au Peuple Romain. Mais il paraît que
cet Hiltoriea s'eft plus attache au récit
des eïpeditions militaires qu'au détail des
affaires civiles : peut-être (ajoute le nou-
vel Editeur ) parce que celles-ci étoieuc
non -feulement moins ignorées des Ro-
mains , mais encore moins propres a faire
valoir l'éloquence de l'Ecrivain. Les
Hiftoriens Grecs en ont ufé autrement
(continuè'-t-il) ibir pour fatisfaire la cu-
liolîtéde leurscompatriotes, peu inilruits
de ces circonftances ; foit parce qu'ils fe
font moins pïcquei d'éloquence que d'ex-
aftitude; & c'eit de quoi nous leur forâ-
mes d'autant redevables , que fans eux
nous ignorerions beaucoup de faits dont
les Romains ont négligé de nous infor-
mer.
Chap- XVI. no. 8. Mirum quantum
UU vin, nuncianii h*c , fiàti fuerii.\ M. Vt
Clerc n'a point héfité de, \vrt 4»"ïv»\»
TextcMi au Jieu de fâu , «iifcNtoi
I76 JOORNAI DES SçAVANS,
même dans l'Edition de Grc-nsviui , quoi
que ce Critique eût fenti cette faute , &
l'eût corrigée dans fes Notes.
Chap. XVII. no. 1. Née dum àfingnlis,
quia nemo magnoperc tn.lntbat in no-us popu-
lo, ptrvtntrimt facïtont; .] M. le Clerc>fc-
roit tenté de lire pnvaliumat pour per-ve-
nerant , & cela d'autant tnieui , que Tite-
Live a Couvent employé le mot privati-
ons. Il eft vrai ( ajoute t-il) que les ver-
bes pr&vtlee & prtvaltfa ont été plus en
ufage dans les liecles pofterieurs que dans
celui de Tîte Live ; mais suffi n'ont-ils
pas été alors entièrement inconnus, com-
me l'a fait voir Ve^m sains fon VII. Livre
de -Jliis Str muait,
Chap. XXÏ. no. 6. Romulus ftptem ©•
triginia Tign&vit annos.~\ Voici encore
(dit M. leClerc) «ne preuve du peu d'ex-
aftirude de l'Hiltorien, qui ayant termi-
né l'Hilloirede Romulus fans y marquer
la durée du règne de ce Prince , s'avife
de rappeller cette ctrconftancc en finiflanc
la vie de Numa.
Chap. XXVI. no. c. Duxmviras , in-
duit, qui Horëtu ptrdutttfinem fitdkmt fe-
ttmdum Ugem , fado.] C'eil-à-dire, félon
M. le Clerc, <jui judittnt , i» eau fa Hora-
tii, AU fit infiur perduellii feu bofi.it atten-
dus ; oui jugent fi Horace doit éirt regardi
ftmme ennemi.
Chip. XXIX. DP. 1. Mer b« \*m V»
enfc
de.
luni
F a v r i i * mi. i?;
mijfi Âibum étant eqttites.] C'efl ainfi que
lit M. le Clerc, quoi que les Editions de
Grûnoviits portent toutes jilbani pour Al-
bum, & n'averti (Te nt point dans VErraia,
de corriger ce mot- Mais il cil aifé de
juger que c'efl pure inadvertance.
Chap. XLIII. n». i. Ctntum millium
trii.] Cela revient (fuivant nôtre Edi-
teur) à la ibmme de 3000 florins f mon-
noye de Hollande) ou félon Gaffindi à
3712 liv. (monnoye de France) & non
pasïfditM.lc Clerc) 365615 livres.com-
me l'a marqué feu M. Daujat dans l'Edi-
tion Dauphine de cet Hiftorien.
En voilà fuffifammenr pour donnerune
idée des Notes de M. le Clerc. Difons
maintenant quelque cliofe des Suplémens de
Irtînibcrnim.
Ils patoilTent ici danstoute leur étendue,
inferez chacun en fon lieu, & distinguez
du texte 3e Tile-Live par lecaradlere qui
eil plus menu. Ces Suplémens font par-
tagez en cent & cinq Livres, dont lesdix
premiers font la féconde Décade, & tous
les autres fui vent le 45 de Titc-Live.
Cette féconde Dc:ade fut imprimée pour
la première fois du vivant de l'Auteur. Les
autres Livres ne l'ont été qu'aptes fa mort,
en partie à Strasbourg l'an i<i6i. & tous
enfcmble à Paris dans l'Edition Dauphine
1670, in 4. où ils remplirent deux vo-
ies. M. )e Gère s'eft cm SwassxiJw*
17* JouknaLdesSçavans.
obligé de procurer ici la reïmpreffion de
tous ces Suplémens , qu'outre que l'Edi-
tion Dauphine, la feule qui les renferme,
eft devenue très-rare & très chère, il y a
quantité de gens qui lifent Tite-Liveplû-
tôt en vue d'y apprendre l'Hiftoire Ro-
maine dans tout (on détail , que pargoût
pour la belle Latinité. Cela n'empêche-
pas cependant que ceui qui font fenfibles
auxagrémensduiryleiietrouventdequoife
fatisfaire dans celui de Frtiwhemius , puifque
(au jugement de M. le Clerc) rien n'efté-
crit avec plus d'élégance , de juftefle 8ï
d'exaétitude que les Livres de la féconde
Décade , aufquels ce fçavant homme a
mis la dernière main , & qu'il a fait im-
primer fous fes yeux. On y voit fur-tout-
des Harangues , où brille tant d'efprit &
d'éloquence, que fi noire Editeur les croit
inférieures à celles de Tite-Live pour la
fureté de la didion , il ne balance point
leur donner la préférence pour le fond
des chofes , pour l'ordre & pour la clarté.
Il renvoyé le Leéleur pour en juger, à la
Harangue de la Vedale Claudia , qui fe
lit au XIX. Livre, Chap. 41, 8c fuivans.
Quoi que les autres Livresdes Supléroens
ne foient pas fi travaillez que les dix dont
nous venons de parler, ils ne raillent pas
d'avoir leur mérite, & on les lira iciavec
d'autant plus de plaifir. que M. le Clerc
a eu foin d'y corriger une infinité de fau-
s Editions
F E V B. 1 E B.
,j qui les défiguraient dans les E
précédentes. Quant aux lacunes qui fc
rencontrent dans les derniers Livres de
l'Hiftorien Romain, & que Fninsbinàut
ne s'eft point mis en peine de remplir,
M. le Clerc en a emprunté les Suplémens
de Charles Sigeniui , & de l'Edition Dau-
phine.
Le X. Tome de celle-ci contient une
Table des matières générale pour tous les
folumes, & XIV. Cartes de Géographie,
qui repréfentent l'ancienne Italie, Ta Gaule
CiTalpine &l'Erruriei le Latiura.laCam-
panie, la grande Grèce, h Sicile, l'an-
cienne Gréce& fes Ifles, l'Afic Mineure,
la Syrie &i la Paîertîne , l'Egypte & la
Cyrenaïque, l'Afrique, la Mauritanie 8c la
Numidie, l'ancienne Efpagne, l'ancienne
Gaule , & l'Empire Romain. On voit
par là que M. le Clerc n'a rien oublié de
ce qui pouvoit contribuer à l'agrément ôc
à l'utilité de cette Edition. I) a de plus
fait imprimer à la tête du premier volu-
me un Catalogue exaft de toutes les Edi-
tions de Titc-Live qui ont précédé cel-
le ci.
Examen des Pr'mdpei des Ahhymiftes fur U
Pierre Pkiltjipbali. A Paris, cheï. Da-
niel Jollet & Barthelerni Girin. 1711.
„ pp. Ï54.
H 6 VM
lSû J O U RN
T 'On le propofe dans cet Examen de
A"' combattre les principes des Alchymii-
tes, & de faire voir que leurs préteniions
n'ont point de fondement. Nous rappor-
terons ce qu'on nous dit fur ce fujer, Se
nous ne prendrons aucun parti fur une
matière qui eit peut-être U plus obfcure
de toute h Phyfique.
L'idée des Philofophes touchant la Pier-
re Philofophale , eft de trouver un fiijet
propre à recevoir en foi , par le fecours
de l'Art, une vertu capable de digérer le
mercure des métaux que l'on nomme im-
parfaits , fie de lui donner une fixité &
une teinture qui puiffe en faire un vérita-
ble or. Ils fe font appliquez à cette re-
cherche, parce qu'ils ont crû que les bas
métaux n'avoient pas acquis leur perfec-
tion, & que la Nature voulant en faire de
l'or étoit demeurée en chemin : car ils
prétendent que l'or eil la feule chofe par-
faite dans l'efpece métallique. Or ils fe
propofent d'achever dans ces bas métaux
ce que la Nature, félon eux, y a com-
mencé. L'Auteur du Livre dont nous
avons à parler, combat d'abord ce prin-*
ripe. Il dit que l'or n'eft point plus par-
fait que les autres métaui. Pour'le prou-
ver il remarque que la perfection d'une
chofe cli, ou de pouvoir fe multiplier, ou
d'être de J'iutcntion ptea-.i«e de la Na-
t'i] n'a point de femence . foit en puif-
ice, foit en aère, & qu'il n'en peut a-
ir; il employé pour leprouver unCha-
re exprès. Secondement , il prétend
on ne fçauroit dire que l'or & l'argent
ent plus de l'intention de h Nature que
autres métaux ; la railbn qu'il en don-
, c'c/l que les uns & les autres n'en
t, dit-il, que des accidens , comme il
oit par le Chapitre t. de la Genefe,
il n'eft fait aucune mention des mé-
s ou minéraux , mais feulement des
,euux & des animaux. Il conclud de
}ue les métaux ne (e font produits qu'a-
s la création; que ce font les effets du
uvement qui s'entretient dans la Na-
; , & qui par l'action & le mélange
uit des principes, fait fortir tantôt une
fc. tantôt une_autre, d'où il_ arrive
S SçAVANS.
après fa chute, l'or & l'argent doive
tje regardez comme fort inutiles, puifi
ne peut fabriquer avec ces deux mi
les inilrumens neceffaires à la vie, i
me on les fabrique avec le fer. En
le fer , qui au dire des Alchymiftes
le plus imparfait de tous les métaux
fournit-il pas les inftrumens neceflai
labourer la t«rre , & pourroit-on en
d'auili bons avec l'or ? C'eft pourq
continue l'Auteur, dès que les Améri'
eurent connoiflance du fer. ils changi
avec emprefiement une grande qua
d'or contre une petite quantité de fer
L'Auteur pour mieux convaincre
leur les Alchymiftes, entreprend de r
trer que la génération fe fait tout a
ment qu'ils ne fe le font imaginez,
qu'ils ont crû qu'il falloir admettre
toutes les générations le mâle, la fera
& la putreradion. 11 dit que la géi
tion n'eft autre chofe que le premier s
gement des parties de l'individu, déjà
organilé; ce qui ne peut s'accommudi
yec la putréfaction , qui détrniroit ce
rangement. Il explique ce que c'eft
' le mâle dans le règne végétal j il dit
c'eft l'efprir univerfel qui cherche à
corporcr & à fe fpecifier ; que les
ciens, faute de comprendre cette ve
croyoient qu'il falloir admettre les d
fexes dans la feuicaçc du végétaux , q
V ETMH 1711. lS3
appelloient pour ce fujet hermaphrodite»
Nôtre Auteur ajoute, que quand rofme
il ieroit vrai que l'or & les autres métaux
auroient une femence, il ne faudroit pas
pour cela croire qu'ils pufTent engendrer,
parce que la Nature n'a qu'une voyepour
fes productions, au lieu que fi l'on admet
la tranfmutation métallique , on lui en
donne deux, l'une quielî la forrrutiondes
métaux dans les entrailles de la terre, par
i'aflion des élemensi & l'autre, h géné-
ration par la poudre tingente.
Les Aîchymifles répondent , que l'Art
étant joint a la Nature , feait faire dans
le végétal cette féconde génération, lis
en apportent un exemple dans la greffe
qu'on met fur un arbre d'une autre eipecei
mais cet exemple ne prouve rien , dit
l'Auteur, ce que les Aîchymifles prennent
ici pour une féconde génération, n'étant
qu'une augmentation de nourriture portée
dans cette greffe, ce qui fait qu'elle donne
du fruit plutôt qu'elle n'auroit fait fi on
l'avoit laiflee fur l'arbre, llfaudroit, con-
tinuë-t-on, pour que ce fût une nouvelle
génération, que les branches qu'on laine
fur le tronc , produiiïlTent un fruit de la
même efpece que celui qui fort de la gref-
fe, ce qui n'eft pas.
Les Alchymirtcs apportent encore l'ex-
emple des poulets , qu'on fait éclore à la
eur des fourj & des atlianors ; owm
184 Journal des Sçatani.
ces exemples, nous dit-on ici , ne j
vent point non plus de nouvelle gé
tion : car, pour parler avec ces Phi
phes, il faut pour la génération un
fre adif, un efprit femïnal ; or la ch
ne donne point ce foulfre , elle nt
3 ue l'exciter; d'ailleurs, la compar
ont ils fe fervent eft fautive en r
puifque dans la projection ils donner
foulrre ou cet efprit feminal au m en
fur lequel la projection eft faite ; au
qu'en faifant ecïorre un poulet à la chs
du four ou de l'athanor, on ne fait c
chauffer & mettre en action celui qi
cocq y a fait entrer, fans quoi les ï
riors les mieux graduel feroient fort
tilts.
Ils ' allèguent encore l'exemple d
fougère dont on fait du verre ; mai:
exemple ne prouve pas mieux que le;
très, qu'il fe faûe de nouvelles gér
lions par le moyen de l'Art. Au 1
traire , dit l'Auteur, on fait ici une
truction de la fougère , les cendres
l'on prend pour faire le verre n'étant
propres à multiplier la fougère. Les
chymides preflez par tant de difficuli
dit nôtre Auteur , ne peuvent fe fai
que par la quinteffence , en difant
c'eil cette quinteflènee qu'ils cherchi
c'ed-à-dire, ce pur feu qui purifie te
3c arec lequel on vient à bout de d
Février 1711. »S)
rer le mercure : Quinteffence par te
moyen de laquelle ils promettent de gué-
rir les maladies defefpcrees , de rajeunir les
vieillards , de faire porter du fruit à la
terre long temps avant le terme , &c
Quand les dUhymiftis auraient in m> '
admirable quinte /finct , dit l'Auteur, ,
ffii/i Dieu leur oscar dertnt i» grau de fc
■voir les poidt aue ta Nature feuit
comme eux-mêmes le difent.
Rien ne prouvemieux la poffibilitéd'
ne chofc, que d'avoir exiilé j nôtre Ai
teur prétend tirer de là un nouvel ar
ment contre les Alchymiftes. PuiCjue
Alchymiiies, dit-il, veulent nous faire*
tendre qu'on peut mener la fubftance mt
talliquc a un degié de perfefliouquenous
ne connoiffons pas , il faut qu'ils nous
fallent voir que cela cft arrivé dans la Na-
ture, & que s'il n'arrive pas aujourd'hui,
c'eft par des accidens qui arrêtent le mou-
vement de la matière , & empêchent cet-
te matière de parvenir aune plus grande
digeliion , comme nous le voyons dans
les orangers, qui produifent du fruit d.
le Portugal , à caufe de la chaleur
pais, Se qui n'en donnent point en Flan'
dtes, à caufe du froid* Mais par les o-
I rangers que nous avons vus en Portugal,
nous fournies perluadez qu'il cft poflible.
de faire porrer du fruit à ces avbrcs 4m«
un piis moins chaud , eu leur doiuvMA.
USA
JU-
■et-
>de
s
du
ï86 Journal des Sçatans.
une chaleur équivalente à celle de la i
tare- Que les Alchymiftes, reprend-
là-deffus , nous montrent de l'élixir
foit de la production de la Nature, n<
dirons que leur Art n'eft point faux. V
la le précis des raifonnemens de ne
Auteur contre l'Alchymie. 11 remarc
outre cela les fréquentes contradiflic
que l'on trouve dans la plupart des Liv
qui font écrits fur cette Science , & il
lût en difant : Qu'en doit rtgardtr l'Ahl
mie comme une imagination fonte àt U I
•ville de quelqu'un , qui aureil , commt
autre Adam , foukahé de trouver une Scie
qui lui eût fait voir tous ces grands prtdig
& qui peut-être communiqua [aidées à qt
qu'un, m Us ayant laijfhs par écrit, M dt
ni eccajimi à un autre de tes fuivre, V
chercher À les appuyer de quelque chofi
fenfibU, v « fait a'mfi pajjêr pour une ci
Jirieufe ce qui n'éteit qu'une imagination a
bitieufe du premier Auteur. Nous lermil
roas ici nôtre Extrait.
? Explication de deux Pierres antiques %
«w, l'une du Cabinet du Roi, l'autre
Cabinet de Air. Bcurdaleue , dont Mi
moi/elle LE H.AT vient de donner
Eftamptt, Par le Père ToBUNIMl
?tfuitt.
Ah
* Tbée du Journ. de ftwowt , V6
me- pî.
à
F E V R I E * I7H. lfrj
A bdmfieur le Uay.
-p Ou tes les pcrfonnes qui aiment le
■*• Arts & la belle Antiquité , appren
front avec jo jre qu'un peu de contradiétîoi
û'i point dégoûté Mademoifelîe le Ha;
de la refolution qu'elle avoit prife de ren
dre plus communes & plus fenlibles, le
beautex qu'un Art confommé a mifes fa
un grandnombre de pierres antiques. Elli
a jugé fort rauiement de ces difputes qu
s'élèvent fouvent dans la Republique de
Lettres % les Critiques tombent , & le
Ouvrages dignes de l'immortalité paflen
fûrement sus fiécles futurs.
Les deux Antiques qu'elle vient di
faire graver ne cèdent point à celles qu'elli
a déjà publiées.
La Cornaline du Cabinet de Mr. Bout
dalouë me paroît être du fameux Pyrgo
tele, & gravée pour Alexandre : laper
fection de l'Ouvrage fait d'abord fentir 1:
main de cet habile Ouvrier, mais l'intel
ligence des figures repréfentées fur cett;
Cornaline, convainc pleinement qu'elle :
été faite pour Alexandre, & par Pyrgo
Iicle.
Quand on y voit une femme qui poiï
le pied gaucîie fur la tére coupée d'w
bomme, Se qui s'éforce de. irtcws ^
Guerrier qui fe répare d'ttte m ce V'
!
ïBB Journal des S ça van s;
rcur; on n'a pas beaucoup de peine à fe
rappeller une belle action d'Alexandre di-
gne d'être gravée fur la pierre : on peut
la lire dans Quinte-Curcc livre vm. ci.
m.
Spîtamene ami du perfide Beflus le
meurtrier de Darius, avuit crû qu'un pou»
voit fans crime trahi ni n traître, ils'étoit
faifidelui, & l'avoit livré à Alexandre:
bien-tôt après mécontent d'Alexandre, au-
près de qui les perfiies ne iaifoient pas
fortune, il ne lui Fur pas plus ridelle qu'à
Beflus; il fit foulevet la Baânane, Si fut
aflei heureux pour interrompre le cours
des victoires d'Alexandre, & pour tailler
en pièces un Corps de douze mille hom-
mes de- pied , & de trois cens chevaux
envoyez contre lui. Le Vainqueur de
J'Alîe occupé ailleurs diffimula cette perte,
& en remit la vengeance à un autreteuis:
le tems de la vengeance étoit venu, mais
il n'étoît pas facile de l'exécuter. Spîta-
mene qui connoiflbit le pais fuyoit pat
des routes impraticables devant Alexan-
dre , & fe déroboit à 1a valeur de fes
troupes. La femme de Spîtamene la (fis
d'une fuite fi pénible , employa tous fe»
charmes & Tout fon crédit auprès de fon
mari, pour le porter à la foumifuon 8c
à la confiance dans la bonté d'Alexan-
dte. Spitomem qui l'airaoit éperdument
entra dans des foupçons, yikiws. , *i cr**
.c iuii cwpui iciacin ; lc mi puui peu
;ms : efclavc de fa paffion , il chercha
réconcilier, la femme qui ifétoirpas
-être éloignée des deffeins ambitieux
fon mari la foupçonnoit , & qui n'a-
pas perdu le fouvenir du péril où elle
it vûë expofée , prit le parti de le pré-
r, elle l'aflaflina , & porta eUe-mëme
:te à Alexandre. Ce Prince s'étant
ce hors de fa tente, fut à la vue de
jrbare prêtent, plus indigné de l'inhti-
ité de celte époufe infidelle , que
hé de fes attraits, & du plaitïrqu'elle
ivort fait en abrégeant la guerre : il la
Ta de fon camp,
: crois qu'on ne me conteftera pas
ne li belle action meritoitque Pyrgo-
prit foin de l'éternifer.
e Jafpe du Cabinet du Roi eft d'un
i6q Joor.wai.desSçavans.
dans la main gauche du jeune hom
Rien ne mérite plus d'attention d;
jafpe que les figures de la Déeffe
nuit, & du jeune homme à qui cl
mer fes pavots entre les mains. C
peut prefque douter qu'on n'ait vou
préfenter Tauftine & Commode :
coup de Connoiffeurs en font conv
après avoir comparé avec une grand
plication la pierre , & des Médaille
nettes & fort bien confervées de l'Ioc
trice & de fon fils.
Venons aux conjectures que cett
femblance m'a fait naître. Cette [
fut apparemment gravée l'an de (
cent fbixante quinze , dans le tems
Marc-Aurele déclara prefque en n
tems Commode Prince de 1a Jeunel
Augufte: c'étoit le moment de repi
ter ce jeune Prince fous la figure di
leil naiffant qui alloit régner. La re
blance de FautUne avec la Déeffe i
nuit renferme un peu plus de ms
l'Impératrice avoir l'art d'endormir 1
pereur fur bien des chofes, & prind
ment fur fa conduite ; les pavots fo
fymbole naturel de ce pouvoir de 1
une.
Commode s'étoit déjà fait conno
& l'onjugeoit qu'il reffembl oit plus
mère qu'à fon père , S*. <\>it VËtnçi
Philofopiie auioit çoui tou ï&ï w
EE v b. i 1 R lin. igt
me un amouraveugle, ou une
: indolence : celui gui fit graver
îerre ne rêfifta pas à la lentation
e repréfenter ce qu'il penfoir 4c la
Impériale. Il le fit fans rien ha-
ies fymboles étoient grands , &
lier coup d'œil n'y appercevoitque
levant, à qui la Dëefledela nuit
mpirc du monde,
ne, me dirci-rous, ne devoir pu
p contente qu'on lui fit for cette
noncer à la puiffanec Souveraine
rdefonfîls : ce ne de voit pas être
fujet de chagrin pour une mère,
urs il fe peut faire que la pierre
gravée qu'après la mort de Fauf-
i arriva cette même année cent
quinrede J Esus-CKmsT.deui;
mois après l'aflbciation de fonfils
dti Saints Ptns accu/ex. de Plaiv
A Paris, chei le Conte & Mon-
, Quai des Auguftins , près la
avée, à la Ville de Montpellier.
in 4. pp. 640. fans y comprendre
re dédicatoire, la Préface, & la
Ouvrage nous vient de la mêtaa
1 gui nous a donné la Réponft
4* Oraclti. On lettOUYe «Y —
S»
iy» Journal des S ça y
même folidité dans les preuves
exactitude 8c le même choix i
tations , & la même éloque;
ftvle. En un mot c'eit le R
Jéluite qui c(l Auteur de ce T
dédie à M. l'Evêque de Stra
fe propofe d'y détruire lepréjr
répandu dans ces derniers tem
prétendu Platonifme des Pères
préjugé que les Sociniens ont
julqu'au point d'en concltirre
Saints Pères avoient puifé dans
lofophie la première idée du
la Trinité. Quelque abfurde q
une telle prétention, & quelq
pable qu'elle foit d'en jmpofer
me éclairé ; l'Auteur a crû qi
toit une réfutation d'autant plu
que quelques Ecrivains dont
font entre les mains de tout le
qu'on ne foupçonneroit jamais
fans quelque fondement legitir
de cette nature , le fuppofen
• comme fuffiiamment prouvé, &
dent comme une efpec-c de pre
cipe fur lequel ils peuvent app
ment leurs opinions les plus t
C'eft donc pour difllper de par
fions, que le P. Baltus a princ
compofé cet Ouvrage : mais il <
fe foin qu'il a pris d'y expofer
blés Jeniimem des ?cm w*iw
loTop
1 B. I E ï
_ jphic l'ayenne en général, & celle de
Platon en particulier . pourra ferra auftl
à nous en donner une plu? mile iiée. Se
à détromper ceux qui l'elliraenr & qui 1»
louent trop , au préjudice de la Vérité , K
fou vent même de la Religion.
Dans ce deffein , il a partagé ce Traité
en quatre Livres. Il fait voir , dans le
premier, que les Saints Pères n'ont point
été élevez dans la Philofoplne de Platon.
Il employé le fécond à montrer que ces
mêmes Pères n'ont jamais filin la Philo-
(bpliie Platonicienne, fur quelque matière
que ce pu «Te être. Il s'efforce de prouve
dans le troifiéme, que non-feulement ÎL
l'ont rejettée & condamnée en général,
mais encore qu'ils l'ont combattue dan
tous Ces points principaux ; qu'ils en or
refuté toutes les erreurs avec beaucoup c
force; & qu'ils n'ont rien omis poureoc
fondre Platon , Se en donner du mépris à
tout le monde. Dans le quatrième ca-
fin, il examine tous les prétextes qui ont
fcrvi de fondemens à cette aceufation d
Platonifme intentée aux Perss de l'Eglifi
8c il répond aux Objeélions.
I. Si les Saints- Pères ont été
fans la Philofophie de Platon , ce ne p
être (dit l'Auteur) que peur l'une de
ces trois raifons ; où parce qu'otv ewfeu
gnoic vulgairement cette Philofop\\\e 4ml*
•-'-- Chrétiennes t où i\% éurieA-A'voS-
1 ttvùx* -,
f 19+ Journal uts Sçatâni.
.' truits; ou parce quedans leurs étudespar-
ticulieres ils s'atta choient à cette Philofo-
pliie par préférence à toute autre i ou par-
ce quelle éroit en vogue dans les Ecoles
Payennes, où ces Pères avant leur con-
verfion pouvoient l'avoir étudiée : trois
rapportions dont le Père lialtus s'applique
à démontrer la fauffetë.
Pour commencer par !a première, il eft
fi peu vrai qu'on enfeignàt la Philofophie
': Platon dans les Ecoles des Chrétiens,
^j'on ne s'y occupoit alors d'autre chofe
que de îa k&urc & de l'explication de
l'Ecriture Sainte. C'eft de quoi l'on peut
aifément fe convaincre par ce qu'Euféhe
nous rapporte de l'Ecole Chrétienne d'A-
lexandrie, la plus ancienne & la plus fa-
meufe de toutes. On n'y enfeignoit {dit]
ce Père) que les Saintes Lettres, les Scient
ces divines , Us dogmes facrez. ; d'où vienl
qu'elle a toujours porté le nom à'EctUdm
CatêMfii. On doit faire le même jug M
ment des autres Ecoles Chrétiennes de m
temps-la , telles que celles de Cefarée , d J
défie, de Nifibe, 8cc. Loin qu'onypi
. ferlât la Philofophie profane , loi)
travailloit a en réfuter les erreurs, 3t 3
donner de l'horreur auxFideles& aux J
techuménes. Ce fut dans cette v
ligéne , faint Héracle , faint Pan»
mnt Denys , & les vaKia ^m \\iMM
i l'Ecole d'Alexandrie , ^îÀwmwJ
I
l'étude de la Philofophie Payenne ,
quelle ne contribua pas peu aux erreurs qui
attirèrent à Orîgénc tant de reproches &
de cenfurcs.
Il eft vrai (continue l'Auteur) qu'outre.
l'Ecole des Catiehèfa, il y en avoir d'au-
tres dans Alexandrie , où des Chrétiens
mêmes ont enfeigné la Philofophie publi-
quement ; témoins Ammomus Maître
d'Ongéne Se d'Héraele, fk Anatolius qui
devint Evêque de Laodicée. Mais ces
Philofopbes Chrétiens ont-ils adopté quel-
que feéte en particulier, & fur- tout celle
de Platon, comme on le prétend? Pour
ce qui regarde Anatolius (répond l'Au-
teur ) s'il s'eft attaché à quelque feéte de
Philofophie , c'a été certainement à celle
d'Ariftote ; 6c quant au fameux Ammo-
nius, il n'a été ni Platonicien ni Ariflote-
licien , mais choîfiflant ce que l'une &
l'autre feéte loi offroient de plus raifonna-
ble , il s'étoit appliqué à tracer un nou-
veau plan de Philofophie , qui ne conte-
noit que des veriteï. certaines, telles que
h Providence de Dieu, & l'immortalité
de l'Ame-, fur lefquellcs il f.uïoit voir que
ces deux Philo fo plies croient entietcraenC
d'icebrdi Ce fut atiffi la méthode d'O-
::gene fon Difciple , ,qui ne pe'tmettoit
aux lier.1! de s'attacher à aucune Cefte 4e
li'ophfe , ni de déférer à V autorixe
•un Phihfophe; &c telle a été auffiv
a
i
l
196 Journal des Sçavans.
la conduite de Clément d'Alexandrie, pre-
decefleur d'Origéne dans la Chaire des
Caiichifes , aitifi qu'on le peut voir dam
fes strotnei. C'eft a quoi s'accorde par-
faitement Laftance, qui croie tresutileau
Çhriftisurilme de recueillir toutes les ven-
iez éparfes dans les différentes ledes des
Fhilofophes , fans faire profeffion d'aucu-
ne Cet éloiguement des anciens Chré-
tiens pour tout ce qui s'appelloit feéiesde
Fliîlofophes , étoit fondé (remarque l'Au-
teur) fur ce que ces différentes feeles fai-
fant partie du Faganifme , étoientpar là
plus oppofées au Chriiliamihic quelesfec-
tes de Luther & de Calvin ne le font
aujourd'hui à la Religion Catholique : eu
forte qu'il feroit aufli ablurde d'aceufer
les Saints Pères d'avoir fuivi quelque fefle
de la Philofophie Payennc , que de les
acculer de s'être affectionnez à quelqu'une
de celles des anciens Hérétiques.
II elt inutile d'objeéter que rien n'em-
pèchoit alors les Sçavans Chrétiens de lui-
vre les Philofophes Payens dans ce qu'ils
ayoient de conforme aux veritez Chré-
tiennes, ou du moins dans les chofes in-
différentes à la Religion, telles que font
la plupart des queftions de Phyfique; de
même que nous les voyons aujourd'hui
s'attacher fur ces fortes de matières aut
>r;ncipes d'Atiftote , âî ÎYilVkv , de Dé*
locritc, ôc d'ï-pioaiç. Usw«iî.%m. ■
FEVRIER I7II1 107
gez ; le Chriftianiline d'à pTéfent ne
l en cela aucun riique , puifqne le
mime elt entièrement éteint ; au lieu
fublîltoit encore du temps des Saints
s, & que les Pliilofbpb.es en e't oient
<Ius nrdcus détenteurs. fie le» plus tu-
: ennemis du Chriitianifme. Les Pe-
toient donc fi éloignez de favorifer
'hilofophes, même fur ce que ceux-
Sicnt de meilleur, qu'ils les j traitent
ujet de Plagiaires, & leur font voir
s ont tiré des Livres Sacrez ce qu'ils
mocé de plus raifonnable, quoiqu'ils
nt fouvent défiguré ou corrompu par
rand nombre d'erreurs. A l'égard des
mes Phyiîqnes, outre que les SS. Pe-
es jugeaient très-inutiles à caute de
ntitude qui les accompagnoir ,& deï
radiations mutuelles de leurs Auteurs;
limoiciit que la liaifon de ces dogmes
quelques-unes des veritez eflentielles
ni la Philofophie l'ayenne débitait
reurs, pouvoir rendre ces mêmes
de dangereufe conféquence. Ce
que les Chrétiens faifoient de la
e elt mis ici dans tour fon jour par
sîgnages d'Eutebe , de rHiftorien
, de Theodoret , & de Laétance.
rien n'ell plus agréable fur cela
raillerie ingénieule que fait Hct-
des dite/s ientimens des ïVÎ\\oVa-
udmit ici principes des cot^s ta\m-
I 3 rà&
jo8 Journal des Sçavani.
relsi raillerie très- cou forme à cellesqu'on
lit fur ce fujet dans quelques Dialogues de
Lucien. „ Si je fuis Anaxagore (ditHer-
„ mias) il m'apprendra que c'eft un être
„ fpirituel & intelligent , qui a donné
, commencement à l'Univers, & qui en
, a arrange routes les parties ; lorsqu'il
, nie dit cela , je l'eflime, & me l'ou-
, mets à fon femimenti mais voici Me-
, liiTus Se Parraéuide , dont le dernier
, dans fes beaux vêts m'apprend que cet
, Univers eft éternel , infini, immobile,
, & toujours fcrablable à lui-même & je
, ne fçai comment il arrive qu'il me fait
, entrer dans fon fentiment. Parménide
, chafle donc Anaxagore de mon efprit.
, Lorfque je crois être fort affermi dans
, cette opinion, Anaximéne en mecriant
, aux oreilles; Et moi, dir-il, je vous
, foutiens , que tout cet Univers n'eft
, autre chofe que l'air , qui étant épaifîi ,
, fait l'eau; étant raréfié , fait le feu; 8Ï
, qui retournant en fon premier état, de-
, vient comme il étoit auparavant , de
, l'air pur. Je commence donc à entret
, dans les idées d' Anaximéne, & je m'af-
, feétionne à lui. Là-dcffus, trnpédo-
, de le prefente à moi tout en colère,
du milieu des foumaifts du Mont
, Etna me crie, que l'inimitié & l'amitié
, font les principes de \o\wes chofes;
celle-ci, ea les affeïçfeW-iv, ctWw. **
Fiviiiu lin.
les feparant; &que leur oppofilion mu]
,, cuelle eft la caulé de tous les effets : au
,, icfle.je dis, ajoute- t-îl, qu'ils ibntfem-1
,, bhbles & dilTemb)ab!es,infïn;'i ScfinisJ
„ éternels & néanmoins produits dans Jc|
„ temps. Vous dites des merveilles,
„ Empédocle, je vous fuivrois volontiers 1
„ jufques dans vos fournaifes, A Protago-
„ re en me tirant d'un autre côté , ne
' „ ro'artêtoit en diiant, que l'homme eft
„ le terme & la règle de tout : que ce
,, qui tombe fous fes fens eft réel ; que
„ ce qui n'y tombe pas, n'eft rien. Ga-
„ gné par ce difcoursdeProtagore, je me
„ réjouis que l'Univers 8c la plupart des
„ choies qu'il contient, demeurent ainû
,, à l'homme. Thaïes d'un autre côté
„ me fait ligne, qu'il va me découvrir la
„ vérité, en m' apprenant que l'eau eft le
„ principe de toutes chofes, que tout ell
„ formé par l'humide , Bt que c'cll dans
„ ce même humide que tout fe réfout,
„ Et pourquoi ne evois-je ; pas Thaïes î
„ N'eft-il pas le plus ancien de tous les
„ Philofopnes de la feéte loniqueîNean-
„ moins Anaximandre fon compatriote
„ m'avertit que le mouvement eft ante-
„ ricurement à tout, le principe de tou-
„ tes chofes; puifqu'il eft la caufe de la
i „ production des unes , k de U «nv»j-
1 ,, rjon dff sufres, Au refte , t'eSiu-fc.
L, homme fort digne d'èxie «^ «^ ^
I 4 « ^"à
30D JOCRNA-L DES SçaVÀNS.
„ naximandre. Mais Archelaùs qui don-
i, ne pourprincipe le chaud & le froid,
, n'eil-il pas aufli fort croyable ? Néan-
, moins Platon , ce beau parleur , n'eit
, pas de fon avis, puifqu'il apporte pour
, principes Dieu, la matière, & l'idée.
, A ce coup je me rends; car comment
, ne me ibumettrois-je pas à ce Philo-
, fophe, qui confirait un char fi magni-
, fique à Jupiter? J'entens néanmoins
, derrière moi Ariftote fon Difciple, qvii
„ jaloux de cette gloire de Ton Maître,
, me fuggere d'autres principes , fçavoir
, l'acte Ce le fujet : que le premier eft
, incapable de recevoir aucune qualité;
, mais que le fécond en reçoit quatre,
, le fec , l'humide , le chaud , & le froid;
,. & que c'eft par le changement de ces
, quatre qualitez , qui fe fuccedent les
, unes aux autres , que tout eil produit
, & détruit. Je fuis fatigué de tant d'o-
, pillions qui m'entraînent depuis fi long-
, temps haut 8c bas; je veux donc m'ar-
, rèter à celle d'Ariftote , aucune aurre
, ne me troublera plus. Mais que ferai-
, je > d'autres Philofophes plus anciens
, ne me lailfent pas l'cfprit tranquille,
, Phérécyiie , Leucippe , Democrite , &(c.4i
Il ne reile plus qu'à examiner , fi le
Piatonifme étoit la Philofophie dominante
dans les Ecoles l'ayenvies , lie ft c'eft dans
ces Ecoles gtic les ancittfi V «<" '
F E U 1 t » lllt,
1 la puiier. Mail c'eit une fup.
ii (félon l'Auteur) n'a nulle Trai-fetn-
mblance. Car non-feulement tomes les
autres feflcs prîtes enfemblc l'emportoicnt
pour le nombre fur celle de Platon , maïs
il eil certain de plus, que les Platoniciens
dans les trois premiers iïedes du Chriftia-
Di'Jine, ont été les moins nombreux par
rapport aux autres feéïes confiderces en
jarticulier. On nous donne enfuite une
-tiftoire abrégée de la feete de Platon ou
les Académiciens , p.ir laquelle il paroît
'ue cette Philofophie , prefque atifli-tor
'a mort de Platon, tomba en déca-
, les Difciples de ce Philoibphe
fant abandonné ou corrompu la plupart
s fes dogmes. C'efl ce que firent ftree-
' s, qui faifoit profeffion de douter de
it, Catneades & Cluomachfls Auteurs
'mietioiCénje Académie, Philon &An-
tiochus chers d'une quatrième & .d'une
cinquième; de manière qu'il la naifiànce
du Chriflianifme la Philofophie Platoni-
cienne le trouvoit absolument ruinée. On
n'entend plus parler d^ Elatcfwdens jul-
qu'au règne des Antonina. Suus Galien,
Plotin entreprit de rétablir le Phtonil'me;
BOA» tous lés efforts n'en multiplièrent
guéres les Seébteurs, fi nous en croyons
Lufebe. Les autres Sectes, au contraire,
étoient donnantes dans les premiers &t-
W$AcïEgiirgi fur-tout celles des Viù-
loi J on US AL DES Sçavunî.
pntcticiens , des Stoïciens , & même des
Epicuriens, Mais (ajoute l'Auteur) c'eft
dans les Ecoles de Rhétorique que fe font
formel la plupart des anciens Sçaïans
Chrétiens : & il n'en e(l forti qu'un très-
petit nombtc de celles de Philofophic,qui
etoient regardées comme le centre de l'i-
dolatrie & de l'impiété , particulièrement
celles des Platoniciens.
II. L'Auteur après avoir montreque les
Saints Pères n'ont point été élevei dans le
Platonifme, s'attache à prouver qu'ils ne
l'ont point fuivi; non pas même ceux de
ces Pères , qui avant fleur converfîon a-
voient fréquenté les Ecoles Platoniciennes
Ilsrejeïtoicnt la Philofbphie payenne en'
général, 8c celle de Platon en particulier.
avec d'autant plus d'horreur , qu'ils la
legardoient comme faifant partie du Pa-
ganifme. En effet , des trois genres de
Théologie payenne qu établirent Varron,
& divers Autcuis après lui , Il Théologie
Phil ofb phi que étoit la plus confiderable,
& celle qui fe counoit le plus du noraftt
de l'autorité de Platon. Les Saints Pères
ne pomoientdonc marquer trop d'éloignc-
ment pour les opinions de ce Philofophei
& c'eit la conduite que tous ont tenue',
comme le fait voir le P. Baltus , en com-
mençant par Saint Juflin , qui étant le feul
des Pères- des premiers ficelés nourri dans
ie iVatoniimc , pounaa eut fo^rooé
PFivut» au, 303
d'en avoir introduit les dogmes dans 1c
Chriftianiimc. Maïs c'eft de quoi l'on
pourra fe defahufer enconfulrant les divers
partages qu'en a recueillis notre Auteur.
On y verra S. Juflin rejetrerégalement la
Philofophie de Platon & celle d'Ariilore,
même dans ce qu'elles paroiflént avoir de
plus différent ; & ne reconnoître pour fes
véritables Maîtres en Philofophie que les
Prophètes & les Apôtres. Tertullien s'eft
élevé contre les Platoniciens beaucoup
plus que eontrerous les autres Phîloibphes.
Théophile d'Antioche ne leur a pas été
plus favorable. Lacunce a combattu avec
la même vigueur la Philofophie payenne
dans toutes fes parties; il s"elt appliqué â
expofer en particulier les égaremens de
Platon; & le fentiment de S. Cyprien fc
trouve a peu près conforme à celui de
Laitance. Tous ces faits font ici jufli-
fiez par une foule de paffages rapportes
en leur langue naturelle Se dans toute leur
étendue'.
A toutes ces autoritei le P.Baltusjoint
fes témoignages de S. Auguftin & d'Eu-
febei témoignages d'autantplus authenti-
ques, que ces Pères ont employé de gros
volumes à la réfutation de toute la Théo-
logie payenne, & particulièrement de la
Philofophie de Platon , qui en étoit l'ef-
i pece la plus dangereufe ôc la p\us fc-
I duijanie. C'eâ le but que S. Àue,Mft'm.
I 6 ■itft.
204 Journal des Sçavans.
s'eft propofé dans fcs Livres de ta Cité dt
Dieu, où il réfute les erreurs des Platoni-
ciens. Jl eft vrai qu'il les préfère aux au-
tres Phîlofophes ; mais il ne les eftime
meilleurs que par comparaifon à de plus
mauvais : préférence qui ne leur fait pas
beaucoup d'honneur. Il compare Ici Pla-
toniciens aux grenouilles , qui fe la'ifem quand
h Cielmnne\ il dirque leurs opinions font
de grandes faties dt- quelques grandi hommes;
& il condamne même dans les Rciraiïaiicni
quelques louanges allez médiocres qu'il
leur avoir données; fort éloigné fur-tout,
ainii que les autres Pères, d'adopter leurs
expreffions. Quant à Eufebe , fon Té-
moignage eft d'autant moins fufpect, qu'en
qualité d'Arien , il devoït eue affeftionné
a Platon. Cependant il ne laifle pas dans
fes Livres de la l'réparathn Lvangtliaui , de
combattre fortement la l'hilofopîiie Plato-
nicienne, fondé fur deux railbns principa-
les. La première, c'ell que tout cequ'il
y a de bon dans cette Philofophie , foit
en Morale, foit en Logique ou en Phy-
fique, vient originairement de la doctrine
des. Hébreux ; & qu'aînli on doit aban-
donner les ruifTeaux pour aller puifer dans
la fource. La féconde raifon qu'allègue
Eufebe, eft tirée des erreurs monftrueufcs
de cette Philofophie, tk de l'inutilité de
h pJùnart des queftions qui s'y traitent;
w quoi il oppoTe Vanùci\mc » \i tw.\\sàe.
Fiv*m tyii, 10$
& la pureté inaltérable de h PhilofopViie
desHébrcux. On peut voir ce fentiment
d'Eufebe expofé fort au long dans les Cha-
pitres VIII, IX, & X. de ce- II. Livre. '
Le Père Baltus non content de toutes
ces preuves , qui femblcnt juftifier allez
les Pères de cet attachement prétendu pour
le PJatonifme , en met encore plusieurs
autres en œuvre. La première dî em-
pruntée des Commentaires de ces mêmes
Teres fur l'Ouvrage des lîx jours ; Com-
mentaire! dan* leftjuels, s'ils eulTent iuivi
h Pliilofophie de Platon , ils n'auroient
pas manqué d'expliquer ces premiers Cha-
pitres de la Genéfe conformément auSyf-
léme de cette Phïlofophie; ainfiqu'enont
ufé la plupart de nos Interprètes modernes,
qui fe font efforce! d'ajufter l'explication
de ces memes Chapitres aux hypothéfes
des Philofophes dont ils étoientfeetateurs.
Les Saims Pères en ont ufé tout différem-
ment par le profond mépris qu'ils avoient
pour toute la Philofophie profane. Loin
de fuivre les fentimens Platoniciens dans
leurs Commentaires fur l'Hexamiron , la
première chofe qu'ils font c'eft de les re-
jettet; témoin S. Baille, S. Ambioife,&
d'autres plus anciens. Ils refufent meme
de les admettre, ces fentimens, fur des
points où ils pourroient s'accorder avec
l'Ecritute; comme touchant les eaux c^ïi
ioni au deûbs du Firmament , tou&wit
i7 \«.
12o6 Journal desSçavans,
la figure du Monde, &c. Du relie,
que outrée qu'air été endiverfes oct
cette avcrfion des Pères pour to
Philofophie payenne ) elle ne lail
de fournir une preuve évidente qu'il?
point été Platoniciens. Mais une ci
tance qui confirme merveilleufemen
vérité, ce font lesreprochesque lesP
faifoient aux Chrétiens , d'avoir i
toute Philofophie i reproches qui fe
vent dans Tatien , dans Otigcne i
Celfe , dans Eufebe , & dans S. C
contre Julien l'Apoftar. Il eft facile
percevoir par les termes dans lefqut
font conçus , & par les répotifes qu'
foient les Chrétiens , que s'ils pi
voient en généra! toutes les fedes d<
lolbphie, ils en vouloient fur-tout à
des Platoniciens, qu'ils décriaient, &
ils faifoient voir les abfurditci en I
icncontres. Alaii ( leur dil'oit Julien )
queidonc étudiez-vous les Sciences des I
pu'ifqut -vaut dites (tue vos Ecriturts [m
pour vous rendre habiles en tout? Il ri
de la réponfe que fait S. Cyrille à
objection, que les Chrétiens n'eflim
dans les Livres du Piiganifme que te
Langage , & rejettoient tout le refte.
Une autre preuve de roppofitioti
Saints Pères , a la Philofophie paye
Se qui paroitra pem-être plus fenliblc
toutes les précédentes; c'elt que ceui
KFium rjii. 107
voulu juftifier l'afage que Von a f»t
de la Philolbphie d'Ariftote dans les der-
niers fiecles , ne trouvent rien dans les
PeresderEglifequiautonleun pareil tîfage;
ce qu'on tait voiricipar l'exemple de Met-
chier CjmS: du P. P(M«.EnfinlcP.Bartuî tire
fa dernière preuve des reproches que les Pè-
res ont faits aux Hérétiques, d'avoir fuivi
la Philotophie Platonicienne, 8c d'en avoir
emprunté leurs erreurs : 8c c'ell ce qu'on
met ici dans une entière évidence.
Nous Tommes obligez de renvoyer a a
Mois prochain l'Extrait des deux derniers
Livres de cet Ouvrage.
Traité de la Maladie Vénérienne , ©• des re-
mèdes qui conviinncnt à /.i guérifon. De
Charles Musitan , Médecin de
Naplts. Neu-vrltcmcnt traduit avec des
Remarque! ; par M. D. V***. Maître
Chirurgien juré de Paris. A Trevour ,
6c fe vend à Paris chez Etienne Ganeau.
i7ir. vol. in iz. deux Tom. I. Tom.
pp. 414. II. Tom. pp. 4*3-
la traduction , eft un petit Ouvrage
que Charles Mufitan , Médecin de Na-
ples , fort renommé pour le traitement
des Maladies Vénériennes , fit imprimer
il y a quelques années , à la fin de fon
Co
Journal des Sç av ans.
Cours de Chirurgie. La Médecine , re-
marque le Traducteur , ne nous a rien
lai fie de plus complet fur ces maladies,
aucun Auteur n'étant fi bien entré que
celui-ci dans le détail de tous les fymp-
toraes qui accompagnent un mal fi dan-
gereux. Cependant quelque idée avan-
tageufe qu'on doive avoir de cet Ou-
vrage confideré en foi , le Traducteur
t (ça trouver le moyen de le rendre en-
core meilleur , par des Remarques Cri-
tiques qu'il y a mêlées , pour empê-
cher'les jeunes Chirurgiens de donner a-
veuglément dans des méthodes , qui
étant excellentes en certains païs , ne
font pas toujours telles en d'autres. Cet
avettiifement cft neceflaire à ceux qui
liront le Traité dont il s'agit, Nous a-
jouterons même que quand on examine
avec attention les véritables fcniiruens de
Charles Muiltan fur la vertu des remè-
des qu'il prefetit ici , on reconnoit aiïî-
ment qu'il borne leur efficace à la cure
radicale des Maladies Vénériennes le»
plus récentes , & à la fimple pallialion
de celles qui font invétérées. En eflêt.aprèf
avoir donné les plus grandi- éloges aux
remèdes dont il s'agit , il convient au,
Chapitre xix. de la troifiéme Partie, que
les douleurs de cette maladie font quel-
quefois tellement opiniâtres , que ne cé-
dant ni aux remèdes vulgaires ni aux re-
x Fivrie» 1711. 109
medes chymiques, il faut alors avoir re-
cours au parfum, 6c aux onctions mercu-
riales, comme aux extrêmes remèdes Se
aux pluspuiflans. Or fi ces onctions 8t
ces parfums, par la falivarion qu'ils pro-
curent,font, de l'aveu même de l'Auteur,
plus puiûans & plus efficaces pour guérir
les fymptomes obftinei de la maladie dont
il s'agit , que ne le font tous les autre*
remèdes qu'il enfeigne, les Chirurgiens de
France ont raifon de traiter d'abord cette
maladie par le mercure, puifque c'eft le
moyen le plus fur & le plus infaillibleque
l'on puifle employer pourU guérir- Ceux
qui fuivent une autre méthode dans ces
pais , ne font pas fufhTamment autorifez
en cela par le fuccès que ces mêmes mé-
thodes ont coutume d'avoir dans les par»
étrangers où elles fe pratiquent. L'on fçait
que les maladies fe doivent traiter diffé-
remment, non-feulement, par rapport à.
l'âge des malades , & à leur conffitution ,
mais encore par rapport aux climats où ils
vivent. Quant à cette traduction, M. de
Vaux paroït s'être moins attaché i fuivre
la rigueur de la lettre, qu'à rendre claire-
ment les penfées de fon Auteur. Cepen-
dant i! n'a pas négligé de traduire les ex-
preCîons de Mufitan en des termes con-
I formes auLatin, lorfque le géniedesdeux.
1 Langues, 8c le fujet , l'ont çû toaSivi.
I Nous zvors remarqué au commenccme.'W-,
I
L
Fetmi» 1711- 1:1
'„ iniflbit par là de plus en plu; dans k
», chemin de la venu. En efifel . il
„ cft ordinaire à toutes fortes de Medc-
,, cins de concevoir d'autant plus de dé-
« goût pour les femmes, qu'ils font plus
„ fréquemment engager par leur état à
„ être ies témoins de leurs infirmitci les
„ plus fecrettes , comment Mufitan quia
„ embraffé le célibat dès fa jeunelle , &
„ qui a toujours regardé 1« femmes avec
„ indifférence , feroit-il ébranlé dans fa
,, vertu, ne les voyant que chargées d'ul-
„ ceres ? Cependant il fe trouvera peut-
„ être quelque Lecteur bizarre qui s'étort-
„ rtera que l'on veuilledire que MuGtanfe
,. foiteompor té comme Ul y fie a l'approche
„ des Sirènes , & qu'il ait même m arqué
„ plus que lui de force & de fermeté.
., Mais que ce Lecteur s'étonne doncauffi
, que l'intégrité de les mœurs, & fes au-
, très bonnes qualité* , ayent porté Son
1 Eminence M. Antoine Pignatelli, Pic-
, tre Cardinal de la Sainte Eglife Ro-
, maîne , & Archevêque de Naples,
,. à le meltic au nombre des Confef-
„ feurs à qui il confioit le pouvoir d'ab-
., foudre des cas qui lui étoient refervrt.
., Au telle , cette furprife ceiTera quand
1, ou fçauri que ce Médecin a évité dans
„ fa conduite un autre écueil du moins
„ auffi dangereux , e'efl celui de l'a-
,. varice, s'éunt toujours attache à fervir
I
lli Journal des Sç*v*ns,
',, tout le monde également, & à ne rien
„ faire qui put Cire mal expliqué : car on
„ nefçauroitaflez, exprimer quelle a été fa
„ charité envers les perfonnes de la plus
„ baiïe condition; loin de leur demander
„ aucun honoraire, il a toujours refuie
„ de le recevoir toutes les fois qu'elles
,, ont voulu lui marquer leur reconnoif-
„ fance ; & en leur rendant les viiites
„ ncceffaîres, il leur a tres-fouvent don-
„ né des fecours confiderablesde fon pro-
„ pre fond, & toujours fes remèdes g n-
., tuitement. Pont ce qui cil des per-
„ fonnes riches, il re ce voit agréablement
„ la tecompenfc honnête qui lui étoit i
„ offerte; mais i'averfion qu'il avoitna- I
„ turellement pour le faite , ne lui per- I
„ mit jamais de fe biffer fléchir aux inf-l
„ tances de quantité de grands SeigneursJ
„ qui le vouloient engager à les voijf
„ familièrement , & à s'impatroniferf
„ pour ainfî dire , dans leurs maiibnj
„ Content d'une vie Philofophique ,
„ a toujours méprifé les richefles , :
„ gardé la faveur des Grands cornj
H une fumée , 5: préféré a toutes c
,, fes le plailir de pouvoir donner <
„ que temps à fes études. Enfinï
„ plus grand foin a toujours été deï
„ facrer lés travaux & fa plume à l'uj
i t h oe i Cornes Juridîcns. PmfiW,
d Dimy/îum Martini , via ^ac*~
, (ub ji%no Smfii Auguflim. C'cft-
:re : Le Guide du Juriftinfultti. A
is , chez Denys Mariette , rue S.
ques , à l'enfeigne de Saint AuguT-
.in ri. pp. zoo.
corn de M. Pithou à la tete d'un
ne de Droit , eft un de ces nomi
ax. qui préviennent en faveur du Li-
On a donné à cet Ouvrage le titre
iet de Cornes Juridiats, pourfe con-
er à l'intention de l'Auteur , qui a-
intitulé lui-même Comit iheolcçus,
:gé des grands principes de Theolo-
qu'un Chrétien ne devoit jamais per-
e vûë ; Se comme c'eft ici un Re-
des règles générales dejurifprudence,
loivent continuellement être prefen-
l'efDtit des Tuées . on a crû devoir
214 Journal des Sçavans.
avec les Opufcttles de M. Loifel.
deux Editions font in 4. la forme
cm barra (Tante pour un uùge familic
]c Pelletier Miniftre d'Etat , neve
l'Auteur , a détaché de fes autres
Très les principes choifis de Jurifpr
ce « & les a fait réduire pour la
modité publique en un feul petit
me, qu'il adreffe aux Magillrats £
Jurifconfultes de France, comme le
dele qu'ils doivent fuivre dans leurs
tions. 11 règne dans la Dédicace ur
gnite & une nobleiTe de ftyle , qu
ment, ce femble , le grand âge qu'
donne , mais qui répond parraiterm
la. force du génie avec lequel il a i
nu les premiers emplois.
Quelque petit que foit ce volun
eft divifé néanmoins en cinq partie:
Sremiere contient les règles qu'il
livre dans l'en pli cation des Loi*
teofes ; & parmi ces règles on difti
celles qui font tirées du Digefte ri
celles du Code & des Novelles ,
que le nouveau Droit déroge à l'ar
On a ajouté aux règles que donner
cela les Turifconiultes.cellesquemart
en pareil cas les Pères de l'Églîfc; i
en a tiré auffi quelques-unes des Au
profanes.
La féconde partie "renfemA \« ^
paiix axiomes de Droit, msc
hNCtUtA
t par M. Pithou a M. Crin , qui
it pour lui une eftime particulière , 6c
Va loué en plulieurs endroits de (es
vrages : éloge qui ftiffiroit fcul pour
e connoître fon mérite. On trouve
i la ïroi/ïéme partie les règles del'an-
i Droit, autres que celles que le Di-
: nous prefente, dans un titre expte*.
quatrième partie contient une Lettre
M. Farn'or, fur l'excellence des Ocu-
; de M. Pithou , avec quelques rc-
ions fur la force 4c la vérité, Se que!,
î autres, fur la force des mots. Oa
ve enfin dans la cinquième partie le
:ament de M. Pithou, où en rendant
;pre de ce qu'il a Fait pendant fa vie ,
le ce qu'il veut que l'on fàfFe après
nort, il paroit également bon père ,
. mari , habile Jurifconfultc , Se partait
étien. Jonas le Mercier a écrit favie;
: celle qui eft à la tête des Coutumes
Troyes. Cette Ville fe tient heureufe
oir produit un fi grand homme* II
■ir particulièrement appliqué à l'étude
)roît, fous le célèbre M. Cujas, qu'il
it à Valence. 1\ vint enfuite au Par-
mi de Paris, où il fréquenta aflidu-
it le Barreau. Sa réputation le lie
imer en i çSî. Procureur General de
hambre de Jullice de Guyenne: ci
<nt les troubles de Paris , fous le iCgRC
Icuri IV. il rit édater fou icAe pout
?«aAÏàÊ*ï!5ï£
',tl*(û:> *te£,t>
"tmt, " B « rMr
""Prime, s,e *WS c„ • ■' eli a"
iiS Joshnal des Sçavanï.
D'autres Hilloriens fe font donné des
bornes moins étroites, & fe font attachez
à écrire suffi les évenemens politiques.
Nous aurons bien-tôt occalîon de rendre
compte del'Hiïtoire générale de Bavière,
compofée par Aveniin. Le cekbre Mite
Velfer avoit entrepris un pareil Ouvrage,
mais nous n'en avons que les commence-
mens. On lui doit la vie de S. Severin
écrite pat l'Abbé Eugippius , qu'il a le
Sremier mife au jour. Il eft fait mention
ans cette Vie , & du paffage d'Odoacre
en Italie, & des Rois des Ruges, peuple
Çermain, qui occupoit les rives du Da-
nube , vis-à-vis de l'Autriche d'aujour-
d'hui. M. Leibniti avertit en partant,
Îue Marc Velfer eft le véritable Auteur
a Squiïtxio dilla libtrtà Vtnita , & que
ceux-là fe trompent, qui, avec M.Bayle,
l'attribuent au Marquis de la Cueva.
Maximilien, Duc, & enfui te Electeur
de Bavière , ayant chargé le P. Andté
Brunner Jefuite, de compofer une Hif-
toite complette de la Nation Bavaroife,
ce Père y mit tous fes foins, & il poulîi
fon travail jufqu'à l'année 1314, c'eft-à-
dire , jufqu'au commencement du règne I
de Louis de Bavière. Il craignit de paf- I
fer outre , perfuadé que l'Hiftoire de J
Louis de Bavière le brouillerait ou avec
Jtfax/mitten , ou avec P.ome. CeXt ce
qu'il fût afiet enieuàie, Và-ovtwvt "i."1*.
F e v n i i n 171 1
fin de for qua:riéme Livre, Le premû
parut à Munie «1 1614, le fécond en it:
& le troirîéme en 1637. On les redoni
ici tous quatre , fort eorreétement i
prime». Maximtlien, quoi qu'attaché"
S, Siège, crut ne devoir pas abandonner
les droits de Louis de Bavière. Il les fit
foutenir par divers Ecrivains, entre
par Geotge Herwart, qui réfuta ce qu'A-
braham Bzovius avoit avancé fur cette
matière. Il paroît que le P. Baldejefuita
eut ordre de continuer l'Ouvrage de Brun-
ner; mats, félon M. Lnbnin, le P. Bal-
de n'étott pas propre à s'appliquer long-
temps à une même chofe. Il reûfïiffoit
dans la Poéfie Latine , & il s'eft acquii
beaucoup plus de réputation en qualité de
iPoéte , qu'il ne s'eft attiré d'éftime ca
l qualité d'Hiftoricn.
I On ne fçait fi Jean Adlireitter Auteur
Bu corps dHiiiotrecomp'er qui eftdans ce
- commença 3 y travailler fou»
Haximilien. [1 l'acheva en 1661, foui
tiédeur Ferdinand-Mine, à qui ille dédi
Brait paroitre beaucoup de modelliedans
Tperite Préface qu'on voit à l
1 Ouvrage. Il y loué de bonne foi
■fer, Radmis, & Brunner , & il dit
|n ne l'a engagea travailler, queparce
i fouhaitoit avoir une Hsftowc c&-
. Se d'un liyle uniforme. M.. V.c\V
whre que fans cette iiil'on i\ TÎWttoW
K z, ?*&
:
aïo Journal des Sçatanj.
pas été neceflaire de remanier ce qu'ai
fait le P. Brunner ; Se qu'il cil ibuv
arrivé à Adtereitter de fe tromper, 1
qu'il s'eft écarté du fentiment de ce P<
Comme on fait -ordinairement defç
dre les Bavarois des Boïcns (.Bip)
Leibnitz fait des recherches affez curl
fes fur ces dentiers. Il obferve que I
nom découvre qu'ils étoient Germ;
d'origine, & que B»v dans l'ancienne L
gue de la Germanie , ligniiioit un (
fan. A cette occalion il remarque a
que la plupart des anciens noms des
lions n'avoient qu'une lignification g<
raie. Tontines, Vtlca, Maduvei , quoi
noms propres de peuples particuliers , fi
fiaient Amplement Nations, Peuples, n
nui. Tbiet en Germain , Se même
Saion i lignifie Nation ; Vtlc , Peu
liaéur-, Hainme. Les Hongrois s'ap
lent encore eux-mêmes Madyans.
Long-temps avant Jules Cefar les Bai
' habit oient dans la Bohême, à laquclli
aroient donné leur nom. Mais cou
Ils étoient auffi répandus dans d'au
pais , rien n'oblige à croire que c
qui peuplèrent les premiers la Vindcli
Îr fuffent venus de la Bohême. De
e temps d'Augufte les anciens Hillor
ne font plus mention des Boïcns , I
qu'as parlent des peuples de la Ger
aie; mais les Bajoaritm I^BajMwii} fe.
F t v r 1 1 * 11»; *„
dirent célèbres fous te règne des eufuudc
Conftantio. On prétend que c'étoit toû-
30WS le même peuple. La terminailbu
Germanique fut feulement ajoutée à l'an-
10m , & de Boji on fit Bojer , ou
Bajer fut enfuite transformé en
(V , ou Bajcbari , qu'on a enfin lati-
ï d'une autre rr~ :"
!
<mimatrï Littéral fut U Km'iicia Tefla-
unt lie Notre. Siientur 3- C. înftrê dam
U jpfttetiMi Françoife, avec U TexteLa-
tin à lajnargt. Par U R, P. de Cak-
miais, Prêtre de f Oratoire de Jefttt.
A Rheims , chez François Godard,
tue. des TapiiSers. 1710. in ix. cinq
vol. I. vol. patig. +n. II. vol. pagg,
467. III. vol. pagg. H79. IV. vol. pagg.
ÏÎ4-V. vol. pagg. 37t.
f^E Commentaire Littéral confifte en
quelques mois ajoutez auTeïte.mais
imprimez d'un caractère différent , afin
-que perfbnne ne confonde l'Ouvrage du
Commentateur avec celui des Auteurs Sa-
crez. C'étoit-là un des principaux incon-
veniens a éviter. Nous fommes perfuadez
Su'iln'eit pas arrivé fouvent à l'Imprimeur
y tomber , comme au troiliéme verfeC
du premier Chapitre de S. Matthieu , ai
il a mis : „ Jud& eogendia Yha\es %*■
„ ZttA tfe Ibnmar Ja bcUc-iiHe. îte^i
K 3 «<
îiî Journal des Sïatans.
„ engendra Efron , &c„ au lieu de met-
tre, „ Juda engendra Phares 8c Zara de
„ Thamar fa bMe-filk. Phares, &c...
II eit difficile de donner une idée jufte
des additions du P. de Carrières ; il y en
a d'amant d'efpeces qu'il y a de fortes de
difficulté!. Tout ce que nous pouvons
faire pour mettre les Lecteurs en état d'en
juger , c'eft de mettre ici des exemples.
Nous les tirerons du rr. me Chapitre que
nous venons de citer. Remarques hitlo-
riques : ,, j. Salmon engendra Booz de
„ Rahab , femme àiiaucbit , qui Mvoit
t, iti fan-vie du fae de la ■ville de Jericbe ,
„ eù-elte iteit nie, Booz engendra Obéi
>, de Ruth Mehabite. Obed engendra Je Se,
» Se JefTé engendn David qui fut Roi. 6.
„ Le Roi David engendra Sa lo mort de
„ celle qui avoit été femme d'Urie officier
v de fit troupe*, qu'H fit tuer, afin de cacher
„ i 'adultère qu'il avait commit avec tlU,0"
„ defauvoir féfouftr._. Simple éclairdffe-
ment : „ n. Jofias engendra Jechonia»
„ & fes frères vers le temps de la rranf-
„ migration dit Juifs à Babylone.,, Re-
marque Theologique : „ ie. Et Jacob
„ engendra Jofeph l'époux de Marie, de
,, laquelle eft né Jésus, qui eft appelle
„ Chrift, faut qu'il efl ■vttUabltment l'Oint
„ dié Seigneur , étant oint de U Divinité
„ mème.^ Dogme; ,, t%- Ox lfctmf-
h fonce de »j-C\\iAft. imu 4c «at
Fiimu ïjxi. a\*
„ forte s Marie fa mete ayant époufé Ju-
„ feph, avant qu'ils euifent été enfcmble,
» c fins <i*'dt* du eeffé iTiirt fit>it . fe
,, trouva groiJit , ayant conçu dans fou
„ iein far i'uftmiim du Saint lifprir." Su-
jjléraenr , & explication : ., Joieph fon
„ mirifiiifirtfurprit de tltlt grofftfft t nuis
„ étant jufte, & rw voulant pas la des-
. „ honorer en faitufans d'adulicre , ni am-
„ iorijtr c* crime ert demeurant avec ill*f
„ il refolut de !a renvoyer feerctemeat
„ crfaws éfU$,M
Comme ces additions fervent principa-
lement à éclairât les Textes obteurs, le
P. de Carrières avertit qu'il ne les a em-
ployées en certains endroits qu'avec pré*
(caution. On a laiffé , dit-il, aux Difcou»
,, figurex de J. C. toute l'obfcuritc necef-
„ faire pour donner lieu à celle parole,
„ qu'il répète fouvent dans l'Evangile:
ii Û2g "lui-là entende <jw» * des oreilles pour
„ entendre, On en a ufé de la même
ii manière à l'égard des paraboles que
„ J.C explique lui-même, on n'a point
„ prévenu fon explication. „
Les Actes des Apôtres & l'Apocalypfe
font moins chargei d'additions que les
autres Livres, pour deux raifons contrai-
res. Les Actes contiennent une Hif-
toire intelligible & claire par elle-même»
fc VApocjlypfe efl trop pleine de m^t*
rcres pour prétendre l'expUcmM feïft.-
K 4 tosor
ii4 Journal des Sçavans;
famment par un pareil recours.
Le F. de Carrières a ajouté à la fin
des Aétcs la fuite de la vie de faint Paul,
tirée de Tes Epîires , & des meilleurs
Hiftoriens Ecclefiaftiques ; perfuadé, dit-
il , que le Leâeur ferait, bien-aife de
voir la fuite de la vie d'un Apôtre dont
faint Luc rapporte des chofes fi mer-
reilleufes. Il a mis à h tête de chaque
Livre un Argument , où il rapporte tout
ce qu'il a pu découvrir de l'Auteur qui
l'a compofé , du temps auquel l'Auteur
l'a écrit, des vues qu'il a eues en l'écri-
vant , & des perfonnes aufquelles H l'a
adreiTé. Les différences du Grec 8c de
la Vutgate , qui onr déjà été marquées
dans quelques Traductions , fe trouvent
ici. On a aufîl divifé les Chapitres pat
feétions , afin de marquer plus diftincïe-
ment les matières qui font traitées en cha-
que Livre.
NOUVELLES DE LITTERATURE.
DE N A P L E S.
T L paraît ici un petit Ecrit de 388 pages,
intitulé , Lctitn JipeUgitiib* Ihiolii^Ue-
Morali, fcritlt di un Doltor IsLop&iituno à
#0 Littérale VtntzÀm* , <MUau aU* A. S.
.Ct-
F i <
«ï
d'F.manutl Mtmrivjû tti Lertna , Prinapt
d-Eibtuf, e CimmaniiTiti dtlia Cavàtitri*
nei Rrgnt dî Ntfeli. In Avigont. 'il. Cet
Ecrit contient deux Lettresquin'ont Roint
été imprimées à Avignon > comme le
porte Ja première page ; mai! elles fort en t
de Jclîbus les .P relies de cette Ville. M.
Blaife Maioli de Avitabile, Avocat Na-
politain , en eft l'Auteur. La première
n'eu: qu'un Extrait d'un Livre qui fut pu-
blié en 1708, in 8. Tous ce tilre : Syu-
ihtjis jftolcgttica Ttitologito-M'iratii , ficun-
durn Ethii* Chrifiiani dvelrînam, giniraiii
morum régulas amincis, Ai'ib. D. BUfio
Vifionti S, J. i-, J. Dtffm . 0" M R4Ù
Niiipoliiano AreUgymisSi Ptyfijfw Zhto-
hga , Ntapdl. M. Vifconti divifc fon
Ouvraçe en deux parties , .dans la pre-
mière dsfqnclles il traite deî mœurs , 8t
(Uni 1j léconde, de la confdence ; d'où
iJ prend oceifion d'attaquer la Morale
que le P. Franco'in Jefuite enieigne dans
le Livre qu'il publia à Rome en 1706,
fous le titre de CUriats Romanui contra ni-
tn'mm rigortm muni/as. m t. M. de Avi-
tabile ne le contente pas de rapporter le
fentiment de M. Vifconti , il ùit encore
l'Extrait de deux Livres qui ont été com-
polci contre celui du P. Francolin. Le
premier a été imprimé a Délit , fous ce
litre , WrMctlinui Ctcrici Romatii VtAwj»-
Ikj, luxiehs in /ultmniflranAQ Pin»1"»"*
K s ta»«r
Sl6 J OU EL N AL BU SçAVAN».
Sacramtntii H'tfriplin* Afaçi/icr , Commrntiiit
Ejgati]larum fetit ftiiliumque in Lcclefiam
ter , Obftrval'wnibui Hijlorht-Crilico.Mera-
libm txagliatui. in S. Le fécond a été
imprimé à Liège en 1706, in 8. II eft
intitulé : Clcrkus Bciga Clcricum Roma-
mon tnuvîens aàvcrfus notant n'imii Kigiih
tj- talumnhti qttiùns Theolegu Belgai àfpir-
fit Francdinus \}ffuiia Romnnus , ta Lilra
futm infuiïit Clericm fimaniti , &C M. de
Avitibîle pouffe encore fa Critique plus
loin, ill'érend jufques fur la perfonne de
fon admfaire , & des Probabiliftes mo-
dernes.
Dans h féconde, il prend la défenfe de
l'Apologie desPcres, que le PereCiaffbnî
a compofée , contre M. Jean Sarconîo,
Prêtre Napolitain.
Ces.deus Lettres font aitrcffées à M. le
. Doéteur Jean-Antoine Afiori; & comme
l'Auteur femble dire dans la Préface, qu'il
ne les a compofées qu'à la folliritationde
ce Doéteur, & qu'il lui a même donné
plnlieurs Mémoires MIT. fur cette matière,
M. Aftori déclare qu'il n'a jamais vu cet
Ouvrage qu'imprimé, & qu'il n'eft ni du
fentîment des Rigoriftes, ni de celui dei
Cafuites relâchez. 11 s'explique plus net-
tement à l'égard de l'Ouvrage du P. Ciaf-
foni. Comme ce Lme * été condamné,
M. Aiton protefte tjiiW tf4\M&»» wa.\».
Février 1711. 117
moindre penTée de prendre la défenfe de
• ce Livre , & qu'il a une parfaite vénéra-
tion pour le Décret qui le condamne,
DE P A D OU E.
QN a publié depuis peu un Livre dont
voici le litre ; Btfiifma putromm in
Wttrit txijUmtuta a/ftrtum , /juumvh Thtt-
Ugi &■ CanonijU amiijui fir plara fkcvU
hoc vei negaverint , vtl raçiiennr. Dl'JJertM-
lia Mtàià-lhcalogic*. jiuHort P. D, Ga-
triilê Gutlâo Cltrho RfguUti, S. T. Prafiff*.
rt. in t. pp. St.
L'Auteur recherche d'abord le temps
auquel on a commencé à agiter cette
queftion. Il dit qu'on a été long-temps
fans y taire attention. Il avoue qu'el-
le ell contraire au fentiment des an-
ciens Théologiens & des Canoniiles , Se
Gabriel Biel , dit il, a commencé furla
fin du quinzième fiecle à former un doute
fur la propofuion négative , Se le Père
Louis Schilder Auteur du fiecle patte, a
été le premier qui a foutenu l'affirmative.
L'Auteur, comme Théologien , réfute
enfuïte le fentiment de ceux qui préten-
dent que l'enfant doit éirevifible pour
recevoir le Baptême -, & après, comme
Médecin , il enfeigne la manière dont il
s'y faut prendtepourbaptiferles tTvCa^v1^.
fc trouvent ààns ce maUieuïWx. fa*\.
■fc, 6 -»*■
siS Journal des Sçayàns.
DE VENISE.
Joannis Polfni Mifctllanta , hec ejl ,
/. DiJJirtaiio de Barornctru f Tkermomc-
iris. H. Ma inra Arhhmiùti , ijupjm
ufus àtfttiptîe, III. Dt Stilutàtui Comiii
faralltlorum in barolepit foUribus Trxcld-
tus. in 4. pp. jrt.
/"■Et Ouvrage efr divifé en trois par-
^J lies. La première eiï uneDidertation
fur les Baromètres & fur les Thermomè-
tres. M. le Marquis Poleni parle d'abord
de leur origine. 1] attribue l'invention des
Bitometres au Mathématicien ToriceMï»J<
celle des Thermomètres au Médecin Santo-
rias. Il traite enfuit e de leur conftruc-
tion, & finit par plufîeurs réflexions furie
moyen de les conduite à une plus grande
perfection.
La féconde parie contient la defeription
d'une Machine Arithmétique que l'Au-
teur a inventée. M. le Marquis Poleni
loue beaucoup celle de M. Pafchal, 8c
celle de M. Leibniii. Il avoue que l'ex-
emple & la réputation de ces deux grands
hommes l'ont puiffamment excité à tra-
vailler à la lienne, & il croit l'avoirpouf-
ïee à une telle perfection , que tout
homme , li igaotim auM ouifle être,
■eut faire par ïoa-nw^tn. va\ft«i tare»
fi
lu
«»11* '711. Xl9
c fouftraftions , 6c de divi-
fions , pourvu qu'il coonoillic les nom-
bres. Dans la troiÊéme panie il fait voir
le rapport que les 5câions Coniques ont
avec la Gnomonie.
DE GRUNINGEN.
VfR. Leuchfeld (Jean-George) Pafteur
de cette Viîle, s'occupe depuis long-
temps à recueillir les amiqmUï. des Vil-
les de la Principauté d'Halberttat Se des
pat; voifins. 11 a commencé par cellesde
h Ville de Valkenricht , qu'il publia en
170^, in 4- Il publia enfuite celles de la
Ville de Poil en 1707. m 4. Celles de
BlanVemburg en 1708, in 4- Celles de
Gandersheim en 1709, in 4. 8: celles de
llfetmrgla même année. Depuis il a fait
imprimer celles de Michaelftein & celles
deGrUllingen. *^oaj}.Genr. Lauhftld Ami-
quintes (iruningrafes, Oder Histoki-
che Beschheibtjng , SfCt C'eft à-
dire ; Dtfctiptim de la Ville du Grttn'mgtn ,
cù rtfidoitnt ci-devant lu fc'W.juej d'Haï-
btrfiat. AQuedelinburg. 1710. in 4. pp. 106.
L'Auteur dit qu'il donnera incellàmment
les Antiquitei de Reinïlcin , celles de
Ringelem , & Aï plufieurs autres Villes.
Toutes ces DcCcriptions font écrites en
Langue Allemande. Le Ledeviï ço«Kt»
K 7 yi^a
* On /MwouveàAnift«dMuchw.V«^l*tàAï%
ÎÎO JOURHAL DEsSçAVAHS.
juger des autres par l'idée que nous allons
lui donner de celles de Gruningen.
Comme M. LeuchfelJ eft le premier
Auteur qui ait entrepris de faire l'Hifloire
de Gruningen , il n'a pu trouver an julle
le temps de la fondation de cette Ville.
Mais il prouve par des pafiages tirez de
pluiieurs Auteurs qu'il cite , qu'elle fub-
îîfloit long-temps avant l'an 936. 11 dé-
crit enfuitc fa lituation , fes commotiitez
pour le Commerce; les principales cho-
ies que produit Ton territoire. Il paffe de
là aux Princes qui l'ont poffedée. Elle a
été d'abord fous la domination desSajons.
L'Auteur n'a pu pouifer fes découvertes
plus loin que Witnkind Duc de Saxe, qui
fit la guerre à Charlemâgne. Luitolf fuc-
ceda à ce Prince en 856, & Othon Duc
de Saxe fucceda à ce dernier. Peu de
temps après, cette Ville paiîa fous la do-
mination des Ducs d'Halberilat. L'Au-
teur dit qu'il ne peut marquer précifétnent
le temps de ce changement , mais il allure
que les Evêques d'Halberflat ont choifl
Gruningen pour le lieu de leur reiîdence.
Il en donne ici une lifte, qui commence
à Hildegrinus , qui mourut en 817. &
finit à Leopold Guillaume , qui par la
Paix d'Ofnabrug fut obligé de céder ce Du-
ché à la Maifon de Brandebourg. Il
/apporte tout ce que chacun de ces Eve*
ques a fait pour l'enibeMtmtax xm*. te
PlTIIll
la Ville que du Château ; H en même
temps il décrit les monumens les plus
curieux qui fe trouvent aujourd'hui dms
l'une & dans l'autre. Il remarque qu'il
y a dans la cave du Château une foudre
qui a coûté 6000 ecus à faire. Elle con-
tient, dit il, 18671 m dures.
La Religion Luthérienne s'inîroduifit
dans cette Ville fous Mheit quarantième
Evêque d'Halberflat. Ce Prélat s'y op-
pofa de toute Ta force , mais il ne
put ("empêcher. Il mourut dans la Com-
munion Romaine , & tous les Evë-
ques qui ont gouverné cette Eglîfe de-
puis lui , ont tous embrafle la Religion
Luthérienne.
M. LeucbJeld finit fa Dclcription par
une lifte de tous les habitans diftinguet
par leurs emplois, comme les Miiiîftres,
les Parleurs , les Pror'elleurs , les Moll-
irais, &cç.
DE K OU E N.
r\N vient de publier une Dilfertation
w fur le Relief des Fiers en Normandie,
par M. de Jort, à Rouen; chez Jacque»
Befogne. 1710. in 12. pp. 79.
Lorfque M. de Jort fit imprimer en
]?oû, (a DilTertaiion fur les Aides Chevels
de Normandie, il promit celle o^'ïi&otkn».
aujourd'hui. Elle eftdmtce ti\ fa.»*ô.|**'
■
d.
131 Journal des Sçatans,
Dans le premier l'Auteur explique la
différentes dénominations du Relief.
D,:ns le fécond article l'Auteur pré-
tend que le Relief eft atiffi ancien que
les Fiefs qui furent établis en Norman-
die d'un revenu égal par le Duc Raoul,
Itlam terrtan, dit Dudo , fuis fiddibus ftt-
tiimla divifit.
11 n'y eut il'abord que deux fortes de
Fiefs, les Barorries, & les Fiefs de Hau-
bert. Haultn eft un vieux mot qui ligni-
fie cairajfe, Tcudum Lo'kt. Fief de Hau-
bert eft le Fief d'un Chevalier.
11 fait voir dans le troîliéme articleque
lorfque le Relief a eïé évalué à 15 liv.
pour le Fief de Haubert , 8c à 100 liv.
pour la Baronie, les Livres étoient des Li-
vres pefant d'argent.
Dans le quatrième article il remarque
que la Baronie ë:oit compofée de cinq
Fiefs de Chevalier s que le Fief de Che-
valier étoit de 4C0 acres de terre ; que
le revenu du Fief de Chevalier ou de
Haubert fut d'abord évalué à 10 liv.qu'ain-
fi le Relief de 1 s.liv.étoit lus trois quarts
du revenu de ces Fiefs. L'autre quart
fut abandonné au Vaflal pour fa fubfif-
tance. La Baronie payoit cent liv. de
Relief , qui étoit l'année entière du
revenu. Mais pourquoi le Baron payoit-il
l'année entière i Ceil , dit M. de Joir,
paice que le Duc Raoul nvoit une»
z
a Batonie des Fiefs de Chevalier!, .
:nt entre autres fervices, aider le Ba-
ron à payer (on Relief.
Il dit dans le cinquième article , que
lorrqu'on commença à compter par
marcs , & a affaiblir les monnoyes , ce
qui arriva dès le règne de Philippe I.
les revenus & les droits évaluez à prjj
d'argent diminuèrent alors confiderable-
ment ; & il y a apparence que cela
donna lieu au droit de Foiiage &.Mo-
néage dû au Prince de trois ans en troi*
ans pour ne point changer de mon'
noyé.
Dans le fiïiéme article il fait voir
que par cet affaibli lie ment des monnoyes
les iï h>. de Relief du Fief de Cheva-
lier fe trouvent enfin aujourd'hui réelle-
ment diminuées de 137 parts depuis leur
inflirurion. Il eft bien vrai qu'on paye
aujourdhui ij liv. pour le Relief, ôï
qu'originairement on ne payoit aufli
que 15 liv. m lis les ij liv. d'autrefois
étoient des livres pefant de 16 onces,
ces u liv. faifoient donc 140 onces de
bon argent , au lieu qu'aujourd'hui ces
ij liv. ne font plus que des Livres nu-
méraires , qu'on acquiite par trois é>
eus de cent fols, qui ne valent, dit l'Au-
teur, que trois onces d'argent ; ainfi on
~iye aujourd'hui pour ce R.c\\e.ï ivi <aftK-«.
gu 'on ne payait »u\Kfo\s.
Z34 Journal des Sçav*nï.
Cette diminution n'a pas d'abord été
fi confiderablc \ l'Auteur fait mention
des différons degrez qu'elle a euj
ce qu'on peut voir plus au long dans
le Traiié hillorique des Monnoyes de M.
le Blanc.
Comme IVvaluaTion du Relief a tou-
jours été fixe & déterminée , 8t qu'il
n'y a eu que la valeur intrinféuue des
monnoyes qui ait changé , il ne faut
point lire Surpris que lorfqu'on a di-
minué la valeur des monnoyes , tout
le monde ne ie foit pas apperçû, de ce
qu'on gagnoit à payer un droit ancien
avec de nouvelles efpeces. L'Auteur
qui eu Procureur en la Chambre des
Comptes de Rouen , dit que l'évalua*
tien du Rilltf , qui tfl un âmt rêtlt
Mirait dit varier comme l'argent , 8c 11
paroit fouhaiter qu'on lui découvre l'in-
convénient qu'il y aurait à déférer À et
fentitnent. Ceux qui ont intérêt à s'y
oppofer trouveront peut-être des raifons
fiour faire voir que les changemens que
e temps amené , s'ajultem quelquefois
fi bien entre eux , qu'il y auroit , ou de
l'impoffibilité à vouloir tes reformer tous,
ou de l'injuitice à n'en reformer que quel-
ques-uns.
E V 1 1 1 * 17Ii;
SE TOULOUSE.
TE Père Mourgues Jefuite fe dtrpofe à
" mettre au jour un Ouvrage qui cil
déjà connu de plulîeurs Sçavans, & oui
il donne le Plan de la Ibeotyie 4e$ Payent.
Cet Ouvrage fera fuivî d'un aune.
Sjui comprendra le plan de leur Philt
Dphie.
TABLE
DES LIVRE S.&e.
I
/iHmit. Ioncheki Commentariiu
*-* de Vit» Jobi Ludolfi. 113
Sim. Fbid. Hahniiis , Diploma
FundaiiunisBergerilisadAlbitnCuînobii.
izp
1s. & Mer. Casaubonorwn Epif-
tol:e , curante Theqd. J. ti A t-
L A Touche, l'Art à* bien parler Fran-
Lttin du P. T»>ieion/«''« Critiof
*3« TABLE DES LIVRES.
que Mr. Colle a fait de fa Iriàuilhn
d'Horace. 14Ç
L'Evita de Me au», Mandement t?
InllruBion Pafioraie fur le Janjtxiimt,
perlant condamnation des Jafliiutwm Tbte-
log't^ues du P. Juenin. 161
iTitus Livius , cum Jq. Fbein s-
hemii Supplément is. Ex receniîone
Jo. Cumci, 171
Examen dei Principes des Mchymifics fur i»
Pierre Phihfophalt. 179
•te P. Tqurnemine, Explication de
deux Pierres antiques que Mad. le Hat
fl fait graver. ' 1 S 6
Le P. B a l <\ o S , Déftttft de; Stinls Pttes
aceufez. de Platemfmt, ipl
Çrarees MusnqN , Trfitt Je U
Maladie Vcnerichni , traduit en Tramais
par Mr. DE Vaux. 207
P. Pithobi Cornes Juridïciis. 213
JO. AOIZREITTER A'TetïNWIIS
Annalium Boicse Gémis Partes 111. Ac-
ceflereANDR. Brunne m. Annales
Boïcorum. 116
Lt P. de Carrières , C'mmtniaire
Utteral fur le N. TcHament in [tri dans U
Traduction Francoift. ail
nouvelles de Littérature. 214
Jo. Pot eni Mifcellanea. 118
CATALOGUE
DES
LIVRES NOUVEAUX
Qu'on trouve à Amftefdam > chez les
JaKSSONJ à WaESHEUGÏ.
f^OuNtiiï! Nepos, de Excellen*
tibus Viris notisperp étuis ex Ungciio,
Lambin» , Schotlo , Beitlero , Buthnero ,
tafia, Ctllarlo alitfque ad raodum Joan-
nii Mitiellil ilhiftratus: adjedtafunt frag-
menta Schottiana & Index fcleâiffimus
II. AmJUUdami apud Janjfonto-Waisbtr-'
pas. 17 il.
Oeuvres de Maure François R a s e-
Z.AIS, publiées fous Ce litre dtFaili a- Dilt
du Géant Gargantua , zsf de /on fils Pan-
tagruel , avec la Prognoflkation Pâma-
gruetine , l'Epure duLimoftn.la Crème Phi-
kfephale v deux Epilrct à deux Vieillit
de Mœurs V d'humeurs différentes. No«-
velle Edition , où l'on a ajouté des Re-
marques Hiftoriquti v Çriitqitts fur tout
l'Ouvrage-, le vrai portrait de RabeUis; la
Carte du Cbinennois ; te dtfjtin de la Cave
peinte; i$ Ut àifertmes vûts 4e la Devi-
w'nr»
«3» CATALOGUE.
niert, Métairie de l'Auieur.%. A Amfterdam
cher J. Frédéric Bernard, 1711. fi. voll.
Magnum Dietionarium Latino-Galticum
ad plenîorem planiuremque Scriptorum
Larinorum lntelligentiam , collegit,
digeffit.ac nollro vernaculo reddrdir M.
Pi trw s Dinetius, Academicus,'
Abbas Sanfli Nicolai Virduuenljs, ad
ufum Serenifiimi Delphini , & Setenifli-
morum Princîpum. Editio nova auclior
& emcndarior. 4. Amfietodami t fumfti-
b:u Soùttaûs. 17 1 1.
Caspakis B«u*i, Orationum liber.
Acceflerunt alia nonnulla varii & amœ-
nioris Argumenti. Editio tertia , auâior
& correflior. 11. AmjleUdami afui
Jan]fom&-WatsbeTgioi. 1711,
tut"s à'nn MiniJIn de Pologne À un Seigniur
de l'Empire fur tel affaires preftntei de
la H/aigrit. 11. A Ratisbonecliez Eraf-
me Kinkiuî. -171t.
Titi Livii Hiftoriarum corpus con-
cinnius ex Gymnaiio Dordraceno. Tj-
fii Bramïii, 1711.
Bukcarde Gothilti S-rrtnvri
Ada Lueraria ex Manulcriptis eruta at-
que cullefla, Falciculus ieptimus. 8.
Jen* afud FelUem Bietckium. 1710.
Adami RicHESfiHGii Linéamen-
ts Philoibphise Civilis eu m Difiertatione
de S. Rom. Imperii Regimento. r z. Offit,
yûm/t. ZuJrvic. Giidiijcbi, ÏS Wtidm«n-
v. 1711. Nis*
JATALOGUE. 1J9
k Chuistuni Weism R eâoris
jymnaiii Zitiavicnfis , recenfita 8c
Commentarioîo de Icripris cjul'dcniauc-
ta à S a m ut le Grosse» 0.8. Lipf*
mfitd GUiùtjihium i$ '.Ytidmannum, 1711.
Schediafma facrum quo Judaî Ifcariota
Cœnae Dominiez conviva , nihil mu-
tato Hiftorix Evangclicse filo , fifti-
tur , adjedla deciftone quxllionis ; an
Chnfiiano cum iis , quos indignos rc-
puut , cœnam celcbrare dominicain
; fàstit?Au<ftoreMAi< tino Wiiljn-
do. 4. Tubingd apttd Jmvi. Gwgtum
C°tt*m. 1710.
Supplemcnta Homiliarum J o * n n i s
Chrïsostomi Archiepifcopi Conf-
tantinopolirani ci codicibus MSS, BU
bliothecae Bodlejanœ , eruit , Latine
verrit , & notis illuftravit EricuS
Benzelius. 4. Uff*i. lypit Jeainiit
Htnriti Wnntrù 1708.
Sulimcii Seveki Hiiloria Sacra , u-
bi teïtus.collatione inftituta, cum an-
tiouiffimis Edttionibus, accuratè recen-
fetur , Se Obfervationibus Philologi-
cis , ad LinguK Laiinae accuratiorem
cogninonem , & antiquitatem Hifto-
riamque facram fpeétantibus atquc ad
tnudura Joannis Minellii lublfratis il-
ïuftraiur;adjeda cftViia Sulpicii, cum
Judicio de feriptis 8t Swlo \\Vva% , î«£.
eon Index f«um Si vciboiuva \gwî\"-
Ï4Ô CATALOGUE.
tiiïîmus. il. Lipfî* apud ClcditfchiMm &
Wt'àmarmum. 1711.
Thom/e Goodwini Mofes & Aaron
feu Civiles 6c Ecclefiatlici Ritus , illuf-
trati, ememlati & prœcipuis Themati-
bus au&i Studio Juan. Henrici Hot-
tingeri. Editio quze novum opus ha-
beri poiTu. 8. Franco/uni ad Alaenkm
apud Dsminkum à Sandc. 17 10.
Martini Schmdeii de CauGs fo-
ri Ec cleiiaiti ci Tradatus ex jure cora-
niuiii Civili Canonico, nec non confti-
tutionibus ac obfervanlia Ecclefiarum,
impiimis vero Evangelicarum deduc-
tus. 4. Guclpherbui jumlibui Gothvfrtdi
Fnyiag. 1710.
Christophori Schreiteri, Prr-
mx Liueœ Juris Civitis privaii & ea-
rundem dn^tu adornata dilpoiitio tex-
tuum qui iub iitulis de verborum iigni-
fkatione & Regulis Juris in jure Koma-
no & Canonico proilant. 4. Lipjit fum-
tîbm Lanckifianii. 17 10.
Joan. Fkiinû Emmenologia : in quafiinus
MuliebrisMenihui,PhiEnomena,Perio-
di , vjtîa cum medendi Methodo ad,
Rationes Mechanicas cïiguntur, 8. Hj-
Uwdarnixpud JonTmem HiJ'font. 171
Lit Avocats panrv comte U Dr.SachtvtnU-,
avec ptttftrun Piccri impenantei ccnctraiu»
Il proch de te Docteur, induit de i'
'iît. 8. A Amfterdaïti tWLÏVctt^V
. 1711
htVtllU;
nctraiu» 1
de l'An. I
O U R N A
DES
C A V A N S,
Pour le Mois de
M A R S.
i 7 i I.
*■
A AMSTERDAM.
:* Janssom à Waesi'i
AVIS.
ON tro
BS
rge les Lira fui vans:
Davidis in Ammonitas devitfîos mîrigata
crudelitas.ceufperiinenfinceritatisScrip-
turœ, Maforalhronomota, iriumphan-
tis c 3"na fervato , verbisque i Sara.
ïu.ïi 31. ablque prajudicio ver/îsad-
ferta. A Joh. Anijk. Dakzio. 4. jeu*
*$nd Feiicem BitUdutn. 17 10.
Jo. Phil. ab Hertodt Medicus
Euporillus duodecim Medicamenrorum
generalium fuprileflile è materia paffim
obvia infiruftus : additis nonnullis &
neceflariis ad Praxin Medicam Obferva-
tionibus. ia 8. ti«g& Ccxitum , afnd
GuilUlmum De J'oji , Biltippolam. 171t.
CommentatioDes quinque Rabbinorum
Rafchi, &c. quibus Cap.XLIX. Genef.
expofucrunt in Sermonem Latinutn
converfse. Studio Jo. Fhederic. Los-
CANI. 4.
Jo. GusTAViREiNBEcVdeRedemp-
tionc per Lyrroti ttadatio. 8.
Philip. Knipschildt , de Fidci-
comroiffis familiarum Nobiliuis. 4.
JLvdervs Mekcke Rcgia via ad I
rirtutem. 8: Juriîçtu&çïAiam «sûtaj^ I
dam. 4. '
•
JOURNAL
C A V A N S,
h
Pour le Mois de Mars M. DCCXI.
Dtfinft dit St'mlt Périt Mtcuftz, ât Plat»'
nijmc. A Paris , chez, le Coûte &
Montahnt , Quay des Acguftins , crè»
la tue Pavée , à !a Ville de Mont-
pellier. 1711. in 4. pp. 640. Tans y com-
prendre ]'Epître dedicatoire, laPréfa"
& la Table.
réfoce.
APbe's avoir rendu compte desdeus pre-
miers Livres de ce Traité dans le Mois
dernier pag. lyi. il nous refteà donner ici
l'Extrait des deux derniers.
III. Non -feulement les Pères de l'Eglife
n'ont point fuîvî h Philofopliie Platoni-
cienne , mais ils l'ont combattue. C'eit
ce que l'Auteur s'elt engagé de çumsiss.
dans fon 111. Livre ; voyons ô.e. i\u^fe.
•~t il s'en acquitte. La çicm\«c *»
rl44 JOUHNAL DES Sç'AVANS.
la plus criminelle de toutes les erreurs de
Platon attaquées par les Saints Pères, eft
fins contredit la pluralité des Dieux 6;
l'Idolâtrie i en quoi il elt d'autant moins
excufable , qu'ayant eu , comme on ne
peut en douter par Tes Ecrits, quelque con-
noiiTance du vrai Dieu, il en a reconnu
une infinité d'autres , ignorez des Payens
les plus fuperiUtieux , & qui t'ont paniede
fon SyHÊrnepb.ilolbphique. Le P. Baltits
entre ici dans un détail fort circonftaricié
de ce Po1ytlieï!'me,& de la manière dont S.
Juflin, Origene, Eufebe, Thcodoret, S.
Auguftin , & les autres Pères l'ont re-
futé. H foutîent qu'on ne peut escufer
Platon fur ce point , comme l'a voulu
taire un célèbre Traducteur, fans donner
un démenti à toute l'Antiquité facrée &
profane. Il fait voir cnfuite que l'en-
têtement de ce Philofophe pour la Divi-
nation , & l'opinion où il étoit qu'un des
moyens les plus efficaces de purifier les
amesde toutes leurs feuillures , étoit h
pratique de la Theurgie, ou le cuire des
Dieux inférieurs , n'ont pas peu contribué
à livrer fes feéiateurs aux fuperftitîons de
la Magie i motifs aufquels fe font jointes
dans la fuite, la jaloufie contre le Chrîftia-
nifme.&l'enviede faire des miracles, qu'ils
puffent lui oppofer. Ou trouve ici un dé-
nombremsTtl curieux & réjouiiîant de ces
prétendus miracles opeia pu \« ïteani-
■
u * * i nu.
cicns poflcrieurs au Chrfliianilme , &c i»p-
poitei fort fcticufement par eux-mêmes.
De 1» l'Auteur paffe à la doctrine de
Platon touchant la nature de l'Ame, corn-
pofée (ielon ce Philofophe ) de deux par-
ties, l'une fpîrituelle , l'autre corporelle;
& iujette à cette révolution appelle: Mi-
tempfychaff. On produit ici des pafTagcs
des Pères, entre autres de Theodoret , de
S. Itenéc , & de S. ChtyMome , où
cette erreur eft fortement réfutée , ainfi
que tous les adoucilTemcns & toutes les
interprétations favorables que quelque*
nouveaux Platoniciens y ont voulu don-
ner. On combat de plus l'explication de
cette Métemptychofe imaginée par un
feavant Interprète moderne , Se l'on s'ef-
force de prouver que cette explication eft
oppolée au fentiment de tous les Payens
en général , 8c des Platoniciens en parti-
culier, mais fur-tout (dit-on) à celui des
Pères de l'Eglife. Ces Pères (continue-
t-on ) n'ont pas traité plus favorablement
les fentimens de Platon lui le retour des
âmes du Ciel en terre, ci fur leur préten-
due réniinifeence.
L/Auieur vient enfuite aux erreurs de
ce Plûlo'opnc concernant h Phyfique. II
l'accule, après les Pères , d'avoir fait la
matière éternelle , & dé l'avoir regardée
comme Y origine du mal ; 8c "il téçoni ^l
ce qu'illcguc pour Ja détente de ïliww
L 3 V»
"
34* JOURNAt DES SçAVANÎ.
fur ce point, !e même Interprète dont on
a parlé. 11 examine après cela l'opinion
de ce Phjlofophe fur la nature des Idées:
opinion qu'il avoue n'avoir pis été en-
tièrement rejettée par Eufebe ni pat S.
Auguflin ; mais que la plupart des autres
Pcres ont combattue , en y donnant le
fens d'Ariftote. A l'égard de l'éternité du
Monde . quoi qu'il foir douteux que Pla-
ton l'ait enfeignée, il n'eft que ttop cer-
tain (dit l'Auteur) que les Platoniciens
l'ont foutenuë, fur quoi ils ont été réfu-
te! par les Saints Pcres, auilï-bien que ftir
les fables ridicules qu'ils debitoient tou-
chant les différens corps que l'Ame prenoit,
félon les diffërens élemens où elle fe ttou-
voit.8; touchant le retour perpétuel des mê-
mes perfonnes & des mêmes éveneraens.
Le P. Battus ne nous donne pas une
idéepIusavantageufedeUMorale de Platon,
que de fa Phyfique, & de fa Théologie)
il en parcourt les cireurs , en fe fervant
pour cela de l'organe des Percs , qui le»
ont combattues , & particulièrement de
Theodoret. 11 s'étonne après cela des
éloges donnei à cette Morale parle Iça-
vant Traducteur qu'il a cité déjà plufieurs
fois , & il allègue fur cela les caufes de
fon étonnement. 11 a _ peine fur-tout à
comprendre fur quel fondement cet In-
terprêre a voulu juftmei \t B«v\uet de
"ùron, & cela conttete '^emew. ^»
uS
M .\ * s 1711
t potié S. Cyrille & Théodore!. U tl_
nvient pas que Platon ait connu la ver-
tu d'humilité , quoi qu'en dife le même
Traduûeur; il montre, au contraire, que
dans les Livres de ce Philolbphe on ne
trouve que des leçons d'orgueil S: de n-
nité; que l'ironie de Socrate n'étoit qu'un
■rgiieil diffimulé j que l'homme humble
c Platon , appelle twHfb , h'a en tout
11 plus ( félon Origetie) qu« l'extérieur de
humilité; en un mot qu£ Platon n'a pas
u les premières mutions de cette vertu,
ni ne font dues qu'à Jefus-Chrilt.
Quant aux bonnes cliofes qu'a dites ce
'hilofophe,ik à Tes fenrimens les plus rai-
mnables, & qui ^éloignent le moins du
'hrîfrîanifme , les Saints Pères ont été
radez (dit 'le P. Battus) qu'il les avoir
z des Livres Sacrez. Mais ils l'accu-
tnt en même tempsd'avoir corrompu par
fes erreurs ces veritez dérobées, Et de l'a-
voir fait en partie par la crainte de paraî-
tre s'écarter trop des opinions reçûei; en
partie par ignorance , ayant pris de ira-
vers ce qu'il avoit lu, ou ce qu'on lui
avoit dit; en partie pat vanité , pour dc-
guiier fes larcins. C'efl ce qu'on appuyé
ici des témoignage* de Clément Alexan-
drin, d'Origuie,deS.Ju!!in,deTeitullreu,
deTatien , de Min uti us Félix, d'£ufebe,dé
Theodoret, & de fair.t Cvulte, 4e&£it\s,
ou rapporte iia morceauxcoîitici^w.
L *, Ubac
i4> JOUENAIBEïSçATANÎ.
L'Auteur s'applique enfuite à nous ex-^
pofer ce que les Pères oni penfé de Platon
& de fa Philoibphie , par rapport nux ef-
fets qu'elle a produits. Ces Pères foutien-
nent que Platon ne mérite pas d'être com-
paré au dernier de tous les Chrétiens; que
fa Pliilofophie eft abfolument inutile, puif-
qu'elle n'a pu perfuader perfonne; au lieu
que la Croii de J. C. a perfuadé toute la
terre des veritez les plus importantes; que
jamais aucune ville ne s'eft gouvernée ie-
Jon les loixdePlaton.au lieu que les Apô-
tres ont fait obferver celles de J. C. par
toute la terre; que Platon n'a pu perfuader
fon dogme de l'immortalité de l'Ame à
fon Difciple Ariftote , pendant que les
Apôtres ont convaincu de cette veritêtous
les peuples. Les raifons qu'apportent les
Pères du peu de fruit qu'a fait cette Phi-
lofophie, ne font pas honneur à Platon.
„ C'étoit un homme (difent-ils) qtuo'a-
, voit en tête que la vanité , & qui ne
, cherche» pas à dire des chofes utiles,
, mais feulement à faire parade de fon
, éloquence. De là ce verbiage , cette en-
, nuyeufe prolixité, & cette oblcurité que
, l'on trouve dans fes Ouvrages , & qui
, les rendroit inutiles , quand même ils
,, coniiendroient quelque cliofe d'utile.,,
Pour ce qui concerne l'éloquence de PU-
ton , c'eiï un mérite dont les Pères de
l'£$liic tombent d'accord (,ûù ïtwuv '
co n fi d érables,
V. Il ne refte plus au P. Baltus qu'à,
itniner 1« divers prétextes fur lefquelî
on a voulu établir le prétendu Platonifme
des Saints Pères, & à montrer la foiblefle
de ces mêmes prétextes ; & cert-ce qu'il
exécute dans le dernier Livre de cet Ou-
vrage. Il réduit à quatre points principaux
« qui regarde l'origine & le progrès de ce
fen liment.
Le premier eft k préjugé où font la plu-
part des Sçavans, qui croyent qu'ii en a
été de la Philofophie de Platon dans les
premiers ilecles de l'Eglife , comme de
celle d'Ariftotc d^ns les derniers. L'Au-
leur fans s'arrêter à la réfutation de ce
Ëejugé, qu'il a lumTamment détruit dans
! Livres prec'cdens , aufyuds tt tn«o^
ï&t.
ICO JOURN»L DES SçAVÂtfS.
pjffe au fécond prétexte , qui elt f
fur les louanges données à Platon & à fa
Fhilofophie par les Pères. Ceux de ces
Pères qu'on prétend s'être le plus Cgnalei
en ce genre, font CLment Alexandrin,
faint Juitin , Se faint Augutlin. M. U
Clerc elt un de ceux qui infiltent le plus
fur ces prétendues loiianges , & qui en
concluent avec le plus de confiance le
Platonifme des Saints Pères; Scc'eft aulîi
M. le Clerc que l'Auteur combat avec le
plus de foin dans tout ce quatrième Li-
vre. Pour commencer par Clément d'A-
lexandrie , qui (félon M. le Cltrc) loue
Platon jufqu'a lui attribuer quelque chofe
de prophétique , le Père Balrus fait voir
que cette fuppolition n'eft établie que for
on paffage de cet Ecrivain , où on lit
prophétiquement au lieu de po'àùqurnuni , qui
eit la véritable leçon, comme ilparoîtpar
Eufebe, qui cite ainli ce pafTage ; & que
Clément bien loin de prendre Platon pour
une efpece de Prophète, l'a toujours re-
gardé comme unPlagiaire& un corrupteut
des Prophètes. L'Auteur jultifie le même
Père fur l'idée que nous en veut donner
M. te clerc, comme ayant t'ait profeflîoa
de trois différentes feei.es de la Fhilofophie
payenne, & comme en ayant adopte dî-
Terfes erreurs, entre autres, l'éternité de
h matière ; oc il montre que le Theolo-
S'en .Proteilant abufe. éttMiepmssx iwçit
•aïs*
ts qu'il employé pour autotifér un îera-
blable paradoxe- Les louanges donnée*
à Platon par faint Julu'ii , ne font pasplu*
concluantes (félon l'Auteur) pour Je Pla-
tonifme de ce Père-, & les partages qu'en
allègue M, te Clere ne prouvent point que
Ciirii Juftin ait accordai Socrate ou à Pla-
ton d'antres privilèges que ceux qu'il ac-
corde également aux autres Philofophesâc
aux Poètes mêmes. Quant à faint Au-
guflin (continue le Pcre B.thus ) s'il pa-
roi: en quelques endroits plus favorable à
Plaron que les autres Pères plui anciens,
c'eil que de fon temps le Paganilme étant
prévue anéanti , ces éloges ne tiroient
plus fi fort à conféqucncc par rapport an
Chriflianiunc : quoi qu'a vrai dire , ces
louanges que faint Augullin donne à Pla-
ton ne foient deilinces qu'à raonirer que
ce Père a eu raifon de choilir les Platoni-
ciens entre tous les autres , pour rcfiiter
leurs erreurs. Que fi faint Augullin trou-
va dans les Livres des nouveaux Platoni-
ciens tout le commence ment de l'Evangile
de faint Jean , ceit que ces Philofophci le
1 croient approprié, ainlî que pluiieurs au-
tres dogmes qu'ils avoient emprunta du
Chriilianiiine. On lit ici de longs pafla-
ges tirez des Conieflions de faint Auguf-
tin par lefquels on peut connoïire les vé-
ritables feniimens pour les Platoniciens,
& combien peu il leur àçtcîatt \wa
L 6 "i«-.
*SS JoUHN Al DES S ÇA VAN S.
l'explication des veritei Chrétiennes,
Le troifiéme prétexte qu'on a pris pour
fuppofer le Platonifme aux Saints Pères ,
vient de la conduite de quelques fameux
Auteurs, qui fe trouvant embarraffez de
quelques expreffions particulières des mê-
mes Pères touchant le myftere de h Tri-
nité, en ont rejette la faute fur la Philo-
fophie de Platon, en fuppofant avec les
autres , que cette Pliilolbphie avoir été
celle de toute l'antiquité Chrétienne. De
ce nombre ont été l'Auteur de Yorigtoiam,
& le fçavant P. Pttan : Bc c"efr à leur
répondre que s'occupe le P. Baltus , dans
les Chapitres IX. & X. I! ne peut accor-
der au dernier de ces Ecrivains , qu'il fe
trouve des expreffions Platoniciennes dans
les partages des Pères de l'Eglife que cite
ce fameux Auteur.
On vient enfin à la réfutation du para-
doxe impie, avancé par les Socinîens.Que
les Pères del'Eglife ne nous ont débité fur
le Myflere de la Trinité que les idées de
Platon; & que ce Myftere même, le fon-
dement de nôtre Religion, n'eil qu'un Pla-
tonifme greffier. „ C'eft ( dit le P. Bal-
„ tus) ce que prétend tout ouvertement
„ l'Auteur de l'impie & extravagant Ou-
„ vrage, qui porte pout titte , Li Plat*-
„ nijme dévoilé. M. le Clerc va au même
„ but que ce Socïnien déclaré , mais d'une
. minière plus cachsç & ç\us adroite.
M a s I 1711. ij3
;, Celui-là, eft un furieux , qui confond
„ tout , fuppofe tout, & ne prouve rien,
„ ou qui ne donne pour preuves que des
,, empottemens Se des injures groffieres
„ contre les Saints Pères, Celui-ci eft
„ plus modéré en apparence; il fe cache,
„ il fe déguife , Bc ne marche que par
„ des voyes détournées. Il tâche de prou-
„ ver, ou au moins de tendre vrai-fei
„ blable ce qu'il avance , ou plutôt
„ qu'il infinuë. Pour cet effet il prodi
„ des paffages des Saints Pères, qu'il tour-
,, ne & qu'il interprète d'une manierequi
„ pourroit alfuiément tromper des gens
„ peu attentifs. Ceft ce qui m'a obligé
f, de le préférer par-tout à fon ami, dont
,, VOuvrage confus, groffier Se emporté,
„ ne fera jamais beaucoup de tott à la Re-
,, ligion.,.
L'Auteur donne à M. U ctm des mar-
ques certaines de cette préférence , puif-
qu'ilne s'a dreffe qu'à lui dans tout le relie
du volume. Les endroits où M. U Clerc
établit fon Syflêrne fur le Platonifroe de
J. C. des Apôtres 5c des faints Pères, font
le X. Tome de fa Eibliotheyut univtrfelti,
page 401, & la VII. de fes Le/ires Criti-
3«<ji& c*e(lau(noiil'attaque!e P. Baltus.
Ce Père rapporte d'abord les paffages de
Platon , où fon Ad ver foire a crû voir k
Vnbt 8î le S. Efprlt. A la fuite de ces
paffages viennent ceux des Pères qui fer-
L 7 iw\
2(4 JOURNAI DElSÇAVANS.
vent de fondement à M. le Clerc pour a-
vancerque ces Fercs ont crû qu'il n'y a-
voit nulle différence entre le lent i ment de
Platon & celui des Apôtres fur la Trinité".
L'Auteur s'efforce de faire voir que roui
ces palfages alléguez font ou corrompus,
ou tronque?. , ou mal expliquez par M.
le Clerc : Que dans un paifage de TertuI-
. lien , par exemple , il en fupprime une
partie, pat laquelle on voit roani tellement
Sue Tertullien n'y parle que de Zenon ,
e Cleanthe, & des Stoïciens , & nulle-
ment de Platon , ni des Platoniciens : Que
M. UCittc ne peut trouverde relfemblan-
ce entie- les femimens de Platon & ceux
des Chrétiens fur la Trinité, qu'en attri-
buant à Platon les idées de Plotin , de
Porphyre, fk des autres Platoniciens nou-
veaux, que les Saints Pères ont eonvain-
cusd'avojr pris phiueurschofesde laTheo-
logie des Chré:iens ,& qu'ils traitent d'ad-
mirateurs & de corrupteurs des faims M-
vangiles. Nous paffons , pour abréger,
par deffus h plupart de ces pacages et»
minez par le P. Uahus , qui conclut cette
diftnllîon en ces termes. „ On voit que
„ malgré h mauvaile foi avec laquelle
„ M. le C/irt cite ces palTages; malgré tous
„ les artifices 8c les fubtilitez captieufes
„ qu'il employé pour en détourner le ve-
„ ritabfe fer.s ; il n'y en a aucun qui
§, prouve ce qu'il piitcai, m ûvâ ^viyffe
M r. n s 1111. *ff
même arrêter un feu! moment un Lec-
teur attentif. On voit que tous cm
, paffages ne contiennent que des cita-
. tions ou de lîmples exportions que
font les Saints Pères de quelques paro-
les & de quelques fentimens de Platon,
comme des autres Philofophes Payens
& des Poètes même! , pour montrer
qu'ils ont eu quelque connoi (Tance, quoi
que t ici- imparfaite & mêlée de quan-
tité d'erreurs , des vérité/, contenues
dans les divines Ecritures, &c.„
L'Auteur ne fait pas meilleur quartier
à M. U Clerc fur les paflàget produits par
celui ci dans fa VII. Lettre Critique : 8e
t'entreprend, outre cela, fur ceirepropo-
iition , Que Platon n'a r:en emprunté dis
Livra Sainti : C'eft de quoi ne convient
pas le P. Balrus, qui employé à prouver
le contraire les trois derniers Chapitres de
fon Ouvrage. I! s'appuye pour cela du
confentement unanime des Pères de l'E-
glife fur les larcins de Platon en ce genre ;
intiment confirmé par plusieurs anciens
Auteurs Juifs &: Payens ; & il refure les
conjectures par lefijuelles M. U Cltre tâche
d'affoiblir ces témoignages.
Emmenologia , in qua fluxus mtiliebris
menttruiphxnomena.periodi.'mi» tutti
medendi mcifcodo, ad rationei metffti-
jwcm ciiguntur. Auftore Joh. f«i»»i
•J-ami
lj6 JOURKAf&EÎ SÇATANS.
M. S. JEd. Chrifti Alumn. vmwu
C Lugduni Eaiavorum , apud Joannim
Hofhout £S* Coenradum Whhoff. 17.11,
C'eft-à-dîre : L'Emmenologit , où l'on
txplïtjut, filon tes ioix dt la tnécbanique,
l'évacuation périodique , particulier* au
fixi. Par Jean Freind. A Rotterdam
& à Leiden , chez Jean Hofhout Se
Conrad Wishoff. 17"- vol. in 1 1. pp.
zro. Se trouve à Amlkrdam chez les
Waesberge.
TE iujet dont il s'agît dans ce Livre, a
long-temps exercé les Médecins ; 8î
on peut dire que la variété de leurs fenti-
mens fur celte matière , n'a rien offert
jufqu'ict de plus probable que ce que nous
•xpofe M. Fteînd. Les uns veulent que
'évacuation périodique dont il eit. qnef-
ion , ait pour caufit la Lune ; les autres,
un ferment répandu dans le fang ; les au-
tres, la pléthore ou la furabondance des
ucs. De ces trois fentimens M. Freind
mbraffe le dernier , après avoir fçavarn-
jnent refuté les deux autres. L'évacua-
tion dont il s'agit vient donc, félon nôtre
Auteur , d'une furabondance de fucs , que
dans l'Ecole on nomme ordinairement plé-
thore. Cette opinion eit celle de G al i en,
lequel s'explique ainli-dans le Livre de la
faignée. Le/exe cjl [ujet à mener uni '
JideBt*ite , du moini il n'*Jl{M«wi
■n» rit
Mars 1711. l!T
t grandi travaux C7 de grands ixerieti;
manière A t>« f/ï AM/Î que Ut femme 1
fient beaucoup d'bumturi ) e'tfl pourquoi
a fallu iihi la Nature ait trouvé un |(W
<fc À (ette plénitude , par une évaluation rf
'ie v périodique. Voila le fentimenr de
aiien; mais ce fentiment.qui a été' fuivi
. ir plulîeurs autres Auteurs , n'a pas été
êclairci. M. Freind le met dans Ton jour,
& pour ainfi dire, fc le rend propre , par
la manière dont il l'explique. Il tait voir,
1. D'où vient dans le fexe cette pléthore,
qui en certains temps reglei ne manque
point d'être fuivie d'une évacuation. 1.
Pourquoi cette évacuation fc fait par Ici
vailTeaux de Xuterui. 3. Pourquoi elle eft
périodique Nous allons expofer le plus
fuccinctement qu'il nous fera pofubte ce
qu'il dit fur ces trois articles.
Quant au premier, il remarque que les
femmes ont le corps plus délicat & plus
humide, les battemens du cœur 8î des ar-
tères plus faibles , comme on le voit par
leur pouls ; les fibres des organes moins
fortes & moins tendues, d'où il conclud
que le fang eft pouffé du centre à la cir-
conférence avec moins d'action , que par
conféquenr tes fecretions font moins par-
' ites , & la tranfpiration moins entière.
e principe pofé , iî tire une autre con-
ruence, qui eft que les femmes doivtWL
mulerplus de fucs , & abonÀtt ç\m&
«a
: qui
e dê-
F258 JotJRNAL DES SÇAVAM
en fang : Or c'efl cette furabondance
fait que la nature accablée tente à fe
gager en certains temps. M. Freind, pour
confirmer l'on Terminent , rapporte l'exem-
ple des femmes qui travaillent à de rudes
travaux, ou de celles qui font nées avec
un tempérament fort & robufte, lefquel-
les font appellees pour cette raifon w'm-
giiui, car elles ibr.t peu fujettes à ces éva-
cuations, ce qui ne peut venir que de ce
qu'elles tranfpirent davantage. Nous ve-
nons de remarquer que, félon nôtre Au-
teur, les corps qui fontd'un tempérament
humide tranfpirent moins. Comme cetii
propofîtion peut paraître extinordinatre à
ceux qui n'ont pas une eonnoilfance fuffi-
fante de l'ccconomie du corps humain,
M. Freind l'appuyé fur les OLiervations
déjà Médecine. Statique, & fur le témoi-
gnage du feavant Saneloriu?.
Au regard du fécond point , fçavoîr,
pourquoi cette évacuation prend pkïtôt
fon chemin par les vailfeaux de l'uterui,
I notre Auteur fait voir par la ftruflare de
l'utérus, qu'il eft difficile que la chofe foit
autrement. Il remarque fur-tout, que le
tronc de l'aorte defeendante a plus de
diamètre dans les femmes que dans les
hommes : or comme ce tronc fournit le
fang à J'uterus , il eft aïfé de juger qu'il
y en doit fournir une plus tyindc quao
iié que s'il avoir, moins àçlafcWi
M » a s 1711- as»
rameaux capillaires qui forten»
jnc defccndant , font en plusgrand
i dans les femmes que dans les hom-
ce qui doit donner une nouvelle la*
au fang à fe porter à cette partie;
«is encore, que les veines autquel-
i rameaux fe joignent dan] l'utérus ,
point de valvules, & que par con-
it pour peu que ces veines foient
rimées, le fang peut refluer, Se se-,
r aifément.
ir ce qui eft du troifie'tne article qui
rne le retour périodique de l'evacua-
voici en fubilance l'explication que
donne là-deflus M. Freind. 11 eft
nt que la tranfpiration cil moindre
es femmes que dans les hommes,
i a donné des preuves incontefta*
Si cette tranfpiration eft moindre,'
loit faire tous les jours une augmen-
infenfible dans la m a fie du fang.
augmentation , à la fupputer fut
uatiori périodique , qui ne va £uo
L'à vingt onces , ne peut être envi-
e de la trentième partie de la nout-
que l'on prend : or fuppofons que
ourriture aille à deux Livres pat
ce fera au bout du mois environ
vre; de fang qui auront été rete-
& dont le iurcroît aura i\i &<&•
ur faire violence aijx irnSfi»».'
oWjger à s'ouvrir ; a,u \wu ^Sw**
1
ifio Journal desSçàvans.
paravant, le poids n'étant pas fi gtand ne
îhffilbir pas pour vaincre !a refiftance des
vaiiTeaux. On voit donc par là pourquoi
cette évacuation recommence auboutd'un
îemps réglé. C'eft qu'alors la replerion ,
ou pour parler félon l'Ecole , la pléthore
eft. à un point où les vaifieaux ne la peu-
vent plus fupporter. Il en eft de cela
comme d'une balance en équilibre , où un
grain de plus fuffit pour la faire pencher.
M. Freind donne à rout cela un jour qui
ne laine rien à délirer; Si nous rapporte-
rions fes réflexions, fi nous le pouvions
faire fans nous engager à copier fon Li-
vre, qui eft fi concis & fi exempt de tou-
te fuperfluité, qu'il n'eft prefquc paspoffi-
fele d'en rien détacher. Cet Auteur non
content des explications que nous venons
de toucher , répond aux principales ob-
jections qu'on peut l'aire contre fon opi-
nion. Il rend enfuite raifon de tous les
phénomènes qui précèdent , qui accom-
pagnent, & qui fuivent l'évacuation dont
il parle. Il defeend dans ledétaildes fymp-
tomes qui arrivent lorfque cetie évacua-
tion eft ou ralentie , ou fupprimée, ou
cxceflîve. Il enfeigne les meilleurs remè-
des qui conviennent dans ces occalions;
& il explique en véritable Fhyfiden de
quelle manière ces remèdes agilfenr. En i
an mot, on peut dire t\ûî « Livrecom- I
prend tous les éc.Uirc.ifcm.Wi'â e^w v^
ExpUaiûs» Hifloti^nc dis Tablit ,
découvre leur erigîne , & Itttr ctmfarmi
mvK l'HiJIcire tmtiintie , çr cù l'on rappar-
ie lt> Epoques des Héros , & des frittti-
paux événement dont il tjt fait memim.
Par A3, VAbbéB. A Paris, chez Fran-
çois le Breton , au bour du Pont-Neuf",
proche li rue Guenegaud , à l'Aigle
d'Or. I?n. deuxTom. in n.Tom.I.
pagg. 410. Tom. II. pagg. 440.
QNa toujours regardé les Fables com-
me des Hélions ïngénieufes qui ca-
chaient bien des veriteij mais l'envie de
tout ramener à la Morale a fait Couvent
appliquer aux mœurs ce qui n'y avoit nul
rapporr. L'Auteur du Livre dont nous
allons rendre compte , fe plaint agréable-
ment de cette liberté. I! remarque que
chacun a crû découvrir dans l'explication
des Fables ce que fon génie particulier &
le plan de fes études , le portoient a y
chercher. ,, Le Phyfiden , dit-il, y a
„ apperçû les myfteres de ta Nature; le
1 „ Politique, les raffinemens de lafageflèi
l u le Philofophe, la Morale la plus pure;
le Chymiile, les fecrets les plus imço\-
Uns de fon art; enfin chacun a. tegM&è
la Fible cornais un pais de con^èT.-; ,-
::i;
i6i Journal ues Sçavans.
„ où il a crû avoir droit de faire des ii-
„ ruptions conformes à les intérêts,,, L'Au-
ieur penfe différemment fur cette ma-
dère. Il croit que la Fable renferme les
principaux évenemens de l'Hiftoùe an-
cienne ; que ces évenemens confervei
d'abord par le feu! fecours de h tradition,
ont parlé dans les chantons des premiers
Poètes , qui fuivant la licence de leur
art, les ont défigurez, pour les embellir;
& que les Poètes qui font venus après,
par une prévention favorable pour ceux
qui les précedoient , fe font imagine que
les Sciences les plus fublimes étoient ca-
chées fous ces myfteres.
Pour évitet ce défaut, on s'attache ici
à concilier la Fable avec l'Hiitoire , & à
démêler la vérité dans un amas de action',
où fouvent elle fe perd. Le fecours des
Langues anciennes paroit d'abord necef-
faire au fuccès de cette entreprife , c'eft
ce qui donne lieu à l'Auteur [de craindre
que fi à l'exemple de ceux qui ont luivi
les mêmes routes, il ne fait entrer l'Hé-
breu & le Syriaque dans les preuves de
fan Syftême, les Sçavans n'en raflent peu
de cas. Mais il appréhende suffi qu'en
le faifant paroître avec ce bizarre cortège,
H plupart des Leéteurs n'en foïent rebu-
tez. „ Peu de gens , dit-il , font capa-
„ blés de lire des Livres hériffez de Grec
», & d'Hébreu ; U bisMiiHc feule des c
: des a>
■*
M * r s i-jit.
.es ki effraye. On regarde
ies comme des mines fou ri
.ùs où les pierreries font fi diffia
louver, qg'on aime mieux S'en j
que de Te donner Ij peine de les c
, tirer, quoi qu'on foit ravi de les
„ développées Se mile; en iciivre.,,
pour s'accommoder att goût du f
nombre , l' Auteur .1 crû devoir pr<
une application fimple 8c aifée à
l'attirail d'une érudition Mueufe,
prétend pas néanmoins être cru fur (
rôle > il a cité les Auteurs, & a r.ip
aux marges leurs partages , pour m
les Curieux en état d'approfondir h
titre > & de vérifier les citations.
Mais comme la Fable eft d'une t
générale , qu'elle facilite la lectun
Poètes, & qu'elle fert de fondement
Pièces Dramatiques & aux Peinture:
a traité ce lùjct en forme de dialo
afin de le rendre plus interefTant 8î pri
milier dans l'ui'age ordinaire du rnond
Tout l'Ouvrage elt divifé eu vingt
(retiens. L'objet du premier eft de
voir que les FaMes "ne font pas de j
allégories , Se qu'elles renferment l'Hil
ancienne. Le fécond 8> le troîfiém
diquent la fource des Fables, on et
la dïviûon , 6c on donne des règles
les expliquer. Dans le quatrième o
cherche l'origine de i'ldola,uie, ; &
, to«»**v ° „ fait VHïfo»16
"ide, K„„? "«»' """j™ V ait f°PP>'-
FlU"?MteVta f°dffeî ivaua»»'
I
que i* -" v. pu pen»"» -fi, dite del ni
toire»bcauc Y cft une
M k r s 1711; iSj
ne vous croyois pas Ci dévot, réplique la
Dame, je ne le fuis point tant que vous
penfez ; replîque-t-il , car je n'y ajoure
point de foi. Voulez-vous que je croye,
par exemple, que le beau Narcilîe, dont
je lis l'hjftoire , ait été changé eu fleurs?
La Dame comprit par là que c'étoient
les miracles des Metamorphofes ; mai»
continuant la converration , elle avoua
qu'elle n'étoit pas fi incrédule, & qu'il y
avoit peu d'apparence qu'Ovide eût ra-
mafle tant de prodiges , s'il n'y en avoit
eu aucun de vrai. Les démons , félon
elle , pouvoient y avoir eu beaucoup de
part ; & la choie ne paroirToit pas plus
difficile que de rendre des oracles, oud'or
perer des guiirifons extraordinaiies. L'ami
de l'Abbé dit en riant , que c'étoît peut-
être un jeu de la Naiure, & queceschan-
gemens fe faifoient alors comme le font
aujourd'hui ceux des vers à Ibye , méta-
morphosez en papillons. 11 fallut Tourner-
tre ces réflexions badines au fentiment de
M. l'Abbé , qui. décida que tout n'étoit
pas faux dans les Fables, mais qu'il nefal-
loit pas suffi prendre à la lettre tout le
fublime Si le merveilleux qui *'y rencon-
tre. 11 faut regarder, dit-il, le fond des
Fables L-omme quelque chofe de vrai 8c
d'hifïorique, Si croire que tous \es ouit-
mens fonr hux. Mais comment àèveVv
per tout ceh ,' on prendra peut-ê«c ço\k
M \»
^B i65 Journal des Sçav*v s.
^H la vérité ce qui n'eft qu'une fiction , Se
^^Ê on traiter! de fable la feule cire on (lance
^^B qui renferme la vérité. A-t-on quelques
^H règles pour en faire un jufte difeernement?
^B II faut d'abord , continua l'Abbé, écarter
^B d'une Fable tout ce qui y paroît furna-
^Ê turel. De tous les combats , par exem-
H pic, dont parle Homère, ôiei-en d'abord
H les Dieux qu'il y mêle; donnez à ta pru-
■ dence 8t à la bonne conduite des Chefs
■ ce qu'il attribué' à Minerve ; à la valeur
■ d'Heéior, ce qu'il met fur le compte de
F las
I A-,
Mars;
■s que le haiard plutôt que Pal-
las fit rencontrer Ulyfle par Naulicaa fillç
d'Alcinoùs, & que le nuage myfterieux
dont la Déefle le couvrit , marquoit les
ténèbres de la nuit , à la faveur dciquel- i
les le Roi d'Ithaque entra fans être re-J
connu dans la Ville des Phéniciens. Ne|
croyei pas que Mercure conduifit Priant
à !a tente d'Achille ; mais dites que cd|
bon Roi étant parti la nuit pour aller reT
tirer le corps de fon fils des mains dJ
Grecs, trouva les fentinelles endormie^
ou qu'il déclara à ceux qui veilloient ,
fujet de fon voyage. Si vous voyez qui
ne Déelfe a enlevé un Héros du cap
bat , figurei-vous que c'eft une envclJ
qui nous cache fa fuite. Si les Po^
fous parlent de Geans dont la tete 1
cho/t les deux, mettez-vous dans l'J
qu'Us étoient plus monfttucM çwl
: l'Afrique & l'Efpagne , arrê-
ean , & qu'auflî-tôt la mer cn-
olencc dans les terres , & fit
olpïic, qu'on appelle la Medi-
vous pourrez croire que du
nelque Hercule (car il y en a
;) l'Océan enfonça deux mon-
foibles que Ses autres à l'aide
"un tremblement de terre , ou
le vent. Ce n'eft pas allez au
:ttre les Fables fur le pied des
relies ) il faut avoir recours aux
aui inscriptions, & aux autres
antiques; & lorfque tout cela
faut fejetter dans les étymo-
: chercher dans les anciennes
: dénouement de 1a plupart
Maïs avec tout cela ne rifque-
de faire de nouvelles Fables.
I
tes qui
iâ8 Journal des S ç & y
fautTes font de l'invention des Poètes ,__
font venus après. Quand Homère , par
exemple, nous dit qu'Eole avoit donné
les Vents à Ulyfle , enfermez dans une
peau , d'où Tes Compagnons .les laifferent
échaper, c'eft un liait d'Hiftoirc enveto-
pé , qui nous apprend que ce Prince a-
¥oit prédit à Ulyffe le vent qui devoit
ïbuffîer pendant quelques jouts , & qu'il
ne fit naufrage que pour n'avoir pas i'ui-
vi fes confeils. Mais quand Virgile nous
dit que le même Eole , à la prière de
Junon , excita cette terrible tempête qui
jetta la Flote d'Enée fur les côtes d'A-
frique, c'eft une pure fable , fondée fur
ce qu'Eole étoit regardé comme le Dieu
des Vents.
On trouve dans ie cours de l'Ouvrage
l'Explication de toutes les Fables des Me-
tamorphofes d'Ovide , rapprochée de
l'Hiltoire de ce temps-la. Et à la fin de
tout ce détail, l'Auteur fait dire à l'un
4e fes perfonnages : „ Je n'aurois ja-
„ mais crû qu'il y eût tant de rapport
„ entre la Fable Se l'Hiftoirej je les pre-
„ nois pour deux rivales qui n'étoienti».
„ mais d'accord , &j.e voi qu'il faut les
„ regardercommedeux fœuisquine fçau-
„ roient fe feparer , pourvu néanmoins
„ qu'on regarde l'Hiftoire comme une
„ Aile Jcginme , & la Fable comme le
4, fruit des dérèglement 4t ttro ^wt •. <ii
M a » s 1711. ifif
;, da moins l'aînée cft une beauté qui
„ plaît pat fes propres agrémens; & l'au-
,, tre, une coquette qui a recours à des
„ ornemens étrangers." En voilà allez
pour faite, connoîire le Syflême de l'Au-
teur, 8c l'ordre qu'ily a donné. Le Lec-
teur curieux jugera de l'exécution.
Joannis A vfnti ni Annalium Boia-
mm Libri VII. cum docWirnoium vi-
lor-um quibulcumque Editiunibus col-
lati , cmendatius auftiufiue ejtcufi,
tQuibus ejufdena Aventini Abacus , fi-
mul ac pertarus Fr ancisci Guit-
LiMkNNi de Helvetia , feu rébus
Helvetiorum Traçât us Lcctoris curiolï
commùdo acceflerunt , Prœfationeto
curante Nicoito Hiehonimo
Gundlingïo, J.U.D. Saeri Tri-
bunalis , quod in Ducatu eit Magde»
burgico , Conliliario Regio , Eloquen-
tîx , ac Antiquiutum in Fridenciana
Profeflore ordinario. Lipfu , /urupiibut
Jotmnît Frid^rici Braumi. 1710. C'eft-
a-dire i Lesftpt Livra dis Annales Ji
Bavitrc , par Jean Aventin. NouvHk
Edition mué txailcmmt fur les précédan-
tes, corrigée £5" augmenter. On y a joint
f ancienne manière d'exprimer Us nombres ,
futaie par le mime Avenu» , C un Tr*i-
tè fin rare touchant J'Hi/Ietre de Siùftt ,
/■" Eaaçoîa Gwllimann, L« toitt vm
M 3 t™»
170 Journal des Sçavanj.
primé par les foins de Nicolas Jérôme
Gundling, cf, A Leipfic , aux frais
de Jean Friderie Brann. 1710. in fol. pp.
800. fans y comprendre les Tables. Se
trouve à Amfterdam chez les Waes-
feerge.
f\N a crû jufqu'ici que la véritable é-
rudilion confiftoitprerque uniquement
dam une exacte connoiûance de l'Anti-
quité Grecque & Latine ; 8t qu'il n'y a-
voit que ceux que leur travail ou leur fa-
gacîté conduifoit à quelque découverte
en ce genre , qui puûent légitimement
prétendre au titre d'hommes de Lettres.
C'efl en vertu d'un tel préjugé que la
plupart des Sçavans , plus attentifs à fe
ftjre un nom, qu'à fcrvir utilement leurs
compatriotes , ont négligé de défricher
les monumens hiftoriques de leur propre
païs, pour fe livrer tout entiers à l'édair-
ciuement de quelque point concernant
l'Hiftoire & les Coutumes des Grecs 8c
des Romains. Delà, l'ignorance profon-
de où l'on eft encore aujourd'hui par rap-
port à l'origine & à l'ancienne Hiftoire
d'un grand nombre de ces peuples barba-
res, qui du débris de la puilTan'ce Greque
& Romaine , ont formé en Europe des
Etats I! conlîderables. M. Gundling Au-
teur de h Préface quifc lit à. la têie de
ce volume, fe déclare YattWaiïDX. umw«
qu on ne
W K *. I
ette prévention; & il foutient qu'oi
peut affezloiicr kzele de ceux qui fc font
appliquez à tirer de l'oubli les Antiquités
de leur patrie. C'cfi ce qu'Aventin s'eit
propofé de faire dans ces Annales , où
prenant l'Hilioire de Bavière dès fes cotn-
cemens. il l'a continuée jufqu'à l'an 1460,
Cet Ouvrage a mérité les éloges de divers
Sçavans, entre autres de Bctcltr , de K*.
chtt , & d'Eric Maurice. Celui-ci afîiire
3u'Aventiu l'a principalement cornpoS
es Extraits de plus de vingt Manulcrits
anciens, que l'on confervedans la Biblio-
thèque de Munich , & qui contiennent
une infinité de faits curieux touchant la
Bavière. Quelque bonne opinion qu'ait
M. Guadling de cet Hiftorien, il ne difli-
mule pas cependant les défauts d'ignoran-
ce & d'inexaditude que lui ont reprochez
plusieurs Critiques de diftinftion , tels que
CoMnj , Morhojf, Mtibom , Lambec , 8t
feu M. Baylt. Mais il prétend que ces
défauts ne doivent point entrer en corn*
paraifon avec ce qu'il y a d'excellent dan s
Aveniin.
On avoir déjà vu pluiieurs Editions de
cet Auteur. La première ett d'ingolltadt,
en 1554. i» /«'«, procurée parles foins
de ZitgUr : la féconde eft celle de Balle,
en lût s, augmentée par Cifntr-, & reïm.
primée à Francfort en 1617, in fol- Celte
âonr il eil ici que/tien l'empotte tat xqu-
M + \«
KS71 JOORNII DBS SÇATANS.
tes les autres, par le foin qu'on a pris de
la rendre conforme a l'original. C'eft-à-
dire , qu'on y a remis divers endroitsque
ZitgUr le premier Editeur avoit jugé i
propos de Supprimer , en faveur des Ec-
clelîailiques , à qui ces endroits croient
injurieux. On l'a revue outre cela fur
les Editions précédentes, & même fur la
Verfion Allemande qu'en avoit faite A-
ventin lui-même, & qu'il avoit enrichie
de quelques additions. De plus on y a
partagé les Livres en Chipitres, que l'on
a fubdivifez en frétions, & au commen-
cement defquels on a mis de petits fom-
maires. C'en tout ce que nous dirons
ici de ces Annales , qui font fuiiiïaminent
connues.
On trouve à la fin de ce volume Y va-
cienne manière de compter par lesdoigts,
de laquelle ont traité amplement le vé-
nérable Bidt & le Gyraldi. Comme il
eft difficile que le (impie Difcours rafle
bien comprendre cette manière de comp-
ter, Avemin nous la repréfente par plu-
fleurs figures gravées, qui expriment tous
les nombres depuis l'unité jufqu'à cent
mille. On nous apprend ici que c'eit d'a-
près les figures en bois qu'Aventin en pu-
blia dès l'année 1531, que Jim Bogird
en fit graver d'autres eu taille-douce à
Paris, J'an 1344: & l'on s'étonne que
(Sa/par Birth'mt , qui a çaùé, ai ttV.es
LtV.es-ci
Mars 1711. n}
dans fon Commentaire fur Claudien, n'ait
fait nulle mention de celles d'Aventin-
A l'égard de YHdveiii ou de la Suilfe
de Trunçaii Gm'Kimann , qu'on nous redon-
ne ici; elle avoit déjà paru à Fribourgen
1 59S, c< enfuite à Amiterno , en 1617.
Mail comme les exemplaires en fonr de-
venus très tares, & que c'ell un Ouvrage
à peu près du même genre que cduid'A-
Tentîn ; on a cru faire plaifir au Public de
les joindre enfembte dans cette nouvelle
Edition. Du refie , ce Guillimann cil le
premier (dit M. Gundiing) qui ait purgé
l'Hiiloire de SuifTe , des fables dont les
autres Hifloriens l'avoîent remplie , &
3ui ait éclairci avec le plus d'exactitude &
e difeernement les Antiquitei de ce païs-
là. tl éioit né en SuifTe; il profeiTa les
belles Lettres dans l'Univerfité de Fri-
bourg ; & joignit dans la fuite à fon titre
de ProfelTeur , ceux de Concilier Scd'Hif-
toriographe de l'Empereur Rodolphe II.
Quant a Jta» Aveniin, nousapprenons
par fa vie imprimée au commencement
ce ce volume, qu'il naquit en «446, danj
une ville de Ëavieie , appellée Abtvfptrg,
en Latîn Ahufina ou Avcmininra, C'eft
de là qu'il prit le furnora &' Avtmlnus , au
lieu de celui de Thurmairr qu'il portoit
auparavant : en quoi il s'accommoda vx
goût de fon fiede , où ces c1ftm«,««-'W
dcaoms croient ordinaires aux ï^tN'Mw.
M j KV»
174 Journal des Sçayans.
Après avoir fait fes études à Ingolfladt,
il vint à Paris, ou il prit le degré deMai-
tre-és-Arts , & profita des leçons de 3nr-
tfuis U Fivre d'Eftaplei & de joffi Clitchtt-
■vaij, qui fleuriflbient alors dans cette U-
niverfité. Revenu en Allemagne , il fit
quelque féjour à Ratisbonne , puis à
Vienne en Auftriche, où il enfeigna pen-
dant quelque temps la Rhétorique & îa
Poétique. Delà il pafia en Pologne l'an
U07, & profeiTa publiquement à Craco-
vie la Langue Greque. Rapellé enfuite
à Ingolftadr , lieu de fes premières étu-
des , il y donna des preuves de fa doc-
trine, en y expliquant le Songe. de Scipitm,
Se les Livres de la Rhéteri/jm à Hermnius.
Sa réputation le fit choifir pour être Pré-
cepteur des deux Princes de Bavière Lomt
& Ernefi ; & il accoir.pagna ce dernier
dans le Voyage d'Italie. Ce fut à fon
retour , qu'il fe mit à écrire les Annales
de Bavière; Ouvrage ou il fit entrer tous
les matériaux qu'il avoir ralTembleï pour
ce deûein, dans fes diftérens voyages; 6:
à la perfection duquel les deux Princes
fes éleyes contribuèrent de tout leur pou-
voir, en lui faifant communiquer les Ac-
tes publics Ec les autres titres qui pou voient
lui être de quelque utilité. 11 vécut dans
le célibat jufqu'à l'âge de 64 ans , qu'il
eut lafoiblelîe d'époufer une femme fans
biens, de mauvaife humeur, & qu'on a-
voit
M ax-s 1711.
roit introduite chez lui en qualité de kM
Tante. Les dégoûts d'un mariage fi mafl
afforti précipitèrent fa mort , qui arrivai
quatre ans après, à Ratisbonne , en l'an-1
née 1534. On nous donne à la lin de fa 1
Vie un Catalogue de fes Ouvrages , tant J
imprimez que manuferits,
Hifiorîa Augufta Imperatorum Romano-
rum a C. Julio Carfare ufque ad Jofephurr,
Imperatorem Auguftiffirnum , ex Jqao-
kis Pétri Lotichii Tetra Hichis
Mnemonicis, & Joannis Tac ou
Hofpmanni Tetrailichis, & ejuf-
dem in haec enarrationibus Hiftoricis.
Adduntur iingulorum Imperatorum effi-
gies sere fcalpto expreiTa; ex Nummis
ChriftinEe Suecorum Reginœ. Addita-
menta neceiTaria £i intégra omifforum
fupplementa adjecit Heniucus Chris-
iianus HtNNiNius. AmfieUdami ,apud
Stiphanum Régir , Petrttm Humbert , Pe-
trum di Coup . & Chiitslai» Fratns.
1710. C'eft-à-dire: Hiftùre dis Empereurs
Rsmaim depuis Jules Cifar jufqu'à Jofepb
à prefent régnant , campefee tu partie dis
Quatrains di Jean-Pierre Lotich £=T de
i Jean-Jacques Hoftnann , 1» partie des
explications bijhriquit de et dernier, tuf-
aueiles Henri Chrétien Hennin a joint
m fuplèmeni necefaires : Ouvrage
\des Portraits dt tout ces Empereurs, gra-
" M 6
-
X
lassée
-ffffli »"■ ..,«*.-'«
«K-.ÏSS&5
1
"> °J ROI»»1? ?»0»= M V»0°*
WiWei te..,n\ent eie.V,. o»ie\fs ,
i toi»
B?»'"d;icte^"'°
Mars 1711. i-jy
rai ; & c'eft dans cette vue qu'ils ont en*
trepris celle-ci , dont les explications font
Latines. Voici h méthode qu'on s'y eft
pre faite.
On a mis d'abord au bas du portrait de
chaque Empereur une infcription qui por-
te le nom du Prince, le lieu de fa naif-
fance, la durée de ion règne, les noms
des Papes contemporains , 8c l'annécîde
fa mort. Enfuite vient un Quatrain delà
façon de Jean-Pierre LoiUh Medicin Alle-
man de Francfort fur le Mein , dans le-
quel on trouve quelques-uns des principaux
traits qui caracleiifcm l'Empereur dont il
eft queftion. A ce premier' Quatrain en
fuccede un autre de 'Jean-Jaajuet Bofm*nB,
qui raffemble auffi quelques ciiconftances
particulières, fouvent différentes de celles
que contient le précèdent ; de forte que
l'un & l'autre joints enfemble , fervent à
rappeller les évenemens les plus confide-
rables de la vie du Prince auquel ils font
deftinez. Ces évenemens font enfuite dé-
taillei plus au long dans une explication
hiftorique du même Hofmann , laquelle
remplit ordinairement le bas de la page,
& une partie durevers. Cette explication
eft fuivie d'Obiérvations du même genre,
imprimées à deux colonnes en plus petit
caractère, & placées d'ordinaire dans le
icfte de la page qui forme \e icvets. C«i.
"*■ irvttions gui font de M, Hennin «hv-
M 7 w
Ï78 JOUILKAL DES SÇAYAHS.
nu par divers Ouvrages de Littérature,"
tiennent lieu de fuplèment à ce qui clr o-
mis dans l'explication hirtorique de Hof-
m*nn. Du relie, ces deux Auteurs , fur-
tout M. Httm'm, ne rapportent aucun tait
qu'ils ne juflifient par de bonnes citations.
Donnons maintenant une notice géné-
nle des Empereuts dont fe trouvent ici
les Portraits. On commence par ceux des
douze premiers Cefats , après lefquels fui-
vent les Portraits des autres Empereurs,
jufqu'à Momylle Auguftule, qui fait ici
le quatre vingt-quatorzième, & en îa per-
ibnne de qui finit l'Empire d'Occident.
La fiicceffion des Empereurs continué* par
ceux de Confiant inople, qui paroiffent ici
au nombre de vingt 8c un , c'eft- à-dite,
depuis Zenon jufqu'à Conftantin VI. &
Irène ï après lefquels vient Charlemagne
le Rcftaurateur de l'Empire en Occident,
fuivi de tous fes fuccefleurs jufqu'à l'Em-
pereur Jofeph aujourd'hui régnant , qui
eft ici le cinquantième depuis Charlema-
gne : Ce qui tait en tout une fuite, de
cent foixante-cinq Empereurs.
Celui de tous fur la vie duquel on pa-
roît s'être le plus arrêté, eft Frideric lit.
dont l'article occupe feul dix-huit pages. 1
Ce n'efr. point Frideric d'Auflriche, fuc- J
celTeur d'Albert II. 8c connu vulgairement I
fous le nom de Frïàenç Ul. Le long 1
tegw: de ce Priace , c^ui lui it y^ ma.
E,, -,
i remplit un arti-
C'cft un autre Fi ideric »
i 8c de Lunebourg , qui
Spofîtion de Wenceflas,
îlques jouis après fon '
)it bien qu'un règne
: peu de choies a dire;
le cet Empereur dont il
ent en cet endroit. M.
:ompofé l'Article entier
l'efforcé d'y prouver un
le , au fujet de l'Empe-
oi de Bohême. La plù-
is nous le reprefentent
le , un min/ln d'hamjne ,
a JUinn, tâcha, poltrm
Jiri croyoit perdues toi
il ne pouvoit emplov
pour n'Être point irrh
ifames débauches, paiTc
nits dans les forêts; plus
t , de faner la corde
t.furlttêie. C'eltd-
, Htnriïn, fe propofe de
forte l'apologie; ce qui
ï\) a difeuter ces deui
i. S'il eft vrai que Wen-
îuë n'avoir pas été un
, ait été auflj vicieus
: dépeindre : t. Si en
ix , foit Divines , foit
rout les Lo« Gwaxwiv-
S At DES SçhV^kî.
cjues, on a pu légitimement dépoter cet
Empereur.
A l'égard du premier point , l'Auteur
répond qu'il y a beaucoup d'apparence que
h haine du Clergé pour Wenceflas, fon-
dée fur la protection que celuici avoit
accordée à Jean H us , a eu la meilleure
part aux aceufations dont on l'a chargé.
Sur ce principe , il effaye de le juflifier
fur la plupart des crimes dont on l'accule,
8t qui ont principalement rapport aux
Eccleiîaftiques & aui Moine J.
Ces aceufations roulent, i. Sur ce qu'il
fit mourir le Moine Banhald Scbwartz,
inventeur de la poudre à canon, a. Sur
ce qu'à la chalTe ayant tué un Moine ca-
ché dans le bois, croyant que ce ffïtquel-
?ue bête fauve , il répondit à eeui qui
m firent connoîtrel fa méprife : §u'un
iAoini devais demeurer dans fia Cloître , fans
vtnir dans lei bah habiter î$ eanverfer âvei
Us blies, 3. Sur ce qu'il avoit enlevé ]«
.Reliques des Eglifes de Prague. 4. Sur
la pcrmirTion qu'il avoit donnée â Zifea
Chef des Huffites, de venger l'affront de
fa fœur fur le Clerc qui l'avoit dethono-
rée. j. Sur ce qu'il avoir mis au pillage
les Mens du Clergé, parce qu'à fon arri-
vée à Breflau, où il venoit exprès pour
accommoder un différent entre le Clergé
Se le Peuple", on n'avoit pas voulu re-
:ommencci pour \av \t ^tm« Divin.
si
M A *. « I
6. Sur ce qu'il avoir chafTé de h Boher
& dépouillé de leurs poiïelïiûns les Fret
Teutoniques , comme gens tout à fi
inutiles, y. Sur ce qu'il avoit à (a fuite
un chien qui au premier lignai fe jerioit
fur les palTans , que l'on bernoit enfuite
par ordre du Prince pour le réjouir- 8. Sur
ce qu'il fe faifoit accompagner du Bour-
reau, qu'il appelloit ÇonCempere, & dont
eflfeétivement il avoît tenu un enfant en
qualité de Parrain, y. Sur ce qu'étant
mal fatisfait de fon Cuifiniet , il avoir
commandé qu'on le mît à la broche. 10.
Sur ca qu'il fe vantoit d'ordinaire parmi
fes Courtifans , que s'il le trouvuit ja-
mais prefent au pillage des villes d'Italie,
il abandonneront tout le butin à les Sol-
dats, & ne fe referveroit que le vin, me-
naçant de tuer quiconque feroit tScz har-
di pour mettre le pied dans une èave,
&c. On lui a reproché outre cela, qu'il
avoit fouillé de fes eicremens les Fonts
Biptifinaas, & l'Autel lur lequel il étoit
aflîs lorfqu'on le couronna Roi de Bohc
me; on l'accufe de (tupidité, d'yvrogne-
rie , d'impudické , & de plufieurs autres
Vices.
M. Hennin tâche de l'eicufer fur la plu-
part de ces chefs , tantôt en les traitant
de calomnies monachales; tantôt en exté-
nuant les faits, ou en y donnant quelque
couleur; tantôt en les regatàint çVàxsit
l8l JOVHNAL SIS ScàVANÎ.
comme des fuites de l'yvrogneric , à la-
quelle il convient que cet Empereur s'a-
bandonnoit un peu trop volontiers, que
comme des effets de ion mauvais naturel;
tantôt en oppofant des témoignages d'Hif-
toiïcns non fufpects (félon lui) qui dé-
truifent ce que d'autres ont avancé au def-
avantage du Prince qu'il défend. Il ne
tombe nullement d'accord que Wenceflas
fut auffi ilupide qu'on le veut faire croircj
& iipiétcndque la manière dont il s'é-
chappa des deux priions où il fut renfermé,
& la rufe dont il fe lervit pour s'empâter
de la Citadelle de Wifcherad , démentent
la frupidiic qu'on lui attribue.
L'Auteur paife de là à l'examen de h
féconde queition , fçavoir fi Wenceflas a
pu être légitimement dépofé. Il parcourt
tous les griefs énoncez dans la Sentence
de dépoiition ; & après avoir répondu à
chacun de ces griefs en particulier, il fait
voir qu'une telle procédure e(l contre le
droit de la Nature, & contre le droit des
Gens j qu'elle viole les Loix Civiles, te!
Lois Divines, & celles de l'Empire Ger-
manique, lî s'appuye fur-tout cela de
l'autorité de plulieurs Jurifconfultes, tels
que Tbomaftui , Schurt^rijch , &c. & il
montre que la dépoiition des Empereuts
Charles le Gros, Adolphe de Naflàu, ëc i
Henri IV. qu'on allègue pour exemples,
ne peut autorifer ni mwAiwt \m îww «-
vas»!..
M A R * I7II. l83
trntat- C'eit fur quoi nous renvoyons le
Leéîeur à M, Hennin lui-même.
On trouve à 1» fin de ce volume un
petit Poème de 787 vers, compote par
M. HAmtlaw , 8: qui contient l'Hifloire
abrégée des Empereurs dont nous venons
de parler.
Maximes fur le Minifltre de la Chaire. Par
M*** P. D. L. O. A Paris , cheî. Da-
mien Bcugnté, dans la Grand' Salle du
Palais, au Pilier des Confultations, au
Lion d'Or. 1711. in n. pagg. 35*.
V"Oicr un Ouvrage qui «pore en a-
* bregé l'objet légitime d'un Prédica-
teur dans fes fondions , & les règles qu'il
y doit fuivre. „ On n'a pas prétendu,
„ dit l'Auteur, enchérir fur ceui qui ont
„ déjà donné des règles de cet important
„ Mîniftere ; on a voulu feulement les
„ refferrer, pour les rendre plus vives 8c
„ plus aifées à retenir.,, L'Ouvrage eft
dîvife en deux parties. La première iraite
en général du Prédicateur , 8c des talens
qui lui font neceffaires ; la féconde traite
du Sermon , & des parties qui le compo-
sent. Tout cela eft renfermé en plufieurs
Chapitres , 8t chaque Chapitre contient
diverfes maximes , qui forment ammtïM-
lîcles ïeparez. Nous allons en extraie "\
Çve/ytics-uaes, pour donner l'idée du. L.vj«.
■
284 Journal des S ça
Dans le premier Chapitre .
parlé de !a million du Prédicateur , l'Au-
teur remarque que fans cettevocation lous
les talens deviennent inutiles. „ Les ta-
„ lens, dit-il, mettent la million en œu-
„ vre, mais ils ne la donnent pas. Elle
ii a même, indépendamment d'eux, fou
„ autorité , fa force , fon oncliun ; ce
j, n'eft pas alfeique la lampe foit allumée,
„ il faut que le Maître la tire de délions
„ le boiiTeau. L'efprit de Dieu ne repofe
„ que fur ceux que Dieu envoyé.,, Quel-
ques pages après, l'Auteur montre que ce
n'efl ni l'inclination des Peuples, ni celle
du Prédicateur , ni l'apparence même
d'un grand fruit , qui doit déterminer à un
lieu plutôt qu'à un au;re, nuis la volonté
de Dieu , marquée par l'ordre des Supé-
rieurs. Il fe plaint qu'où fuit louvent d'au-
tres motifs. ,, Tel veut exercer foniele,
„ non pas oii il feroit mieux appliqué,
„ mais où il doit éclater davantage , oïl
„ il doit plus rapporter ; c'eft recevoir 1»
„ million de fon ambition , de fon ava-
» tice.,,
-Le fécond Chapitre traite des talens du
Prédicateur. Joindre à la capacité , à la
pieté, au zèle, de l'efprit , du bon fens»
une imagination vive , une mémoire fi-
delle, une aliumiice moJeite, la crefence
agréable, le gelle aifé, le fon de la voix
cet , une véhémence <\vù ««sba &-' qui
M a « s 1*711- x$i
Émeut, c'eftaflembler lestalensde la Chai-
re; mais le icle eft le premier raient , 8c
celui -qui met en œuvre ton S les autres.
,, Je trouve toujours du talent, dit J'Ao-
„ teur, dans celui qui me touche & qui
„ me convainc. Dès lors je neconfulte
,, plus l'approbation publique; je ne fuis
„ plus la foule; le fruit règle mon goùr.„
Il blâme en fui te dans les Prédicateurs une
trop grande affectation de plaire i mais il
ne blâme pas moins une exccflîve négli-
gence. „ Dire qu'on prêche à l'Apolio-
„ Ii'que , quand faute de génie ou de pré-
„ parationon parle pauvrement , c'eft
„ profaner une expreSion fainte, Scblaf-
„ phêmer ce qu'on ignore; que ces ne-
„ ghgens ayent les dons Apoftolîques, on
„ leur pardonnera leur grolïierete.,.
Pour cenfurer avec luccès les vices d'au-
trui, il ne faut pas être vicieux foi-même.
La réputation de vertu eft le plus infirmai
de tous les «tordes. D'un cœur deflecl
il ne fort que des paroles mortes. La
feule voix d'un homme qu'on croit faînt,
réveille des idées pieufes . & donne du
poids à Tes raifons : fon exemple a déjà
prouve «lue le bien eft pollible, 8c même
facile. L'Auteur n'aime pas la voye de
difcuflion ■ celle de l'exemple lui convient
mieux , & nul exemple n'eft plus presque
celui du Prédicateur même. U'extm^t
forme des idies du bien plus ûiftin6L« <^it
Î8 Journal des Sçat
le l'aime , 8c qu'elle voudroit le faire
aimer. Tel eft l'empreflemenr du Pré-
dicateur pour la Vérité; fi elle étoit dé-
goûtante , les cœurs lui Teroient fer-
„ me; ; il fe contente de l'orner, fans la
„ tarder.,,
La peroraifon qui eft la eondufion du
Sermon , fe trouve auffi a la fin de*
maximes -qu'on donne ici au Prédicateur,
L'Auteur obferve que rien ne doit être
plus ménagé ni plus étudié que cette fin,
parce qu'ordinairement les dernières ira-
prefiions reftent feules , & qu'elles effa-
cent toutes les autres.
Cornelii Adimi V. D.M.Damo-
nen'fis & Schol. Rect. Obfervationes
Theologïco-Philologicîe.quibiisplurima
S. Codicis.noviprœfertim Fcederis loca
ex moribus & ritibus diveifarum Gen-
tium îllufirantur. C'eit-à-dire : Oi-
ftrvuiens Theologiques £5* PhihUgiijUti ,
eu l'en explique pluftturs endroits de t'Eiri-
lure, & far -tout du Nouveau TtiUmtnt ,
far lei Comumet de divirfes Nations. Par
M. Adamt. A Groningue , chci Jeta
de Vctfen. 1710. in 4. pagg. 4S1.
\*R. Adami engagé à deux genres d'E-
tude qui paroiifent d'abord aiiéï op-
pofei, a trouvé le moyen de les reiinir,
en Jes dirigeant à une même fin. Les
Au-
s
M».
M » u * lin. t&>
■un profanes qu'il a tda , pout femet-
;n état d'initruire la jeuneile, lai ont
jné lieu de faire diverfes découverte»
tns l'Ecriture Jainte , à laquelle il t'ap-
plique en qualité de Miniilre. D'an »r~ "
côté, le Texte Sacré lui a fait faire
plufieurs endroits des principaux Autei
Grecs & Latins , des remarques qui
voient échapé à la plupart des Interprè-
tes- Ce que renferme ce volume n'clt
qu'un, échantillon de ces découvertes 8c
de cei remarques. Il eft partagé en cinq
Chapitres.
Le premier traite en généra! des cou-
tumes & des mœurs des Nations , par
rapport a ce qu'en dit l'Ecriture, &de la
neceffité de connoître ces coutumes 8c
ces mœurs, fi on veut avoir une intelli-
gence parfaite des Auteurs Sacrez. Dans
le fécond , M. Adami examine en par-
ticulier les mœurs des Perfes , & il tii
de tout ce qu'il trouve lâ-deffus, deque
éclaircir le Livre d'Elther. Sur ce qu'oi
y lit, Chap. i. $. n. qu'AiTuerus étant \
table avec tous les Princes de fa Cour.
& les Officiersde Tes Armées, il comman-
da a les Eunuques, de faire venir devant
lui la Reine Vallhi.pour fairevoir fa beau^
té \ tous fes peuples , & aux premières
perfonnes de la Cour i nôtre Auteur ob-
ierve que les Pet fan es étoient très-belles,
félon les Anciens, & que k* lU\ft« te
ioo Journal des Sçavanî.
Perte mangeaient avec les Rois. LaRe
étoit au fellin de Baîtaiïkr . décrit dans
Livre de Daniel ; la femme de Dar
ftnvoit ce Prince ; Afpafie necompagn
Cyrus dans fes expéditions, efl-ilcroyal
qu'elles mangealïent à part ? Mais
qui femble décider, c'elt le Difcours q
tinrent les Ambalïàdeurs de Darius à
myntas Roi de Macédoine. Ils le priert
de mettre du. feftin qu'il leur fît , fes fej
mes & fes enfans; ajoutant que c'étoir-
chez les Perfes la vraye marque de l'an
tié & de l'iiofpitalité. A l'égard des fer
mes qui n'avoient pas le titre de Reine
on ne peut pas douter qu'elles n'affilia Jîéi
aux feftins, Il y en a des exemples <
dans -flilien , & dans Quinte-Curce, du
par M. Adami. .
Les remarques du troifiéme Chapif
regardent l'Evangile de S. Matthieu. I:
devclopant les coutumes anciennes au
quelles on fait allulion dans la parabole d
fellin (Cb. xmj où il èlt dit , que :
Roi ayant apperçû un homme qui n'avo
pas !a robe nuptiale , le fit chafler ; t>
Adami fait voir non-feulement , que I
propreté des habits n'etoit pas indiffèrent
en ces occafions , mais auffi que l'o
comptoit les conviei, &que l'onexduo
ceux qui étoient de trop. On trouve il
quelques exemples qui prouvent qu'on ex
geoit quelquefois ce'.ttltis habits dans'lf
xilini. Nous rapporterons un de «> ex.
emples, qui cil tiré d'Athence. Alexan-
dre Rot de Syrie avoit permis à Diogcne
Pliilofophe Epicurien , de porter la robe
dcpourpre,& lui avoit fait prefent d'une
couronne d'or, ornée d'une figure qui re-
prefentoit I» Vertu. 11 fçut que Diogene
avoit donné fa couronne & fa robe a une
femme qu'il aimoit éperduément , appel-
lée Lyfiode. La chofe lui parut plaifan-
te, & ttès-propre à- fournir une Scène a-
greable. Il fit donc un feftin , où il in-
vita pJufîenrs perfonnes confid érables , Se
entre autres Diogene. Dès que celui-ci
parut, Alexandre lui dit de fe revêtir de
l'a robe de pourpre , Si de mettre fa cou-
ronne. L'ordre étoit embarrailant ; le
Fhilofophe interdit n'eut pas même le
temps de trouver une défaite. 11 vit en-
trer tout à coup au milieu d'une troupe
de Muficiennes Lyfiode elle-même, paré
de fa robe, & ayant en tête la couronne
& l'effigie de la Vertu. Tout le mon<f
devina ce qui s'etoit pafle, &on rit bca
coup aux dépens de l'Epicurien.
Le principal fujet du quatrième Chaj
tre eft le difeours que fit faint Paul ai
Athéniens , & qu'on lit au Chap. xvi
des Actes des Apôtres. L'Auteur a ri.
malle dans cet endroit de fon Ouvrageun
grand nombre de remarques fur !a ville
(l'Athènes, fur les mœurs, St fur la Rc-
N 1 Yisio'ù.
■ ça Journal ces Sçavans.
ligion des Athéniens. Il parle auflî dei
différentes feftes de Philofophes. Selon
lui , Epicure n'a jamais palTé pour fçavanrj
& Zenon avait emprunté des Juifs une
partie de fa doétrine, M. Adami entre-
tient fes Lecteurs, de la méthode que les
Areopagites'gardoientdans leurs jugement,
& il montre que leurs fëntences n'éroient
pas toujours juftes. Celles du Peuple d'A-
thènes n'éroient pas quelquefois plus équi-
tables. L'Auteur s'étend fort fur les vice?
de ce Peuple, piincipalement fur les vi-
ces qui regnoient dans le temps de la pré-
dication de S. Paul. Les plus remarqua-
bles étoient l'oilîveté , la tlatcrie , une
fiufle délicateile , une efpeoe de Fureur
pour les nouveautez & pour les fpeftacles,
une molette extrême, une fuperflition ou-
trée, mais qu'ils tâchoient de rendre dé-
licieufe par toutes fortes de voyes. Us
n'eurent pas de honte, obierve M, Ada-
uii , d'adorer des Dieux & des Déeffes
que leurs Sculpteurs & leurs Peintres a-
voient faits d'après des hommes & des
femmes auffi célèbres par leurs débauches
que par leur beauté. Alcibiade & Phryné
furent de leur temps de fameux modèles
de Divinité*. A la fin dece Chapitreon
fait voir que Denys l'Areopagite n'eft
pas l'Auteur des Livres qui portent fon
nom.
M, Ajzmi a recueilli dans fon dernier
-
k % s 1711. 191
inc infinité d'Obïervaiioni (ut
t & les autres exercices de) Ancien^
■ Observations peuvent beaucoup
à expliquer quanliic d endroits des
a de iàinc Paul, par exemple, celui-
Ne /[tvvezrWH) pus que quand on court
is la carrure, tous Maria' , ranii *n ftnl
mprtt le prixî ... Tous tu Athlètes gardent
:» toutes chofes une exaflt ttmftrar.ee , fy
cependant te n'ift qui peur fr'gner une cou-
renne corruptible. . . Peur moi je cours , <jr jt
ni court pas au bavard ; je combats , cr
inc donne pas de coups tu l'air. 1. Cor. 9.
e retentione Adorum Advocato ot>
falarium non ibluium compétente, in-
dultu Magnifiai Jurilcanfukorum Ordi-
rds D. Jo. Fridericus Tkop-
panneger P. P. esttraotd. & Si-
GOTIJEB HllLlGER
falicè difpuiabunt D. 111. Aprilis.
Lipjit , lilltrii Job. Gttff. AIul-
C'cll-à-Jire : Du droit qu'ont {es
Us l'itees dis Client
CI!
put
ifqu'au payement de ïhonorairt , Difler'
tison txpejét dans une dïfpmt publique le
Vrjl 'Tio. Par MM. Troppnnne-
ger tS" Gotlieb Htfliger. A Leipiic,
de l'impiimeric de Galpat4 Muller,
Srothure in 4.
n 3 Ç-i-
I
194 Journal des Sça
PEtte Di (Terni ion attribue aux Avo-
cats une elpece de droit qui Terrible
offenfer leur délicateife. 11 s'ert introduit
parmi eux dans les premiers Tribunaux de
France, l'ufage honorable de n'intenter
aucune adïion pour la récompenfcde leurs
travaux. Ils Te permettent encore moins
la précaution interefl'ée de retenir, faute
de payement , les titres & les papiers
que les Parties leur ont remis. Ce n'eft
pas qu'il y ait quelque Loi ou quelque
Ordonnance particulière qui les foumette
à la difcretion des Plaideurs. Rien ne
les exclut à la rigueur d'exiger la rétribu-
tion attachée à leurs foins ; mais ils
croyent que leur profenicm acquiert plus
d'indépendance 8c de nobleffc en renon-
çant volontairement à ce droit , & en fe
mettant , pour ainfi dire , au delTus de
l'action que la Loix donnent en pareil
Cependant comme h différence des
pais produit dirTérens ufagcs, on deman-
de ici, par rapport aux mœurs d'Allema-
gne, fi un Avocat peut retenir pour fan
Jàlaire les papiers de fes Cliens? Cette
queilion, remarque l'Auteur , auroit été
inutile dans le temps où il étoic défendu
aux Avocats de Rome de rien exiger de
leurs Cliens, La Loi qui contenoit cette
dcfcnlc fut ippeilés Cintra , du nom 4i
Tribun Cincius, qui l'a voit faite. L'Em-
pereur Augulle y ajouta une peine , 8c
Claudius fixa à une certaine foinme ce
convenions. Une grande caufe n'étoit pas
mieux payée qu'une petite , & il en cou-
toit autant au pauvre qu'au riche pour plai-
der. Dans la fuite il a paru convenablede
girder fur cette matière des proportions
d'équité, fuivant la qualité du travail, &
les facilitez des Parties. Mais il efl toujours
certain, dit l'Auteur , que les Avocats
n'ont pas moins de droit que les autres
Ouvriers de fe faite payer de leurs peines.
Et de là il s'enfuit, fclonlui, que puif-
qu'ils ont une aeftion pour leur payement,
ils peuvent, lorfqu'ils ne font pas payez,
retenir comme une efpece de gage , les
titres qu'ils ont entre leurs mains.
Il fonde fa dédfiort fur l'exemple des
Marchands 8c des Ouvriers, dans quelque
commerce que ce Ibii. Un Tailleur,
dit-il, n'eil pas obligé de livrer un habit,
S on ne lui en paye la façon ; il peut rc-
i***>r l'étoffe pour fureté, quoi qu'elle ne
t*H/ias à lui, parce qu'il a acquis un pri-
ï*5£e fur cette étoffe, en la façonnant,
***" «qu'il eft julle que la valeur de la ma-
f*f'"«-- lui reponde du prix de la forme.
-> a i/fc urî ii y a bien moins d'éclat à rc-
■*tj limplcmcm des A&es , ^vi*. 'torawsx
N 4 "Wft
206 JoURNAl DïsSçAVÀNÏ.
une demande en Juflice, Les Avocats
occupez des ' procès d'autrui , méritent
qu'on leur en épargne pour eux-mêmes.
Il faut leur laïfTer une voye courre 8c fa-
cile qui ltsgaranriiTe de l'ingratitude des
Clîens, 8c après tout, les Cliens auraient
mauvaife grâce de fe plaindre de cette, loi,
puisqu'il ne tient qu'à eux de la rendre
inutile, en payant.
Si dans ce Syilâme l'Avocat n'eu* pas
obligé de fe défaifir des Pièces, il ne doit
pas non plus répondre du dommage que
peut fournir la Partie qui en eft privée,
parce qu'enfin il n'a rien à s'imputer en
■ufant d*Lin droit permis, & qu'il a toujours
dépendu du Client de prévenir ce domma-
ge. Il n'y a qu'un feul cas où l' Auteur
croit qu'un Avocat ne peut fe dilperfer
de rendre les Pièces , c'elt lorfque ce)
Pièces font des Artes publics qui intérêt
lent le bien de l'Etat : car alors l'intérêt
public doit prévaloir. Au relie, la rri>
camion dont on parle ici , n'eit permite
précifémenr que pour un falaire légitime,
le fruit & la îécompenfc du travail. Elle
n'a pas lieu pour les gratifications arbi-
traires, qui dépendent du fuccès , & en-
core moins pour ces partions illicites,
qu'on appelle A ^w* tins. Voila tout ce
que l'Auteur propole pour établir le fou-
dement, ou pour marquer les co niait il
"an droit , auquel il le» uâyjqmw '
r Avocats de rcuoncei.
.tioia
Mars 17HÏ 197
■mt'irti pour feri-îr à [Htftoirt it TnusyhU
r.i , fous les Dauphins de U AUifcn de la
'icnr-du-Pin; pi l'en trouve ions les jfiles
lu trânfpm de cent Province à la Ceit-
■onnc de Fraxct , *vtt plufttun Olferva-
titii fur ta UJugei anciens , ry fur les
Ftimillfs : Le tout recueilli des Rcgiftrts 1'
t des Comptes , tr de d'ivt
Certula.res de Ut mime Proih/ce. A Pï
ïîî . che?. Imbert de Bats , Imprii
Libraire j rue laifit Jacques , à l'Image
ftira Genok, au coin delà rue desMa-
ihurins. 1711. in fol. pp, (.81,
■ nous
SE
inné n'étoit plus en état de nous
fournir de bous Mémoires pour i'F "
toire de- Diuplrn(f, que le fçava
me a qui nous devons ce Keci
première M agifi rature qu'il exerce avec
tant de diflinflion dans la Chamlue des
Comptes de cette Province , l'a mis a
portée de conlulter les Regiilres de cette
Cour, ainlî que divers autres Aflcs , tant
publics que particuliers , & un dilcerne-
ment exquis joint à l'exactitude [a plus
foupuleuie, ont été les guides , dans le
chois & dans l'ulage qu'il a Fait de ces
Pièces. C'ell faute de pareils recours on
de pareilles précauiions , que ceux quijut-
Ëu'ici le l'ont propoie .l'écrire ccuc \W-
)irej y ontJipvu résidi. En, cfr;i> <çm\
N s iotv\
aç8 Journal des Sça
fond peut-on faire fur des Auteurs acc__
tumei à fubllituer leurs propres conjeétu-
res aux Titres authentiques dont ils man-
quent; & à nous donner pour des faits
conftans l'Ouvrage de leur imagina-
tion ! Le devoir d'un Hifrorien qui veut
fervir utilement le Public , demande des
difpofitions bien différentes. „ Sa prin-
,, cipale aitention {remarque judicieufe-
„ ment l'Auteur) doit erre de ménager
„ la confiance du Lefteur.de leconduire
„ toujours par des voyes fûres, & de lui
,. rendre compte à tous momens de la
„ route qu'on lui fait tenir. La témérité
,, n'eftjamais beureufe en ce genre a 'é-
„ crire , où l'Auteur doit erre dans une
„ continuelle retenue : il eft refponfabîc
„ de ce qu'il avance ; il eft de plus le
„ garant des témoignages qu'il produit:
„ c'cfl une obligation qu'il a contracte
„ envers le Public, lorfqu'il s'eft chargé
,, del'inlrruire des chofes paflees; la foi
„ qu'il en exige ne l'engage pas feulement
„ à une critique exade des faits qu'il
„ rapporte , mais aulïi des fources d'où
„ il les tire.,.
Un Hiftorienqui Te preferit des lois fî
fèveres , n'entreprend pas volontiers de
raffembler en un corps tout ce qui con-
cerne l'Hifloire entière d'un Royaume on
même d'une Province, 11 aime mieux le
renfermer d»ns le tecît «aét 8e d"
mieux le
6e détaille
évenemens d'un petit nombre' d'an-
irées : & c'eft auflî le parti qu'a crû devoir
prendre l'Auteur de ce Recueil. De la
vient qu'on ne trouve ici dans toute fou
étendue, que cette partie de l'Hifioire de
Dauphiné , qui comprend le règne du
dernier Dauphin ; Prince que le tranfport
qu'il fit de fes États à l'Augulte Maifon
de France, rend digne d'une attention par-
ticulière- Le fç avant Auteur ne s'eftpotit-
tant pas borné à l'hifloire de ce feul Dau-
phin; il nous fait connoitre les predecef-
feurs de ce Souverain, en remontant juf-
qu'à Humbert I, Tige de la dernière race
des Dauphins, Mais ce qu'il nous en ap-
prend n'elt (dit-il) qu'une iîmple ébau-
che, qui n'a point encore reçu la forme
qu'elle doit avoir , & qu'on eipere d'y
donner dans une féconde Partie.
Pour rendre compte prefenrement des
différentes Pièces qui compofent ce volu-
me ; nous dirons qu'on y voit paroitre
d'abord cinq Dilcours préliminaires , qui
tiennent lieu d'imroduétion à l'Hiltoire
de Dauphiné, & qui font précède-;, d'une
Carre Géographique de cette Province,
dreffée en Latin par M. de l'ifle de l'A-
cadémie Royale des Sciences , St fume
d'une Notice où font expliquez en Fran-
çois les noms des divers lieux marquer fur
la Carre. Le premier de ces Difcours eft
defline à nous découvrir l'origine des
N 6 ûw
joo Journal des Sçavans.
Dauphins de Viennois. Les quatre fut
vins contiennent une inflruiliiin générale
fur la forme du Gouvernement établie en
Dauphiné fous les Souverains dont il eft
queftion dans ces Mémoires; c'efl a-dire,
Ju'on y traite de tout ce qui regarde li
afiiee, |i Guerre, les Finances, &: les
Officiers prcpoiei à l'aJminiilration de
tomes ces choies. A la fuite de chacun
de ces Difcaurs font imprime-/, en plus
petit caractère les divers Titres qui fer-
vent à julïifier les 'aits qu'on y a rappor-
tez; après quoi vient un Journal Hifiui-i-
que, tiré des Actes infère?, dans ces Mé-
moires, & de quelques au:res Titres an-
cien»; & qui conduit l'Hiftoirc de Dati-
phiné depuis l'an 131!. jufijo'â l'an i.iîs*
Ce Journal eii fiitvj d'un Etat de la Mat-
fon du dernier Dauphin Humber; 11. pat-
tagë en trois Titres fubdiviiez, en plnflturt
Chapitres. On parle dans les quaire Cha-
pitres du premier Titre, 1. Des Officiels
de Juftice & de Finance. 1. Des Offi-
ciers de la Mai Ton du Dauphin. 3. De
la manière dont on y recevait les Étran-
gers, 4. Des Officiers de la Mai fon de
h Dauphine. On traite dans le II. TîtiB,
diviié en deuï Chapitres, r. Du fervice
des Tables , & des dill in étions de rang
entre les Corn mentaux, 1, Des torches,
: -, & de la manière d'edairer
'vs Cbambres. Le lit. Titre contient
M a a s .ihi: 301
* quafre Chapitres un détail, i. De la
ttqu-.
forme & des différentes pièces dp^l'habil-
lemcnt des hommes & des femmes, tant
pour l'été que pour, l'hyver. x. De U
chauffure, tant des Officiers que de leurs
domertkjuw. 3. Des fonds employez tous
les ans pour h Garderobe de la DaupM-
ne. t- Des tommes ordonnées pour la
Mailbn de cette Princeûe, avec leur éva-
luation t'ur le pied de la monnaye couran-
te. C'eft par laïque fe termine la partie
hiïloricjue de cet Ouvrage , qui remplit à
peine la moitié du volume. Le refte
comprend tous les Titres fervmj de preu-
ves à l'Hiftoite des derniers Dauphins,
contenue dans ces Mémoires , & rangez
félon l'ordre des temps. Ces Titres l'ont
au nombre de 184; ils l'ont accompagnez
de ("e»vantes Notes dellinées à les éclair-
cir, & dans leiquelles on trouve plulïeurs
fairi hiilunques, avec diverfes particularï-
tez fur les ul'ages du Pais, & fur les Fa-
milles.
Tel eil l'ordre que l'Auteur a gardé
dans l'arrangement des divers Morceaux
qui compoleiit ce Recueil, Nous fouhai-
terions pouvoir indiquer plus particulière-
ment tout ce qu'un Ouvrage de ceitc na-
ture peut offrir de plus curieux &dc-p!us
fingulier. Mais pour ne point Ibrtir des
bornes ordinaires de nos Extraits, nous
.fouîmes obligez de nous réduire au. détail
'Ni te
^H 301 Tournai, des Sçavaim.
^B de quelques-unes de ces Pièces , fins
^B prétendre néanmoins que cette efpece
H de préférence puiffe former le moindre
H préjugé au defavantage de celles dont
H nous ne parlerons pas ; toutes lis
■ Pièces de cet Ouvrage ayant une fi
■ grande liaifon , qu'on ne peut s'inllruirc
■ parfaitement des unes, fans confulter les
I autres. Nous commencerons donc par
I l'eitrait du premier Dilcours , dans lequel
f l'Auteur a rafl'emblé avec beaucoup de
précifion , ce qu'on Içait de plus certain
touchant l'originc& la fucceffion des Sou-
verains de Dauphiné.
I! paroit que cet Etat doit Tes premiers
commencemens au débris du Royaume de
Bourgogne, autrement dit le Royaume
d'Arles , ou de Provence. Ce Royaume
etoit paffé à l'Empereur Conrad le Sali-
que , par la donation que lui en avoir fai-
te en 1031, Rodolphe, furnommé le Fai-"
néant , dernier Roi d'Arles , mort fans
enfans. L'éloigné ment de l'Empereur,
qui ne pouvoit refider dans ce nouveau I
Royaume, & les différentes guerres qu'il!
eut à foutenir, donnèrent occafion à quel-f
eues Seigneurs du Pais de s'y ériger et
Souverains. De ce nombre fut Cuigm.
le Vitux, Comte d'Albon, qu'on doit reJ
garder comme le premier qui air poffcdf
çueJoues terres aux environs de GrenobJ
dans cette partie de DïuçViw: «p>'a
Mars 1711. 303
pelle le Gr.uy/nvWr/a». C'eft ce qu'on peut
inférer du témoignage de faim Hugues E-
vêque de Grenoble, qui traite mêmed'u-
furpation l'éiablilTement de ce nouvel E-
tat , formé vêts Van 1040. Guîgues le
Vieux s'étant fait Moine de Cluny . laifîa
cette Souveraineté à fon fils Guigiui U
Grat , qui étant mort en roSo, eut pour
(uccefleur Gniguts III. Ce Prince eil le
premier qui ait pris le furnom de Dalphî-
nus , Datobin , ou Dauphin. L'Auteur
n'eft pas de l'opinion de ceux qui attri-
buent l'origine de ce furnom au Dauphin
que porroient fur leurs Ecus les Comtes
de Grailîvaudan, dans leurs voyages d'ou-
tremers & il croit ce fentiment d'autant
moins fourenable ■ qu'à peine peut-on
trouver aucun de ces Princes avant Hum-
bert I. qui ait mis un Dauphin dans fes
Armes. „ 11 eil plus vrai-femblable (con-
„ tinuë l'Auteur) que le furnom deDau-
„ phin que ce Guigues dont nousparlons
„ porta le premier , plut aiTez àfesfiic-
,, cefleurs pour l'ajourer à leur nom, 8;
„ pour s'en faire un Titre, qui s'en con-
„ fervé enfuite parmi les defcendans; rien
„ n'étant plus ordinaire en ce temps-là
„ que de voir les noms propres devenir
„ des noms de famille , ou de dignité.,,
C'eft fur quoi l'on nous fait efperer une
Diflertation en particulier. Gmgitt ^a\-
tmmé Dauphin fut père de G»'n,u« w~
1304 Journal des S ç a. y a n s.
qui fut fait Chevalier par l'Empereur Fré-
déric I. dont il epoufa une parente , 8i
duquel il obtint une mine d'argent fines
dans le Brianuonnois , & le pouvoir de
feue battre monnoye à Céfanepetiteville
bâtie au pied du mont Genevre. Ce Prin-
ce ne (ailla qu'une fille , en la perfonne
de laquelle finir la première Race des Dali*
Pphîns , furnommez les Comtes d'Albon.
Cette fille, appdlée btatrix , époufi en
premières noces Guillaume Comte de S.
Gilles, puis le remaria en i ■ 8j avec Hn-
futi de Batrgiffu , ill'u de Robert Roi de
France. De ce mariage naquitOwrgwn An-
dré , dont 1a première femme eut pour
dot !c Gapençois & l'Ambrunois , qu'il
joignit ii tes Etals, Sa leconde rerama le
fit père de GtâgHeiVI. qui de lieatrtt de
Savciye fon époure , dunt ii avoir eu le
Faucigoy, laifla Jnw 6c Anm, Celle-ci
recuealil la fucceffion de fort frère mort
fansenfansen 11S1. Elle avoil épouffida
l'année 11731 ^"'"^''i Sire de la Tour-du-
Pin S: de Lôligny , qui par la moit de
fon hrati-îrere , devint le Souverain de
Baophiiiij & fur la tige des Dauphin» de
e Race, 3m» l'aîné di
■ n.rt I. lucceda à Ion père,
. ii m 130», dans un Couvent de Char-
:. il avoit pris l'habit. Jean épou-
Hongrie 61 .: ■
i-JrtoJ dv Hongrie, delà Mai l'un d'.'
»n d;An-
M * * s 1711. 305
t fccur de Clémence féconde fem-
me de Louis Huttn. Il eut dettï fils deeelte
PrincelTc , l'aînc defquels nomme Cuiguu
Vil. lui fucceda, fous la tutelle de Ton on-
cle. C'eli de ce Dauphin que h troifiéme
Race de ces Souverains tire fon plus grand
l.uilrc En effet , outre l'alliance de Phi-
lippe le Long Roi de France , dont il é-
pouTa la fille ; il fe fignala par plufiturs
actions éclatante». A peine avoit-il at-
teint l'âge de i; ans , qu'il gagnais Ba-
taille de Varey, ou il fit priiônniers Ro-
bert frète du Duc de Bourgogne , et jtan
de Chatons Comte d'Auxerre. 11 Ce trou-
va de plus à la Bataille de Mont-Caflel,
où Philippe de Valois défit lss Ffarmnscn
1318. Mais la guerre s'étant rallumée
entre le Comte de Savoye & le Dauphin,
celui-ci fut tué à trois lietita de Grenoble,
devant le Château de la Perrière; & par
fa mort laiila l'es Etats à fon frère , qui
fut Humheit il.
C'elt {comme nous l'avons déjà dit)
par rapport à THiiloire de ce dernier
Dauphin, que l'Auteur a ramaflï la plu-
part des Titres qui compoftnt cevolumej
& c'eft fur ces Pièces authentiques qu'il
a drefle un Journal hifterique du Gouver-
nement de ce Prince. A juger du carac-
tère de Humbcrt par les faits [peciflra
dans ce Journal, on feroit preiijue tenté
de ï'accaiet d'imprudence oc 4c\t^,w»fe
Sas*
îo6 Journal des Sçjvans.
Sans fa conduite , & de dilîïpation dans
fcs Finances. L'Auteur ne di (G mule point
qu'on n'ait tait ces reproche! à ce Ptin-
çe , & qu'on n'y ait même ajouté celui
d'avoir eu peu d'inclination pour les ar-
mes. Mais il entreprend de le juitifier
fut ces trois chefs; & c'eft à ouoi il em-
ployé une partie de fa Préface. Nous
n'entrerons point dans le détail de cette
jnftification. Nous nous contenterons
d'obferver avec le gavant Auteur, que
c'eft à Humbert que le Dauphiné eft re-
devable des Compagnies de Juftice & de
Finance qui font encore aujourd'hui le
principal ornement de cette Province, Bï
des fondations de pluficursHglifcs&Mo-
nafteres. Mais rien ne doit rendre ce
Prince plus digne de confideration à tous
les bons François, que le tranTport qu'il
fit de fes Etats au Roi de France Philippe
de Valois, à condition que l'héritier pre-
fomptifdela Couronne prendroit à l'ave-
nir le titre de Dauphin.
On trouve ici un récit fort circonftancié
de cette donation. Les principaux motifs
qui paroifTent y avoir déterminé Humbert,
furent h perte qu'il fit d'un fils unique
mort dès l'âge de' i ans s le peu d'efpe-
rance de fe voir naître d'autres héritiers ;
& le defir de procurer à Tes peuples une
puiffante protection. Quelque peu d'ap-
parsnec ou'il y eût d'abord qu'une pareille
difpo*
M A * S 17 tT. 307
sfition en faveur de h France pût a-
un heureux fuccés , puifqu'il n'eroit
res vrai-femblable que Humbcrt âgé
ement d'environ trente-un ans, mou-
fans enfans; Philippe de Valois ne re-
i aucune des conditions qui lui furent
lofées pour cette fucceffion dès l'an-
1343. L'année fuivante Jean Ducde
■mandie . fils de Philippe de Valois,
igea le Dauphin à palTer un autre Acte
: lui, qu'on peut appeller un nouveau
rport, puifque la défignation du fuc-
ïttt aux Etats de ce Prince y fut chan-
; c'eft-à-dire , que le Duc Jean, fils
: de France , Tes enfans , & toute fa
erité , furent appeller à la fueceffioo
Dauphin, auprejudice de Philippe Due
rieans , qui étoit nommé pour erre foa
lier par l'Aéte précèdent. Mais cette
onante affaire ne fut confommée que
1349, au retour d'une Croifade.dont
nbert avoir été le Chef. Ce Prince
)t pris alors la refolution de renoncer
nonde, le Roi de France lui envoya
Députei pour le confirmer de plusen
, par de nouvelles offres , dans le
:in où il étoit dJifadiquer. La Négo-
on fut commencée à Tournon , dès
lois de Février, & fut continuéepen-
: tout le mois de Mars à Romans,
l'Aère du tranfport reçût \i ictwsit
1. On ne s'y attacta çwVS.uwt
308 Journal des Sçatans.
les difpofitions contenues dans les Traitez
de 1343, & de 1344, fur-tout à l'égard de
la perfonne du fuccefleur. Le choix tom-
ba fur Charles fils aîné du Duc de Nor-
mandie , pour être revêtu dès lors des
droits de la Souveraineté , fans referves
& fans conditions , fi Ton en excepte
la remiffion des fonds en terres & en ar-
gent , ftipulée par le même Afte. Il
manquoit encore une folemnit é à ce Traité,
pour être dans toute fa perfection. C'é-
toit l'entrevue' des Parties, laquelle fe fit
dans une Aflemblée tenue à Lyon le 16
Juillet. Ce fut là que Humbert fit une
ceffion pure ôc fimple de Tes Etats au
Prince Charles, & qu'il l'en mit en pofleA
fion par la tradition du Sceptre, de l'An-
neau, de la Bannière, & de rEpéeancien-
ne de Dauphiné.
Il quitta le monde dès le lendemain
de cette cérémonie , Se prit à Lyon ce
jour même l'habit de S. Dominique. Il
ne parut plus depuis , que fous le nom de
Frère Humbert, fe renfermant uniquement
dans les exercices du Cloître, 6c dans la
pratique des divoirs de fon état. 11 fortit
pour la dernière fois de Dauphiné fur la
fin de la même atfflBe 5 6c il alla droit
à Avignon , où il reçut du Pape les Or-
dres Sacrez le jour de Noël, dans llnter-
vale des trois Mettes. HvKïtawxV* «te-f
bn cnhiiç lui-même; &\wàx yw» ««S*
Il ft
Mars 1711. 309
_. fut (acre Patriarche d'Alexandrie. Dans
h même année il fut crié Adminiltrateur
de l'Archevêché de Rheims ; liire qu'il
conferva jufqu'à fa mort, arrivée il Cler-
moiir en Auvergne, le 11 Mai 135c. Son
corps fut porte au Couvent des Jacobins
de Paris, où il fur inhumé dans leChœur
de leurEgiile, auprès de la Reine Clé-
mence , feeur de B^atrix de Hongrie fa
mère. On y voit encore leurs tombeaux
aux deux côiei du grand Autel.
Comme l'Auteur i*cfl appliqué à nous
frire connoitre plus patticulieiement le
Dauphin Humbert II. & qu'il s'eft engagé
pour cela dans une difcuilion tiès-curieule
touchant l'œconomie de la mailon de ce
ce Prince; on ne fera peut-être pas fâché
de trouver ici quelques-unes de ces parti-
cularité! , par lefquelles on puiffe juger
du relie. Nous avons choifi dans cette
vue ce qui regarde le fervice des Ta-
bles, qui n'eft pas l'article le moins inte-
reiTant.
On fervoit tous les jours régulièrement
quatre Tables chez le Dauphin ; la pre-
mière, pour lui, pour les Princes, pour
les Barons, & pour les Seigneurs Banne-
rets; la féconde, pour les Gentilshommes
honorez dutjtredeChevalier;la troifiéme,
pour les Aumôniers , &C pour tous les E-
cuyers de l'Hôtel; & la quatrième, pour
le Commun. Ces Tables n'étoïent cm
) Journal des S ç a v a n î.
fervies des mêmes plats tous les jours de
la fera aine. Les mets du Dimanche, du
Mardi & du Jeudi étoient différens de
ceux du Lundi & du Mercredi. On y
étoit fort exact fur l' Observation des jours
maigres, 6: le jeûne y avoir paue en rè-
gle pour le Vendredi ; en forte qu'on ne
taifoit qu'un repas ce jour-là , ainiï que
pendant le Carême. Le premier fervjce
n'étoit compoféque'du potage &dubouiI-
li; telle étoit (remarque l'Auteur) lu fru-
galité de ce temps !à : & ce potage n'e-
toit proprement qu'un bouillon , où cha-
cun pouvoir faire tremper à fon gré des
tranches d'une efpece de pain deftiné à
cet ufage. Le bouilli confiftoit en bœuf,
mouton, porc frais, oufalé, fetoa le jour
de la femaine. Au fécond fervice, onj
ne prefentoit que les mêmes fortes de vianJ
des, préparées différemment , avec que'
que volaille rôtie, ou en pâté. Les frui
de la faifon , tels que le Pais les produifojl
fans beaucoup d'art ni de culture, avec W
lait & du fromage, faifoient tout l'ap«
reil du deflert. Les viandes étoient J
mêmes pour toutes les Tables ,
tion d'un plat extraordinaire qu'on med
devant le Dauphin, & dont il faifoirJ
aux Seigneurs les plus qualifiez de fa ]
Le rang & la qualité de chacun fel
TOÎt remarquer à la quantité de j
ga'on ferïoit devant lui. Elles
M a * s -7... 3„
entaiTécs fui les plats qu'on prefentoit au
Dauphin. On ne rempliffoit tes plats qu'à
moine pour les Seigneurs qui mangeojcnt
avec lui. Cette moitié le partagcoir en
deux autres pour les Gentilshommes de la
féconde table) ainli les portions diminuant
toujours par degrez , ceux ife la dernière
table lé tiouvoient réduits au feul necef-
faire. Le fuupi étoit compote à peupres
des mêmes piats que l'on fervoit au dîné,
à la referve du potage , auquel on fup-
pléoit par des poulets rôtis, ou par quel-
ques pièces de four, fuivant le jour de
la femaine. On donnoit reg ément tous
les foirs au Dauphin un plat d'entremets,
fort différent (dit l'Auteur) de ce qu'on
appelle aujourd'hui de ce nom , & qui
confitloir en quelque ragoût apprêté avec
plus de foin. Le vin n'étoit pas le même
pour toutes les tables , non plus que le
pain, l'un & l'autre étoient plus ou moins
délicats, félon les perfonnes & les Tabie*
aufquelles_on les deftinoit; & l'on obfer-
**oit les mêmes diftinftions pour en régler la
^Jtiantité. La Dauphine a voit auffifes quatre
^Jfl/aîes , fervies comme celles du Dauphin.
-Cousue finirions pas, fi nous voulions fui-
gjoa l'Auteur dans les détails ou i! entre fur les
^C^asdesjoursmaigres, furies bougies que
^^lemploy-oirpouréclairerlesappartemens,'
-**~ js/orvnedes habits & de lacbauiTure, fur
-* fo wrtures, les étoffes de prix , les or-
3U Journal des Sçsvans.
memens; en un mot, fur-iout cequicom-
pofoit la garderobe de ces Princes. Nom
nous contenions d'avoir excité la curiofiié
du Public, qui trouvera de quoi la fatis-
faire amplement fur plus d'un article, dans
h leélurc de cet Ouvrage.
Ckristophori Cellabii Antiquf*
tates Romsnsiex veterum monumeniii
ac Legibus Romanis digeflie. Quibut
Appendix de Re Romanorum Numma-
ria & Infcriptionibdi acceffit, C'cit-à-
dire : Lis Ajiiirfttiiez.Rpmaïnei, tirets des
aneitns monumtnt & dis Leix Romàina,
Par Chriftophe Cellariuj; avte une Ad-
dUion fur ht Médailles £5" ki lnftriplions.
A Hall en Saxe. i?ro. in 8. pagg, yo.
Se trouve à Amilerdam chez les Wacs-
berge.
f^E petit Ouvrage cft une eipece d'Iniro*
duflion aux matières qui en font le
fujet. 1! peut être fort utile a ceux qui
n'ont encore aucune connoiflanee des An-
tiquité! Romaines, & même à ceux qui
s'y étant appliquez autrefois, voudroient
Te rappcller des idées qui ne s'eftacent que
trop alternent. M. Cellarius l'a partagé
en douze Chapitres.
■ Le premier Chapitre eft divife en troii
feétions. La première fait connoltrc le»
Âfigi'Qrats qui ont gouverné Rome d"
Mus 17TH 313
la fondation de cette ville jufqu'au
,ps de Cefar. La féconde traite des
,uveauxMagiflratsque 1 es Empereurs éu-
,iirenr. Parmi ces Magiftrats fe trouvent
les Procureurs de l'Empereur. On fçait
qu'Augufle partagea les Provinces, S; que
laifftnt au Sénat & au Peuple celles qui
étoient tranquilles , il fe referva cellesqoî
ne l'étoient point. Dans les Provinces du
Peuple, les Quetleurs retinrent leur nom;
mais dans les autres leur nom fut changé,
& les Empereurs aimèrent mieux les ap-
peller leurs Procureurs. Ils avoient foin
des revenus du Prince ; & dans les Pro-
vinces qui n'étoient pas aiîci confidera-
bles pour avoir un Lieutenant de l'Em-
pereur, ils renvoient auffi 1a Juflice. Nom
en avons un exemple, remarque M. Cel-
larius , dans la perfonne de Pilate, que
Tacite appelle Piocureur de Cefar. Dans
les dernier; temps ces Officiers furent ap-
peliez Rtâmala. 11 eil fait mention dans
la troisième fection , d'autres Officiers de
ces mêmes temps-là, & en particulier du
MagiHtr Setmerum , qui étoir. à peu près,
félon l'Auteur , ce qu'eft à prêtent le
Chancelier ; du Préfet du Prétoire , de
fon Vicaire , & des diverfes efpeces d|
Comtes.
Dans le fécond Chapitre on parle delj
Milice Romaine; des Officiers d'Armée ^
des Légions, des Armes, 4e&lA«!s\K«e
O &k
Murs 1711. 315
dirions, font h matière du fu 8c
,iéme Chapitre.
C cl larius s'étend dans !e huitième.
es Etudes des Romains. Avant lapre-
;re gucrrePum'que ils avoient alfczd'in-
férenec pour les Lettres ; mais après
te Epoque , Rome produifit un grand
libre de Poètes, d'Hiftonens , 8c d'O-
:urs, Se changea de méthode dans l'é-
ation de lajeuneffe. Un enfant éta-
it jufqu'à ce qu'il prît la robe virile,
t-a-dite , jufqu'à l'âge de 17 ans. Il
ipliquoit d'abord à la Langue Grecque,
:'étoft dans cette Langue qu'on luien-
noît la Philosophie & la Rhétorique,
léclimoit en cette Langue avant qua
^prendre à dédamer en Latin. L'heu-
re conduite, s'écrie lâ-deflus l'Auteur 1
us ne voyons que trop, que ceux qui
[eurent dans leur Langue maternelle a-
it que d'avoir fait de grands progrè»
s le Latin , qui eft à nôtre égard ce
jtoit le Grec a l'égard des Romains,
ïarviennent jamais à une folide érudi-
1. Souvent on envoyoit dans les vil-
Greajues les enfans de condition, afin
les perfectionner dans les Sciences. A.
les, Rhodes, Mitylene , Marfeille ,
ienr pour l'ordinaire remplies déjeunes
mains, qui s'appliquoienr fous d'excet-
i Maîtres , à l'HUtoire, au Droit, 8e
1 Philolbphie. Leur ftn çùwàçivt fc-
O i
l'élo-
316 JOWRNAI DES StAVANS;
toit de devenir éloquens, parce que
qiience conduirait à tout. A l'âge de dix-
fept ans ils alloient à la guerre. Ceux
mêmes qui n'avoient nulle envie de par-
venir aux dignitei militaires, & qui fe
£ropolbient une vie plus douce , & des
onneurs moins périlleux , ne laiflbient
pas de faite quelques campagnes ; ainû
tous les Romains étoient en même temps
gens de Lettres , 6; gens d'Epée. Le bruit
des armes ne leur paroitluit nullement in-
compatible avec l'attention qu'exigent les
Sciences. Ils étudioient dîna le Camp,
dans les marches. Des qu'ils étoient de
retour à Rome, ils tedoubloient leur ap-
plication; d'abord, afin de parvenir aux
dignité?., & enfuitepour fedillinguerdans
l'adminillration de la Republique.
Le Chapitre neuvième traite des fpeêta-
cles; ledixiéme, des habilkroens des Ro-
mains i & l'onzième de leurs funérailles.
Quoi qu'ils euflent coutume de brûler les
corps de ceux qui mouraient, il y avoit
pourtant parmi eux des familles qui a-
I voient droit d'enterrer leurs morts. La
famille Cernelia , par exemple , jouïffoît
de ce privilège. Sylla qui en etoit renonça
à, fon droit par une cUufe eiptefle de fon
teilament, & ordonna qu'on brûlât l'on
corps, de peur que par U Loi .lu Talion,
lespartifans de Marius ne le dé terra lient,
comme ii avoit tait déterrer celui de ce
Om(d.
M
* s j-j 1 1.
Dans le dernier Chapiïrc ,
.... Cellaruw raconte en peu de mots __
qui te paflbît à l'apotheble des Empereurs,
il remarque que les Empereurs Chrétiens
eurent bien de la peine à abolir cette cé-
rémonie.
L'Addition fur les Médailles & fur les
Infaiptions , qu'on a mife à la fin de ce
petit volume, ne nous prefente rien donc
; puiiiions taire ufage dans cet Ex-
Diflertatio Médius TnanguralisdeCachesià,
quam Deo benedicente, Hectore Ma-
gnificentiiîîmo Serenifïï moque Principe
ac Domino Dn. Philippo Wiihdmo,
&c in aima Fridericiana , gratiolb Fi-
cuttatis Medicœ confenfu, fub Yniidic*
Dn. Gcorgii Erndti Stalit, Med. Doc-
tor. &c. pro licentia publics Ern-
ditorum difquiiitioiii fubmittit Septi-
hus Andréas Oppermannui
Marcobreith Franc if. HaU Magdtb,
iilltru Chrifl. HenckiUi , Aiaà. lyj-ogr.
C'elt-â-dûe : Dijfertatioa tu manitre d*
Tètfc , fur U Cachexie. Par André Op-
ftrmarm. A Hall en Saxe, de l'impri-
"e de Chrétien Henckel. Brochure
• PP- î7-
. _eur de cette Diflertation com-
•neepifh définition de \a. ticVéïÀt .
318 JotipNAt.DESSçAVANS.
qu'il appelle une dépravation de loute
l'habitude du corps i puis il examine quel
elt le tempérament, l'âge, & le fexe le
plus ftyet à celte maladie. Quant au pre-
mier point, il foutient que le tempéra-
ment fhlegmatique ell plus expofé qu'au-
cun autre à la cachexie. Pour ce qui eft
du fécond, il remarque que la cachexie
prend moins dans l'enfance que dans les
autres âges, lit au regard du troiliéme,
que les femmes y font plus fujeites que
les hommes, pour bien des raifons. A-
près ces rebellions, il tait k Jér ail des mau*
que la cachexie entraîne après foi, entre
lefquels l'hydropîiie tient le premier rang.
Quelques personnes confondent mal à
propos la cachexie ai-ecla jauniiTe, nôtre
Auteur fait voir en quoi conilllc la diffé-
rence de ces deux maladies jenfuire .pour
donner une idée complettê de celle dont
il parle, il décrit l'état où fc trouvent le
pouls & les urines de ceux qui font atta-
quez de ce mal. De là il paffe à l'expli-
cation des caufes de la cachexie , entre
Icfquelles il met les grandes pertesdefang,
ce qu'ii accompagne de réflexions fondes
8î judicieufes ; après quoi il propofe les
remèdes qui conviennent à la cachexie.
Comme ce n eft ici qu'une Thcfe . 8t
qu'elle ne renferme rien de particulier,
nous ne croyons pas devoir nous êtei *
divanugc. Mais nous lie f\M&ott<r
sa
M » ii s 1711. 319
apêcher de remarquer que quoi que les
rflcxions qu'elle contient ne foient pas
louvellcs , elles n'en font pas moins mi-
es. Nous ajouterons même que la lec-
ture de celte Thefe ce doit pas être in-
différente aux jeunes Médecins. Ils y
trouveront, comme en racourci, ce qu'il
y a de meilleur fur cette matière dans di-
vers Auteurs.
Diflertatio Medico-Praftica de Afthrmte,
quam auftorirate gratioliiïimi Orditiis
Medici Lipficnlis , fub Prscfidîo On.
Micliaeliî Ettmulleri, Philof. & Medi-
cinx Do-ftoris , &c. die X. April.1710.
puhlico EruJitorum examini iubmi-tit
Auflor Se refpondens J o h, Chhis-
tianus Fischer ZKtavieiw. Med.
Candidat. Lipjïî, lititrii Geftaxit. C'eft-
à-dl*ie : Dijftrtetia» eu Tbtfe , jur i ' Aj-
thmi, t?c. var Jean Chrétien Fifcher.
A Leipfic. Brochure in 4. pp. 14.
T 'Asthme eft une difficulté de refpi-
rct, qui a fa caufe ou dans les pou-
mons, on dans les autres organes qui fer-
vent à la refpiration, ou dans l'ait même
que l'on refpire. Cette maladie le divife
en- trois efpeces ou degrez , qui font la
dy/pnit, Vufthm* proprement dit , & IV
thepnie. La dyfpnéc eft une ço\we Va.-
iiine, peu différente de cette que, Y o& fe-
O 4 \\ONi-
f3io Journal des Sçuvans.
prouve lorfqu'on a bien couru. L'afthme
proprement dit , a quelque cliofe de plus ,
fort; il eft accompagné de iîfrlement de
poitrine, & d'un femiment qui approche
de la luiïbcaiion. L'orlhopnée , qui eft
le troifiénie degré de l'afthme fait que Ion
ne peut rcipirer que la tête élevée , Tans
quoi l'on court rifque d'être fuffoqué. Ce
font là les premières réflexions par lef-
quelles commence cette DilTertarion.
L'auteur examine en fuite quel eft le liège
de l'afthme; il remarque que c'eft princi-
palement le poumon, avec les parties qui
concourent à le faire agir, Se que quelque-
fois c'eft en même temps l'tllomacn, les
ïhteftins, le foye, le pancréas, les reim.
l'utérus, parla compreflîon que ces par-
ties font au poumon. Il s'agit ,\ prêtent
de fçavoir quelle eft la caufe prochaine &
la caufe éloignée de ce mal. L'Auteur
fait conlifter la première dans l'expar.fion
des véficules pulmonaires, & dans V obs-
tacle qui s'oppoie à l'entrée de l'air. Il
trouve la féconde dans tout ce qui eft ca-
pable de comprimer les organes de la.
refpiration , ou de Tes cmbarratTer , fie
cèl* lui donne occafion d'entrer dans plu-
iieurs détails importans fur ce qui regarde
les différens états des poumons , & les
diverfes qualitez de l'air ; les caraéterc»
particuliers de l'afthmc , qui eft ou fec,
ou humide ; qui ùr,e fou onyaA ou de
L
M a * s 1711. 3^
l'efiomach , ou des poumons ; qui eft on
périodique , ou continuel > &c. L'esratnen
des figues diagnoiïiques & prognofliques
de cette maladie, occupent enluite noue
Auteur , après quoi il fait la recherche
des remèdes qui y conviennent le mieux.
Les Regltt du Droit cit.il dans le mime ordre
qu'ltUi font dtfpojies au dernier litre dit
Digefie, traduites ta François , avtt du
explications c" des Cutnmtniahis fur cha-
?** "gk r t? deux Taillis tr'tt-cxâihs :
une, de tous Itt textes du Droit rappor-
ttx. W expli/jttezdans cet Ouvrage; l'utile,
de toutes les maliens. Par J. B. Dan-
T 0 1 n 1 , Becttur aux Droits , Avocat
« Parlement, cr aux Court de Lyon. A
Lyon, chei Léonard Plaignard , rue
Mercière, au grand Hercule. 1710, in
4-pagg- 604. fans les Tables.
TLy a dans leDigefteutiLivre exprès, d*
Regulis Jttrh, c'eft celui qui termine ce
Recueil immenfe. Les 49 Livres prece-
dens contiennent un nomhie infini de dé-
diions fur des cas prévus. Le dernier Li-
vre donne des règles générales pour lup-
pléer à ce que les Lois n'ont pli prévoir;
& ce font ces règles qu'entreprend d'ex-
pliquer M. Danioine , par un Commca-
taire fuivi fur chacune. 11 ne fe diiii-
mule pas que d'autres Auteurs ont écrit
O S WK6&
■
Journal des Sçavans.
avant lui fur cette matière; mais il lui pa-
reil qu'ils en ont écrit fuperficiellement;
& en tout cas , il croit devoir au goût
qu'il a pour la Jurirprudence, le foin de
îendre fes Obfervations publiques , pour
l'inftruétiondes jeunes gens qui Te deftinent
au Barreau , & il donne en François le
teste des Règles , aufK-bien que les no-
tes , pour la commodiië de ceux à qui
les traductions peuvent être de quelque
recours,
On trouve a la tête de ce Livre un
Difcours qui fert de Préface. L'Auteur y
montre d'abord l'utilité des règles ; il
traite enfuite de l'ufage qu'il en faut faire,
& il expofe à la fin Tordre qu'il s'eftpro-
pofé dans ce Recueil de Règles de Droit,
8c dans le Commentaire qu'il y a jouit.
Iln'efr point de feience, dit-il, qui n'ait
des principes généraux , annuels les prin-
cipes particuliers fe réduifent; & ces prin-
cipes généraux font comme le précis de
chaque feience. 11 falloit donc que la
Jurifprudence, qui eft la feience. la plus
étendue , à caufe du grand nombre de
faits & d'évenemens qu'elle eft obligée de
régler, eût auffi fes principes généraux ; 8t
c'cltce qu'on nomme les Règles duDroit,
dont le propre eft de décider par un feul
principe plufieurs queftions différentes. La
peine qu'a coure aux Jurîfconfultes la
compolition de ces règles, eft un préjugé
. rantageux en faveur de l'Ouvrage. P<.
roit-ou croire que «s grands hommes,!
aides éclairez, ces rages difpenfateurs de*
racles de la Jrtflice, fc fulTc-ntdonnétant
e foins, & qu'ils euffent.pour a in fi dire,
épuifé leur génie pour faire des règles gé-
nérales, s'ils n'eufient compris de quelle
importance elles étoient pour la décifion
des affaires » Chaque Loi a fort objet
borné, qui eil de décider la difficulté1 qu'on
y propofe. La règle, au contraire, n'a
point de bornes en un fens ; fon objet eil
de déterminer plufieurs dîfficulrei par une
feule décifion. En un mot, ajoutel'Au-
reur , fi tous les autres textes du Dri
font autant de matériaux qui compofe
le Temple de la Juftice , on peut di:
que les règles font la bafe & le fondemci
de l'édifice. La brièveté, qui eil le prin-
cipal caractère des règles , en augmente
encore le mérite : car outre qu'elles en
font plus faciles à retenir , „ il eft cer-
„ tain , dit M. Damoine, qu'il y a autant
„ de plaîiir de Trouver beaucoup de cho-
„ fes en peu de mots , qu'il y a d'ennui
„ à ne trouver dans un grand lilTu de
„ mots que peu de chofe... Rien ne
marque mieux au relie le mérite des rè-
gles de Droit , que le foin qu'a pris Julli-
nien de les fauver de la reforme géné-
rale qu'il a faite de l'ancienne Junipru-
dence.
O 6 NV.
Au-
ji4 Journal des Sçavans.
M. Dantoine , après avoir fait 1
des règles de Droit , ne manque pas
ferver, que h plus importante de t'
efl de fçavoir faire un bon ufage i
gles mêmes. Il cruit que cela dei
encore une attention 8c une érude
culieres, & qu'il ne s'en faut pas fi
feule s lumières du bon feus. Ce n'i
par de profondes réflexions fur le
qu'on apprend à concilier les con
tions apparentes qui s'y rencontra
ranger tous la même décifion les
qui ont des principes femblables -, i
rer par des décidons différentes ,
qui ont des principes diîfciens, &
perer par de fages adoucilTemens lai
outrée de certaines Loix. Deux.
perfuadent l'Auteur que le feul bc
dc fuffit pas pour bien juge». L'u
Su'il n'y a perfonne qui puïlTc s
'en avoir allez pour fe palier du !
des Sciences. L'on ne peut pas j
une ligne elt bien droite , fans la
ter fur le niveau de la règle ; oi
cercle efl bien rond, fans le prefen
tour du compas, L'homme efl tr
ble pour marcher fùremcnt lâns
La féconde raïfoji , c'efl que la :
rt'ell point un don naturel ; la Na
fait pas feule les Scavans , elle
feâtonoc. Nul u'elt ne" habile 1
giea , OU habile Jurilcuiifultc ; oi
M A n s 1711. 3*f
ut au plus en nai.Tant , que d«
dus plus ou moins beureufes pour
aces. L'Auteur fait extrêmement
etic réflexion , pour détromper
ni par un cl prit de vanité oa de
s'imaginent que toute la Juiif-
■s eft icnfcrmée dans leur Raiibn
e.
ïlique enfuite l'ordre qu'il a donné
gles. C'eft le même precifément
rouve dans le Digeilc. Il n'a pas
oir tien changer fut ce point ; par-
, félon lui , l'enentiel eit de bien
les inanimés , & que l'art de les
efl affei indifférent,
e les règles contenues dans les jo
du Digelle , il en a lalfembîé ici
es autres , qui font répandues dans
: corps du Droit Romain. Il les
:s traduites en François ;. Bç au bas
;c & de la veriion , il a mis dans
itiniié qu'il croit plus claire & plus
le précis de ce que chacune ren-
Uti esemple éclairava cette mé-
La règle dixième du Livre inti-
D* Roulis JurU , eil conçue en ces
, : &rtnnïum uatamm ejl commsda
\e rei tum fiiju's , quim feqitumur in-
da. M. Dantoine met d'un côtéce
tel qu'on vient dt; le rapporter; il
e l'autre côté la verlïou Françoife,
termes: Sùvatti t'ê^titi naturelle ,
3i6 JournaidïsSçayàns.
celui qui [apporte les churgei , doit retirer lit
profits. Et à la fuite de cela il place dans
an article feparé , & par forme de Sen-
tence, l'efTentiel de la règle , qu'il rédige
ainfi : Qui (émit onus , débet fiatire com-
modum. Ce travail ne va , comme on
voit, qu'à retrancher quelques motsd'une
règle déjà aflez couite ; & ce retranche-
ment ne regarde que la propre fatijfaétion
de l'Auteur , & le goût qu'il paroît avoir
pour la précifion s Car dans l'urage, il fe-
ra toujours plus naturel & plus fur de ci-
ter les termes de la Loi , que ceux qu'il
a jugé à propos d'y fubftituer.
Il y a deux Tables dans cet Ouvrage t
l'une eft placée au commencement , &
l'autre à la fin. La première prefente,
par ordre alphabétique, tous les textes de
Droit qui font rapportez & expliquezdans
le Livre. La féconde indique avec exac-
titude les principales matières qui y font
traitées.
CmrsTinNi Grïphii , Reétorit
olim apud V ratifia vienfes Magdalenœt
Apparatus, iive Diffenatio ifagogica de
Scriptoribus Hiltonara feculï XVII.
jlluftrantibus. Lipfi* , apud Thimam
Fritfih. 1710. C'eft-à-dire i Ditfma-
lion touchant les Autiws éêltt on plat tirer
des êcUiniffemtni pour l'Hifloiri du X71I.
Jmle. Par Chiétien, Gi^ç\it , trt. fi
ats eau,
M * r s n
Leiplîc, chezThomas Fritfch. 1710.
8. pp. 599- fans y comprendre 11 T»-
ble. Se trouve 4 Amflerdam chez le»
Waesberge.
pE n'eft point iciuneBiblîothequecom-
plette de tous les Auteurs qui concer-
nent l'Hiflqire du XVII. iîecle. Un Re-
cueil de cette nature ne fçauroir Ctrc l'Ou.
vrage d'un feul homme. On peut dire
néanmoins que M. Gryphe dans l'Effai
qu'il nous prefente , a poulie l'cntreprife
allez !oin;puifque ce volume contient une
Notice d'environ deux mille cinq cens
Ecrivains de ce genre. Il ne fe contente
(tas de nous en donner un (impie Cita-
ogue , qui nous indique fechement les
tiiresdes Ouvrages, les noms des Auteurs,
le lieu » l'année , & îa forme des Edi-
tions; il marque outre cela ce qui diftin-
gue ces Editions l'une de l'autre , & cel-
les qui méritent la préférence ; il défigne
la plupart des Auteurs par quelque cir-
confiance qui les caraéterife ; il (ait con-
noitre plus particulièrement par de courts
extraits quelques-unes des Pièces les plus
rares & les plus curieufes de ce Recueil,
fit il porte d'ordinaire Ion jugement fur
les divers Traitez qu'il fait palier en re-
vue. L'Auteur ne s'eft proporé d'autre
but dans cette Diflertation que d'épargner
le travail à ceux qui voudront étôditto»
J3.8 JoURWAL DES SÇAVANS.
écrite l'Hiftoire du dernier fiecle , en
leurfournifiant un guide qui les conduife
au* fources où ils doivent puifer. Ces
fources qui font en grand nombre , peu-
vent fe réduire aux articles fuivans.
On doit confulrer en premier lieu, non-
feulement les Hiftoires générales & lei
Chroniques des Provinces & d« Villes,
les Abrégez HifloriquesÈk Chronologiques,
les Atlm ou recueils de Cartes Géographi-
ques & Hydrographiques, & de Plans,
ou defciiptions de Villes , & de petits
pais. Il faut de plus , avoir recours aux
Eloges des hommes illulires, à leurs Mé-
moires, aux Aftes publics , aux Diflena-
lions fur les affaires importantes /aux Let-
tres écrites par les Grands ou par les Mi-
nifltes, (bit en leur nom, foitaunomdis
Princes. On peut suffi fe feivir utilement
des différens Etats , des Livres de Généa-
logie, des Traitez d'Armoiries, & même
"des Deferipiions d'Entrées , de Pompe*
funèbres , de Tournois & de Carrousels;
fur quoi l'Auteur loue le travail de Franc,
Médius dam fes deux volumes des S'andttU
Jriumphaiu, où eft ra Hem blé avec beau-
coup de difeernement ce qui fe trouve
fur cette matière dans les meilleurs Ecri-
vains. On ne doit pas non plus négliger
les Ecrits des Voyageurs, les Journaux
hiltotiques, les Mercures,& les G
«/ ( ajoute M. Giyphe) quelque peu d
peu de
M k r s nu. J19
fonds qu'il y ait à faire fur de pareils Ou-
vrages , un bon efprit ne laine pis d'en
tirer parti, puifque (félon Pline) il n'y a
point de fi mauvais Livre, d'où l'on ce
puifie emprunter quelque chofe de bon.
ÎI n'y a pas juiqu'aux Poï fies ■ aux Pie-
ces de Théâtre, aux Satires, & aux Ro-
mans , qui ne puiffent être de quelque
fecours à un Hifloriographe : l'on fçait
(dit l'Auteur, page 185) que MUitrt
X joiié dans fun Amphitryon , dans l'on
Tartufe, & ailleurs, des perfonnes du pre-
mier rang ; & qui' Bxnpi dans Ion Roman
û'Argir.is , a reprefenté fous des nomsde-
guîfez l'éiat où fe trouvoit la France vers
la fin du XVI. fiecle. Ceft à ce même
genre d'écrire qu'on doit rapporter les
Républiques imaginaires, comme YEudi-
mit de J*ma Nkim ErytbrMt, c'eft-à-dire,
de Gia. V'uiorio Rcjfî.
Tels font les Livres neceffaires à tout
homme qui veut s'intlruire à fonds de
l'Hiftoire. Voyons quel arrangement leur
donne ici M. Gryphe. Il les diilribue
d'abord en dix-neuf Chapitres , par rap-
port aux diffijrens Etats de l'Univers. II
a renferme dans Ici. les Auteurs de l'Hif-
toire univerfellcdu XVII. liecle. Le II. Cha-
pitre eft dediné aux Hiitoriens de l'Alle-
magne & de la Bohême; le III. à ccut.
de l'Efpagne & du Portugal -, Va \N . V
tXtadeFtmcc; le V, à. ceux. Sîvwè*.-
Mari 1711. 331
;curs qui traitent des Charges, des
i , & du Droit public , font la
du H. Article. Le III. renferme
lealogiftes. Dans le IV. viennent
ariens généraux , c'eft-à-dire , ceux
c'ait l'Hiftoirc entière du XVII.
Ils font fuii-is des Hiftoriens par-
: ( Article V.) qui fe font attachez
:oire d'un iéul Roi. On trouve
VI. Article ceux qui ont écrit des
res , ou les Vies des hommes il-
dans le VII, ceux qui ont donné
laies ou les Chroniques desProvin-
des Villes. On indique dans le
^s Actes publics, que l'on divifeen
es, félon qu'ils regardent, 1. le
il d'Ancre. ï. leConnétablcdeLuv-
, le Cardinal de Richelieu. 4.. le
1 Mazarin. 5, lesTrotib!esdci6;o.
iffàîres publiques qui les fuîvirent.
dans le IX. ArticledcsDefcriptions
es & de Pompes funèbres ; dans le
Poè'mes, des Ecrits Satiriques, &
urages oratoires , tels que les Élo-
! Panégyriques, & les Oraifonsfu-
dansleXI. des Epiftolaires; dans
de divers Mélanges qui n'ont pu
place dans les Articles precedens;
le dernier , l'Auteur fait un dé-
ment des écrits hiitoriques concer-
Lorraine.
en général quel cft \c isSàm &£
I
332- Journal ixes Sçavans.
cet Ouvrage. Quant à l'exécution, nou*
fommes perfuadez que l'Auteur en con-
noît trop les difficultei , pour fe flater
de les avoir toutes furmontées. Mais
quoi qu'il en foit , on doit toujours lui
fçavoir beaucoup de gré d'un Efiai tel que
celui-ci qui peut inviter les Sçavans à tra*
▼ailler de concert pour remplir un projet
fî utile.
Difputatio Juridica Inauguralis de caufîs
juramentum fuppletorium refpuentibus;
quam, &c. die 4. junii 1710. placidae
Éruditorum difquifitioni fubmittit F e 1-
dericus Arnoldus Beck Lipf»
tad. Weftphalus. HaU Magdeburgica „
Typis % oh. Montagù , Acaâemu Typogra-
phe Ceft-à-dire : Des cas. eu il n9$fi
pas permis d'ordonner le ferment t Differta*
tion de Droit pour une difpute publique
Jv 4 Juin 17 10. Par Arnaud Beck. A
Hall , de l'Imprimerie de Jean MonU-
gue. in 4. pagg. 1$.
t E ferment eft d'un grand ufage dans les.
*^ Tribunaux; c'eft une reflburce que le
défaut de preuves rend neceflaire , « qui
eft fondée fur l'opinion que l'on a de la
religion des Parties. Un Juge peut le
déférer d'office; il peut attendre auûl qu'il
en foit requis. Quelquefois le ferment
eft h feule preuve d'un b& cotfu&fe » ^
^w.
M h. r s 1711. 3i5
pat là il décide feu! la conteftaiion, c'eft"
ce que les Doreurs appellent 'Juramcmum
Purgaioriam, Mais fou vent il ell employé
pour fuppléer feulement à ce qui peut
manquer aux autres preuves , & c'elt ce
qu'on nomme ici Juramentum Supfttt»*
mm La DifTertaiion qui lait la matière
de cette Thefe . roule fur cette féconde
efpece de ferment, & explique le cas où)
il n'eft pas permis de l'admettre.
L'Auteur exige d'abord une condition
générale, qui clique ce ferment nevien-
ne qu'à la fuite des autres preuves , &
qu'il trouve déjà, pour ainûdire, la con-
viction à moitié laite. 11 doit être le
fuplément, 8< non pas le moyen princi-
pal d'une action.
Celte petite Thefe roule fur deux prin-
cipes. Le premier , c'eft qu'il n'eft pas
permis d'expofer à la religion du ferment
ceux de qui on ne peut guéres compter
d'apprendre la vérité par cette voye. Te!-
les font les perlonnes infâmes , ou dont
la raauv.iile vie eft publique. La raifon
qui exclut du ferment ces fortes de perfon-
nes, c'eit qu'on n'a pas allez de confiance
en elles, pour croire que la vùë delà Re-
ligion puilic leur arracher un aveu con-
traire à leur intérêt ; ainlî c'eft les enga-
ger a un parjure certain , que de Us, f\\te.
jurer en pareil cas.
Le fécond principe q.u teg^e
«es».
334 Journal des S ç a v a n s.
cette Thefe, c'eft que la décifionqui naît
du ferment, ne regarde que les perfonnes
entre qui le ferment a été ordonné , ou
ceux oui les reprefentent , & qu'elle ne
s'étena point à d'autres perfonnes.
Enfin le ferment eft défendu dans tous
les cas où le fait qu'on prétend prouver
par cette voye , n'eft pas vrai-femblable ,
& où il n'y a point d'autre circonftance
qui conduire à rétablir.
Joâchimi Meieri J. U. L. & in
Eleéfcorali Paedagogio Gottingenfi Prof.
P. deBoiorum migrationibus 8c origine,
. neenon de claris Bohmeris Dilfertatio-
nés Epiftolicae binae , quarum altéra
nunc primùm prodiit. Gotting* ,fumpti-
bus Johann. Chriftophori Konigii Bibtiop.
Geflarienfis. an. 1710. Ceft-à-dire:De«x
Dijfertations tn firme de Lettres , fur les
tranfmigrations w l'origine des Boïent , CS*
fur les perfonnes diftinguées qui ont porté le
nom de Bohmer. Par Joachim Meier.
A Gottingue, chez Jean Chrift. Ko-
nigius. 1710. in 4. pagg. 100. Se trou-
ve à Amftcrdam chez les Waesbcrge.
pEs deux Differtations peuvent fçrvir
de fupiément Tune à l'autre , & on
voit au commencement de l'Ouvrage»
une -Addition, qui eft, à proprement par-
1er , un fupiément de touxtt te deux.
M. Meier, ou plutôt félonies Au-
Innt il embrafle le fentiment , lej
étoient Celtes d'origine. Sons le
d'Ambigat ils quittèrent la Gaule
ue ; & conduits par Sigovefe,
de ce Monarque , ils traverferent
■manie, & pénétrèrent jufques dam
:t Herciniennc, où ils fixèrent leur
re. La contrée qu'ils occupèrent
nom àc Bsheme, c'eft-à-dire, Ttrn
eut. L'Auteur a raifon de reraar-
ue cette origine des Boïens eft bcau-
ilusplaufible , que celle que leur
ent certains Ecrivains Allemar», qui
.r d'avouer que les Bohémiens font
iirement Gaulois, ont recours à des
Ils font venir d'Aile les Boïens,
icmus Roi fabuleux , qu'ils leur
■it auflî tôt après le Déluge. Ile
cent dès ce temps-là au milieu de
Et Hercinienne , d'où ils les font
pour aller s'habituer dans h Gaule;
iiite ils les .ramènent dans leur an-
demeure. M. Meier croit que les
furent ainfi appeliez du nom d'un
336 Journal des Sçayans.
tîu des Iftandois fous le nom de Bui , &
des Suédois fous celui de Bo$ Boo t ou Boè.
Il étqit Cimbre ou Danois , & il vivoit
«u dixième fiecle, fous l'empire d'Othon
Ï1L dans le temps que Suenon à la barbe
fourchue regnoit en Danemark. C'eft un
des grands Héros du Nord , & fes adtions
méritèrent une Hiftoire particulier^, inti-
tulée, Bua Saga , c'eft à-dire , la Vie de
Bojus. Snorron Sturle le dépeint d'une
taille au deflus de l'ordinaire , & il dit
que fes forces répondoient à fa hauteur.
Il ajoute, que Bojus étoit colère, & mê-
me capricieux. Par l'ordre de Suenon il
alla attaquer la Norvège avec vingt Vaif-
feaux. Les Jarles ou Comtts Haquin &
Eric qui gouvernoient alors ce Royaume,
s'avancèrent au devant de lui , a^ec la
Flotte Norvégienne , & il fe donna fur
mer une Bataille fanglante , Bojus fit des
aétions étonnantes dans ce combat $ mais
ayant à la fin eu les mains coupées d'un
coup qu'il reçut deSigifmond filsdeBrefte,
il defefpera de la viéloire, & fe jettadans
la mer , avec tous ceux qui combattaient
à fes cotez.
Les tranfmigrations des Boïens , ,de la
manière dont on les confidere dans ces
Difiertations , font de deux efpeces. Les
unes font véritables , & les autres fuppo-
féesm Les premières font au nombre de
Gx dans la première Diftctttâo& % oti f
M k R s i)i>: 3ÎT
en ajoute une feptiéme dans la féconde.
La première tvanfmigratiou eft celle
dont on a déjà fait mention. Elle arriva
du temps de Tarquin le Vieux. La fé-
conde arriva lorfqueks Boïens fortantde
la Forêt qui les environnoit, fe répan»
dirent jufqu'au Danube , & s'établirent
dans les pais qu'on a depuis appeliez Au-
triche, Carinthie, Styrie, Tirai, &c. La-
zius les reconnoît & dans la Marche dis
B&ttm, & dans divers lioms propres de
villes, de vallées, & de fleuves , com-
me Boyrbmh, Baittngau , Boilach , Boijiing,
Si Bnljinin. Mais il fe trompe lorfqu'il
prétend que ces Colonies des Boïens fe
firent du temps d'Augufte , & fur-tout
lorfqu'il entreprend de prouver fon opi-
nion par Polybe , qui vivoit long-temps
avant cet Empereur. On compte pour
la troilîéme tranfmigration le paiTagc des
Boïens Gaulois en Italie, foit fous la con-
duite de Bellovefc , foit fous la conduite
de quelque autre Chef. Ils s'y faifitent
de tout le pais qui eft entre le Tar , le
Po, le Rubicon, 8c l'Apennin ; & aptes
s'y être long-temps maintenus, ils furent
enfin «terminez par Scipion Nafica, qui
les défit dans une grande Bataille. Ce
qui reila , jugea à propos d'aller rejoindre
dans la Pannonte & dans VUtyne ï avises*
"aulow&'ti'aufresBoïens,qiii s'"j ètcÀraat
Si c'eft ce qu'on appcUc ic\ V».
33^ JonilNAl DES SÇAVANS.
quatrième transmigration- Ces Etrangers
fe mêlèrent avec les peuples qu'ils vain-
quirent; & leur ayant communiqué une
partie de leur bravoure , ils fe rendirent
tous enfemble formidables à toutes les
Nations des environs. Ils couvrirent de
Soldats la Grèce & la Macédoine ; ils
vainquirent Ptolomée Ceraunus de Soilhe-
ne ( Bc quoi qu'Antigoue eût gagné lut
eux une grande victoire, ils ne raillèrent
pas de conferver leur pais , & de le défen-
dre contre les Getes , jufqu'au temps
d'Augufte & de Tibère. Les Boïens 6-
rent leur cinquième tr an [migrât ion lorf-
qu'ils pafierenr d'Europe en Alie fous le
nom de Totilkbejts , à la prière de Nico-
mede Roi de Bithynie. Ils défirent les
ennemis de ce Prince; & depuis ce temps-
là il ne fe rît plus de guerre en Afie, qu'ils
n'y euffent quelque part. Les Teclofages
BclesTrocmes, autres Gaulois, les ac-
compagnoient , & ils occupèrent enfem-
ble la Galaiie. Pour parler de la ilxiéme
m n (migration , il faut revenir aux Boïens
de la Forêt Hercinienne. Du temps d'Au-
gufte, MarobodeRoi des Marcomans.lcs
attaqua , & fe rendit maître de leur pais.
Les principaux ne purent fouffrir la perte
de leur liberté , & aimèrent mieux s'é-
tonner, félon M. Meier, que d'obéir aus
Afarcomans; mais \\ çVb çjatide partie
du peuple relia dans \a bobont , ojà \
«nïr.
M * * « tflï. 3„
caufe de cela conferva fon nom. Ceui
qui forment , allèrent demeurer fur le
bord de I'IîiHj & joints aux Boïens de 11
féconde tranfmigration qui y regnoienr,
ils comportent la Nation Bavaroife.
Mais avant l'irruption des Marcomansune
partie des Boïens de cette féconde trans-
migration avoit changé de demeure. Les
H civet iens las de leur païs, 8c voulant en
conquérir un plus fertile , avoient engagé
jïooo de ces Boïens à les fuivre. Cé-
far défit îes uns & les antres, ainfi qu'on
le voit dans fei Commentaires -, mais
comme les Boïens s'étoient emêmement
diflinguei par leur valeur , les JEduens
demandèrent an vainqueur cerne que le
fer avoit épargner, & ils leur donnèrent
des terres. Voila en abrégé les fept véri-
tables tnnimigraiions des Boïens. Les
fabuleufes font celles qu'on leur fait faire
d'Arménie en Europe -, d'Italie , dans la
- Pannonie, avant que d'aller s'emparer de
la Forêt Hercinienne; de Bohême, dans
les Alpes; & de Bohême, dans la Vinde-
licie , après la Bataille de Tolbiac. La-
trus, & les autres Auteurs de la première
Iranfmigration tabulaire , la foutiennent
de quelques raifons que M. Meier réfute.
Il* diieni que des Soldats qui avoient
fuivi l'Empereur Frideric BatbctoMfe ca. J
Orient, ncoatcrcni qu'ils avoieïviWMS*
rers l'Arménie, des peuples qui çaAo^"*-
p 2 1oa*.
34o Journal des Sçatans!
Bohémien. Ce fait -là, remarque M. Meier,"
peut être vrai , mais on n'en peut rien con-
dune par rapport à l'origine des Bo'îens.
On a vu que les Toh'llobojes occupèrent
une partiede laGalatic.c'étoientapparem-
jnent de leurs defeendans que les Soldais
de Batberouiïc entendirent parler. Nous
ne nous arrêterons point auï autres railons
de Lazîus , elles font encore plus faibles que
celle que nous venons de rapporter.
Les Lecteurs trouveront dans la dernière
Partie de chacune de ces deuïDifiertations,
un Catalogue hiftoriquenon-feulemenide
ceux qui ont porte le nom de Bohmeri
mais aufli de tous les Bohm , Bchm , £».
hem, Bohaim, & Behaïm , qui font venus
à Ii connoiflance de M. Mcier.
NOUVELLES DE LITTERATURE.
DE FLORENCE.
T E Père Dom Valfecchi Benedidin, a pu-
■" blié un Ouvrage dans lequel il veut
prouver, i. Qu'on peut déclarer nulles de»
Fiançailles contractées par un enfant de fa-
mille, a l'infçûde fesparens.avecunefille
d'une condition inférieure , quoi que le
fils de famille ait abufé de la fiancée en'
ta de fa promeffe. t. Que ce fait efl c
:cen>er-
M
B. S >7tl.
compétence du JugeEcclcfiaftîciue. CeLi-
vreeftmuninon-feulement de l'approbation
de plufieurs Théologiens, mais mâne de
celle de l'Uni verfiré de Florence.
M. l'Abbé Salvini a publié les Faftes Con-
ciliaires de l'Académie de Florence. Cet
Ouvrageeft curieux. L'Autour a recherché
arec foin tout ce qu'on pouvoir içavoirde
la vie& des Ouvrages de tous les Sçavans
qui ont été honorez du Confulat: Pc tous
les plus fçavans & les plus illuilres Perron-
nages que Florence a produit depuis 160
ans, ont rempli cette Charge. Pour faire
voircombien l'Académie étoit contentede
cet Ouvrage, elle a conféré le Confulat à
l'Auteur pour la féconde fois , quoi qu'il
n'y ait que trois ans qu'il foit forti decet-
[te Charge.
,D £ NUREMRERG.
I L paroît ici un abrégé de l'Hiftoire Lir-
f teraire de Hongrie, qui contient la vie
je les écrits de tous les Sçavans qui fe font
Indus iliuitres par leurs Ouvrages, dans
1 Hongrie , dans la Ûaluutie , dans la
|roatie,dans laSclavonie,& dansUTran-
. On y a ajouté une lille de tous
I Auteurs qui ont écrit fur l'Hiftoire de
fcngrie. * Davidts Cz.uiiiitngtri iptcimiit
Tlerû Hungarii* iJlltrut -vlrotHm irudiio-
| cUrimm nMimt Hungnr arum , DjI»'*-
la 4 Si Ow
e i Amflcidam chez, ks, Vfisâowv^
344 Journal dis Sçavans.
eues Papes ont écrit touchant les affaires
Êcclcfiaitiques du Royaumede Pologne; &
\m autre volume compofé des Diplômes
qui n'ont point encore paru, & qui fe
trouvent en Pologne, en Hongrie, & ca
Allemagne.
Un Confeiller d'Etat du Roi Auguffe
doit publier plufieurs Lettres diEneas Syl-
>ius, qui n'ont point encore paru.
M. Erdmann Uhfen fait imprimer une
Hifloire Ecclcfiaftiquc du feize & du dix-
feptiéme liecle, en Allemand.
DE %V E D L I N B O U R G.
Vf R.KettnerDoâeur 8c Miniftre de cette
1V1 Ville, a -publié enMemand l'Hifloire
de l'Abbaye de Quedlinbourg. Cet Au-
■ teur a pouffé fes recherches auffi loin qu'il
a pu ; 8t tout ce qu'il avance eu: Fondé
fur des Diplômes qu'il rapporte. Il f a
fait graver les médailles qui ont été frap-
pées à l'oecafîon de cette Abbaye ; les
portraits des Abbez , &c.
DE HALL.
T Es Millionnaires que le Roi de Dan-
■" ncraaik a envoyez fur les cotes de Co-
omandel, ont fait une Relation fort am-
ple de leur Negotiation , & des progrès
qu'ils prétendent avoir tait dans la conver-
£on de ces Peuples. Ils ont traduit lcN.
.Tciïamcnt en Langue MaUWe , & te
M i
1711.
34Ï
oyé cette traduction dans cette Vil-
ar y erre imprimée , avec un Diétion-
dc cette Langue. Ils ont trouvé
m Manufcrits en Langue Malabare.
t preffe.
TAS.GA RDEN PO MER A NIE.
nsibuk Hufelitr Docteur en Me-.
ecine, entreprend de donner auPu-
ne Bibliographie Univerfelle. * II a
Te prefque tous les Catalogues & pref-
mi les Bibliographes , & il fe propofe
luire tous ces Ecrivains dans un feul
. 11 les publiera d'abord félon l'ordre
itieres , & enfuite félon l'ordre des Au-
Le Catalogue par ordre de matière
ccompagnédedeux Indices, l'undei-
comiendra les noms dcsAutetirs, &
e le titre du Livre, pour aider à ceux
e fe fouviendiont point du nom oc
eur; & leCatalogue des Auteurs aura
deux Indices. Le premier indiquera
atieres; le fécond, les titres des Li-
M. Hufciirt doit publier inceiïam-
la ClaiTe des Phiiofopl.es. Lile r.c
endra. dit-il, que dix ou do.uie a1.-
:ts. Cependant elle comprendra ht
P j Cec-
Jn irouve fou ïioici chez les Waesbcige. II
""f''"' *
1 ai *JwpaaJ» ftj EfijltlMa {«mm»
«fcV
54s Journal des Sçavan).
Géographes, lesChronologiftes.l'Hiftmre
Ecclefiaftique, l'Hiftoire Grecque, l'Hif-
toire Byzantine, l'Hiiloire des Turcs, l'Hif-
toire Romaine, l'Hiftoire d'Italie, l'Hif-
toire de France, l'Hiftoire de toutes les
Provinces de l'Allemagne , l'Hiftoire d'An-
gleterre, l'Hiftoire d'tïpagne, l'HilIoite
d'Alie , miitoired'Afrique , l'Hiftoire , du.
nouveau Monde, les Voyages, les Biblio-
graphes, les Philofophes, les Graniraii-
riens, les Dictionnaires, les Orateurs, les
Poètes, & les Philologues.
DX) ïFOSD,
Vf R. Hearne vient de publier lepremier
volume de l'Itinéraire de Leland,
qu'il a tiré d'un Manufcrit de la Bibliothè-
que Bodleienne. On trouve à la fin de ce
volume deux petites Pièces, dont l'une cil
intitulée. Les Htrenms. C'elt unOuvrage
du même Auteur. L'autre ell un Difcours
fur quelques Antiquité! qui ont été trett-
fées dans la Province d'Yorck.
M. Halley a enfin publié le Traité des
Sections Coniques d'Apollonius Pergacm,
jijwlUnii Pergti Conicomm Lïbri l'ill. quo-
rum quatuor priera Gr. L.ir, cum Pa/fi
Lcmmatis & F.utcui JfcaUniit, Cornmmm-
riis nunc primùm Grue idili, dttn irtifafif
riens nemft V. VU fg VU. tx Ar*bii» fir-
monc ( quo folo txfaris ) ir> Lniinum cmvnfi
mm Limmaiii P*t?i Gr, Ut. intejdem. 4**-
^M a % i 1711.
fur liber oflavtu, tfui e!im ptni
m. optrâ fjT JfciA'» £rf™. Ha&tf ,
Oxoni«»/ii Gtomttri* Pmft/Jhii Ssûëi
Jlcctfferunt Strcni jSntijfcvfis Libn duo
Sttlhm Çylindri v Ctmi, Cr. Lai. non,
■uifi. fol.
...
En
r
'i
DE LONDRES
f\N a publié les Oeuvres du Dodl
Stillingfieet Evéque de Worceller, en
fîx volumes in fol. On y a joint la vie
de l'Auteur, qui fe vendra feparément dans
un volume in 8. en faveur rie ceux qui ne
voudront point faire la dépenfe d'acheter
les fin volumes in fol.
Des Maizeaux va faire imprimer
en Hollande la Vie de M. de Saint Evre-
L'Autcur nous faitefperer quecet-
tion fera incomparablement plus
rrecîe, & même plus ample que celle
, 'on a publiée ici , parce que les Impri-
meurs Anglois, dit-il, l'ont toute défigu-
rée. Elle fc vendra feparément, pour faire
plaifir à ceux qui ont déjà le Recueil des
Oeuvres de cet Auteur.
M. le Doéteur Wake prefentement E-
vêque de Lincoln, a publié une féconde
Edition de fa traduction Angloife des Epi-
très de faint Barnabe , de faint Ignace , de
tàint Clément, & de faint Poiycarpe; du
Patleor d'Hermas, & du martyre de faint
Ignace & de faint Polycarçe. On trouve,
P 6 Wv
JOURNAL DEJ SçAïANS.
à la têts de ce Livre un Difcours trèsinf-
truclif fur toutes ces Pièces.
On aauiïi publié une féconde Edition
du Traité de l'origine & de l'inflitution
du GouvernementCivil, parM.Hoadlcy,
Il y a quelque temps que Madame M;in-
]ey publia un fécond volume de fa Satyre,
intitulée, Mémoires de la nouvelle Atlantide.
Elle vient d*en publier le ttoiiiéme : mai*
comme on avoit voulu lui faire des affai-
res fur les deux premiers Tomes ; pour fe
cacher avec plus de foin dans celui-ci , elle
lui a donné ce titre , Memoirs cf Eurepe ,
&t. C'eft à-dire : Mtaomi de l'Europe
vers la fia du huitième jiirfe , écrits par Egi-
nard. Secrétaire cj- Favori de Cbarlcmagne;
V mis en Anglais par le Traducteur de I*
muvelle Ailaitidi. On a imprimé la Clef
de cet Ouvrage, laquelle fe vend fous le
On a publié un nouveau Livre de Mé-
decine, dont voici le titre ; D. Daviii*
Ham'sltoa Equitis Aurait , Rcgalis Csilegïi
Medicorum Londmcnfium, Regwquc Sôcietatit
Socii, nienon Magnt BrilannU Regin* Mi'
d'ici crdinarït , Traftatus duplex , prior île
Pruxcos regulis ; aller, de Fibre miliari. At*
cejfit Fe&rii miiiaris Biftoriaritm F.ifi iculus.
in 8.
M. Hill Auteur du Voyage de Turquie,
doit faire imprimer .en vers Anglois la Je-
lufaïeia du TalTe, en deux volumes in 8.
Maïs 1711- 349
H en a publié le Prodrome, pour exciter
les Sçavans à prendre des fouferi plions.
On vient de réimprimer The Peeragt ef
England , &c. C'e(r-»-dire : Ut-tai pre-
feni des Pain d'Angleterre , contenant leurs
gencahgiei , leurs crtatiem , les prlncipaltt
aélhns de leurs vies , &c Cette féconde
Edition eft plus ample & plus exaiic que
h première, & l'on y a ajouté les armes
de chaque Pair gravées en bois.
On a publié, une nouvelle Edition *
du Recueil des Lettres des hommes obfcurî,
par Ulric Hutren; on y a joint la Satire
de Beze contre le Préfident Lizct.&deux
petites Pièces en vers François contre le
même Préfident. Epithlarum ebfcunrnm
Virorum ad D. M. Qrsumum Graùam -ne-
lumina II. exflantxultis Librh ccnglutinat»
Îmi mus pt/iguis cotui per dutm annoi , oves,
ovis.fues, grms, pajferes, anfirc, , £SV.
toquere , vil alii]nis famofus cstkfaclur cemum.
magna hypscaujla fer viglml annos , ab eh
taltfacere pojjet. Ascefferunt hmc Editiani
Epifiela Magijln BmtdîSli pajjavontii ad D.
Peirum Lyfctum;!k la ComfUinie de MiJJiir
Pierre IAz.it fur h tripes de fin feu »«.
11 manque une Prél";ce à la têtede cette
dernière Pièce : car tout le monde n'en-
tendra pas ce dont il s'agit dans cette Sa-
tyre.
11 y a déjà quelque temos t\ftvi\w°*
P t **
k A neuve à Amfletdam *n. \« "* w*»*^ -
s»
3Î0 JOtISNAI. DEsSçAVANS.
ici un petit in 8. de i<8 pages, intitulé :
An English-Saxon Homily, &c.
C'eit-â-dire ; Homélie Angle-Saxone fur le
jour de la naifj.mzt de S. Grzgtdre , de laquel-
le on fi ferviu anckmietiiciii dws !' 'h.glifi Anglù-
Suxont, contenant CHi/lcirc de la Converjion
dis Anglais du Pagamfme au Chriftianijmt ,
traduit en Anglcis moderne, avec dis nota,
par Elisabeth Elflob- H paroîr par cet Ou-
vrage, que Mlle Elftob fçait non-feule-
ment la Langue Saione, mais quel» Lan-
gue Latine $t la Langue Grecque ne lui
font pas inconnues. Dans la Préface , qui
contient 60 pages, elle répond d'une ma-
nière également fenfée & modefie, à cer-
taines perfonnes de l'un & de l'autre fexe,
qui trouvent mauvais que les femmes s'ap-
pliquent auxScienccs & à l'étude des Lan-
gues, comme fi l'ignorance devoit être
Icftr partage. Elle dit que les Dames per-
dent plus de temps aux fpeetades, à des
YÎIites, & à d'autres choies inutiles, que
ne demanderont une étude qui cultiveroîc
leur efprit, 6c perfeétionneroitleur Raifort.
Après cela, elle exhorte en particulier les
Dames Angloifes à étudier la Langue
Saxone , qui eft celle de leurs ancêtres.
Elles s'inftruiront non-feulement des Loix
& des Coutumes de leurs pères dans cette
étude.dil-elie ,ellesy trouveront encore de
quoi nourrir leur zèle & leur piaté.
Afedcraoifelle EACtob «çok eaSafc* le*
M A II S 17"- 351
motifs qui Vont engagée a induite cette
Homélie. Elle rend compte des ditTérens
Manufcrits qu'elle a confultez pour rendre
fa traduction la plus correéte qu'il étoit
poffible. Elle fait l'éloge de faint Gré-
goire, fle celui du Moine Auguftin, que
ce Pape envoya au* Anglo-Saxons, pour
les convertir au Chriftianifme. Elle juftifie
Je procédé de faint Grégoire, 8t la con-
duite du Moine Augultin, contre quel-
ques Auteurs qui n'en ont pas jugé d'ace
minière allez favorable. Elle rapporte
"quelques morceaux de la Liturgie des
Saxons . & quelques partages de Bédé,
par lefquels elle tache de prouver que le*
Saxons éroient dans les mêmes femimens
que l'Eglife Anglicane enfeigne depuis la
K-cformation,tant à l'égard des principaux
articles de la Foi, qu'à l'égard de la ledu-
re de l'Ecriture fainte en Langue vulgaire,
de la Suprématie du Pape , du culte des .
Images, &c. Après ces Obfervations,
Mademoifelle Elftob dit que l'Homélie
qu'elle nous donne eft une de celles que
le Moine Alfrik Saxon , avoit composées
pour l'ufage de l'Eglife Saxonne. Elle eft
dédiée à Sigeric Archevêque de Cantor-
beri , auquel Alfrik a fuccedé.
Après cette Préface fuit l'Homélie,
imprimée à deux colomnes , le Saxon
d*un côté, & l'Anglois de Vauwe, «*«.
des noies au t.is des paacs. On i *■
350 JoiïRMAtJ
ici un petit in S. âm
An English-SA
Ccft-à-dire: HamA
jmr de la naiff-m» 4
Sttxent, contenant t'h
du jingtois du P.igji
traduit en jtntHtM
par B.tiï.abeth fiJ/W,
vrage, que Mlle E
ment la Langue Sa»
gue Latine & la Ll
font pas inconnues,
contient 60 pages, g
nierc également fenf»
laines perfonnes de P
qui trouvent mauv»
pliquent aux Science*.
i#*"td
5^
FM
«ifites, & à d'autre
ne demandèrent une,
leur efprir, & perfed
Aptes cela, elle exl
s Angloifes
Saxo:
, qui eft
Elles s'inft
& desCo
étude, dit-elle .elles
çuoi nourrir leur 1
Aiadeœoifcllc El
I a r ! 1711- 3*3
r l'Eniheufia/mt, L'EjfaifurÏHfap
DE LA HATE.
1 , connu par le Théâtre de
: Rome , qu'il a publié ea
: nom de Prélat ihmefiiap4
t les Monument authentiques
m des Gréa , & par quelques
limages , vient de publier uq
fatulé : Tout les Synodes Natio-
I EgUfit Refermées de France ,
a joint des Manrlemens Roy'
ulujteurs Lettres politiques fur
Synodales , intitulées , Doe-
1 morale , difeiplinc , cas dt
j impiété , vicei , def-
flafses, centres, fufpenftom,
, griefs , appels , débats , pro-
'Crets i$ jugttnini définitifs, C0H-
Editi de pacification , & leuri
les plates de fureté , tr leurs
; les Chambres mi-pa-rties,
rîfiillers ; les affemblées poli-
t privilèges ; les Unitierfi-
Profeffeurs 1 les Collèges,
; Us Uglifu , UT leurs
s Confijhires , w leurs Slem-
'lotjites ; <y leurs de^Aitt*
W« , ej> leuri Mort****
, CtmmiftaWts , »lj»tw.
J-l JOURNAL DES SÇAVANJ.
joint une traduction Latine , compofée
par M. Elftob , frère de Mademoiselle
Elftob. Après fuit un Appendice , qui
contient plulîeurs Lettres de Saint Gré-
goire , accompagnées de remarques qui
fervent à expliquer & à illuiirer l'Homé-
lie. Cet Ouvrage eft fort bien imprimé»
il eft accompagné de vignettes fort pro-
prement gravées.
Mademoiselle Elftob noua apprend dans-
fa Préface , que M. le Doéleur Smith
Chanoine de Durham , travaille à une
nouvelle Edition des Oeuvres de Bédc,
laquelle fera très- exacte.
Il paroît un Ouvrage imprimé : ioti-
foq uy or adulte to an Autbor , £jr. C'eil-
à-dire : Saliloqut , on Avis aux Auteurs*
in 8. pp. 106. L'imprimeur a mis à la
tête de ce Livre un Avemffeinent, dans-
iequel il avertit les Lecteurs , que cet
Ouvrage n'elt que l'eifai d'un gros Trai-
té , que l'Auteur publiera inccllammenf.
Cej Avis contiennent des réflexions fur
la plupart des Sciences. II s'y rencontre
quelques traits aflez vifs fur la Théolo-
gie & fur la Politique. L'Auteur a don-
né le titre de Soliloque à fon Ouvra-
ge , parce qu'il fouhaiteroit qu'un Au-
teur s'appliquât à bien entrer en lui-mê-
me , & à fe bien connoitre. -On croit
que cet Auteur eft le même que celui
ÇUi flous a donné Les MwaUIm , La
'
1 fc R S 1111. 3*î
Énthaujiafme , l'Ejfai fur Info*
,'u, &c.
DE LA HATE.
. Aymon , connu par le Théâtre Ji
a Cour de Rome , qu'il a publié en
fous le nom de Prélat damtjliqu*
pi ; pat: les Monument authentiques
Religion des Grtcs , & par quelques
Ouvrages , vient de publier un
intitulé : Tous lei Synodes Natio-
des Eglifes Reformées de France ,
h en a joint des Mandement Roy-
& tdufieurs Lettres politiques fur
uitrts Synodales , intitulées , Hoc-
, cuite , morale , difiipline , fit à*
nci , eneurt , impiété , vices , dif-
, apo/lafiis, cenfures , fufpenftons,
tmes , griefs , appels , débats , pre-
s, décrets & jugemem définitifs , con-
<t iis Edits de p.uijicatim , C7 leurs
'.ions i les places de fureté , V leurs
raturs ; les Chambres mi-parties,
*rs ConfiiUers ; les ajfemblèes poti-
, c leurs privilèges ; les Univerfi-
& leurs Profejfeurs -, les Collèges,
1rs Regens ; Us bglifes , t? leurs
trs ; les Confifleires , c leurs Msm-
les Colloques ; v leurs déperlt-
î- Ut Synodes , & leurs Modéra-
, Ajuimi , CtmmiftcùHi » Dty*wv,
354 JotJRNAt DES SÇAVANÏ.
c Surttatm , qui ont approuvé ces Ae-
tts; mis au jour tn diui. volume; in 4.
11 parut à Londres en 1691, un Sem-
blable Ouvrage en Anglais , publié par
M. Jean Qukk Minillre de Londres,
2 ni y avoir ajouté quelques Notes. L'E-
ition que nous annonçons contient les
Ades félon l'original François. Les No-
t« font les mêmes que celles de l'Edi-
tion Angloife. M. Aymon n'a fait que
les traduire ; & il a fuivi l'Auteur An-
glois avec tant de fcrupule , qu'il a tra-
duit jufqu'aux fautes.
Ce qu'il y a de nouveau dans cette
Edition , confifte, r. Dans une Pré-
face que l'Auteur appelle Symbolique £3*
Jlpolotttiytt. Il dit que la copie fur la-
quelle il a tait imprimer ce Recueil , lui
a été communiquée par M, Maurice le
Leu de Wilhera , Ptciïdent du Confeil
Souretain de Brabant à la Haye, fils de
M. David le Leu de Wilhem , Con-
seiller du Confeil des Princes d'Orange.
Ce dernier Pavoit eu, dit M. Aymon,
des Miniftres de Charenton , qui lui
avoient confié l'Exemplaire original des
Tingt-fis premiers Synodes revus & cor-
krigei Pan 1637, par ordre du Synode
d'Aiençon. Le relie de la Préface eft
employé à prouver l'utilité des Synodes
t des a/Temblées Ecclcliafti^es. *. En
te
M»*' 1711. 3«f
itt Croix , & d'une Lettre Je
,ine de Médias * M. de Renés fo*
.alïadeur auprès de l'Empereur. Les
.très du Cardinal de Sainte Croix
t en Italien. & en François, de la rra-
ftion de M. Aymon. Il affure dans
Préface , que ces Lettres ont été titées
.-s MU originaux de la Bibliothèque du
/Mican ; c'elt ce qu'il aura peine à per-
fuader à ceux qui connoiffent la réputa-
tion que M. Aymon s'eft acquife.
DE PARIS.
Religieux publiée i Rouen par M. Her-
mant Curé de Maltot. Un Religieux qui
travaille depuis long-temps a un même
Ouvrage , vient d'en publier le Prodro-
me, fous ce titre: Leiirt du P. Hifpotjt
Hiljei, Religieux Pénitent du treifièmt Ordr
dt S. François , du Convint de Pîipus , fur
U nouvelle Edition de l'Hijloiri du Ordres
Religieux , de M. Hermitnt , Cure de Mal-
tot, en Normandie. A Paris, chez J, B.
Coignard, chez Michel Brunet, & chez
Nicolas Goiïelin. 1710. in 4. pp. ï6.
Pour donner plus de poids i 1 Hiftoire
des Ordres Religieux que le P. Helyot
fe propofe de publier inceffaramwX , il
phfieuit remarques critxqjin ta ta.-.
■
,3i<5 JOUXNAÎ Dlî SÇAYANS.'
le que M. Hermine vient de puMi'er-
i. 11 dit que cette féconde Edition eit prei-
quels même quela première, publiée en
1Û07, quoi que l'Auteur veuille faire en-
tendre qu'elle eil beaucoup augmentée-
„ Toutes ces augmentations confident,
„ dit-il,en ce qu'il s'eft plus étendu fur quel-
,> ques vies de Fondateurs qu'il n'avoît
>■ fait dans la première Edition; en ce
» qu'il a donné des catalogues de Monaf-
h teres en France, qui fe trouvoient déjà
» imprimez pour la plupart dans '.a Clef
» du grand Touillé de France deM.Dou-
» jat; en ce qu'il a ajouté de nouveau,
», mais en petit nombre quelques Ordres
„ ôî Congrégations qui avoieni été omis
» dans la première Edition.
2. Il prétend qu'il a fuivi aveuglément
le fentiment de quelques Auteurs, fans
s'être donné h peine d'examiner fi ces
Auteurs ne fe font point trompez. On
s'apperçoit bien , par exemple , dit-il,
3ue parlant de l'Ordre des Silveftiins,
a fuivi M. Baillet dans ce que ce fça-
vant Cririque en avoit dit dans la vie de
S. Silveilre Goizolm leur Fondateur. Car
il dit, avec M. Baillet, que S. Sîlveilie
alla à Rome en ri48, pour faire ap-
prouver fon Ordre par le Pape Inno-
cent JV. & que non-feulement il ob-
timh confirmation de foi\ Otite, mais
Qu'on lui donna même une. tawfoo. 4m»
, qui i
A R S I7II.
fubfitie encore aujoi
ious le nom de S. Jacques, lu de-
Tibre. Cependant le Pape s'étoit
: en France dès l'an 1144. & ne
irna à Rome qu'en 1152. Ce ne
donc point à Rome quefaint Silveftre
jUt la confirmation de l'on Ordte, puif-
uele Pape n'y étoit point alors, tu' en
.•n 1248, puifque celte Bulle de confir-
mation eft datée de Lyon le 17 Juin de
l'année 1147 > 'a cinquième du Pontificat
d'Innocent IV.
3. Il l'accufc d'avoir eu trop de con-
fiance aui Mémoires qui lui ont été four-
nis, donc quelques-uns lui dévoient être
fufpefts- Par exemple , le P. Helyot croit
qu'il a copié tout ce qu'il dit des Guillel-
roites & des Religieux de S. Paul premier
Hermite, fut des Mémoires que lui ont
fourni les Hermites de faînt Augufiin, &
il prétend que ces Mémoires ne font point
exaéls.
4. Il prétend qu'il y a des fautes groffie-
rcs dans plufieurs endroits de l'Hiftoire de
M- Hermant. Cet Auteur dit , par
exemple, qu'iln'y a en France que cinq
Couvents de Camaliules, qui font Gros-
Bois, le Val-jefus, Beffé, la Flotte, &
le Mont Valericn > p tes Paris. Le P. He-
lyot remarque deux fautes dans cet en-
droit- 1. Il n'y a point de Caraaldules au
Mont Valerien près Pans; i\s "j îwksr.
3jB Journal des Sçuvaks.
appelle?, en 1670, mais ils n'y relièrent
que deux ans. 1. 11 y a encore en France deux
Maifons de cet Ordre; fçavoir, Rogat en
Bretagne, & l'Abbaye de rifle Chauvat
en Poitou, dont M. Hermantnefaitaucu-
Aprèsces remarques lePereHelyot don-
ne une idée de l'Hiltoire des Ordres Reli-
gieux qu'il doit inceflàmmcnt publier.
„ Pour moi, dit-il, je donnerai une con-
„ noi fiance affei ample de l'origine des
„ Ordres Religieux, de leur progrès, des
,, évenemens les plus finguliers qui y
„ font arrivez, & de leurs principales Ob-
„ fervances. je parlerai des différentes re-
„ formes qui y ont été introduites , qui
„ ont formé comme autant d'Ordres par-
„ ticuliers par la diverfité des habillemens
„ & des obfervances. Je donnerai lesvies
„ des Fondateurs & Réformateurs. Je
„ parlerai auffi des Ordres Militaires, &
„ j'y joindrai plus de 400 figures, qui re-
,1 prefenteront tous les habillemens de ces
„ Ordres & Congrégations- "
L'Ouvrage fera in fol. Il eft tout prêt à
imprimer , & il ne tient qu'aux Librai-
res, dit l'Auteur. 11 prie ceux qui ont
dans leurs cabinets d'anciens habillemens
de Religieux , de lui en envoyer un def-
fein , & de l'adreflcr à quelqu'un des Li-
bmres chez qui fevend cette Lettre-
F P. Balths, Diftnfe du SS. Pirts
accuftz.de Platomfme 14}
. Friind, Emmenologia. 255
xplicatsan Hijlorique d.s Failli, 161
j o. Avcntini Annales Boiorum ,
&k. te9
Hiiioiï'aAiigufta Imperatorum Rom. à C.
Julio Cœfare ufque ad Jofephum Impc-
ratorem- 17 j
Hekb- H a m e l o w Iraperatores Rom.
carminé dcfcripti. «76
Maxîmeifiir le Millilitre delà Chair*. 283
Corv. Ad ami Obfervationes Theolo-
gico -Philologie*. 18g
Jo.Frid. Troppànneger, 6e
Sis. iGotl. Hilliger, de Re-
tentione Acterum Advocatoobfalarium
non folutum compétente. 293
Mémoires peur ftrvirà l'HiJIoindt Dauphinè,
fous les Dauphins de U Mai/on Je U Tour-
du-Pin. 297
Ckri«toph. C e ll a m i Antiquita-
tes Romanœ. jiï
Sept. Andk. Opphmsnsi Dif-
ferratio Medica de Cachem.
U
TABLE.
Jo. Christ. Fischer Diflertatio Me-
dico-Praéfcica de Afthraate. 319
J. B. Daktoinb, Les Régies du Droit
Civil. 311
Chist. Grtphii Apparatus fîve Dif-
fertatio de Scriptoribus Hiftoriam fecul.
XVII. illuflrantibus. 316
Frid. Arnold. B»eck Diflertatio
Juridica de Caufis Juramentum fupplc-
torium refpuentibus. 332
Joachimi Meieri de Boiorum Mi-
. grationibus &c. Diflertatîoncs. 334
Nouvelles de littérature. 340
Fautes à corriger.
fage 30$ ligne 8, eut pour fucccflcui Guigne s III.
tyutez* > Celai ci fut peie de GuigueilV.
. Ligne dein. Guigna IV. lifez, Guignes V.
Pag. t°4« Hgne iS, Guignes VI. lifer Guignes VII.
Pag. 305. ligne 3 , Cuiruts VU. liiez, Gmguts VIII.
Page 306. ligne 21, à condition que "l'héritier
préfomptif de la Couronne prendroit à Tarcnù le
titre de Dauphin, effacez* ces mots.
F I N.
AVIS.
f\N trouve à Arafterdam chez les Wae s-
*^ b e r gb les Livres fuivans :
Joan. Bohnii Circulus Anatomico-
Phyfîologicus, fiv.e Qeconomia Corporis
Animalis , acceflerunt Dificrtationcs
Phyfiologicse. 4.
Pétri Linsintï Tcntamen te Exa-
men Medicum Inftitut. cum adauc-
tum & illuftratum à Francifco Lrw. 8.
Nicolai Stenonis MufculiDefcrip-
tio Geometrica , cui accedunt canis Car-
chariae diffe&um caput 6c difle&us Pif-
cis ex canum génère. S.
Gregor. Blech Graecae Grammaticae
Synopfis, nora Obfervationum Philo-
logicarum cognitione ïlluftrata. 8.
Jo. Henr. Boecleri Traéhttis Pof-
thumi, nempe Hiftoria à mundo con-
dito ad nativitatem Chrifti , Manuale
politicum , Difcurfus ad Lipfii Politi-
ca, &c. 8.
Joan. Bunonis Univerfae Hiftoriae
cum Sacrae tum profanas Idea ad prae-
fens ufque tempus continuât*. 12.
:
R N A L
DES
C A V A N S,
oui le Mois d'Avril M. DCCXI.
I
Difiertatio Philologica de vcieri redaqua
prononciation e Lingux Gtxcx , quain
ex confcnfu amplifl". Collegii Philof. in
Reg. Acad. Upfal. iub Prsiidio Vin
mis. reverendi 5c ampliffimi Mag. OU-
■viCellii, Grascœ Ling. Profeff. Ord.
ScPaft. in Borje deûgn. pro folîtis in
PMûfophia honoribus publico examinî
modeftc défère Ingellus Hels-
tadius Neiicius , in Audit- Guft.
Maj- ad diemXXIX. Aprilis anno 170?.
VpfatU , liiliris iVcrneriami. C'elt-à-dire :
Ù't(jiriatien fur i'unàtnnt cj- Ubimt fro-
tuntiatim\ de lit Lau[ut Gréqut. Par In*
pli. Hilfiad. A Upl'al , de l'Impri-
merie de Wcrner. 1708. ia t. pp.
118.
LEs Grecs , qui apies la prife de ConC
tantirjopk par les Tutcs , te wfco&t-
Q 1 VS&
3^4 Journal des Sçatans.
rent dans les parties occidentales de l'Eu-
rope, & y répandirent la connoiflance de
leur Langue, y portèrent en même temps
la prononciation videuie qu'ils avoient
contractée dans leur Pais depuis plufieurs
fiedes. Mais cette mauvaife prononcia-
tion fut bientôt abandonnée par la plus
Prartde partie de ceux qui s'appliquèrent 1
étude de cette Langue. Ces içavans hom-
mes travaillèrent à rétablir l'ancienne ma-
nière de prononcer , & à faire voir par
divers Trairei, que la nouvelle pronon-
ciation étoit absolument infoutenable.
C'eft ce qu'ont fait en France C»nmint
Milanois de nation, & Profefleur de l'U-
ni verfité de Paris , dans fon Livre de
l'Hdleniftn*, & Ramm dans fa Grammaire:
c'eft ce que Sylburgt -a fait en Allemagne,
Erafmt & Cêrmin en Hollande, Mektrqiie
en Flandres , Chique Précepteur du Roi
Edouard VI. en Angleterre , Saniliui en
Efpagne, &C. Henri Chrétien Htnrt'm pu-
blia en 1685 à Utrecht , fon ï.tàjm*t*H
ifïffiJbt, où il s'eftorçoir de prouver que
l'on ne doit avoir nul égard aux accens
pour prononcer la Langue Gréque, 8c où
1! promettoit un antre Ouvrage de fa fa-
Î:on, intitulé, Pafi«ÏK.-c^i! 2*tiit>Fiqmu,&vas
equel ilfe propolbic de défendre l'ancien-
ne prononciation contre les partifans de la
floufrile. Nous ne fçavons s'il a tenu pa-
rolc. Noos pourrions citer ici un grand
non
:
Avril 1711. 355
nombre d'autres Auteurs qui ont écrit fu'
h même matière; ea forte qu'on peurdi"
rc qu'il n'y en a gueres qui ait été plu*
rebattue. Voici M. Helftad qui Ce mee
aufli fur les rangs pour agiter cette même
queftion , Ee pour nous faire connoitre
qu'en Suéde on a fçû prendre for cela le
bon parti. Il divife fa DifTerution en deux
Chapitres, dont nous allons rendre compte
en peu de mots;
I. Il remonte d'aboid à l'origine des
Lettres; & il prétend qu'elles et oient en
ufage avant que la Loi eût été donnée
aux Juifs fur le mont Sinaï ; ce qu'il tâ-
che de prouver, & par des autoritez , &
par des raifons. Il parcourt enfuite les
différentes opinions touchant les premiers
inventeurs des Lettres; après quoi il fait
voir que c'eft des Phéniciens ou Samari-
tains que les Grecs ontemprunté les leurs,
il recherche de quel pais étoit Cadmus»
& en quel temps il tranfporta les caractè-
res Phéniciens en Grèce : quel étoit le
nombre de ces caractères , & combien
les Grecs en ont adoptez. L'incertitude
des Auteurs , & la diverlité des opinions
fur ces deux derniers points , ne l'empê-
chent pas de fe déterminer en faveur du
fentiment de Bockm , qui foutient que
l'Alphabet Caâmim conte&cAt \c tsâ-TO» .
irabre de Lettres quel' AiçWott Ytiw*- \
-ou5ainari:ain;c'ea-a-à\ie,N'm?1,--^'va^v
OU H N AL DES S Ç A V A S S.
Il fe prefente ici une autre queftion à
décider , fçavoir , fi avanr l'arrivée de
Cadmujjles Grecs avoient des Caractères;
& après avoir fur cela rapporté le pour
& le contre , l'Auteur ajoute, que lup-
pofé que les Grecs enflent alors l'ufage
des Lettres, ce n'eft point de ces anciens
caractères que les Ioniens ont tire' le»
leurs, mais uniquement de ceuxqueCad-
mus leur communiqua. Il va au devant
d'une objection qu'on pourroir faire con-
tre ce fentiment , & qui eft fondée fur
ce que le» Grecs auroient du écrire de
droite à gauche, s'il étoit vrai qu'ils euf-
fer.t reçu des Orientaux leurs caractères,
au lieu qu'ils écriventde gauche à droite.
L'Auteur répond que les Grecs ancienne-
ment n'ignoroient pas cette première ma-
nière d'écrire , ôc qu'ils l'avoient en par-
tie confervée dans ce qu'ils appelaient
écrire #.f>ûç»J$v . c'elï-à-dire, de la même
façon qu'on trace les lisions avec la cha-
ruë, en allant d'abord degauche adroite,
puis retournant de droite a gauebe; en-
fuite il met fous nos yeux l'Alphabet lo-
flien, tei que nous l'a donné Jofiph sea-
l'gtr.
Il nous parle après cela des diverschan-
gemens qui arrivèrent inlcnfiblement à la
prononciation du Grec, 8; du partage de
cette Langue en plulieurs Dialectes. 11
marque par quels àe&tea^wxu^Qid.-
Abim
A V R I L I7îl. 367
les Se plufieursdiphthonguesGreques prirent
peu -à-peu le fou de !*!■%*> & en quel
temps les Grecs fugitifs apportèrent nv^c.
eux cette mauvaife proiionciaiicn en lia-
lie. Il raconte comment Erafint & plu-
fleurs autres s'opporerent à cet ulâge vi-
cieux, pendant qxi'Ftùnnt Evêque de Vin-
ton en Angleterre, 8c Chancelier de l'U-
ni ver Eté de Cambridge , l'appuyoït de
tout Ton pouvoir , ayant même fait pu-
blier une efpece d'Edit , par lequel il dé-
fendait l'autre prononciation dans tout le
reflbrt de cette Univeiiité. M. Hriilad a
eu foin de faire imprimer ici cet Edit
dans toute fon étendue. Enfin il termine
fon premier Chapitre en obfervant que
quelques Suédois étant venus feire
leuts études en France , y apprirent la
laine manière de prononcer le Grec,
telle que l'avoit rétablie Ramus , 8c à
leur retour la répandirent en Suéde,
où elle s'eft toujours maintenue jurqu'à
ptefent.
II. Dans le fécond Chapitre de cette
DûTertarion , l'Auteur fait paiTer en revue
les caractères Grecs Ioniens, & il lescmii-
Siarc pour la figure Se pour le fon , avec
es caractères Phéniciens ou Samaritains
qui leur repondent. Il fait voir que leï
noms des Lettres Gréques faw. çmtïc\««.
Phéniciens; Se qu'il crt r'i4ku.\e Sw^w-
' ' trouver rétymologie àM« \a- VmïÇJ^
Q4 ^
368 Journal dis Sçàvans.
Gréque, comme l'ont prétendu les Grecs:
& pour mettre la chofedans un plus grand
jour, il rapporte ces étymologîes imagi-
naires , dont il eil aifé d'appercevoir le
peu de vrai-femblance. .Après cela il exa-
mine les diverfes manières de prononcer
ces mêmes Lettres , il tâche d'en établir
la véritable prononciation fur des autorités
qu'il n'eft pas facile d'éluder.
Vita Chkistiani Weisii GymnaGi
Zittavienfis Reftoris, viri clariffimi , Se
de Litteris politioribus meriiiflimi . in
gratas erga Praeceptorem optimum re-
cordai ienis tefferam recenlita, & com-
mentariolo de Script is cjufdera auct.i i
M. Sâmiielb Grossbro GoiIic.
Gymn. Rcflore. C'elt-à dire : La Vit
Je Chrétien Wcifuis , comptfît par M.
Samuel GrolTerus. A Leipfic, chel J.
L. Gleditfch, & M. Georg. Weidmann.
171a in 8. pagg. îiv Se trouve à
Amflerdam chez les Waesberge.
JJ O h s devons cet Ouvrage à la recort-
noiflance 8c à J'eftime qu'on a com-
munément pour fa piofeiïion :car c'eft'un
Difciplequi y loue Ion Maître &unPrinci-
{ial de Collège, qui: fait connoitreau Public
e grand mérite d'un autre Principal. "'
Gronerus Principal du Collège de Go:
aymtim J'Etogefunebte. de Mr. Wi '
•4
■
Avili 17 ti.
& l'ayant prononcé dans l'A Semblée des
Sçavans de celte Ville deLuface, ceux-ci
le prièrent de faire imprimer Ton Difcours.
11 ne t'en défendit point : mais , dit- il
lui-même dans fa Préface , en revoyant
modefiement les cahiers, ou je Parois é-
crit, je fus obligé par plufieurs raifons,
d'y donner une autre forme; & de échan-
ger en une Hiftoire.
M. Weilius naquit à Zittaw dans 1»
Luface, l'an 41 du fiecle paffé- Elie Wei-
fius fon père , qui y enfeignoit les belles
Lettres , eut un très-grand foin de fon é-
ducation , & cultiva fi heurenfement fon
efprit& fon cœur, qu'il devint le modèle
de tous les autre» enfans. A l'âge de dix-
"luit ans il fut envoyé à Leipfk. Le Pen-
lalifme reçnoit encore alors dans lTJni-
rerfuc de cette ville. C'étoit un ufage
également bizarre & pernicieux , uuiaffu-
jettitloit les nouveaux Ecoliers aux vété-
rans, pendant toute la première année-
Un Ecolier n'avoit pas plutôt donné fon
10m au. Refteur l'Uni verfité , qu'il fe
'oyoit contraint d'aller auffi fe faire inf-
ère chez le plus ancien Etudiant de fa
Nation. Manquer a cette cérémonie ,
c'étoît s'expofer a de vives perfecutions;
mais en l'obfervant on étoit prefque fur
de perdre une année de temps. Car l'an-
cien examinoit fcrieufement les qualité!
Kde corps S: d'efprit du novice i & (nw^t.
Q s «
J70 JOHBNAL DES SçàVANS.
ce qu'il découvrent, il lui pteferivoit di-
yerfc» lois pour le bien de la Nation , à
ce qu'il difoit. Les Vétérans ne man-
quoient pus enluite de ter.rr !a main à
l'exécution de ces loix , & de maltrai-
ter le nouveau venu routes les fois qu'il
ofoît entreprendre de s'en exempter. Com-
me le jeune Weilius nétoit pas fort ro-
bufte, Se qu'il avoit d'ailleurs beaucoup
de talent pour la PoéTie , l'ancien Lufa-
cien fe contenta de lui ordonner de fe
tenir toujours prêt à faire des vers, &de
n'en refufer jamais à aucun de fes com-
patriotes. Weilïus promit d'obéir, éblou-
ie fon année fe pafla à verlifier. L'un lui
demandoir une S.ityred'autre, une Comédie;
un autre , des Lpigrammes. Souvent il
étoit chargé de fournir jufqu'à dix Pièces
en un feul jour. Ces Poëiics furent im-
primées en deux volumes , fous le titre
de Parcrga Juvtttilia. Aiant été la plu-
part faites à la hâte 5c à contrecœur, il
étoit difficile qu'elles fuffent excellentes.
M. Weilius , plus avance en âge , les
trouvoit peu dignes de lui, & il eût bien
voulu qu'elles n'euflent jamais paru. Def-
tiné à fuivre la profeflion de fon
père, & à préparer la Jeunelîe à toutes
fortes de Sciences , il crut devoir auffi
les cmbralTer toutes. Thomafius , Rap-
pohas, SeAlbert, furent fes Maîtres pour
ia Philofophie -, S, [don VKawm , ces
"
Avril i7u; „,
trois guides fidèles le tirèrent fain 8t (»uf
du labyrinthe de Vaquez-, de Suarei , &
d'Ariaga. Carpzovius , & Kromayer lui
apprirent, l'un, lesControverfes; l'autre,
la Théologie dogmatique. Pour s'iolrruire
dans la Jurifprudence , il affifta aux te-
çons d'Eckoltus 6c de Bornais. Il don-
noie à la Médecine fes heures perdues.
Cette variété d'applications n'empêchoif
pas qu'il n'eut une étude principale. L*
Morale Se 1a Politique eurent toujours
pour lui des attraits particuliers t & cotth
me on ne peut ni s'y avancer beaucoup
fans la connoilïance de l'HiUoire , ni en
; un grand ufage fans le fecours dâ
iquence, il ne négligea rien pour fa
imdre prefcns tous les fiecles , Se pour
"r habile dans l'Art de perfuadef. Si
is fuient fuivis d'un grand fuccés.
eut l'obligation à frrtkfetnfifii
rameuï Profefleur, qui lui fit part de
:es fes lumières.
Au fortir de fea Ftudes , Simon
ppe Comte de Leiningen, le prit pour
îcretaire; mais il ne demeura pas long,
jmps dans cet Emploi, parce qu'il ne
,-rflt Ci refondre à futvre fon Maître à la
guerre. Conringius, & Sehrsdcr , avrfc
qui il lia une amitié très-étroite à Hclmf-
tad. te recommandèrent à Gtillave ArWl-
Ëhe de Schulemhourg , qui lui confia
éducation de MM. d'AIcibourg. 11 6-
Q6 *«.
:ccs(
ein,
Pr*
L D>ËS Sç AV A NS.
toit encore avec eu* en 1 670 , lors qu'il reçut
avis qu'on l'avoir nommé à la Chaire de
Frofeiîeur de Politique , d'Eloquence ,.
& de Poefîc, dans le Collège de Weif-
fenfels. Il entra en fonction par un Dil"-
cotirs public qu'il prononça le 9 d'Août ;
& il s'acquitta enfuite de fonEmploiavec
tant de réputation, que la Principalité du.
Collège de Zittaw étant venue à vaquer
par la morr de Vogcl , îe Sénat de cette
Ville jetta les yeux fur lui pour remplir
cette place.
M. Weifius retourna donc en fa patrie
aptes une abfence de dix-huit ans, & il y
parla le relie de fa vie à compofer des
Livres, 8c à régler la conduite des jeunes
gens dont il étoit chargé. Il jouit d'une
fantépaifaite jufqu'à l'.ige de foixante-Tept
ans; mais au commencement de cettean-
née il le fit dans fon corps une révolu-
tion fubite. Sa vùë baiffa ; une oppref-
Jion de poitrine lui ôta prefque la liberté
de parler ; fes mains' commencèrent à
trembler; & fes pieds, qui s'enflèrent , ne
purent plus le foutenir. Il comprit que
la mort n'étoir pas loin , & même il le
manda à plufieurs de tes amis. Quelques
jours avant de mourir il dicta une Ode
Latine, qu'on voit ici, Se il mourut le
vingt un d'Octobre 1708. Il alaifle un
lî grand nombre de petits Ouvrages, que
nous ne pouvons cntieptendtc d'en donner
la Hfie. On peut consulter celle que M-
Groffetus a rais à h fin de ce volume.
Problème refolu par l'Auteur de \'A-
xalyfe fur Us Jeux dt bazard.
Trouver la fanmt d'une fuite ijnekatr/jut dt
nombres figurez. , dont uni lei termes fiîtnt
élevez, a un cxpofmt quelccn^ue , fait que
as termes [oient prit dt fuite , eu inltr-
romfuifur acidifiantes c^xles.
pAB nombres figurez j'entens non-feu-
A lement ceux qui compofent te triangle
arithmétique de M. Pafcal , dont le pre-
mier ordre ou rang horizontal eft com-
paré d'unitez- ; le fécond , de nombres
naturels r< 2.3- 4. s- 6. 7. &c.
le iioifiémc , de nombres triangulaires
1.3.6. 10. 1 5.11.18, Sic.
mais plus généralement des fuites de
nombres , dont le premier ordre eft,
_ ' r r r ttc
lefec. < '' M~*' lr-i-'- >•+*•
îeiroif f '' M~1'' y-^1^ «M-4».
jeiro». « lor-j-jj, ijr-HSj, &c.
lequatr.^ ^^^ 3J^1IJf &c
& aînfi du relie, en forte que le fécond
ordre e'uar, compofe de nombres en pro-
Q 7 £ltï\Wi
374 Jouknm. DES Sçavans.
greflion arithmétique quelconque, chaque
terme foit égal à celui qui eft immédiate-
ment au dcllus , & à celui qui tlt à la
gauche.
SOLUTION.
' Soit p le nombre des termes dont on
veut avoir la Comme; a, le premierterme
de la fuite; b, le fécond; c, le troiliéme;
il, leqttatriéme; e, le cinquième; /, le
ÛÔime. &c. Soit aufiî b — a = C, e—a
-4-iC = D, à — a + 3 C-h"D = E,
,-, + 4(; + h l3+4b-K,/-4+i
É-t-ieD-1- ioc-+-5F=G , &c. les
coëfficiens des nombres , a,C, D, E, F, G,
étant toujours les mêmes que ceux qui fe
trouvent par la formation des puiffances,
ou par les bandes perpendiculaires du
triangle arithmétique, Soit encore m l'ex-
pofant des termes de la fuite, » le quan-
tième de l'ordre, on aura la foramecher-
chée.
_P-P-
■
formule que m x» — i -+- 1 esprimeâ'u-
rùtez. Suppo(ë, par eiemple, qu'on de-
mande la foraine des cent premiers nom-
bres du troifiéme ordre > élevez tu quuré,
en fuppofitnr. r-z&-i-ron aura
C=£~«=r<r D— - -M-lC=St---ii — <o
E=i/-n + jC+ ;_D^=2j6- 196=: 60
F= M-+-4 C-t-rt lÈHfferîis-ooi =^14.
On aurs-ïTDffiw==i,B^3 & par confe-
quent «xh-i+i^j. Ajoutant donc
les cinq premiers termes de la formule gé-
nérale , & fubftituant pour C. D, E, F
leurs valeurs, on auraao jo î33 330pom
la valeur cherchée.
Si l'on vouloit avoir une formule pour
ce cas particulier , on la lireroit aifé-
mertt H? la formule générale ,&i l'on trou-
veroit^'-t-t"'-f-'°^-J' On
de même la formule des nombres tris
guhires élevez au cube.
1.1.3.4. 5-6. 7.
& celle des nombres pyramidaux , pris d
E.endeuï, 1, 10, 35,8+, i6S>&£ éle-
iu quarré.
!o^H-448opM-3î84/.'-ïî4qî,-ïBc.c
[.1.3.4.5.6.7
jjô Journal dis 5 ça. ta ni.
Ce Problême a, comme l'on voit, tou-
te l'étendue & toute l'univerfalité pofiible,
Se ne laiffe rien à defirer fur cette nu-
tiere , qui n'a encore été traitée par au-
cune personne que je fçache. Peut-être
néanmoins qu'il ne fera pas tout-à-fait
inutile d'y joindre une autre méthode,
pour ireuvir lafimmcdti tptarrtx., des cu-
its, rjuarr/z-quarrix, , & -gcncraiemttii de
toutes les puijfancts des ncmbrts naturel: i, i,
3,4, j,6, Sïc. Cette méthode cfl fort
limitée en comparaifon de la précédente;
mais elle a l'avantage d*être Fort limplc»
& de porter avec elle fa démonlhation.
Soit B la fomme d'une fuite d'autant
de nombres naturels élevez au quané,
qu'il y a cVunitez dansf, & A la fora me
d'Une fuite d'autant de nombres naturels
qu'il y a d'unitez dans />, on a par les pro-
portions 10 & wàzXEffmd'AMlyfijtulu
Jeuxdebawd* -4-*— f*H-'.'
Avril 17111
Soit maintenant Cla Comme d'une fr
d'autant de nombres naturels élevé?, au
cube, qu'il y a d'unitei dans/>, on a pat
les me mes proportions 10 Sï 11
C 3B iA _ f*-t-6^-*-ii^-t-A^
6 6 6 1.1.3.4.
4
fubftituant poui B fa valeur -t -^
Se pour A ft valeur ^~*~P oa a C
:= — ■ formule des cubes.
Soit encore D la fomme d'une fuited'au-
tant de nombres naturels élevez à la oua-
même puiiïance , qu'il y a d'unitei dans
t >
_f»>-H
: xf-f-i
14
•jbiUtuant
pour C
î -4 5
fa valeur-
4
«fror 2
pou
A fi nlm,f±±-i
on trouvera
Cp'-^iip
*-+-IO^:
Journal des Sça
des quarrei-quarrcz , &aîn(i de fuite pour
toutes les autres puiffacces.
COROLLAIRE.
On peut par cette dernière méthode
trouver une formule générale pour avoir
la fomme des termes du fécond ordre ou
ranghorûontal/, r-i-f, ir+/, 3r-i-/,
■M-i-f, sr-t-{, 6r-^-f, Bec. cleveiaun
expofant quelconque.
Soir, n, la dimenfioa à laquelle font
élevez tous les termes de la fuite .,»-+- r k
nombre des termes dont on veut avoii la
fuite. La fomme cherchée fera :
H-ix/.
, w-t-f ,
-i»M
x 6f<-)-,,f-<-iof'~> ^/a-f-t-Se.
3°
obfcrvantque^t2 efl li fomme désuni-
tel; ^illilii^t^Iarommedeîquarrez;
x^ h fcmmt des cubes , J
Problème prtpt/ï »nx Gwmitrtt.
Il fe tir» l'année dernière à Paris, une
Lotterie connue fous le nom de la Lof-
terie de Lorraine , dont le Public n'a
pas eu fujet d'être content. Lorlqu'elle
ru( publiée je m'apperçûs d'abord que l'on
rourroit lilquc d'en être la dupe , Se
qu'on autoit du obliger le Directeur de
la Lotterie a donner bonne il fulnfame
caution , puifque Mon les conditions airf-
quelles il s'obligeoir , il étûir pofiîble
3u'il eût à rendre 4149 s ° liv. au delà
es 500000 livres qu'il avait reçues. Je
vis en gros , que l'on parti n'étoit pas
bon ; & de là je foupeonnai qu'on avoir
deilein d'attrapper l'argent du Public, ce
qui eft arrivé.
Je n'allai pas plus loin alors , 8t je
remis à un temps où j'aurots plus de loi-
fir , à examiner à fond le delavantage
de celui qui icnoit la Lotterie. L'ayant
trouvé depuis peo , j'ai crô qu'il ne
leroit point inmile d'en propoier la re-
cherche aux Géomètres. Ccui qui ont
le plus d'dlime pour l'Algèbre & l'Ana-
lyfe , ne feavent point aiTez combien
elle a d'ulage par rapport aux choies de
la vie civile. Il eft bon , ce me fero-
ble , d'en donner ici une nouvelle preu-
ve i Si en même temps > 4c Yràt
ÏSJÙî>
j8o Journal du S ç a v a n s.
connoîtrc aux Magiilrats qui auroient à
décider fur une matière de la nature de
celle-ci , qui eft de leur compétence,
que les Géomètres font les feuls de qui
ils puùTent recevoir des décifions cer-
taines.
Stgjes de la Laiterie.
Les billets étoient de dix fols , & il
Ïen avoit un million. Pour les 500000
Très que recevoir du Public celui qui
tenoit la Lotterie , il lui rendait 4Î-S000
livres en vingt mille lots. Deux condi-
tions faifoient la. nouveauté 8c la iingu'.a-
rité de cette Lotterie.
1. Celui qui tenoit la Lotterie , pour
dédommager le Public des 75000 liv.
qu'il retenoit , s'obligeoic de rendre 2c
liv. à chacun de ceux qui ayant pris jo
billets de fuite, n'auroient aucun tôt dans
leurs 50 billets.
1. Voici de quelle manière fe tiroit
la Lotterie. Tous les billets ou numé-
ros étoient dans une bofc'tc , & les bil-
lets noirs dans une autre. On tiroit en
même temps un billet noir 8c un nu-
méro ; & après qu'on avoit écrit quel
numéro avoit un tel lot , on jettoit
dehors le billet noir , 8c on remet toit
le numéro dans la boete aux numéros;
en forte que pat cette manière de tirer
les
un même numéro poux
p'.ulR'uis lois , au même tes —
PROBLEME.
ouvoa
-n fuppofant que tous ceux qui met-
jnt a la LoUerie prendront ou 50 bil-
.•ts, ou 100, ou 150, Sec. {cette fup-
pofttion paroit tout-1-tait recevablej)
On dtmanàt tjud tfl Vavunntgt , bu û
dejmnntage de teint qui lient U Latteriit
II eft aifé d'obferver, t. Que le Direc-
teur de la Lottcrie gagnera 75000 li-
vres , fi tous ceux qui ont mis a la
Lotterie ont un lot dans chaque cin-
quantaine de billets, a. Qu'il perd»
414950 liv. fi un feu! de tous ceux qui
auront mis à la Lottcrie emporte tous
les lots. 3- Qu'iî ne perdra , ni ne
gagnera , fi trois mille personnes feule-
ment n'ont point de lois dans leurs cin-
quante billets. D'où il fuit que cette
Lotterie eft une elpece de jeu de ha-
zard , où celui qui tient la Lorrcrie peut
perdre & gagner, La folution de ce
Problème eft cachée fous cette Ana-
gramme i,*, s*, si. 13°. î«. *t 1».
xf, 4/, 31, c, d, r», t, dont je don-
nerai l'explication quand on le fournit-
38* Journal des Sçavjlhî.
Dîfputatio Medica Theoretico-PraéHca
de Hœraorrhagiis criricis , quam auf-
pice Deo Ope. Max. in Academia Re-
gîa Fridericiana , gratiofiffimo Facul-
tatis Medica: confenfu > fub Pnfidio
D. Michaelis Alberti , publics; ven-
tilation! exhibet Refpondens Johann.
GOLTOB TlTIUS. HaU Mugdebur-
gict, lilttru Chrijiiam Htntk'lii. Atad.
ÏWiijr. C'eit-à-dire: Difcrtaiwa lie; Himçr-
fhapes critiques, far Jean GoltobTilius.
A Hall en Saxe , de l'Imprimerie de
Chrétien Henckel. Broch. ia 4- pp. $4.
r L ne faut pas confondre les Hemorrha-
*■ gies critiques avec les périodiques.
L'auteur de cette Diflertation ne parle
que des premières , qui font celles que
les crifes des maladies produifent quel-
quefois ; comme font , par exemple,
des cradiemens extraordinaires de fang
dans une fièvre , ou des faignemens
de nez [ fans que cela ait été produit
par aucun remède ou aucun accident
étranger. L'Auteur fait l'Hiftoire des
différentes hemonrugies qui forviennent;
& il remarque comment on doit fe con-
duire quand elles arrivent. II ne faut
pas s'attendre ici à des découvertes, c'eft
une /impie expofirion de ce que les Me-
decias penfent communéracui fcw \\ mi-
Avril 1711. 385
; î\ s'agit; & l'Auteur Fait voir,
.aniere dont il s'en acquitte, qu'il
parfaitement fon fujet , & qu'il
EC attention les Auteurs qui en ont
.rtatio Inauguralis Medica de CoIIÎ-
uaiione , quam prrefide Deo Trino
Opt. Max. conlenlu Si auétoritate gra-
tiofiflïmi Ordinis Afclepiadei in celé-
berrimà Noricorum Pal&ocome pro h-
centia.... iblcnnî ventilation! ad diem
10 Februarii 1710. exponet Joannes
Jacoius Jantkh, Brigafileilus , litterîi
Magni Danielis Meyeri. C'eil-à-dire :
XUfftrtMie» M Tktfe fur lu maladie d*
Cmfompticn , par Jean Jacques Jantkc.
Brochure in 4. pp. 14.
T 'Au te or définit d'abord le nom de
■*■* la maladie dont il fe propofe de par-
ler. La confomption , dit-il , eft un
changement qui fe fait des parties folides
du corps en une matière fluide & liquide;
mais cet'e définition lui paroifTant trop
générale , il en apporte une plus pre-
cife. La confomption eft une maladie
dans laquelle les humeurs vitales Se nour-
ricières font fi altérées par un fuc étran-
ger qui les pervertit , qu'au lieu de s'ar-
rêter aux parties pour les nourrir , elles
fc refolvent en eau, & s'échaçaw. cm ài-
NWfc
384 Journal des Sçatanç.
vers endroits , en forte que le corps
tombe dans un defleehement généra] ,
cette fonte palfant bientôt des humeurs
mêmes aux parties folides. L'Auteur
examine quelles peuvent être les caufes
de la confomption ; il en trouve plu-
fieurs dans l'air , dans les alimens,
dans les médicamens , & dans la ma-
nière de vivre. 11 remarque enfuit e quel-
les font les voyes par lesquelles la perte
de ces humeurs nourricières a coutume
de fe faire; elle fe fait dans les uns, par
le devoyement ; dans les autres , par
la tranfpiration ; dam d'autres , par les
urines ; dans quelques autres , par le
cracher ; & dans d'autres , par plu-
fieurs de ces voyes enfemblc. L'Au-
teur , après ces réflexions , aufquelles il
donne toute l'étendue neceflaire , fans
s'écarter de fou fujet , examine les fi-
gnes diagnoftiques de la maladie de con-
somption , dont un des principaux eft
de rendre plus qu'on ne prend. 'Au*
lignes diagnoftiques fuccedent les pro-
gnoliics , & à tout cela les remèdes
qu'il eft à propos de faire pour corri-
ger les fucs étrangers qui corrompent les
humeurs nourricières. L'Auteur ne dit
rien dans toute fa Dïfiertation , qui
ne paroifle conforme à la raifon & Si
J'cxpcriencc s & les jeunes Médecins y
trouveront toutes 1« nouais wkKwks
pour bien entrer dans l'examen de cette
maladie.
lire d'un Beûtur de Sorbsnnc a un rit fat
amis , fur le Livre intitule , de Re fie-
neficiaria.iub nomine Abbatis Sidichem-
bechemfis , 'ù l'on fait -voir U fauffeté
des principes que l'Auteur de et Livre -veut
établir , peur foutenir la pluralité des Ee-
■. ntficts, A Paris, cbet Charles Ofmont,
rue faint Jacques , à rEcu.de France.
1710. Brochure in iî. pagg. 64.
De re Benefidaria iive de non poffidendis
iimul pluribus Beneficiis , .Librj très,
ad Sorbona: Eminentiffimum Provifo-
rcn>, & Magifhos iapientiffimos, ad-
Terfus Librura fingularcm Abbaris per-
fonatî Sidichembechemfis. Parifiis , #•_
p»d Carolutn Ojmont , iAm JicehA,
fubScuto Galtico. C'cil-à-dire : Traité
entre la pluralité des Bénéfices ; d'tvifi en
roi) Livres, -a- dédie au Provifiur deStr-
bonne , & aux Dacleurs de lu Faculté,
peur réfuter le Traité de Re Bénéficiai»
Abbatis Sidichembechemfis. A Paris ,
chez Charles Olmont,rue faintjacqucs,
àl'Ecu de France. 1710. in ta. pagg.
466.
T\ Eu* différens Auteurs ont écrit çtrf-
^* que en même tems contre \c W«t
386 Journal dei Sçavans.
dt Re lienefiâtirin , dont nous avons donné
l'Extrait au Mois d'Août de l'année der-
nière p. 164. Ces deux Auteurs, animez
du même elprit , n'ont pas crû. devoir laif-
fer tons reponfe un Ouvrage qui leur a
paru Méfier la pureté des Règles Ecciefi-
alliques; & comme ils n'avoient l'un &
l'autre qu'un feul objet , ils ont puifé dans
les mêmes fources. Ccll ce qui a produit
-de leur part une conformité de preuves fur
cette matière; & c'eft ce qui nous engage
auflî à ne faire qu'un feul Extrait de ces
deux Critiques. La première eft en Fran-
çois, & Huit la matière d'une Lettre afiex
■courte. La féconde cft une Di (Terrât ion
Latine, plus étendue. Cette Diflertation
eft adteflee à la Sotbonne, avec une hum-
ble prière de vouloir l'adopter pour fon
Ouvrage; ÔC à la fuite de l'Efître dédica-
toirc il v * une'déclararion du Prieur de
Sorbonne, qui défère fur cela aax fouhaîts
de l'Auteur; après avoir confulté , dit-il,
la Faculté, dans une Affemblée générale.
Voila donc un Corps illuftre cité folemnel-
tement en témoignage contre un Auteur
qu'on prétend être un de fes Membres,
dans une matière délicate où fouvent le
aelc elt plus ou moins échauffé , félon
Su'on y a plus ou moins d'intérêt. Mais
itii nous permettre à cet égard aucune
réflexion , donnons feulement l'idée des
Ouvrages. Nous tommw SîMaw. -jlus
s
z d'en faire un Extrait fidèle
la Préface de l'un des deux, on noi
ife de n'avoir pas pris parti ouvertement
ntre le Livre que l'on attaque : fans
ouloir faire attention à la protcllation ,
fouvent répétée dans nos Journaux, que
iffant à d'autres le titre ambitieux de
Jenfeurs Se de Critiques , nous nous ré-
duifons au (impie caractère d'Hiftoriens,
qui nous défend de porter aucun jugement
fur ce qui tombe fous nos mains.
L'Auteur de la Lettre renferme en deux
proposions tout ce qu'il croit devoir re-
prendre dans le Traité de Re Btnrficiarhi.
La première , eft que ce Traité „ n'eft
j, point écrit avec autant de difeernement
„ & de prudence qu'il eût cié à defircr,
,, parce que le plus grand noiubte des ar-
gumens de l'Auteur va à autorifer une
pratiquequ'il avoué lui-même être très-
„ mauvaife & liés condamnable.,, La
féconde, que,, la vérité, contre laquelle
„ il écrit, eft fi claire , que dans plufieurs
„ endroits de fon Livte il eft obligé de
,. revenir au fentiment qu'il s'étoit propo-
„ féd'abotd de combattre.,,
Le feul objet de la Lettre dont n
parlons eft donc de faire voir que l'Auteur
du Traité de Re Beneficiatia , par le foin
qu'il a pris de ramafler toutes les autori-
té! Se tous les exemples qui tendent à fa«
vorifcrla pluralité des Bénéfice . •fcw.'ia-
R a va
»
388 Journal des Scavani.
tention de jullifier lui-même cet ufage;
& tjue néanmoins en difcutant Il-s railons
de part & d'autre , il n'a pu rciufer à la
force de [a Vérité un aveu contraire à fes
premières intentions.
La preuve qu'il fe déclare ouvertement
pour la pluralité des Bénéfices, c'eft qu'il
)e dit lui-même en plufieurs endroits de
fon Livre. L'Auteur de h Lettre cite les
pages 13,66,150, & iji, & après cela il
s'arrête i la page 16, où l'état de laquef-
tion eit propofé, ajoutc-t-il, decetrema-
nieie- ,. La queftion eft de feavoir, fi un
„ Ecclelîaftique , qui retire un profit utile
„ de plufieurs Bénéfices qui 11e font point
„ incompatibles , & qui en fait un bon
,, iifage; qui renonce aux pompes du fie-
„ de; qui a de la pieté ; qui n'eft point
„ débauché, Sic. fi cet homme eft cou-
„ pab'.e de péché mortel , précifément
„ parce qu'il a plufieurs Bénéfices.,, La
réponfe de l'Auteur du Traiié , elt que
dans ces circonilances il eft permis de
porTeder plufieurs Bénéfices : de forteque
fuivantee Syitême, ce n'eil ni le nombre
des Bénéfices, ni la quantné du revenuat-
t taché à chacun , mais uniquement le de-
fordre du Bénéficier, & le mauvais ufage
de fes revenus, qu'on elt en droit debla-
mer. L'Aureur delà Lettre foutie
pareil Syflême ne trouve aucune pfeui
bas les Canons ; & <\ue çout l'appj-
it qu'un
preuve
ippnyer
A Y R 1 L 1711. Jlç
on efl réduit à des exemples qui ne prou-
vent rien, parce qu'ils prouvent trop. Tel
eft celui d'Euphronius, qui quoi qu'Evè-
que déjà de Colonie, le devint encore de
Nicople. La conféquence naturelle de
cet exemple feroit qu'il eft permis de pof-
feder en même temps plusieurs Evêchei,
ce qui eft, (clou l'Alitent même du Traité,
une chofe monft meule & déteftable. Si
Euphronius retint en apparence deux Eve-
chez, il éroh peut-être titulaire d'un feu!,
& n'avoir que la (impie adminiftration de
l'autre. Quoi qu'il en foit , c'étoit une
augmentation de foins & de fatigue qu'il
n'avoit pu reiufer auxdefmou auxbcfoins
des peuples. Ce n'étoit pas un accroiile-
ment d'honneurs ou de rkheffes , qu'il eut
recherché pout fatisfaire Ton ambition.
j. Quel rapport donc, s'écrie l'Auteur de
„ li Lettre , peur avoir le fait d'Euphro-
„ mus, avec ce qui le pallé en nos jours!,.
L'exemple d'Atton Archevêque de
Mayence, qui polleda douie Abbayes a-
vec fou Evêché, ne doit pas non plus ê-
[re lire à conféquence, par la même rai-
fort- Le Père Thomalïin ne fauve cette
pluralité de Bénéfices dans une feule per-
fonne , qu'en dilarit que c'étoient de lim-
ples idrainiftrations confiées par necefïité
— homme fa°e , pour relever des Wa-
; , & y rétablir le bon otite. \-t
r motif engagea Akuin à inq« îova.
r. 3 w*
!x
3ço Journal des Sçavans.
tout à la fois de cinq Monafteres. Il en
avoit été le Reformateur , & pour foute-
nir fon Ouvrage, il fereferva le droit d'inf-
peâion , qui ne lui donnoît que de la
peine & du travail. S'il enétoit de même
aujourd'hui , & que la multiplicité des
Bénéfices n'allât qu'à multiplier les travaux
des Ecdefiaftiques 9 l'Auteur de la Lettre
conjecture qu'on fe contenteroit alors de
peu, & qu'on ne feroit point dans rem-
barras de rechercher des raifons ou des pré-
textes pour excufer la pluralité.
Il prétend enfuite que l'exemple d'un
Prêtre nommé Severin , qui fie bâtir deux
Eglifes , où il difoit la Méfie tous les Di-
manches , ne prouve point qu'il ait pofle-
dé deux Cures en même temps. Faire bâ*
tir une Eglife à fes frais , c'eft une action
de charité & de zèle, qui ne donne point
la qualité de Curé. On peut de même
dire la Meffe dans une Eglife fans en être
le Pafteur. Tout le territoire où ces deux
Eglifes étoient bâties pouvoit ne former
qu'une feule Paroifle. Cet exemple eft
donc hazardé fans fondement ; & quand
le rait feroit véritable, il prouveroit trop;
parce qu'il prouveroit qu'on pourroit en-
core aujourd'hui pofieder deux Cures à la
fois , ce. que perfonne n'ofe foutenuv •
Pourquoi donc , demande l'Auteur de la
Lettre, citer des exemples qui portent
les chofes à l!excès > & <\\\\ ra forox'ta&.
A V ft I t nu. Sgt
.; la queftion ï ce ne peut être que pu
une difpoiition recrette que fent l'Auteur
du Traité à avoir fut celte matière de»
condefcendanccs outrées , doni il n'oie
s'expliquer en public.
On allègue d'ordinaire contre la plura-
lité des Bénéfices le Concile de Calcé-
doine, Se. le u Concile de Nicée. L'Au-
reur du Traité prétend que ces Concile*
n'ont défendu que la pluralité des Béné-
fices aufquel. il y a des fonction; atta-
chées. L'Auteur de 11 Lettre foutient,
au confraire , que les Canons de l'Eglifc
défendent la pluralité de toutes fortes de
Bénéfices, i. Parce que dans l'efprit de
l'Eglifc il n'y a point de Bénéfices fan!
fonction!, i. Parce que e'eft une cupidité
& une avarice condamnable, de vouloir
poifeder feul ce qui eft defliné à l'entretien
deplufïeursClercs. Cette raifon efl fonvent
exprimée dans les faintsDecrers;&comme
ces motifs odieux on! encore aujourd'hui
plus de part qu'ils n'en avoienr ancienne-
ment à h pluralité des Bénéfices, la différence
desiems ne fert qu'a faire mieux connoltre
la neceflïté de s'oppofer a cet abus. Enfin les
faits finguliers qui font alléguez pour exem-
ple, trouvent leur répcmfe, félon l'Auteur
delà Lettre, dansune feuleObfervationgé-
nérale, qui ctl, que ce font des faits ra-
res, aufquels la neceflito des temps , le
petit nombie des Minières , l'utilité de
R 4 Yc-
îoï Journal des Sç&vans.
l'Eglife,a donne lieu,& qui ne fçauroienr
fervir de preuve dans des temps où il n'y
a pas les mêmes niions de s'écarter de la
règle.
Un des argumens dont fe fert le plus
l'Auteur du Traité pour défendre la plu-
ralité des Bénéfices, c'eft qu'en cette ma-
tière il n'y a que l'efprit de cupidité à é-
viter, &que comme il n'eft pas plus per-
mis de poifeder un feul Bénéfice que plu-
iieurs avec cet efprit , il n'eft pas plus dé-
fendu d'en pofTeder plufieurs qu'un feul,
lorfque cet efprit ne s'y trouve point , Se
qu'on fait un bon ufage de tout. Un feul
Bénéfice, dit-il, produit fouvent autant
«Je revenu que plufieurs. Pourquoi donc
feroit-i) plus mauvais d'avoir plufieurs Bé-
néfices d'un médiocre revenu , que d'en
avoir un d'un revenu confideiable, & qui
feul vaut beaucoup plus que plufieurs Bénéfi-
ces enfembïe. L'Auteur de la Lettretraite
cet argument de fophifme. C'eft, félon
lui , comme fi l'on difoit.il ell égalemen^cri-
minei d'avoir une Cure , ou d'en avui t deux,
far un efprit de cupidité ; donc pourvu que
efprit de cupidité foit exclus , on peut
pofTeder deux Cures comme une feule,
i. 'efprit de cupidité ne doit entrer nulle
part, il n'eft pas permis de pofTeder dans
cet efprit un feul Bénéfice ; mais lorf-
çu'on en poflede plufieurs dnns le même
efprit , on ajoute lu çtcuùei m.i\, (\ui
eft le de
A V K 1 L 1711. 3^3
c dérèglement du motif, un autre dé-
faut , qui eft la contravention aux Lois
Canoniques. Si quelquefois le revenu d'un
feul Bénéfice (Impie- vaut autant que le
revenu de vingt petits Bénéfices dans le
même genre, on peut dire la mêawchoft
des Cures, & il n'en eft pas pour cela
plus permis d'avoir plufieurs ducs a la
fois. La règle veut qu'on puiïTe jcHiivd'un
gros Bénéfice, quelque couliderabk qu'il
foie , pourvu qu'on fane un bon ufagedes
revenus. La règle ne veut pas qu'on
puiiTe pofiêder de même plufieurs Bénéfi-
ces, & le bon emploi qu'on fait des re-
venus, ne fauve pas le vice attaché à la
pluralité.
L'Auteur de la Lettre , fuivant le do£
fem qu'il s'eft propofé, tâche de faire voir
que l'Auteur du Traité reconnoît lui-m6-
me ce principe, en étabiiflant fon fenti-
ment fur la décifien du Concile de Tren-
te. L'elprit du Concile, dit cet Auteur,
eft que quand un Bénéficier a de quoi
s'entretenir honnêtement félon fon état,
on ne doit point lui donner un autre Bé-
néfice. Voila une condamnation bienfor-
melle de la pluralité des Bénéfices ; le
Concile en propolant cette règle, n'admet
qu'une feule exception , qui eft le cas où
*jn Bénéficier ne peut trouver dans le re-
tenu de fon Bénéfice une fubfillance hon-
aeie, & proportionnée aux befoinsde ion
eut.
al
|
en
JûUBNÀt DES SçAV*N5.
état. 11 efl vrai qu'on peut étendre bien
loin ces prétendues neceflitez ; mais ce
n'eft pas de quoi il s'agit ici ; & il demeu-
re toujours certain , qu'aux termes du
Concile de Trenre , dès qu'il n'eft plus
necetïaire à un Ecclpfialriquede pourvoir
par un fécond Bénéfice à la fubfiftance &
entretien que lui refuie le premier, il
ie lui eft permis qued'en polTeder un feu),
.iniî la règle générale éiant contre la plu-
ilité des Bénéfices, l'Auteur du Traité en
embraffint cette règle, auroît agi, dit-on,
plus régulièrement, d'écrite contre la plu-
ralité , avec l'exception marquée par le
Concile, que defe déclarer pour la plu-
ralité, en convenant malgré lui, des prin-
cipes qui la condamnent.
Nous nous femmes trop étendus fur
l'Ecrit François, pour nous permettre un
fembUble déiail fur la Difîertation Latine.
Mais heureufement la conformité du fu-
jet , & celle des preuves , y fupplée, On
trouve dans ces deux Ouvrages la même
opinion, foutenuë avec un ï.ele égal pour
l'Observation des anciennes Loix de I E-
glife. Toute la différence qu'on y remar-
que, c'eft qu'au lieu que le premier con-
tient l'expo fit ion abrégée des principes, ou
tout au plus la réponfc générale aux ob-
jections, le fécond découvre les fourcesoir
ces principes ont été piiifez, & fuit pied
à pied les moyens de l'advcrfiire
en y
f IjÉpoftnt les Décréta 4e ptaficwt Conçu
r te, rcxemple dtt ptaa grands Sakiti, fie
^autorité des Doâôart les plu célèbre*,
§ui ont toAjoarf regardé là pluralité des
énéficer en «Detaraâ comme uneefpccr
de dérèglement, que. certains cai raret
pouToknt ftolettient ftire tolérer. *
Viri Dbâiffimi Thoma Bai.ni ou»
ni de. Librifl legertdis Diflèrtationes,
quas propter raritatenft' ac pneftantiam
public* lad feftfttok, Je dcVana Libro-
rum pompa pfcefatnteft Joël Gsii;
Mbuschb*, V. IX M. A. G. Ecclefiatf:
Haganae. Hagê-Cemitnm , âfmd Nice-
hum Wildt 9 BU4iefeUm9.infUteÂvulge
diâU bet Spuy. 1711. Ceft-à-dire r Dif*
fertations de Thomas Bartholin fur U
leclure des Livres : Nouvelle Edition,
procurée par les feins de Jean Gérard Mea«
ichen , Miniftre à la Haye lequel y a joint
une Préface. A la Haye , chez Nicolas
Wildt, &c. 1711.- in 8. pp. 192. Se
trouve à Amfterdam chez les Waes-
berge.
r\N doit être fort obligé aux S^avans,
qui travaillent à procurer de nouvel-
ies Editions des Ouvrages recommandâ-
mes par le mérite des Auteurs, & par les
matières qui y font traitées; fur-tout lorf-
çuç les Exemplaires de ces Ouvrages comr
R. 6 men-
rj[)6 JOUTINAL DES SçAVANÏ.
mencent à devenir rares. L'obligatii
qu'on leur a feroit complette, li en adop-
tant, pour ainfi dire , ces Traitez curieux
dont ils Te rendent Editeurs, ilsprcnoieut
à râche île nous les redonner dans toute
leur pureté, par l'exactitude delacorrec-
tion. Mais il anîve fouvent , que fe re-
pérant un peu trop far les foins d'un Li-
braire plus avide du gain , que jaloux de
fa propre réputation , ils ont le chagrin de
voir paroitre fous leur nom la féconde E-
dition d'un Livre défigurée par un grand
nombre de nouvelles fautes, -qui ne fe
trouvoient pas dans la première- C'eft
une mortification qu'a dû fans doute ef-
fuyer M. Mtufihen à la vue de ces Difler-
tations , publiées d'abord en 1676, Se
réimprimées ici fous Tes aufpices , avec
beaucoup de négligence de la part de
l'Imprimeur. Cela fenibloit exiger le fe-
cours d'un long Errata ; mais l'Editeur
voulant apparemment épargner cette con-
fulîon au Libraire , a mîeu* aimé diflî-
njulerles défauts de cette Edition, &
prefenter aux Lecteurs dans une longue
Préface une autre forte de ridicule, qui
pvit, en leur donnant le change, les amu»
fer agréablement. Ce ridicule confifte
dans la manie de ceux qui joignent à une
profonde ignorance une pafîion démefu-
réc d'entalkr Livres fur Livres , dont a
peine ils eonuoilTent les titres; ou qui ne
At ni im. 397
les eftimant que pat la grandeur tt la
beauté du papier , par la largeur des mar-
ges, par la magnificence des relieures,en
un root par ce qu'ils appellent U condition
d'un Liiitt, ofent à peine y toucher eux-
mêmes , bien loin de les communiquer
à leurs amis. Ceft fur quoi M. Mtn-
fcbtn s'étend fort au long , 6c entre dans
de grands détails, qui le conduifent enfin,
à nous apprendre fur la fin de fa Préfa-
ce, Que le fameux Thomas Bartholïrt
Auteur du Traité dont il s'agit , étoit
d'un caractère tout oppofé à cette forte
de BibLkmanii; Qu'on ne fçauroit être,
fur le fait des Livres, plus communicant'
que l'étoit ce fçavant Médecin; Qu'a-
près l'incendie de là Bibliothèque , for-
mée de l'afTemblage des meilleurs Livres
qu'il y eut en tout genre , 8c qu'il con-
noiflbit mieux qu'un autre , le Roi de
Dannemark, pour le confoler en quelque
manière d'une perte fi fenlible à un hom-
me de Lettres, lui donna la direction de
la Bibliothèque Royale de Copenhague.
Comme les devoirs de cette Charge de-
mandoient qu'on rendît utile au Public
une Bibliothèque qui lui étoit en quelque
façon contactées Bsttholin prit de là oc-
cafion de compofer les fept Differtations
contenues dans ce volume, & qui fontdef-
linées à initier les jeunes gens dans kcoti-
noifTance de tout ce qui concède. \es\J.,'Wi
en gàiêril. K. 7 V ^^
3^8 Journal des Sçavans.
I- La première Diflertation renfermede
prelTantes eihortations il la leflure, fon-
dées for l'excellence des Livres , & fur
l'utilité qu'on en peut tirer. On y parle
des moyens de mettre les Livres à cou-
vert du feu, de 1» vermine, 8: des larcins.
On obferve que chci les Romains , les
Bibliothèques publiques étoient placées
dans les Portiques des Temples ; & cel-
les des Particuliers, dans l'apartementdes
Bains, où l'abondance de l'eau , & l'é-
pai fleur des murs conftruits de pierre,
lembloient propres à les mettre hors de
l'atteinte des incendies. C'eft en vue de
prévenir un pareil accident , qu'il eft dé-
fendu de porter aucune lumière dans la
Bibliothèque d'Oxford : & c'eft pour en
écarter les voleurs (lue les Livres font atta-
ches avec des chaînes de fer , ainfi que
dans la plupart des Bibliothèques d'Italie.
L'Auteur nous parle après cela du pre-
mier établiflement 6c des divers accroifle-
mens de la Bibliothèque de Copenhague!
& il fait l'éloge de ceux qui ont contri-
bué à la rendre plus nombreufe. 11 finit
cette Diflertation en espofact le deflein
de fon Ouvrage, & en faifant voir qu'il
n'efl pas le premier Médecin à qui l'on
ait confié le foin d'une grande Bibliothè-
que , puifquc la même chofe cil arri-
vée chei les Romains j ce qu'il prouve
pu une Infcription.
11. Avant que de s'engager dans 1»
Ieâure des Livres , il faut en connoi-
tre les Auteurs ; & c'efl aufli de quoi
nous entretient Bsrtholin dans fa féconde
DiiTertation. Pour ne point fe tromper
dans le choix des divers Auteursque l'on
veut étudier, on doit être informé Qu'il
y en a de bons & de mauvais , de vé-
ritables & de fuppofcz ; Qu'il y en a,
qui par crainte ou par modeftie fuppri-
ment ou déguilent leurs noms ; Qu'il y
a des Plagiaires qui fe font honneur du
travail d'autrui. L'Auteur en parcourant
quelques'uns de ces derniers , s'applique
à juftifier deut de fes Compatriotes. 5e-
virinui & C'ugius , accufei à tort de ce
crime littéraire. On doit , outre cela,
s'inflruirc du païs des Auteurs, & du fie-
cle où ils ont vécu i ce qui n'en: pas de
petite importance, pour juger non-fcule-
ment du c.iradrere de leur efprit , mais
encore du fond de leur doctrine , & de
la pureté de leur diction. C'cft de quoi
Uartholin nous donne plulieurs exemples,
tant par rapport à la Théologie , que
par rapport au Droit & à la Médecine.
L'âge des Auteurs lorfqu'rls ont écrit, &
leurs principales a van turcs , font encore
des erreonftances qu'on ne doit pas igno-
rer ; 6c pour lefquclles on peut avoir
recours a ceux qui ont publié les vies
des Sçavans. C'efl; ce qu'ont fait parmi
Va.
40O ]0U1NAL DES SÇAVAHÎ.
les Anciens, Suitcrie, Dioxine Laine, &
Plutarqut : 8c parmi les Modernes , Mtl-
chior Adam , pour les Sçavans de l'Al-
lemagne ; Tkomtfînui , Lauretanm , Si
Cr affût , pour ceux de l'Italie ; Meurfim ,
pour ceux des Pars-Bas ; Vinding, pour
ceux du Dannemark ; Schiffer , pour
ceui de la Suéde : Cet. J. Ve/ius, pour
les Hiftoriens Grecs Se Laiins t Caflel-
lanus (& non pas CafelUnus , comme
on lit ici , page 49 ) & 3'"» Henri Met-
tem , pour les Médecins ; Fichard, Zil-
lit , &c Frtymen , pour les Jurifconful-
tes ; &c. Enfin Rajoute Bartholin ) les
Portraits des Auteurs que l'on conierve
dans les Bibliothèques , peuvent encore
fervir à nous les faire connoitre plus par-
ticulièrement.
MI. Il ne fuffit pas d'avoir acquis une
connoiifance perfonndle des Auteurs, &
.de fçavoir quel genre d'Erudition ils
ont cultivé; il faut être en état de pou-
voir lier commerce avec eux , & pour
cela il faut ponedet la Langue dans la-
quelle ils ont écrit. L'Hébraïque . la
Gréque , & la Lariue , font utiles à
tous ceux qui s'adonnent aux Lettres-.
La Langue Arabe peut auilï être de quel-
que fecours , particulièrement aux Théo-
logiens , à caul'e de l'Alcoran , & aux
Médecins. A propos de cette variée
'c de langues , on examine «
fi
i
Atih 1311: .--■
ut penfer du projet de quelques Scavan»
oor l'établiflement d'une langue univers-
elle j 8c l'on conclud qu'il eft plus per-
mis de la fouhairer que de l'efperer. On
Earle , après cela , des Livres écrits en
,angue vulgaire , Se du jugement qu'on
doit faire de l'autorité des Ver Bous. On
termine cette troiiiéme Di flirtât ion par
des réflexions fenfées fur ce qui fait la ré-
putation d'un Ecrivain ; & l'on obferve
que bien loin d'être toujours le fruit du
grand nombre des Ouvrages qu'il a don-
nez au Public , elle n'eft fouvent fondée
que fur le mérite d'un feul Traité. De
la vient la nereffîté de consulter avec dif-
cernement les Catalogues des Ecrits de
chaque Auteur.
IV. Bartholin , dans la IV. Differta-
tion , traite de la matière extérieure des
Livres , laquelle a varié , félon les diffé-
rées fiecles. On a écrit d'abord fur les
pierres , fur les feuilles d'arbres , fur le
bois , & fur les écorces ; les Tablettes
enduites de cire, le plomb, &: le cuivre,
ont fervi au même ui'age. On commenta
d'employer le parchemin , fous Euméne
Roi de Pergame , qui paffe pour en être
l'inventeur ; & Bartholin prérend que le
papier (Ghana) étoir connu avant le
règne d'Alexandre le Grand. 11 en fpé-
cifie les différences , ainii que celles de
l'encre & des iniUumens employei pour
I
402 Journal des Sçatans.
récriture; il parle de h diverfité des ca-
ractères, fuivant les temps & les lieux;
de l'ancienneté des Manufcrits , & de ce
oui en fait la valeur; de ceux des Danois,
des Goths , & des Iflandois. De là â
pafle à la naiflance de ^Imprimerie , & il
îa-fuit dans fes progrès chez les différent
peuples. Il indique ce qui caraéterife les
meilleures Editions § & c'eft d'ordinaire
(félon lui) d'avoir été faites fous les yeux
de l'Auteur , à moins que les Editions
pofterieures , loin d'avoir dégénéré , ne fe
foient enrichies & perfedipnnées entre
les mains de ceux qui les ont procurées
de nouveau. Enfin , après avoir dit quel-
que chofe des Imprimeurs les plus eftimez
pour la correction , il nous parle de la<
forme , de la relieure , & des ornemens
des Livres , tant anciens que modernes;
& il ne manque pas de blâmer le luxe
outré de certaines gens, fur ce dernier ar-
ticle.
V. La V. Differtatîon roule fur ce que
P Auteur appelle Matière intérieure des Li-
vres,, c'eft -à-dire, fur les dîfférens fujets
qu'on y traite; & fur la forme qu'on don*
ne à ces matériaux. Les fujets des Li-
vres font d'un feul genre , ou de genres
différens. Bartholin avertit que fou vent
les*, titres des Livres font trompeurs $ & il
cite pour exemple les Traitez d'Alchymie
& les Livres de fectexs, où\onYvttxoa-
5
Parmi les Ecrivains qui fe font renfermez
dans une feule matière, les Hiftoriensne
tiennent pas le dernier rang; 6c c'eft auffi
fur ce qui les regarde, que s'arrête le plus
nôtre Auteur. 11 joint à ceux-ci les An-
tiquaires , â caufe du rapport qu'il y a
dans leurs recherches. A la fuite des uns
& des autres viennent les PHUIopai , fé-
conds en écarts & en digreflions , témoin
ïe fameux Snumaifi. Ces digreffions ont
chez lui, Se chei quelques autres Critiques
du premier ordre, leur agrément & leur
utilité : mais elles deviennent fatigantes
par l'abus qu'on en fait. Aux Philologues
fuccedent les Pclygraphts , ou ceux qui
écrivent fur différentes matières. L'Au-
teur en parlant des Livres de pur amufe-
racnt , fait grâce à ceux où régnent les
phifacteries, les traits d'efprit, les bon)
mots , & les Difcours facétieux ; mail
pour ceux dont l'obicéniré fait \r -"
ta] , il veut qu'on les proferive ,
bien que les Ouvrages des Athées. 11
loué' la coutume des Auteurs qui parlent
de Dieu dans leurs Livres, quoi qu'ilsn'y
traitent que de fujets profanes ; & les
Mahometans, fcrupuleux Obfervateurs de
cette coutume, ont leur part à ces louan-
... Quant à la forme des Ow»t«îfs> »
iCjuelle en comprend la mêAroàc ï*\e
■Je; Banholin obferve a,u.'i\ tfv
KbLVt
ON»
404 Job rm al des SçaTaki,
que les Philofophcs , qui affujettifTent
leurs Ecrits à une exaâeprécifion; mais
que les autres Ecrivains, fur-tout les Phi-
lologues , fe croyent en droit de jouir
d'une plus grande liberté , en fe donnant
carrière, & en s'abandonnant quelquefois
à leur génie. A l'égard du ftyle , l'Au-
teur n'en juge la barbarie tolérablc . que
Iorfqu'elle eil reparée par un fond d'érudi-
tion capable de dédommager les Lec-
teurs.
V[. Après ces notions préliminaires, il
ne s'agit plus que d'indiquer les Livres
dont la leéture cil !a plus convenable aux
différentes fortes de fexes , d'âges & de
conditions : & c'eft à quoi s'occupe Bar-
tliolin dans la DilTertation fuivante. Les
vieillards (félon lui) doivent tirer les con-
folaiions dont ils ont befoin. de la lectu-
re de divers Livres, qu'il fpéc.fie. I! con-
feille aux femmes celle des Livres de Ju-
dith & d'Etlher ; celle du Cantique des
Cantiques, où elles verront leur beauté
célébrée; celle de Georgi Vivien , fur les
devoirs d'une mère de famille ; celle des
Auteurs qui traitent des moyens de guérir
les maladies du fexe, & de lui conter ver
fes charmes. 11 ne leur interdit pas 11
lecture des AmaAù , de VAftrie , Si des
autres Romans , traduits prcfque en tou*
les les Langues ; non plus que celle des
Livres de Poefics Bt d'Emblèmes ; & il
A v * i i 1711. ttj
leur recommande de ne pas négliger
les Ouvrages du Poète Jacqati Cattjui,
oîi elles trouveront utie peinrure vive de
l'état des filles , des femmes mariées, &
des veuves. I! les exhorteroit volontiers
a lire l'élégant Traité de Tmulï'un ,iùr le
■voilt du Vutyst , s'il ne les connoifToit
trop peu difpofécs à profiter des leçons
de ce Père, en renonçant a la galanterie
de leurs coe'ffiires. Pour ce qui cil du Li-
vre à'Andri Schrtxdtr fur Iti Danfts , jl
croît fuperflti de les inviter a le lire, n'é-
tant déjà que trop portées naturellement
a cet exercice. Après avoir donné une
courte notice des Auteurs que doivent
lire les Princes, il defeend dans un détail
de ceux qui conviennent aux différentes
Profeffions, fans en excepter les plus mé-
caniques. Il eonfeilîe de lire en tout
temps , à la referve de l'après-foupé , te
de la nuit , où il croit la lecture de dan-
gereufe conféquence pour la fanté : mai.
il veut que l'on inrerrompe la trop gran-
de afliduité de l'étude par quelques délaf-
femens. On doit fur-tout penfer à la
confetvatior» & au foulagemeot de fa
mémoire. C'eft à quoi fervent les fré-
quentes répétitions , les Tables , les Ex-
traits, les lieux communs, les Diction-
naires, &c.
VU. Enfin l'Auteur a rafamUè &w«
ù dernière Djfferutioa quantité 4ete«as-|
406 Journal dis Se a-van.
ques curieufes fur le jugement £
choix qu'on doit faire des Auteu
Village des Abregei; fur le fecou
peut emprunter des Verfions; fui
de eue, forment dans la le'flufe. la
tre des caractères inconnus j fur
des Points ; fur les myfteres des
fur les abbréviations familières
ciens Scribes & am Juriiconfulti
les Hiéroglyphes des Chinois ; fu
rafleres Cabbaliftiqucs ; fur ceux
ployent les Médecins & les Ch;
fur les Chiffres i fur les Notes infei
]a Mufique & dans l'Algèbre; fu
rance & la précipitation des C
foutees d'une infinité de fautes i
Manufcritï; fur le changement rec
de certaines lettresj cVc.
Nous nous contentons d'indi<
gros tous ces articles , fur lefqut
ne nous étendrons pas davantage.
r'REDERici Roiscmii, An»
Botanices Profelïoris , neenon
rnia: Cœlârese Naturx Curiofon
legs , Thcfaurus anîmaliura |
cum figuris sentis. AmfieUd.ua,
Joanneta Wohtrt. 1710. C'eft
Prtmxir Recueil de: mïtnmx qui /,
dans tt Cab'mtt de M, Ruildi,
ftur fAnatomii &■ dt Btteaii
^nj/lcrdam, cha jcwi '
ki Wolwri
a. y * » h (fiw 407
vol. in 4. enrichi de figures, pp. 41.
MOus avons déjà parlé dans nos. Jour-
* naux , de diveriés ouiofitez qui fe
voyent dans le Cabinet de M. Ruifch,
& dont ce fjavânt Auteur a donné 4es
liftes au Public , fous le nom de Trelbr.
Le volume dont nous avons à rendre
compte ici , & qui porte le nom de pre-
mier Trefor , parce qu'il doit être iuivi
de plufienrs autres , crt un Catalogue de
différens animaux, que ce (çavant Natu-
ralisée conferve, oudeiTechez,ou nageant
dans des eaux propres à en empêcher la
corrupiion. Voici une partie de ce que
renferme ce premier Trefor, qui contient
quatre - vingt - douze Pièces différentes ,
parmi lcfquelles il y a auflï quelques vcT
getaux.
1. Unephiole, dans laquelle eft une
fautcrelle d'Afrique , tachetée & capu-
chonnée, ayant les pieds de derrière ar-
mez de pointes très- aiguës.
2. Une araignée apportée du Cap de
Bonne Etperance , laquelle eft de trois
couleurs différentes , ayant la tête & la
poitrine de couleur de châtaigne, le dos
d'un blanc de neige, traverfé de plufieuis
lignes noires , & le ventre tout marbré;
variété qui attire les yeux de ceux même
qui ont le plus d'horreur des araignées.
3. Un petit ferpent d'Inde, team1. «1
40$ Journal des Sçav»Nj.
fa gueule un petit poiffon de couleur ar-
gentine.
4. Une grenouille d'Afrique, parfemée
de divevfcs couleurs, comme le marbre le
plus varié.
j. Un Pij>a , ou Pïpd , efpece de cra-
pau qui fe trouve en Amérique , lequel
a les pieds de derrière comme ceux de
l'oye , & le dos garni d'une infinité de
petits œufs , tous feparez les uns des au-
tres par de petites veilies , qui les ren-
ferment , dans lefquels font contenus Tes
petits.
6. Une anguille d'Afrique , de couleur
d'argent.
7. Une chenille de l' efpece de ceîlesqui
rongent les feuilles du Palmier , Se qui
fant bonnes à manger.
8. Un chameleon d'Afrique, de couleur
cendrée , & tout marbré.
9. Un petit poiffon cornu , de couleur
d'or.
1 o. Un œuf de tortue , où l'on voit la
petite tortue qui en fort.
m. Un petit poiffon volant , prelque
tout offeux, excepté dans les endroits où
font les nageoires.
Tout cela efl fuivi de figures en taille-
douce fort curieute , & bien deûinccs-,
celle entre autres du Pif* , ou crapau I
"Amérique , mérite d'Être confideréei I
quelque choie 4e ûïifculier que d'y!
voit fut le dos de cet animal tous les pe-
tits œufs dont nous avons parlé ; les uni
font ronds & ouverts comme des bouton!
de fleur ; les autres à demi ouverts , hif"
fent voir le petit crapau prêt à éclorre;
d'autres font tout-à-fait ouverts , & on
remarque auprès , le petit crapau qui en
eft Ibrti. Quelque plaifir que faffe la lec-
ture de ce Recueil , on fent qu'elle ne
fçauroit dédommager de celui qu'on doit
avoir en voyant le Cabinet même de l'Ait*
Genefisfive Mosn Prophète liber pri*
mus, ex tranflatione Jo*n>tis Cle-
rici cum ejufdem Para phrafi perpétua,
Commcntario Philologico , Diffcrta-
lionibus Critîcis quinque , & Tabulis
Chronologîcis. Editio fecunda , auc-
tior & cmendatîor. Amjltlo.-t<mi , apud
Htamum Hihciu. 1710. in fol.pagg. 386.
Mo si s Prophetae Libri quaruor , Eio-
dus, Leviticus, Numen , & Deutcro-
nomium , ex tranihtione Joannis
Clhkici, cum ejufdem Paraphrafi
perpétua , Commentarîo Philologico,
Differtationibus Criticis , & Tabulis
Chronologîcis ac Geographicis , Editio
nova , auctior 6c emendatior. A'i'jlt-
Éamï , apud Henricum Scbtiit, 17 10»
foJ. r*SS- <7'- C'eft-Vàïtf.
s
4io Journal des Sçavans.
Les tinq Livres de Moyfe, traduits far M.
le Clerc , qui y a jtsi/tt une Pjraphra/i
continué , un Commentaire Philologique ,
dit Dijfirtttinns Critiquei , & des TMti
Cbranelogiques. Seconde Edition , revùï
Ç3" .lugmentie. A Amflerdam , chez
Henri Schelte.
Vf R. le Clerc mit au jour ce grand Ou-
1V1 vrage en itçy, & dans le XLII.
Journal de l'année Avivante , p. 803. oh
publia un très -court Extrait du premier
volume , qui comprend la Genele. Cette
féconde Etritinn nous donne lieu de nous
étendre un peu plus qu'on ne fit alors.
Dans l'Avertiffement , l'Auteur allure
3u'il a reformé fon ftyle en plufieurs en-
roîts , & qu'il a corrigé avec foin toutes
les fautes qu'il a pu découvrir, foitqu'e!-
]es vinlTent du Libraire, foit qu'elles vinf-
fent de lui-même. 11 avertit aufïï que les
additions qu'il a faites à fon Ouvrage,
font plus confîderables par le nombre,
qu'elles ne !e font par la longueur ; &
qu'elles confident principalement en de
nouvelles autorité*. , tirées de l'Ecriture,
ou des Auteurs profanes , & appliquées
à differens fujets.
Trois Bifiertations commencent le pre-
mier volume. La prenùwe «mm de la
Langue -Hébraïque. M. \t Caw *<•&,
A v m-i If il
pas pcrfuaJé qu'elle foit plus a
les autres Langues Orientales. Il prétend
que la Langue d'Adam & des autres hom-
mes qui avoient vécu avant le Déluge, fe
perdit à la conitruction de la Tout c
Babel, & que les enfans de Noc, en :
difpenanc , en emportèrent différens di«.
lefles dans les pais qu'ils allèrent peupler.
Selon lui le Chaldéen , l'Arabe & l'Hé-
breu font des dialectes de la première
Langue; ce font des Langues également
dérivées de celle d'Adam- C'elt ainfi, a-
jouie-t-il, que l'Italien, l'Efpagnol , 8c
le François , viennent du Latin. Bien
loin d'ajouter foi à\ ce que difent les Rab-
bins, que la première Langue, qu'ils fup-
pofent être l'Hébraïque, fe conierva dans
la famille d'Heber, Si qu'Abraham qui la
parloit l'enfeigna 1 fes enfans ; il s'appli-
que à prouver que les defeendans d'He-
ber, & Abraham même jurqu'à l'âge de '
près de quaue- vingts ans, parlèrent ta Lan-
gue Chaldaïque. Dans ce temps-là le lan-
gage qu'on a depuis nommé Hébreu é-
toit en triage dans le pais de Chanaan; &
ce fut dans le pais de Chanaan qu'Abra-
ham l'apprit , en oubliant le lien. Voici
les preuves- fur Iclquellcs on établit que
l'Hébreu ÔC le Cananéen doivent étrere-
gardei comme une même Langue. \.L.es
" Dms propres des lieux , S; même à«
■aunes du pais de Chanaan , [oraçwt-
S 2. ïtttHS.
4iï Journal du Sçh
ment Hébraïques, i. Il ne paroit nulle
part que les Chananeens & les Ifraélites
euiïent beibin de Truchemens pour s'en-
tendre. 3- Jofcpli voulant paroitre Egyp-
tien , fe fervit d'un Interprète pour par-
ler à Tes frères. Cet Interprète parla Hé-
breu Tans doute , & cependant il n'étoie
point de la Maifonde Jacob, car ilauroit
ailëment découvert ce que Jofeph vouloit
cacher. 4. Tous les mots qui nous ref-
tent de la Langue Phénicienne font Hé-
breux, j. La Langue Hébraïque cil ori-
ginairement la Langue d'un peuple idolâ-
tre , tel qu'étoient les Chananéens. Le
mot Ekhim , Dieux , y lignifie fouvent
Dieu ; & d'un autre côte cette Langue a-
bonde en expreffions qui attribuent à
Dieu, un corps, & des pallions humai-
nes. Daasla fuite de fa Diflerration.M.
le Clerc montre que la Langue Hébraï-
que eft demeurée très-pauvre , parce que
les Sciences & les Arts ont été négligez
chci les Hébreux * que cette pauvreté y
a introduit beaucoup d"ambigmtez;àcau-
fe de la neceffité où l'on ctoit d'appliquer un
mêmeraotàpluiieurschofes différentes ; 8e
que les Hébreux ne fe font mis en peine
ni de cultiver leur Langue, ni de former
leurs Diicours l'uivantles règles de la Rhé-
torique. On trouve une li grande uni-
formité de ftyk dans tt>\K V rvciâeti Tefta-
tnent, qu'il pstoit b\îu c^t àççià&WwKt
tems de la Captivité deBityïonc,
gue no changea point ; mais peu-
jette Captivité les Juifs appiitent le
.daïque. Ils continuèrent à le parie? ,
me après leur délivrance; & c'cioit la
ngue vulgaire de Jerulâlem du temps
JeHis-Chrilt.
La féconde Differtatîon roule fur les
'radu&eurs, &C fut la manière de iraduire.
,' Auteur y rend compte de la fienne en
aiticulier, Il s'elr propofé de tendre 6-
ellemcnt le texte des Interprètes , de de
: conformer à leur faailuaùan. Soi la
n il parle des Traducteurs qui ont tra-
aillé pendant le feiziéme ficelé , <k au
Dmmencement du dii-feptiéme . & il
■ur préfère ceux qui ont paru depuis. Le»
lifons de cette préférence font, r.Queces
erniers ont eu de plus grands fecours. i.
Ju'ils n'ont point eu , comme les autres»
c prit diftrait par les querellesde Religion.
Jous pouvons affurerà la louangeuudix-
rptiéme iïecle, dit-il, que la Philologie
acrée y a été plus cultivée qu'elle ne
ivoit cié pendant les deux mille ans qui
t'oient précède. De là font vertus tant
'cxccllcns Ouvrages , qui facilitent l'in-
Jlîgence de l'Ecriture , ces Bibles Poly-
lottcs, ces Dictionnaires , &c. mais ce
iii , Mon lui , manquait le plus a tout
juxqui.oni vécu avant le feiziéme Cède,
Ctoit la Ciitique, Il excepte S- Jciôrae,
Si «s»
414 JOURNALDESSÇAVANS.
.qui en confeilloit l'étude , * qui s'y ap-
pliquoït lui-même l'criciUemenr.
Dans la troiliéme Dill'ertation , M, le
Clerc recherche qui cil l'Auteur du Pen-
tateuque. 11 obferve d'abord que lescho-
fes dont la mémoire s'eit confervée dans
le Pentatcuque , font arrivées ou avant
Moïfe , ou de foti temps , ou après lui.
Jl croit que Moïfe mit par écrit les faits
de la première efpece, mais qu'il lesavoit
-emprunté des Ouvrages des Patriarches qui
a voient vécu avant lui. Pour les évene-
mens qui ont rapport à lu: , on ne peut
douter qu'il ne foit Auteur des Ecrirs qui
les renferment. A l'égard des autres faits,
ou même de fa mort , M. le Clerc dit
cu'il ne veut pas nier qu'on n'en doive
1 Ecrit à une autre main qu'à celle de
Moïfe- Cette dernière remarque ne re-
garde guéres que le dernier Chapitre du
Deuteronome. L'Auteur a foin de ré-
pondre à la plupart des objections qu'on
lire ordinairement des autres endroits du
P entât eu que.
Dans le corps de l'Ouvrage , chaque
page prefeute au* yeux trois chofes ; fça-
voir la Verfion Latine , la Paraphrafe , 5c
le Commentaire. La, Verfion commen-
ce ainfi ': i. Cœlts & ttrrarn initia
ertAVÏt Dtm. i. Terra inanis v inteua,
ttligo Jit/>r* Ab-yffum irai , mevebatnrqut
/upra aguam Sfiritut Dm. î- DîkiV titra
Otlàx; êey&l**. H pi»
Joie* en cette bttc :
nifimm didit Htm , HfH, M>
«rtWvif, 3. t» i ttrrttrdUr ,
?-**rtr*t , çàft* f"4 wûvirf» m
Miktiti* trét , ttmkris tmum tir S fi*
Éili jsnMwfaut s. ts «£», pm*
«►>.#«, éftëjmH.kum Kà/knvAùi
ïïtjHét**, ** oirnn , JW» -*w«>,
AToadriemtfcfetp<MTOir;aaffi truc
f ici le CotumtnMJTt de M. le Clerc
eti trois varftte.-maiic* Commentaire
<Jroft trop de place.
.•cxpIiciCQn de la Getiefe eft ftrivic do
t Differmion». Lt première traitede
orne & des trois astres Villes dont
Me' raconte- Il deflrodHon. On parie
a fertilité merveilleufe de la contre»
:!)es étaient fanées , & des excès hoc*
4 de leurs habltans. Ils en furent pu-
l'unc manière étonnante, 8c leur fup-
: eft le principal objet de l'attention
A. le Clerc. Il obferve que la terre
a vallée qu'ils occupoient étott toute
plie de bitUme , de foulfre, 6c d'eaux
couloient en partie du Jourdain, Se en
e de divers ruifleaux qui venoient des
tagnes. Plufieurs Auteurs, qu'il cite,
ivent ainfi les environs de la Mer
te, d'où il eft aifé de conclurre que
nain que cette Mer couvre , & qui
:rmoit autrefois les quatte villes cri-
S 4 m-
'416 Journal dis Sçàvan s.
minelles, étoit de même nature. Cela
fuppofé , M. le Clerc explique ainii ce
qui leur arriva. Dieu étant irrité contre
ces villes , la foudre tomba du Ciel . &
alluma de toutes parts le bitume Se le foul-
fre. Cet e moralement pénétra jufcjues
dans les entrailles de la terre, & tout ce
qu'il y avoit de combullible étant confir-
mé, les eaux fuccederent au feu , rempli-
rent les cavitei qu'il avoit faites , Si ache-
Terent de fapper ce qui pouvoit encore
fervir à foutenir la fuperficie de la terre.
Ainfi tour fut abîmé. Le miracle de cet
événement, fi on en croit M. le Clerc,
ne confifte que dans la circonfiance du
temps , Se ce qui perfuade que c'a été un
miracle , ce font principalement les Dif-
cours des Anges , qui l'ont prédit avant
qu'il fut arrivé.
M. le Clerc examine dans l'autre Dif-
fertation , fi la femme de Loth fut véri-
tablement changée en une flatuè de (el.
Plutôt que de fe refoudre à croire cepro-
dîge , il donne aux exprefllons de Moïfê
tuiféns figuré, 8c il tâche de les accorder
avec ion opinion, qui eft, que la femme
de Loth mourut de frayeur , ou qu'elle
fut étouffée fubitement par quelque va-
peur maligne qui fottit de la terre. Le
nom de lUtuë lui convint a caufequ'elle
demeura immobile : pour ce qui eft da
felj il iuffii a l'Auteur d'en trouver di
d'ï
Avril 1711. ^t?
terre où U mort furprit cène femme.
Le fécond volume contient l'Exode,
; Levitiquc, les Nombres, 8c le Deute-
onome. M. le Clerc n'y répète rien de
:e qu'il a dit dans te Commentaire de la
Genefe , & il fe contente d'y renvoyer
les Lecteurs lorfque les mêmes difficultés
fe prefentent. Cela fait que ce volume
qui devroit naturellement être trois fois plus
gros que le premier, n'eft cependant que
d'une grofJeur raifonnable. Nous remar-
querons, en partant, qu'il infere quelque-
fois dans fa Paraphrafe des conjectures Se
des idées étrangères, qui fëmbkroicm de-
voir être refervées pour Je Commentaire,
En voici un exemple , Exode, Chap. 1.
jt. 8. No-vus tnitr hu in k%j/>is Rix, qui
Jofohum non Mptntf , «.»N< tfi. 0. h
auttm populo fuo , en, induit , ijfatitarim
pepulus numirofut tjl , noii/que latidior.
Paraphr. i. Ea itmfefiait /irait s ^£^yptum
inftrhrcm invaftrt , nique arum Dhx
•vlctii v£*ypiiii imptritavit , quUanan
divtttt dt Jsfcpho , tujus memorta gniiam
ifraëtiiis , apitd ^yptiei ptpinrat. lraqm
Irntfiiii olim , ab Jacôliiftîo, in inftrioùt
v£fjpù Rtgts , adcoque ^^gypiios omms,
collati , rationtm nuilam habuit , &c. Il
n'eft, comme on voit , fait aucune men-
tion dans le texte, ni des Arabes , ni de
leur Chef, ni de leur conquête de l'E-
pie, Ces nouveau* faits font liiez d'
S j y
5
\am
**
4 rS Journal deiSç»v*ns.
paflage de Manethon , que Jofephe rap-
porte dans Ton premier Livre contre Ap-
pion, & qu'on trouve ici dans le Com-
mentaire. Manethon dit, quedes Paileurs
s'emparèrent de la haute 8c de la baffe
Egypte, & fe choifirent un Roi nomme
Salatis. Jofephe prend ces Pafteurs poui
les Ifraelites ; mais au jugement de nôtre
Auteur , qui fuit Marsham , Jofephe fc
trompe. Marsham conjeflure que Salatis
même fut, au contraire, ce nouveau Roi,
qui ne connoiffant ni Jofeph, ni Tes bien-
faits, perfecuta les Ifraelites. A cettecon'
jefture on en ajoute une autre fur Ton pais,
& on le fait Arabe.
Le Commentaire fur le Deuteronomt
eft fuivi d'une Dillerration fur le partage
de la Mer Rouge. M. le Clerc le repre-
fente en cette manière. Un vent de Nord
fouffla toute- la nuit, pendant le refluxj
les eaux de la Mer fe retirèrent du côté
du Midi , beaucoup plus loin que dans
les reflux ordinaires , les Ifraelites panè-
rent par l'endroit qu'elles aroient abandon-
ne1. Elles ne s'élevèrent point comme
deux murs , à droit & à gauche : elles fe
partagèrent pourtant, mais ce partage cob-
iîftoit en ce que toute la Mer Ctoir d'un
côté, &qu'il ne manqua pas de rciler de
l'aulre certaine quantité d'eau . dans des
creux que le vent n'avoit pii de(Tech*r.
Les £gypti«i5cr\ueirtçoMiok "
Avril 171t. «r9
le retour des eaux , mais leurs chevausSc
leurs chariots s'enfoncèrent dans le Table,
& le Sus les ayant furpris , ils furent
tous noyez. Après aroir donné cette idée
du paflige de la Mer Rouge, M.le Clerc
y cherche quelques miracles- Le vent
de Nord , dit-il , ne devoir peut-être
pas fotiffler ce jour-là ; peut-être qu'au
contraire, le vent de Midi devoir fouffler,
fi Dieu ne l'eut retenu. Peut-être que
fuivant les règles ordinaires , le reflux eût
été beaucoup moindre. II y eut du mi-
rade non-feulement dans le choixdu vent,
mais aufii dans fa force extraordinaire, qui
mit à fec des efpaces de terre que la Mer
avoir toujours couverts jufqu'alots , 8î
qu'elle n'a jamais laiffé voir depuis. Enfin
on ne fçauroit nier qu'un événement de
cette nature n'ait été un miracle, puïfque
Moïfe l'avoit prédit, & qu'il avoit même
afluré que les Egyptiens periroient ; ce
que nul efprit humain n'avoit pu prévoir,
llétoit, au contraire, plus vrai-fembl»-
hle que les Egyptiens ne feroient pas allez
jnfenfez pourfuivre le peuple d'Ifraé] dans-
ut! trajet fi périlleux. M. le Clerc a joint
à cette Diflertatîon une traduction des
trois premiers Chapitres de l'Hiftoire des
Dixmes, par Selden. Des Tables Geo-
graphiques , & desTables Chronologiques,
terminent ce volume.
S 6 "Cfr
'rf"jM&V 'Si B,oc
Coo»« l«J chlÈ„ni H=^
prime"1 « ■■*■
in A. PP- + . t-U.O . C
„ >«■ ici q»'™e ! fi doarW c
Vitutal" »« 'ft [(«»«« 'toi! (»,
^'""nTOit^'^fcS.uOiV*"
Avril tjw, 4«
s , & les autres maux qui uw
rdinairement les Vieillards. L'eC-
ne , accablé fous le poids des hu-
n'a plus Ta même vivacité , 5c
lions de l'ame languiflenr dansun
mguiflant. Nôtre Auteur étend
lions, & deicend dans desdétails
: voir qu'il a une grande connoif-
le l'eeconomie du corps humain,
s'il ne dit rien qui puifle iniliuire
iecins, du moins les Médecins ne
t l'accuferd'en fçavoirmoîns qu'eux
laiicre dont il les entretient.
I Frdnccifts fur an fujels ttriz Ht FE-
e, à 1. II. voix, w B*Jfe continue i
■ avec fymphonie ; c? parût fans fym-
t. Par Mademtifttle ] s c QJJ e T
AGutlnE. Lî-vrt fteend , conte-
Adam , U Temple rebâti , U Déluge,
h. yipaté, v Samfon. A Paris,
Chriftophe Ballard , feul Impri-
du Roi pour la Mufique , rue
Jean de Beauvals , au Moni-Par-
711. in fol. pagg. 78.
m 01 s elle Deîaguerre publia
î premier Livre de Cantates fur la
'année 1708, & nous parlâmes de
.vrage dan» le premier Journal de
fuivante, pag. 18. Nous n'avons
ajouter aux remarques générales
rçft
A-i Journal des Sçavans.
que nous fîmes alors, finon que le fticcès
a répondu à ce qu'on avoit lieu d'efpe-
rer. La majeflédes fujets , la force & la
beauté des vers, la noblcflé , la variété,
h nouveauté des chants & des accompa-
guemenS) l'ont emporté fur les préjugez.
La Vérité a eu fon effet ordinaire. Elle
a charmé même ceux qui ne fe plaifoient
qu'à chanter, ou à entendre chanter des
vertus fabuleufes, 8c de faux prodiges.
Ce fécond Livre renferme fîx Cantates;
fçavoir , deux à voix feule j deux à I.
voix , avec fymphonie 5 & deux à II.
voix. Mademoiselle Ddaguerre a cru
qu'elle feroit plus de plaîfir par cette di-
verfité, que fi elle ne donnoit que des
Cantates a une voix , comme dans le I.
Livre. Voici l'ordre & le précis de ces
nouvelles Pièces.
Adam. Première Cantate à ■voix feule.
La félicité de l'homme innocent , Se les
malheurs de l'homme criminel , font la
matière de cette Cantate. On y adrefle
toujours la parole à Adam. On lui pro-
pofe, dans le premier état, une réflexion
qui auroit pu contribuer extrêmement à
l'y maintenir:
Sur loi It travail, h douleur,
La mort r.'n point reçu d'empite;
Tu n'as encor d'aatrt malheur,
êlSt lafHtJfantt de le nuire.
.1 Temple heiati,
; à I. voix, a-vtt /ymphenie. Ceux du
lèlites qui n'étoient pas affez âgez pour
oir vu le premier Temple , Font d'à*
ord éclater leur joye à l'afpeét du fé-
cond.
Sonna. Trompettes , &e.
Oo -mit déj* finir de fes ■vaftes ruines
Ce Temple fi fameux , l'honneur de Ss-
lomon ;
Cyrus a dégagé lu preme/fet divines.
Et par fe; foins prédits fe relevé Sim,
§ue iallegrefje , fJT"c
Les Vieillards , qui avoîent confervé
l'idée de la magnificence du premier Edi-
fice , interrompent la fêle par des plaintes
qu'on anétc:
ICeftt trijies Vieillards, Ce.
Ce font lu eccur: qui fini la jaimeté du
Temple ;
Ci(fex. d'en regretter l'éclat.
La joye devient générale.
Le Dudgï. Trmftimt Cantate , à II.
■voix. M. De la Motte reprefente dans
cette Pièce , h Juflice de Dieu, les cri-
mes des hommes , & le Déluge, <3jâ «i
424 Journal des Sçatâms.
fut la punition. L'Arche qui fauve l'in-
nocent , Se l'Are-en-Ciel qui raflure la
terre , font fucceder à la trifteffe 8c à
l'épouvante , des mouvemeus dejoye,
qu'on a foin de tempérer par une reflexion;
Sur les Mortels qui doivent naître
Un fembUbU cour roux ne doit plus éclater;
Mail Ut.tn deviendront feut-ftre
Plut hardis à te mériter.
. Joseph. Quatrième Cantate , à voix
feule. Les peintures qu'on y voit apprrn-
. ment a éviter les attentions dangereufes,
& rendrnr le vice très-odieux. La cir-
conilance du manteau abandonné , mar-
quée dans l'Ecriture , ne pouvoit guéres
être plus îngénieufement exprimée qu'elle
l'cft dans ces vers:
ElUprtffi,
31 refuft , ilfmt, fff lui laijfe
De quoi je vanger dit refus.
Jephte'. Cinquième Cantate , à if.
voix. Tout interene dans cette Cantate.
Les paffions les plus vives y font naître
des inilruétions très-utiles, La reiblution
du père étonne; l'obéiflancedc la fille at-
tendrit ; ils fe foumettent l'un & l'autre,
mais quelle différence de caractères !
i^««ni
Avril 1711. Aas
Quanti jfefA/*' murmure frfiimit,
S* jiUt plu, transmit» , t» l'offrant . U
tonfile ,
Héroïque vitlimt, tlle-mSrne affermit
Le iras timide qui i'tmmeie.
Sams oh. Sixième CuM», à 7. W«,
avec fymphentt. L'Ameur y dépeint I»
faibles , les Ibuftïances , & le triomphe
de Sarafon. Ce Héros , fur le point de
renvsrfer le Temple de Dagon, adrefle à
Dieu cette prière;
fafre pat ejui et peuple jeiiïffi
triomphe qu'il l'eli promu:
J'ai mérité la mo't,rsr tu m'y vtti fournis ,'
Trop heureux qu'avec moi l'idolâtre (f
A en moti il rtmpt t<
On doit Ravoir bon gré a MonfieurDe
la Motte & à Maderaoifellc Dela^uerre.
d'avoir ramené la Poêfic & la Muiiquc
à leur première inllitution , en les em-
floyant a louer l'Etre fuprêine , 8t à celc-
rcr les véritables Héros.
Differutio Inauguralis Medica de Para-
doïis Mcdids precipuis quamDeo cle-
tmenter benediceme , 8cc. pro gradu
Do&ortU, fiiinmifiiue \n \ù»c$»>ta.-
6 Journal des Sçavans.
dicina honoribus , infignihus & privile-
giis Majorum mox capefi'endi* , in Au-
dirorio Majori , publicè ventilabit
Friuericus WilhelmusGek-
leiui Corf, Lufar. Hait MagJttt.
Battit Chili. Hwktlii. C'eft à-dire:
Differtation fur Ut principaux l'aradexn
de Méritant. Par Frédéric Guillaume
Gehler. A Hall , de l'Imprimerie de
Chrétien Hencfcel.
TE corps humain peut être confideré
J~> par rapport à fa matière j félon cet
égard les Anciens l'ont appelle matériel,
ou mixte. Il peut être aufli confiderépar
rapport à certains mouvemens reglei qui
le gouvernent; & en ce fens on l'appel-
le Vivant, comme on appelle du nom de
vie , l'action par laquelle il cil vifUffi
Ces deux noms de vivant , & de mixtt,
paroiiTcnt oppofez, & l'emblent former
un paradoxe. En effet , qui dit milmp,
dit corruption , ou chemin à la corrupmn\
& qui dit vivant, dit le contraire en ap-
parence. Mais nous ferons voir , dit
l'Auteur , que ces deux chofes ne font
point oppofées , & qu'étant bien enten-
dues , elles s'accordent parfaitement, Il
prend de là occafion de parler de plufieurs
autres paradoxes femblables, qui font des
faites de celui-là, ik qu'il explique !i fond.
Ceux qui feront curieux 4c iqw « <\u1I
. ces matières , pourront confultet U
.-nation même, qui eft bien écrite,
.s qui ne contient aucune découverte,
rien dont nous croyions devoir entre-
:nir ici les Lecteurs,
;. Cirspi Sallustm quœ exilant i cum
nolis integris Glateani, Rivii , Ciacco-
nii, Gruteri, Carrionis, Manutii.Put-
fchii , Doufa: : feleftis Caitilionci , C.
& A. Popma:, Palraerii, Urfini.J.Fi.
Gronovii, &c. Accedunt Julius Ëxfih
perantius, Porcius Latro ; & Fragmen-
ta Hiiioricorum Vet. cum Nolis A.
Popra*. Recenfuit , Notas perpétuas
& Indices adjecit Josephvs Wassi,
Coll. Rc^in. apud Cantab. Socius i 8c
Nobiliil" 'Marchioni de Kent a Sacris
Domefticis. Prscmittitut Salluflii Vita,
Auflore V. Cl. Joanne Cleri.
Cantabrign , Typis jtcadtmuîs , apud
CtnuUttm Crownfield , Ceieberrim* AtÂ-
demU Typograpbum. 1710. C'e(l-à-dire:
Ce qui nous refit des Ouvrages di Saltuffe-,
*vtc Ut Noies entières de GUrean, rjrc. ej-
Us Notes cheifiss de Cofiigliont , î$ç.
y « joint Julius Exftipcrantius , Perciut
Litre ; v les Fragmms dis mutas Hifit-
rîtns , avec Us Notes d'/l. Popma ; Edi-
tion procurée par Us (oins de Jofepli Waf-
irUbîe d'amples Commentaires,
7 à'me. V» àe Sfltti% %
418 Journal Dît Sçavaks.
etmpafit pat Jean le Clerc. A Cam-
bridge, de l'Imprimerie del'Univerfité,
chez Corneille Crownfield , 8cc. \y\a.
in +. pp. sji pour les Guerres de Cati-
lina 8c de jugurtha; pp. 3S4. pour les
Fragmens; pp. 168. pour les Tables.
*L nous refte peu d'Auteurs Latins, dont
* le texte ait reçu plus d'altération de la
part des Copiftes & des demi-Sçavans.que
celui de l'Hiilorien Sallufte. Son ftyle
coupe, les traits imprévus qu'il y entre-
mêle, les fréquentes illipfti qu'il employé,
J'affeiSation de certains mots &; de certains
tours furantiei, ont donné îicu à quan-
tité de glofes. Se de reftitutions préten-
dues , qui n'ont fervi qu'à défigurer cet
Auteur. Les Critiques des deux derniers
liecles, qui fefont chargez du foin de le
rétablir dans fa première pureté, 8c de le
rendre plus intelligible , s'y font pris di-
verfement, par rapport aux divers talens
qui les diftingu oient , ôc n'y ont pas éga-
lement reùiE. Les uns peu inquiets des
difcuiïions grammaticales , fe font appli-
quez à donner du jour aux penfées de
l'Hiitorien, par des réflexions politiques,
ou des remarques hiftoriquei ; & de ce
nombre font Ommbunus , Zanchius, 7
nUnfn, PiiUUgU), Ca/liglhi>e , Rnptrt,<
winktl , Ltccer.ÎHs , Sec. Les autres fc
fermant dans ce, <\u\ eft. 4i\e&jr.t
Bine-
fi.,'.
Avril on, A*5
Critique & de la Grammaire, n'ont penlé
qu'à la correction du teste, & à l'édait-
ciflement des parafes obicures & irregulic-
res, 8c tels font Glmranus , Biiîm,Ciacc9-
nius , Aidi Marina , Ojpricn Se Attjcne Paf-
tna , Carrion , Dohza , Patrturiui , FhIvims
Urfmus , Put/ch , Gruttr , &c. C'eft de
ce qui regarde ces, derniers . que nous inf-
truit fort au long M. WaHe', en faifant
l'Hiftoire des principales Editions de Sal-
lufte qui ont paru jufqu'id , & en indi-
quanrla plupart des Manuk-rits furlefquels
elles ont été faites. Il n'oublie pas dépor-
ter fon jugement fur chacune de ces Edi-
tions en particulier, & de nous marquer
ce qui fait le prix des unes , & ce qui di-
minue le mérite des autres. Il donne fans
héiiter la préférence à celle de Grutir; 6î
il a crû ne pouvoir prendre un meilleur
modèle pour la fienne. C'eft donc avec
cette Edition de Gruttr qu'il a comparé
les.divertes leçons qu'il a pu recueillir, tant
de pluficurs Manufcrits qu'on lui a com-
muniquez , que de quelques Editions rares
& anciennes. Il ne s'eit permis cependant
que très-peu de corrections dans le Texte
àe Sallufte; encore s'eit-il contenté de les
propofer la plupart dans fes Notes. Il a
fait imprimer celles de QrMUr, de Giarta-
Mi) de Rivius, de Ciatcomw, àcCarrio»,
de Manuel, de Putfch, &de Dnwsa.pref-
que rouies entières ; 5c edi i'uixwx, ^\ms
43° Journal des Sçavans.
volontiers qu'elles contiennent l'hifloire
des principaux ebangemens qui font arri-
ve! au teste , & qu'elles offrent comme •
un abrégé de toutes les Editions, Il n'a
retranché de ces Notes que celles fur les-
quelles il ne s'eft pas trouvé d'accord avec
les Auteurs , & qu'il a refermées dans les
Hennés.
A l'égard des Notes de M. Walfe que
l'on rcncon're à chaque page , elles font
deftinées , t. à juilifier la manière dont
Gtuttr alû divers partages, & à le défendre
contte la cenfure qu'en ont faite quelques
Critiques poilerieurs ; 1. à rapporter des
diverfes leçons de quelques endroits de
l'Hiftorien , que des Ecrivains plus moder-
nes femblent avoir voulu patoàïir ; 3. à
faire connoître les fources Gréquesoù Sa-
lufte i puifé; ce qui n'eft pas inutile quel-
quefois pour développer fa penfée ou fon
expreffion; 4. à montrer comment par le
moyen de quelques paifages parallèles des
Anciens on peut rétablir dans Salluitc la
véritable ponctuation de certains partages
difficiles ; 5. à comparer Salluileavec d'au-
tres Auteurs, pour l'élocution, Si à faire
voir la fuperiofité du premier; 6. à rele-
ver certaines moralitei empruntées de
quelque Ecrivain plus ancien; 7. à édair-
cir quelque point de Géographie, d'Hif-
toirc, d'Anriquirn, &c.
On voit à la fuite des Oura^t* ta Sal-
^A v r i l nu. 43t
lufle deux morceaux, qui de l'aveu deM.
Wafle lui-même, ne paroifient ici guéres
plus corrects que dans les Editions précé-
dentes. La première de ces Pièces con-
tient une hifloire abrégée des Guerres Ci-
viles de Marius, de Lcpidus, & de Ser-
torius, compofée par Julius Exfuptrantiut,
& qui dans un ancien Manufcrit de SalluI-
te, fe trouvoit a la fin dei guerres de Ca-
tilma !■: de Jugurtha : ce qui donne lieu
de foupçonner que cet Ecrivain pourroit
hienêtre quelque Abbrévinteur deSallufte.
Du relie, il nous vient de la Bibliothèque
de M. pîibm. L'autre Pièce efi une Dé-
clamation de perdus Latro contre Catilina,
Cela eft fuïvî des Fragments des anciens
Hiltoiïens Latins, accompagnez des Notes
à'Aufone Popma, & de celles du nouvel E-
diteur.
Des deux Tables qui terminent ce vo-
lume , la première cil des plus riches , &
I des plus commodes pour ceux qui vou-
dront avoir Salinité réduit en manière de
Lèxicen, & former leur Ityle fur celui de
cet Hiftorien : car outre qu'elle en renfer-
me tous les mots & toutes les phrafes ran-
gez par ordre alphabétique , M. VVaflc a
«* foin d'y femer plufieursOblcmiionsde
Critique & de Grammaire, ôtquelquesci-
f*t:jo/»s de piiîages parallèles, lefquellesen
î'm/riuantla fechereffe infeparable de ces
OrtesrJ'Ounages, font çtoçï« \ «ÈSjs.
43Î JOBÏNAL DES SÇAYANS.
la curiofité du Lecteur , & à réveiller (on
attention. L'autre Table indique les noms
de tous les Auteurs citez, coirigti , ou
expliquez dans les Notes de M. Wafle,
avec des renvois à ces mêmes Notes.
Il ne nous rcfle plus qu'à dire un mot de
h Vie de Sallulte , qui fuit immédiate-
ment la Préface , & que l'Auteur doit à
M. ItCltrc. Ce fçavantôï laborieux Ecri-
vain y a raffemblé avec beaucoup d'ordre,
d'exadiiude , & de netteté tout ce qui
concerne les actions & les Ecrits de l'HiC-
torien Romain. 11 nous peint parfaite-
ment les mœurs & le caractère de ce fa-
meux Auteur; c'eft-à-dire , qu'il nous le
repréfente porté naturellement à démen-
tir par fa conduite ces fenrimensd'honneur
& de vertu qu'il femble avoir pris à tâche
de faire éclater dans fes Ouvrages, & livré
à tous les vices contre lefquels il s'eft le
plus déclaré. Nous avions d'abordeudef-
fein de donner un Extrait de cette Vie;
mais elle nous a paru écrite avec tant de
précifion, que ne pouvant en inférer ici
une traduction Françoile qui l'expofe dan!
toute fon étendue , nous croyons qu'il
vaut beaucoup mieux pout la propre
fatisfaction des Lecteurs , les ren-
voyer à l'original même , qui ne pour-
roit être abrégé fans perdre beaucoup '
fon mérite.
>up de I
va
rqHH fur li Livre intitulé , Eûai de
«ncntaire fur les Prophètes, par le P.
i Paul Pmron.&C. AdrtJJÏes ÀM
ûmeters des Mnmirtt de Trévoux.
■J R. PERE,
s voulez communiquer au Public
narques fur l'Ejfti d'un Commentais
prophètes par le fin Pire Pinrm: vous
u'un Auteur de cette réputation doit
■uré quand Tes découvertes ne font
■z bien fondées ; que Te taire d.inv
ccafion c'eft livrer le Public a de»
Siui a l'appui d'un nom rerpeéU-
înuent aifément, Je me rens à
bns, & je vous abandonne mesre-
•s. Je les fis dans le tems que foa
parut , & depuis tant d'années je
rn lu qui m'ait obligé à changer de
:tit fur les points que je contefte à
bre Auteur.
e m'arrêterai point à relever ce qu'il
ins !es pages 18.&19, où il fuppo-
me par tout ailleurs que la fuccef-
■s Rois Medes, que l'Hiftorien Cte-
"ait régner en Aiie durant 306 ans
Cyrus Se après la deltruétion de Ni-
Ibit vetiiable. Je connois plufieurs
T per-
Atiiele eft lire de» Mémoires Jtliwni,
434 Journal BEI SçavanS.
perfonnesdiftinguées par leur érudition qui
aiment mieux fuivre la Chronologie d' Hé-
rodote, qu'ils trouvent s'accorder parfai-
tement avec celle des Livres de l'ancien
Tcilaraenr. Je ne parlerai pointde cequ'il
confond Tilgame Roi de Babylone avec
Phul Roi d'Affyrie, fans en donneraucunc
raifon , car je îçai qu'il n'en peur donner
aucune. En effet qui ofera nier que Baby-
lone ait eu fes RoispropresavantNaboiiaf-
far ï Si donc Elien qui eft le feul Auteur
qui rafle mention de Tilgame&deSaccUo-
ras, nous les donne pour des Rois de Ba-
bylone, un Ecrivain modernedetbnauto-
lité privée peut-il en faire des Rois de Ni-
lÛve?San5 errtrer dans ces qucllions, je me
cémenterai de remarquer que la meilleure
partie de ce que le P. Dom Paul Pciron
nous débite de nouveau ,eft fonde l'ut trais
points qui font à mon avis tofoutena-
i. Il aluire*, & le fuppofe, maïs fans
en donner aucune preuve, que Jéroboam
II. petit-fils de Jehu porta les armes juf-
qu'aux confins de l'Egypte , & qu'ayant
S ris fur les Syriens la Ville de Beerfabée,
: défait près de Ga7.a l'Armée des Idu-
méens, il s'ouvrit un chemin dans l'Idu-
mée pour aller fubjuguer la Ville d'Aila.
Je ne trouve tien de vrai dans toute cr"
* F. 44. ti, « J. »v iv.. \\%. ttfc
A Y r i t i7n. 43,
fuppofition. Jamais les Rois de Syrie ni
ceux dlfraél n'ont poifedé la VilledeBecr-
fabée. Elle a toujours appartenu à laTriba
îi auxRoisdeJuda, lefquels enontété les
paifibles pofierleurs jufqu'à la captivité de
Babylone. J'ofe affùrer qu'on ne trouver!
dans toute la Bible aucun vertige, ni aucun
indice qui puifle favorilêrmémeindireéte-
ment ces expéditions prétendues, tant du
Roi de Samarie, que des Rois de Damai,
LtVille d'Ailaavoit été conquire par Da-
vid avec le refte de l'Idumée; & cette Na-
tion demeura /"mette & tributaire de ce
Prince 6t des Rois de Jerufalem Tes fuccef-
Jeurs, jufqu'au tems de Joratn fils de Jo-
fapbat, qu'ils fe révoltèrent & fecouérent
le joug. Aila étoit fituée fur le mémegol-
fe de la Mer ronge, où étoit Aiiongaber.
Salomon 6c Jofaphat y rntretenoient les
flottes qu'ils envoyoîent en Ophir. Je ne
fois pas artez bon Géographe pour conce-
voir que Jéroboam II. Roi d'ifracl ait eu be-
foin de prendre fur les Syriens Beerfabée
pour fe faire un chemin dans le pais des Idu-
meens, 8c aller s'emparer de la Ville d'Aila:
Les conquêtes qu'il fit au-delà du Jourdain
lui frayoient un chemin bien plus court 6c
pin) facile. Mais ce fut Ozïll Roi de Juda.
*qui reprit Aila, profitant de la viâoire que
foo père Amalias avoit remportée fut \«
Iduméens | à qui il avoit même en\c\é V».
T i Ni\a
* * %g. 14. r. îz, fi. r*r. a«. «• *•
43^ Journal dis Sçavàhi.
Ville de Petra , & de la guerre que le Roi
d'Ifraël faifoit aux Syriens.Dom PaulPezron
reconnoît lui-même cette expédition d'O-
ziasà la page 367. Les Rois de Juda confer-
verent encore cette place importante pour
le commerce des Indes Jufqu'à cequeRa-
2in Roi de Damas s'en rendit le maître, 8c
Tôta à Achaz, Roi de Juda : enforte qu'en
ayant chafle les Juifs , il la rendit aux Idu-
méens qui l'habitèrent de nouveau*. L'E-
criture nous apprend à la vérité que Jéro-
boam petit-flrs de Jehu rétablit les ancien-
nes limites d'ifraèl , mais ce fut en reprenant
les païs qui étoient au-delà du Jourdain,
&qui appartenoient aux Tribus de Ruben
ScdeGad, &de la demi Tribu de Manaflé
que les Rois de Syrie avoient foumifes à
leur obéïffance dans les guerres précéden-
tes. Elle dit même expreffément qu« <:e
fût depuis l'entrée de Hemath , & depuis
le Mont- Liban jufqu'à la Mer morte, nous
marquant par là qu'il ne.pafia point dans
Tldumée , & ne pénétra point jufqu'à la
Mer rouge. Ipfe reftituit terminos ljrael ab
introitu Hemath u/que ad mari folitudinis,
juxtà Jermonem Domini quem lotutus eftperjêr-
*vum fuum ^onamfdmm Amathi Prophetam.
Elle ajoute à la fin de ce même chapitre
que ce Prince ayant porté ks armes dans
h Syrie, reprit certaines places des ter-
ritoires de Damas que la Tribu de Juda
wnt
Ait x» 1*711» 437
A autrefois p^ffedéea ; lprfque David
Ânquit les Syrien! , 9c fournit à fon obétf-
nec tout le paip gui s'étend depuis la Pa-
jûine jafqu'i l'Euphrate. Ainfi Jéroboam
je porta ici armes qu'au Nord & à l'O-
rient de la Pateftine , & nullement au
Midi, ni dans l'idumee. Jofeph & Théo-
doret à qui on nous renvoyé pour établir
çcttt fiéhon,aijK jjfifent rien de plus que
ce que je nêna de rapporter. Tant s'en
faut qoe là SyricnsayeitAit des progrès
jufquaux extrémité? de la Tribu de Juda
aux tems des Rois Amafias & Ozias, que
Joas petit-fils de Jehuôc père de Jéroboam
étqit plus que jamais en état de leur en
fermer le paffage, avant xem porté fur eux
trois' viâoires confiderables , & repris les
Villes qu'Hazael avôit prifes fous Joachaz
ion père. Ceft encore avec d'autant
moins de fondement qu'on dit que Beer-
fabée fut enlevée au» Juifs au tems d'O-
xias » puifque pendant tout fon règne 6c
celui de fon fils Joatham ils vécurent dans
la profperité : après avoir vaincu 6c mis
à la raifon les Ammonites , les Moabi-
tes , les Idumécns , les Minéens 8c les
Philiftins qui les inquiétoient. En vain
encore avance-r-on fans permettre d'en
douter 8c d'un ton ferme 6c allure , que
les commencemens d'Ozias furent mal-
heureux , 6c qu'il avoit régné trente ans
entiers dans le défordre quand % vpè.% %**-
T i \\*.
438 Journal des Sçavans.
tre converti , Dieu le rendit victorieux.
Il n'y a rien de tout cela dans la Bible,
Elle nous apprend feulement *que tandis
que Zarharie Prophète de ce tems là vé-
cut, Ozias chercha le Seigneur & fuivit
exactement Tes Ioix , enforte qu'il mérita
de réunir dans toutes fes entreprifes. Et
quand l'Ecriture dans les Livres des Rois
& des Paralipomenes commence le récit
de fon règne par nops dire qu'il fit ce qui
«■toit agréable devant le Seigneur, en imi-
tant les bonnes actions de fon père Ama-
fias. F'tit qnod plantum v rtiium t>*t in
»tulh Domim , jaxià omnin ijut ficirai Ama-
fi*s puer ejas, elle nous fait affêt entendre
que Tes commencemens ne furent point
■auvais ni déréglez , & qu'il perlevera
ins la vertu & dans la pieté, jufqu'à ce
qu'enflé de l'heureux fuccès de fei armes
& de fes conquêtes , 1! fe mit en tête
de joindre la SaaificSture à la Royauté.
On nous allègue à la vérité le premier
Chapitre d'ifaïe qu'on prétend avoir été
prononcé 8î écrit fous Oîias, où le Pro-
phète fait un long détail des défordres qui
regnoient dans Jerufalem Se dans fes dé-
pendances : mais il fa adroit auparavant
bien prouver que ce premier chapitre re-
garde ce qui s'eft paflé fous Oiias. Il eft
vrai que ce fut fous ce Prince qu'Haïe
commenta à prophetifer , mais il n'eft
* a. JW. 17- 4- tr S. ***» "■ *»
m
h V * 1 L 1711. ,3,
pis certain que tous les chapitresquicora-
pofent aujourd'hui le Livre de [«Prophé-
ties, ayent été compilez félon l'ordredes
teins auxquels ils ont été écrits ou pro-
noncez, Ozera-t-on dire, par exemple,
que dans la compilation des Prophéties
de jeremie on ait fuivi exactement l'ordre
des teins ! Pour peu d'attention qu'on
apporte en lifant onell convaincu ducon-
traire. On peut alTûrcr la même chofe
de la compilation des Prophéties d'iàïe.
Pour moi je fuis perfuadé que pour met-
tre quelque ordre chronologique dans le
Livre d'Haïe , il auroit fallu mettre à la
tête le chapitre feptiéme dans lequel le
Prophète témoigne qu'il s'étoit tenu dans
* filence avanr la vtHon qui y elt rappor-
:. Vt mihi tjuia racui , V <J"i" vr ptU
J*(mj lab'tii ege fam. Sur cela Dieu lui fait
purifier les lèvres par un Seraphim, & lui
ordonne de faire à l'avenir la principale
fonction des Prophètes, qui étoit de re-
montrer au peuple les égarcmens , de
reprendre fes vices, & d'annoncer la vé-
rité : ce qui montre qu'lfaie n'avoir point
encore commencé à prophetiler quand il
a eu cerre viiion , ce qui n'arriva que la
dernière année de la vie d'Ozias : In anna
qao monuus tjl Rix oxjtts, C'eft pourquoi
mon fentiment elt que ce qui cft contenu
Idans le premier chapitre , do« eue m^j.
qaé des dèfordics 6c des ma\Ueu« o\\\e*l
T 4 »
■
440 Journal du Sç
Juifs tombèrent fous leur Roi ^chaï.
paroles qu'on nous dte : lerra veHrade-
fui», civiiates viflr*. fuccenfefunt ignî , ter-
rant vtfirata aUtni dévorant , £5f dcjulatur
Jiciii in vaftitate ho/idi. Ces paroles, dis-je,
expriment Succinctement tout ce qu'on lit
au chapitre :8 du i livre des Paralipome-
oes, des maux que firent aux Juifs fujeis
d'Achaz, les Syriens, les Ifraéi.tes des dix
.Tribus, les Iduméens Si les Philiftins.
. 2. Dom Paul Peiron croit avoirtrouvé
le denoûmcnr d'un grand nombre de diffi-
culté! qu'on rencontre dans la leâure fur
tout des petits Prophètes , en fuppofant
* Trois différentes irruptions des Scythes
dans ht Palelline. Lnprtmiere, dit il, aitt
Vannée trngt jixiéme dit liai Owas qui tant-
mandait * Jmifiilem. La féconde s'eji fait*
vers la deuxième année de Jo/tai Roi dt Ju-
an, cfiuf le règne de Cyaxares Monarque
dis Medci, La ireifiime r.'eft arrivée qu'a-
prh lu captivité de Babyloni vers les dernier!
ums du Roi Xirxes. La première ejl prédite
drmsAmos, & plus amplement dans Joël:
lfait v Evihirl en font suffi mention. La
féconde ejl annomée par le Prophète Sophmie,
V t'tjl, ce me femble , le féal au't en parle ,
encore U fait-il d'une manière imperceptible.
Pour U troijiéme elle e/i nettement marquée
dans Joël , dans R&Mil , (y dans Zaeharie.
Ut
Pref. p. ÏZÎ. IS+- 10». »Ti. ïi*. \«. 1\V
..;-
Li découverte de ces trois irruptions de»
peuples de Scythic , jufqu'en Palefline , cil
comme la clef avec laquelle le nouvel In-
terprète des Prophètes prétend nous don-
ner l'intelligence de leurs oracles, cVnout
faire voir ce qu'ils ont de plus caché fous
leurs expreffions métaphoriques & figurées.
Mais de ces trois irruptions des Scythe!
qu'il nous allègue fans cerTe . il n'y a que
la féconde qui fort certaine & véritable,
les deux autres font entièrement fabuleufes.
On nous prouve " cependant la pre-
mière par le témoignage de Callinus an-
cien Poète Grec cité par Strahon . IttjHtt
fiori(fuii, dit'on, <m (wnwyiww dit ofyru -
pîades, ou peut-être mime auparavant ; car
U a précède de plufieurs années le célèbre Ar-
ch'dothus qui félon Hérodote vhwil feus Can*
daules , £5* fi"' K?3« Primes du Lydtins.
■ C'eft-a-dire qu'il itetl du tims d'Eucbiat &
du Prophète Ifaie vers U XV. tu XVI. O-
lympia.de. On ajoute l'autoiité de Stiaboa
bi de Clément Alexandrin qui font Archi-
lochus moins ancien que Callinus. Tout
ceci efi confirmé par l'hifloire de Paul O-
rofe qui met l'irruption desGmmeriens &
des Amaiones trente ans avant lafondation
de Rome. Tune etiam Am<ix.enutn Gtntit,
' &■ ÇÎmmtrierum in Afiam reptntinus incur-
fu> plurimam dite , lait vajlationem pagem-
aite edidit. Or PauIOrofc, ccjïK.yowiV}wkv
T s ï<*
44^ Journal dis Sçavans.
Pczron , n'a point dit cela au hazard : il
l'avoit appris de Troge Pompée qui avoit
beaucoup parlé de la Nation des Scythes ,
ou de quelque autre Auteur quin'eft point
venu jufqu'a nous.
Pour répondre à toutes ces preuves, je
dirai premièrement qu'il n'eft point aifé
de fixer le tems auquel ont vécu Callinus
& Archilochus. Clément Alexandrin qu'on
nous cite dit que Callinus étoït à la vérité
plus ancien qu' Archilochus , mais de fort
peu* Kei?Xïv&i Si irptrCultpèç , $b fAtutp». Il
met Archilochus dans la vingtième Olym-
piade : ce qui revient au tems de Manaf-
fes Roi de Juda. Eufcbe l'a imité en cela
dans fon Canon chronologique : en quoi
ils fuivent ce qu'on lit dans Hérodote,
qu' Archilochus Parien florifioit environ le
tems auquel Gyges regnoit en Lydie, après
avoir fait mourir le Roi Candaules. Ce-
pendant Diphilus de Sinope Poëte Comi-
que cité par Athénée a mis Archilochus
au nombre des amans de Sapho , qui fé-
lon le même Athénée * & les marbres
d'Arondel vivoit fous Alyattes Roi de Ly-
die père de Crœfus, fils de Sadyattes, &
petit-fils de Gyges; c'eft-à-dire vers le tems
que Jechonias Roi de Juda fut emmené
captif à Babylone par Nabuchodonofor,
ce qui donne à croire qu'Hérodote n'aura
point inarqué au jufte l'âge d'Archilochus.
Mais
* Athca. 1. jj.p. 3$>j.
Avril nu,
Mais quoi qu'il en foit, le témoignage _ .
Callinus, comme il eft rapporte dansStra-
bon , ne nous apprend autre choie (înon
qu'auparavant que les Treres ou les Thra-
ces, qu'on mettoit au nombre des Cim-
meriens à caufe du voiiînage de la Cher-
foncfe Cimbrique, ayant palfé leurBofpho-
re etiflenr ravagé à Lydie & ruiné la ville
de Magnefie , la ville de Sardes avoir déjà
été prife par les Cimraeriens. Aliam an-
ticjuiortm Cimmintrum irruptientm mtmornt
Callinus, hHûu:
Nï» f i.TÎ KiftfHfimY çfil^ Ifitftt, ipZfii/i,
IfjMI.
At ruine Cimmtrîorum ixtrckui imminct airox.
In ijuà irrupliom captai tffe Sardsi ofienàh.
S'enfuit-il de cette expédition des Cimme-
riens dans la Lydie qui étoit fitnée à l'ex-
trémité Occidentale de l'Alie mineure , que
les Scythes, ou même les Cimraeriens.
foienr entrez alors dans la Syrie , &: ayent
pénétré jusqu'au fond de la Paleftine?
Mais Dom Peiron Te trompe. LesCim-
raeriensnonplus que les Thracesn'étoient
point regardez comme Scythes par les
Grecs. Ils habitoient, comme j'ai dejadir,
la Cherfoncfe Cimbrique , ou les Palus
Meotides, que nous appelions aujourd'hui
la Crimée. Ils furent obligez d'abandon-
ner leur pais pour é»iter les entrain. 4w
k Scythes qui venoient fondte ïui eM*. \\* ]
444 Jouas al des Sça
entrèrent en Afic en allez petitnombrc^
ce que, comme Hérodote le rapporte dans
fon quatrième Livre , il en étoit péri un
grand nombre dans une guerre inrelïine
qui s'étoit élevée parmi eu* au premier
bruit de la venue des Scythes. Ayant
côtoyé le l'ont-Euxin, ils fejettercnt fut
la Lydie, & prirent la Ville de Sardes.
Strabon dans fon premier livre nous ap-
prend que leur Chef le nommoit Lygda-
mis, & qu'ayant continué fes courtes jul-
<ju'en Cilicie.il y périt enfin avec fon Armée.
Pour fçavoir au jufte en quel teins les
Cimmeriens quittèrent leur pais pour paf-
fei en Afie , on ne peut confulterque l'Hif-
rorien Hérodote; cet Auteur étantlefeul
«rai nous ait lailFé une fucceffion eiaéfe
des Rois de la Lydie dont Sardes étoit I»
Capitale. D'ailleurs comme fon lems étoit
aflei proche de ce qu'il en a écrit , & qu'il
étoit delà Province d'Ionie voiline de I»
Lydie, laquelle, félon Strabon .avoitaujli
beaucoup fouffert de! iocurfions
■raeriens, fon témoignage en cil d'autant
plus recevable. llnous apprend donc*ûiw
les Cimmeriens pourfuivis par les Scythe»
prirent leur route le long du Pont Luxin,
2 n'en continuant leur voyage ils bànrent
ans une manière de prefqu'lik
Sinope en Paphlagonic ; qu'ils firent <
Juitédcs courfes dans la partie Occidentale
Hmd.'. . 1. 1- u. i
ville de
:nt en*
dentale
Avril 1711. ^45
de l'Aue mineure, faccagerent & pïUetent
la Lydie , & même l'Ionîe, prirent Sar-
des où regnoit Ardys fils de Gygcs, qu'ils
ne purent néanmoins fe tendie maîtres du,
Châtcauj que les Scythes n'ayant pu les
fuivre d'aflez près, Se ne fçachant quelle
route ils avoient prife , entrèrent, ayant
à leur droite le mont Caucafe , dans la -
Medie où ils défirent Cyaiares Roi des
Medes; qu'ils avoient à leur tête le Roi
Madyes;qu'apà'S s'être fournis la meilleu-
re partie de la haute Afie , ayant formé
le deJkin de pénétrer jufqu'en Egypte ils
vinrent enPaleiline, oùquelques-unsd'cm
brûlèrent le Temple Je Venus à Alcaloh j
que cependant les Cimmeriens furent dé-
faits & chafiez de l'Afie mineure par S*>
dyattes fils & fuccetleur d'Ardys , ce qui
prouve qu'ils ne s'étoient gueres éloignez
des Etats des Rois de Lydie. Voilà en
peu de mots ce qu'Hérodote raconte des
irruptions des Cimmeriens & des Scythes,
auiïi bien que de leurs dift'érens progrès.
Tomes ces chofes arrivèrent dans le mê-
me tems, & environ celui auquel Jolias
regnoit en Judée. Le témoignage 8c l'au-
torité de cet excellent Auteur qui a méri-
té a bon titre d'être appelle /( Père dt
l'HiJlt/ire, & qui a marqué (i exactement
le tems & les drconfUnces de ces évenc-
mens, doit, cemefemble, l'emportée
Iu-deiîiis de celle 'de TauYOKfo hs&s»
T 7 'S
Ï446 Journal des SçaVans.
peu exaét qui a écrit plus de çooansaprès.
Dom Pezron fe trompe " quand il s'ima-
gine que Paul Otofe aura pris de Troge
Pompée ce qu'il a écrit , que les Cira-
aieriens & les Amazones font entre?, en
Aïe trente ans avant la fondation de Ro-
me. Juftin Abrevjateur de Troge Pom-
pée parle de trois irruptions des peuples
venus de h Scythie , impcrium Jfî* ter
qiufitrant. 11 met la première avant Ni-
nus , & la troiiîéme avant Darius fils
d'Hyftarpes, c'eft-â-dire au teins que les
Medes dominoient en Afie, mais pour la
féconde qui e[t celle des Amazones , il
dit qu'elle arriva mtdio umport, long-tems
avant la guerre de Troyc, & feptouhuit
cens ans avant la dernière. II ne connoit
point d'expédition plus récente de ces Hé-
roïnes. Maii ce qui efl fur-tout à remar-
quer, c'eïft que les plus grands progrèsdes
Amazones , félon Juftin t> furent dans
l'Europe du côté de la Thtace & de la
Grèce , d'où elles parlèrent dans l'Afic
mineure, où elles s'emparèrent de quel-
ques Villes , & bâtirent celle d'Ephefe.
Itaijtit majore parti Europe fubaC'IA , si fit
quarjHi nonrmllas civitaiti o^tupa-vere. lui
Ephtfa multifque aliis mbi ut cendilis , fur-
ton txtrcttûs atm ingenti prtdà demw
mutant. Tout cela eft tiïtt. conforn
ce eue Strabon a écrit de côté 8c d'iui
"f- t?t. t Jnfi. (.*-«.*
A t i i"l 1711. 44?
des Amazones, auffi bien que Diodorede
Sicile aux Livres i. & î. de Tes Hifloires.
Voilà ce que Troge Pompée nous aura
laide touchant les courfes des Amazone»
que Paul Orofe joint à celles desCimrae-
riens. On ne trouvera rien dans tousces
Auteurs qui puifle fervir à autorifer ce
qu'on nous débite aujourd'hui d'une ir-
ruption des Scythes en Paleiline au tems
du Roi Ozias.
Je ne m'arrêterai point à relever tout
ce qu'on dit fur lech. 7. d'Amosau fujetde
ces mots de la vcrlîon des Septante : Si
tjlendit tnihi Dominai , £3" ecct ftetus toaif-
Htiui Gog Rtx ; d'où on infère qu'au tems
d'Amos qui prophetifoit fous Jéroboam II.
& fous Ozias, un Roi Scythe ravagea la
Paleiline : ces mots , dit-on , font clairs
& aifez à entendre, au lieu que dans cet
endroit il n'y a rien que d'obfcur dans
l'Hébreu qu'on peur ainli traduire à 1» let-
tre : Et teee tjfrBh heufi* gertninamt ftro-
ïmof^,_ & ua fmthmm fiauim ft/t tm-
flânera regiarn , jeu prittpm fient. Quand on
accorderait que les Septante ont lu dans
leur Texte le nom de Gog R« , tien ne
nous obligeroit à accorder que le Prophète
parle du Roi de Scythie qui fut prêt a en-
trer en Paleiline, plùtôrque de l'irruption
kdu Roi Gog dont parle ËiecMel <i\\ y«
reriâe jamais un fait par utic Ttto^aRSSt I
EJoPïl H AL DE î S ÇAVAN!.
:ure, mais il faut que le fait foit bien
avéré pour fervir à vérifier une Prophétie:
au rcile fi les Septante ont traduit , bn-
chus unui Gag Rtx, on ne doit point con-
duire qu'ils ayent lu dans l'Hébreu autre-
raentqu'on lit aujourd'hui. C'étoient d'ha-
biles Cabalifles qui par des permutations
de lettres & de mots fe plaîfoient à trou-
ver des fens qui avoîcnt rapport à leurs i-
dées. Nous n'approuvons pas le (gavant
Auteur dans ce qu'il dit la des Septante.
La troifiéme irruption qu'on place *a-
près le retour des Juifsde Babylone fur la
fin du règne deXerxes, n'eft pas pluscer-
taine que la première. Le nouveau Com-
mentateur ne nous allègue que l'auiorité
de Theodoret qui n'en parle que comme
d'une hilloire qu'il a apprire par le cacial
des Juifs. Nous ne voyons pas que cette
tradition foit venue' jufqu'auï Rabbins dont
nous avons aujourd'hui les commentaires
fur l'Ecriture , ils tiennent le contrai: e.
Theodoret l'aura prife fans doute du litre
3u'on lit dans la verfion Syriaque à la tête
u chap. jj. d'Ezcchiel. Di Gog c- &l*gn
qui afitndttunl contrk est ( judiùi ) ^Mindl
nfccndcrunt dt Babylsnc. L'Interprète Ara-
be a conlervé ce titre dans fa vcrlion.
Comme néanmoins , ni l'Ecriture , ni
Jofeph» ni Hérodote, ni Xcno I
aucun Hiitorien n'ont pain; parlé de cette
autte
» F. aï°, î*o. ïTS. rtlt»**' *f«-
;y- -■ Atiji 1711. «9
ÎUtre irruption des Scythes, de queTroge
Pompée, fi on s'en rapporte àl'Epitomeae
Juilin , a placé la dernière avant Dariui
pere de Xerxes, on eft en droit démettre'
cette tradition rapportée par Theodoret&
dans la Verfion Syriaque, au nombred'u-
ne infinité d'antres fables qui le font dé-
bitées par les Juifs & les Chrétiens du Le-1
vant. En effet les hilïoires de ce tems-ft
font foi que Darius fils d'Hyilafpes fit ren-
trer les Scythes dans le fond de leur par»;
que ceux qui étoïent voilais des Perfes&
des Medes rejoignirent à eux dans la fa-
meufe expédition de Xerxes : ce qui frit
voir qu'ils n'étoient pas en état de ravager
Jes terres & les païs dont les Perfes de*
meurerenr les paifibles poiTeireurs jurqu'an
tems d'Alexandre le Grand,
Enfin Dom Pezron veut cous appren-
dre qu'il y a eu deux tranfmigrations des
dix Tribusd'Ifraè'l*. Lapremieres'ertfaite
par Salmanafar , & la féconde que nous
ne connoiffions pas, eft, dit-il, arrivée fous
Aflaràddon Roi d'AilrrrCj plus de 40 ans
après la première. Il promet d'en donner
des preuves , mais en attendant qu'il le
faffe, il me permettra que je leprévienne.
Se que je dife qu'il n'en peut avoir d'autres
que celle qu'il a trouvée dans leCommen-
taire de Dujon , autrement Junius , qui
«pliquant ces mots d'tfaïe , ch. 7. v. 1». -Aà-
faw
4JO Journal dis Sçayans.
hue fixaglnta tfmnqm ann'i , cr tttfinct E-
phtatm ijfe fopulus , a prétendu que le Pro-
phète a voulu dire que dans 6j ans le Roi
d'Aflytie emmeneroit en captivité, tous
ceui de h Tribu d'Ephraïm & des dix
Tribus d'ifraël que Salmanafar auroitlaifiei
dans leur pais , eiiforte qu'il n'en refteroit
plus aucun. Temporibus Mtaafikis quitus
Bfar-chaddan deporiavît relîquias llraéiii;fivt
ii fixagefimm qwnttts ttanus futrii ab hac
PrepheiU , fivt ab txitia Syrie, quod quart»
pt/2 anno ad fummkm geftum ift. Ce qu'il
explique encore plus au long dans la note
fuivanre fur ces mots : Ut n»n fit populus ,
OÙ il. dit : tri efl lotus ita atterewr ut Rem-
fuklham naltam emninv habtat , hoe uutem
tHW dem'ùtn accidii rjUiinda rcliqu'lA depirtat»
/mit , nor. amern mm À Salmnnafare deviêH,
taatuin tx parte funr-int déportait; quod fac-
tura ili pojl annei qua-i novemdeâm ab hAc
frcpbeiià, à qui tempare ufque ad deportati»-
nem ab Efar-C.haddoae faclam intercejferum
tomi firme juad- igintafix, quibui futfui-
runt Ifraeiith Re/publict Mettn^m tenues.
Maistants'en fautqu'Aflaraddon ait tranf-
portéles reftes desdiiTribusqueSalmana-
far avoit laines, que par le ch. 34- du i.
livrcdesParalipomenes V.6.&9. par les 6.
& 7. de Judith", & par le41.de Jeremiev.
f. nous apprenons que plufieurs années >■
près h mort d'MTmdàoTl'àvimûe & les
Villes d'alentout ctownx ekow V*»fe«
A v ji i t 1711. 4j»
par quantité d'Ifraélites des dix Tribus.
Ainfi il faut donner une autre explication
aux paroles d'Ifaïe.
Qnpeutdire, eemefemble.que lePro*
phete parle Je ce qui arriva au refle de la
Tribu d'Ephraïm environ 46 ans iprès la
captivité de Salmanafar.loriqu'Alïaraddon
Jloi d'Affyrie envoya enPalelline des Colo-
nies tirées de différens pais que lui & fei
ancêtres avoient fubjuguei, ôi^eur donna
les Villes de la Tribu d'Ephraïm , c< prin-
cipalement celle de Samarie qui étoit la
Capitale du Royaume des dix Tribus, à
habiter. Par le nouvel établiflement de ce*
étrangers, la Tribu d'Ephraïm qui avoit
poffedé long-tems la Royauté Te confon-
dit avec eux , & perdit l'erperance A'iltt
jamais gouvernée par fes propres Chefs, &
! decompofer encore tin Corps de Republi-
l que, & de la fortcelle ccfiapounoùjours
1. d'être ce qu'on appelle un peuple fc une Na-
Ition : Dtftit tjfipoputus.
Je i'çai que 60m Paul Peiron prétend par
la fuppolîtion de ces deiutranfmigrations,
ou pour me fervir du terme qu'il a forgé
fur les Scholiesdejnnius, de ces deux dé-
, portations, réfoudre une difficulté qu'il trou-
I ve à accorder le verlet neuvième du cha-
| pitre premier d'Oiëeavec les deux fuivans
I 10. &u. Dieu apièsavoirditparfonPro-
I phete : ApptUcz, le, non mon piufli ^arceqtt
f -mu Jfiaïl s'jres pUi mon ftuplt , o1 j«nt
452 Journal des Sçavans.
ferai plus votre Dieu, il ajoute incontinent:
Les en/ans d'Ifra'él feront aujfi nombreux que
le fable de la mer qu'on ne peut mefurer ni
compter ,<& il arrivera qu'au même Heu où on
leur a dit vous n êtes plus mon peuple , on leur
dira vous êtes les enfans du Dieu vivant. Car
les enfans de Juda fe rajfembhront , & *wc
§ux ceux d?lfraél ; ils prendront un même Chef,
(y retourneront de la terre étrangère. „ Les dix
„ Tribus qui a voient été menées en captivi-
*> té dans la haute AfieparSalmanafar, dit
M nôtre Commentateur , ne font jamais re-
„ venues de leur captivité , & n'ont plus
,> été le peuple de Dieu » mais les refies
», d'Ifraël difperfez par Affaraddon dans les
„ terres de Pcrfe & de Babylone, furent
„ remis en liberté avec ceuxdejuda parles
„ ordres de Cyrus, & prirent pour Chef &
„ Conducteur Zorobabel." Il cite en mar-
ge S. Cyrille & Thepdoret, comme s'ils
avoient autorifé fon explication en recon-
noiflant une féconde tranfmigration fous
Affaraddon* C'eft cependant ce qu'on ne
trouvera jamais en aucun endroit de leurs
écrits , ils difent feulement que plufîeurs
Ifraëlites des dix Tribus revinrent dans leur
païs avec les Juifs fous la conduite de Zo-
robabel : & cela fuffit pour lever toute la
contradiction apparente de ces trois verfets
d'Ofée. Car ceux qui fe joignirent aux Juifs
qui reto urn oient en Pakftine avec leur Chef
Zorobzbcl ctant en çeAitïwcctoL* ,feita»£*
A t * i t mi. 41,
pour ainfi dire, confondus avec la Triba
de Juda qui donna fon nom a toute laNa-
tion , les autres qui relièrent perdirent pour
jamais l'efperance de eompofcr un peuple
qui fût nommé le peuple de Dieu; Bc les
Juifs avec ce petit nombre d'Ifraëlites for-
mèrent une République qui conferva tou-
jours le nom d'iïraël , a caufe qu'ils for-
toienr tous de la mêmetigequiétoitjacob'
autrement nommé Ifraël. Cefl pourquoi
quand l'Ecriture au 4. litre des Roischap.
17. ditabfolument que ceux desdu Tnbui
qui furent emmenez en captivité par SaJma-
nafar, ne revinrent plus dans leur pais, il
faut entendre cela de la plus grande partie;
delà même manière que Jeremie parlant
aux Juifs * qui , contre l'ordre de Dieu qu'il
leur annonçoit, vouloient fe retirer enE-
gypte après la deftrmftion de Jerufalera,
leurpréditques'ilsyalloient ils y penroient
tous malheureufement&nererourneroient
jamaisenludée, & cependant auchap.14.
il dit qu'il en reviendroit quelques-uns qui
fuiroient les malheurs dont l'Egypte ctoit
menacée.
Ce qui a donné occafïon à Dom Peiron
de donner dans ces fictions, c'elt qu'il s'eft
imaginéque Saltmnafar plaça tous les Ifrae-
lîtes qu'il emmena en captivité, dans les en-
droits les plus reculez de la Medie, où les
Jilift que Nabucodonotôr tianiportaÀcîwft».
4Ï4 Journal des Sçatini.
fon four n'eurent jamais commerce a-
vec eux. Maûil fe trompe, & la feule Icc-
ture-du Livre de Tobicdevroit fuffirepour
le defabufer. Tobie fut mené en captivité
par Salmanafar. La Verfion Latine que nous
liions dans l'Eglifc, & la Grecque des Sep-
tante font foiqueceSaint Homme fut me-
né à Ninive avec plufieurs autres de fa Na-
tion & de fa Tribu , & qu'ils y réitèrent;
quec'éroit dans cette grande Ville qu'il prrt-
tiquoit toutes ces actions de charité que
l'Ecriture rapporte de lui, qu'il les prati-
quoit,dis-je, envers fes Frères &fes Com-
patriotes durant la captivité de Babylonc
& avant le règne de Cyrus. Daniel qui é-
toit de laTribude Judafutun des premiers
Miniltres d'Etat fous Darius fils d'Alfueius
Roi des Medes , & on peur juger de là que
plufieurs Juifs de la Provincede Babylone
pafTerent dans les terres des Medes : &en
effet il en étoit déjà pafleungrandnorabrc
dès le temsd'Eftherfetnmed'Aiïiierus, en-
forte qu'ils éioient difperiëi par tout cet
Empire. Ces Juifs curent farts doute com- .
meree avec les Ifraëlites qui avoient con-
fervé leur attachement pour la Loi de
Molfe, telsquetoientles petits-lilsdcTo-
bie.ôc ce furentees Ifraélitesqui rejoigni-
rent à ceux de la Tribu de Jnda, lorique
Cyrus permitaupeupleduDieudu Ciel de
/erciurnercn Judée & d'y rétablir la Ville de
'cruulem. Le faint Homme TcM^i^mt
A v r i t 1711,
prédit la ruine & lerétabliiTementde Ii Vil-
le Sainte, avoir auflî inlpué à Ù Pofterité
l'inclination de joindre àcem qui dévoient
un jour avoir Je bonheur de travailler à
cette réparation de ia Maifon de Dieu fie
de h Ville Sainte.
!
S
NOUVELLES DE LITTERATURE.
DE LE 1PS IC
J^J R. Zfchacltuitz vient de publier nue
Introduction à la connoiûance du
Droit Public d'Allemagne, in I.pp.ii7e.
Il fe plaint de ce que Ici Auteurs qui ont
traité cette matière avant lu: , ont tous
écrit en Latin. Outre qu'il y a bien des
perlbnnes qui n'entendent point cette
Langue, il croit qu'il feroit à propos que
les jeunes gens euffent une idée de ce
Droit dès leur plus tendre jeunetlé ; & ce
font les raifons , dit-il , qui l'ont porté à
écrire cette Introduction en Langue Alle-
mande.
Comme on ne peut fçavoir à fond le
Droit Public , qu'on ne ("cache l'Hiftoire
d'Allemagne, il en donne ici une légère
idée, & il indique les Auteurs qui en ont
écrit , en faveur de ceux qui vouitoW.
featoir i fond cette Hiïtcmc. V.t\>w&
*>r^*S.
S : , v6°", co»f"„,.Ti.-. £ ttl ».
«5S^
éleâion . & plufieurs autres articles qui
font connus. L'Auteur fait trois remar-
ques a ce fujet. r. 11 dit que plafieuri
Auteurs ont crû qu'il y avoir deux Bulles
d'Or , parce qu'elle a été réglée , partie
à Nuremberg , & partie à Metz ; maîi
tous ces articles, tant les vingt- trois pre-
miers , dont les Electeurs convinrent ai
Nuremberg , que les autres qui furent ar-
rêtez a Meti. , ne cornpofent qu'une mê-
me Bulle. 2. Quelques Auteurs ont dit
que l'Empereur Charles IV. n'avoit pu-
bliti cette Bulle , que pour affurer l'Em-
pire a fon fils, L'Auteur réfute ce fenti-
ment. Comment cet Empereur auroit-il
eu cette vue, dit-il , puifqu'il n'avoit point
encore d'enfans lorfquc cette Bulle fut pu-
bliée? Il faut oblerver qu'il y a encore
deux autres Bulles d'Or , qui ne doivent
point être confondues avec celle-ci, parce
qu'elles n'onr point U même autorirédans
Je Droit Public d'Allemagne. La première
contient les privilèges que l'Empereur
Charles IV. accorda aux Ducs de Brabant
en 13*9. La féconde ne contient que
des Lettres de recommandation , qu'An-
dronic Empereur des Grecs , accorda à
Henri Duc de Brunfwicfc en 1330. pour
les Etats de l'Empire.
La Pacification d'Ausbourg regarde la
Religion. Elle porte que la Religion Pto*
tante fera tolérée en Allemagne ,ï«jaft.
4sS Journal sis Sçavans.
les Princes Proteftans demeureronrenpof-
feiïïon des biens Ecclefiaftiques dont ut Ce
font emparez.
Les PaSa Convint» font des Loïx que
l'Empereur eft obligé d'obfervcr , & il
s'y engage par ferment le jour qu'il eft
éiû. La principale de ces Loix porte que
l'Empereur n'attentera directement, ni in-
directement, à la liberté des autres Mem-
bres de l'Empire; & l'Auteur prétend que
les Electeurs ont droit de le dépoffeder
lorfqu'il viole ces Loix.
M. Zfchackvitz parle enfuite desdroits,
des prérogatives, & des fondions de chi-
que Eleéteur. L'Eleéteur de Mayenceelt
le Doyen né du Collège des Electeurs, &
Chancelier de l'Empire ; après fuit l'Elec-
teur de Trêves. A l'occalïon de cesdeui
Electeurs , l'Auteur fe fait une queflion.
Pourquoi, dit-il, les Ecclefialtiques ont-
ils place dans le Collège, & pourquoi y
tiennent-ils le premier rang ï li répond
que les Allemands ont toujours été fort
religieux. Avant même qu'ils euflënt été
éclairez des lumières de la Foi , ils appel-
aient leurs Prêtres dans leurs alîirrobiées,
&ne décidoient rien dans les afrairesd'im-
portance, Tans les avoir confuîtez. Cette
coûtnme s'eft toujours obfervée parmi cet-
te Nation , & c'eft la raifon pourquoi
il y a des Elcitcuis Ecdeliaitiques , (t-
Ion lui.
■
L'Auteut ne Te contente point d'expli-
quer l'ordre & les fonctions des Electeurs,
il tait li généalogie Se l'Hiftoir* de cha-
cun d'eux en particulier. Il donne enfuite
une idée de la Charge des Vicaires de
l'Empire, des cérémonies qui t'obfervejit
dans les Elections, & au Couronnement
des Empereurs. Enfin il fait l'énumera-
tion de tous les Tribunaux de Jufticc,
dont les principaux font la Chambre Im-
périale, & le Confeil Aulique.
Mr. Reimman Curé d'Ermfleben , 5e
Infpeéteur des Ecoles de la Principauté
d'Halberflat , s'elr propofé de taire voir
au Public que les Allemands ont plus con-
tribué à l'avancement des Sciences qu'au-
cune autre Nation. Dans ce deffein , il
publia en 1704. l'Hiftoire des principaux
Théologiens, des principaux Jurifconful-
tes, & des plus habiles Philosophes que
l'Allemagne ait produit; 8c il vient de pu-
blier un fécond volume , dans lequel il
rapporte la vie de ceux qui , félon lui ,
ont excellé dans le» Sciences fuivantes, la
Méraphyfique , les Mathématiques, l'Af-
tronomie , la Chronologie , la Géogra-
phie, & les Méchaniques. Ces deux Li-
vres font écrits en Langue Allemande.
] Comme le delTcin que l'Auteur s'eft pro-
! pofé dans ce volume cil le même que
celui qu'il s'étoit propofé dans le premier,
I il y fuit auiii h même miihoie. Vix*v
V 4 -^tycut
j6o JOOINIL Dil SÇAYANS.
porte, d'abord les noms des Auteurs Al-
lemands qui ont travaillé fur chacune de
ces Sciences. 11 tait l'Hiftoire de leur vie
& de leurs Ouvrages- Il explique ce que
chacun de ces Auteurs a fait pour con-
duire chaque Science à une plus grande
perfection, & ce qu'il a répondu aux ob-
jections qui lui ont été faites par les Sça-
vans des autres Nations. Nous ne rap-
porterons point ici ce que l'Auteur dit
fur toutes ces Sciences; un exemple fuffira
pour mettre le Lecteur en état de juger de
totit l'Ouvrage. Arrêtons-nous aux Me-
chaniques. M. Reimman nomme vingt-
fcpt Auteurs Allemands , qui, félon lui,
ont excellé dans cette Science. Jean Mul-
iet, ou de Korusberg, Jean Srobius.An-
dré Stiborius , E. Kunftler, Pierre Apia-
nus. Gemma de Frifc, autrement Rcine-
rus Gemma, Georg. Hartmann , Simon
Stevin, Gérard Mercator , ou Kramer,
Cornélius Drebbel, Pierre Mormius, jac-
Chriftmann, Jean Henri Alftcdias, l'Em-
pereur Ferdinand III, Ofwald Nehringer,'
Jean Hantfch , George Chrillophe Wer-
ner,Ie Prince Rupert, JoadiimGouholn,
Jean Joach. Bêcher, Jofcph de LocateW,
Chrétien Hugcnius, h. Weigelius.Ccor-
ge Schweiger, Henri Schwanhart , Otar-
ies Landgrave de Heffe-CafTel. Il rappor-
te enfuite ce que chacun de ces Auteuis a
fait pour p.erfe.ttioiiu««M Science. J
rA Y * I t 1711-
de Konisberg , dit-il , fit une mouche 1
fer qui voloit autour d'une chambre
venoit enflute fe percher fur I» main ae
fon Maître, d'où elle étoit partie. ' Il fit
un aigle qui vola au devant de l'Empereur
Friderie III. la longueur de cinq cens pas,
& retourna enfuite à l'endroit d'où il etoil
parti. M. Reimann prétend que l'art de
filer l'or & l'argent a été trouvé par un Bour-
geois de Nuremberg, mais il ne fçait pat
le nom de ce Bourgeois. C'eft encore un
Allemand , félon lui , qui a inventé les
platines des Fufils. Corn. Diebbel avoir
ftbriqué , dit-il , un Inilrument de Mniî-
quequi s'ouvroit feu! au lever du Soleil,
& qui jouoit de lui -même , tant que le
Soleil était fur l'horifon. Lorfque fe So-
leil ne paroilloit point , & qu'on vouloit
entendre cet Inilrument , il fuffifoit d'é-
chauffer la couverture de rinflrument,8c
il commencoit à jouer > comme quand
le Ciel étoit très-ferain. Cet Ouvrage eft
rempli de femblables exemples, d'où l'Au-
teur tire la coniequence qu'il s'eft propo-
fée en compolant fon Livre.
Un Sçavant de cette Villea inventéune
Machine Agronomique , où routes les
Planètes feront représentées félon le Syf-
2tëme de Copernic. Cette Machine eft
K»mpofée tie plufieurs roues , par le
1 «yen defquelles les Planètes î.\hoW VOTt-
fs Jcur mouvement pamoiViei , ï*. mtt.-
V 3 VtWS
court
tfil JOUftNlL DBS SçAVANï.
«ont le même temps à faire lenr coi
autour de la Machine , qu'elles mènent
dans le Ciel. Elle a huit pieds de dia-
mètre,
DE BERLIN.
Vf R. de la Croze connu par deux vofa-
mes de Diflertatioos qu'il a publier
il y a quelques années contre la nouvelle
Edition qu'on a faite à Amilerdam , des
Ouvrages choifis du P. Hardouin, vient
de faire imprimer un troiliéme volume,
qu'il a intitulé : Emrtùtm fur divers poînir
aHijloirt. Ce volume eft à peu prèsdans
le même goût que les deux premiers.
C'ett-à-dirc, qu'il contient des remarques
Critiques fur quelques Ouvrages qui ont
été publiez dans ces derniers teins.
L'Académie Royale de cette Villcs'eft
aflemblée extraordinairement le Lundi 17
Janvier pour célébrer le jour de lanniffan-
ce du Prince. M. le Baron de Piint?. Mi-
nière d'Etat , y fut re<,il Prelident. L'Af-
fcmblée fut ouverte par un Di (cours en
langue Allemande , que M. le Preiidenr
prononça. M. Jabloniki Miniflre de la-
Cour , y répondit en Allemand au nom
de toute l'Allemblée. Après cela , M.
/ablonski fut choifi pour remplir la place
de Vice-Preficient. >A. \c tmat\ de, Printx
lui remit les deîs & \o fcwwt, VtV-N»
Cène cet* ' ^ La"gUe du p, n fc"
Mie dl f? "S1"» «rt«e M ,"■
- û SonS' '"*"« » >3ÏÏ le, m' ?c M-
d?™ Se' & dm*d"'fcd4e« 5bradc
s'élève d "Vernie. cS ""» . le
>W. S?,1": «S» S'.' f«°!»U»
for !„„„', '"',"''« J'uoe A°? C««
464 Journal dis 5 ç a t a m i.
fut publié i il parut une feuille volante,
qu'on croit Être du même Auteur. Elle
eft intitulée, Rtfleilioni , &t, C'eft -à-dire :
RéflcxiMii fur un Livre îmiiuli , Priest-
craft , &c. Le but que l'Auteur s'eil
propofé dans cette Brochure, eft de faire
voir que fans entrer dans de longues dif-
culTions, on peut démontrer que la dauJe
qui fe trouve prefentement dans le 20. ar-
ticle de la Confefljon de l'Eglife Angli-
cane 3 touchant le pouvoir de l'Eglife ,
n'a point été approuvée par le Parlement.
„ Il n'y a, dit-il, qu'à jettet les yeux fur
„ les termes mêmes de l'Afle par lequel
u le Parlement ratifia ces articles, & l'on
„ verra qu'il ne comprend que ceux de
„ ta véritable Foi Chrétienne , &t la doc-
„ trinedes Sacremens. Or. continue t-il,
„ on ce peut point dire que cette claufe
», du pouvoir de l'Eglife , puiffe le rap-
„ porter à l'un ou l'autre de ces deux
i, chefs." L'Auteur appuyé encore fon
lëntiment fur l'autorité de Selden, dans
fes propos de Table ; & fur celle de Went-
worth dans une Harangue faite en Parle-
ment en 1 575, rapportée dans le Journal
du Chevalier Simon d'Ewcs.
On vient enfin de publier une réponfe
à ces deux Ouvrages. Elle eft intitulée,
A vindhannn, arc. C'ed-à-dire : Difoiji
tf* fEflife JngtUant , mw« Us «ceufathns
c*kmnie*fti d'un Lifcille $M\i à«\*«* î**«
Avili 1711. 4*ç
«s le liin de Prieftcraft, &c. au tan fait
noir que U claufe difputii du pouvoir de l'E-
flife, dans ta 10. article , a U même auihin-
tinté qui te rrfie dti articles; ey 0» la frau-
de c ta falfification qu'an avait imputées an
Cltrfé à l'égard :1e cette claufe, t/t rétorquât
cantrt lu arcuf.jteuri ; avec une Préface can-
ttnanl qutt^uei remarquai fur lis réfltxieni
qui mt ili publiée! fur cette Brechure. Par
un Prêtre de l'Etlife anglicane.
L'Auteur , qu'on dit être un Mînifîre
Nonjureur .reconnoit avec Ton adverfaire,
que les articles dé la Confcffion de Foi
de l'Eglife Anglicane furent dreflei en
ij«z, & revus en 1471, par les Convoca-
tions ou Afiemblées du Clergé de ces an-
nées-là. Il convient auffi que la claufe eiv
qucllion ne fe trouve point dans les deux
Mff. Je ces articles , que l'Archevêque
Pirker a légué au Collège du Corps oc
Chrirt a Cambridge. II avoue encore
3ue ces MIT. font lîgnei par les Membres
es Convocations de rjfii, & 1571. Ce-
pendant il foutient que ces Minufcrits ne
font point les véritable) originaux, fk il
dit, que ce ne font que des copies prépa-
rées pour être enfuitc mîtes au net , ce
qu'il tâche de prouver par les ratures qui le
trouvent dans ces Manufcrita , 5î par quel-
ques autres raifonnemens.
A l'égard du Livre imprimé con
'.es aitide) , Si dont l'Aûe Au ï»
46<S Journal des Sçav »
qui les ratifia, fait mention, il avoue qu'il
ne fc trouve point; maïs il prétend qu'il
n'a jamais été attaché à l'Acte, comme
ton adverfaire femble le fuppofer. 11 de-
meure d'accord qu'il a été imprimé en
157t. mais comme l'Auteur du Livre in-
titulé, Prii/icmft , &c. a avancé qnetou-
tes les Editions Latines & Anglotïïs de
cette année-là 11e contiennent point la
claufe dont il s'agit , on en produit ici
trois différentes en Anglois de la même
année, où elle fe trouve , mais l'Auteur
ajoure en même temps , „ qu'il ne faut
„ pas être furpris ii on voit à prefent un
,, plus grand nombre d'anciens Fiemplai*
„ tes où l'on ne trouve point cette clau-
„ fe , que de ceux où elle Te trouve.
„ La raifon en eft évidente, continué-t-il,
j, les premieis, quoi qu'imprimez en plus
„ petit nombre , n'ont jamais apparem-
„ ment été fort communs. Ils n'ont ji-
„ mais été débitez qu'en cachette; & p«
,, conféquent tombant entte les mains de
» moins de perfonnes , ils ont été moins
,1 en danger d'être détruits. De plus,
„ on a pris plus de foin de les confer-
„ ver, à caufe delà fin gui a ri ré qu'ils a-
„ voient de ne point contenir la claufe,
au lien que les autres n'ayant rien de
particulier qui les diflinguàt , chaque
nouvelle Edition qui en a été faite,
a pu frire mepntu te wâssw» , &c.u
„ no
:
Avril 1711". +£7
Comme l'Auteur du Livre intitulé,
Prûflcraft, vc. a produit un Exemplaire
d'une Edition Latine faite ea 1571, où la
claufe dont il s'agit ne fe trouve point.
L'Auteur de la Rcponfe avoue qu'il n'en
a point trouvé de Latine où elle fut. Ce-
pendant il ne lauîe point de foiitcnir fur
l'autorité de Sparron, 5; fur celle de M.
l'Evéque de Salisburi d'à prêtent , qu'il y
a eu une Edition Latine de cette année-
là, ou elle fe trouvoit. Il s'attache en-
fuite à juftifier Laud & Heylin, & à ré-
pondre aux autres objections de fon ad-
verfaire.
Dans la Préface , qui tfi de 5+ pagrs ,
il répond à la Brochure intitulée , R*-
fttélms, lire. Mais le ftyle de cette Pré-
face eft fi diffus & fi rempli d'inddens ,
qu'il n'eft pas aifé de fuivre fon Auteur,
ni de comprendre au juite à guoi fe ré-
duifent Tes réponfer. 11 femble que l'Au-
teur de toute cette Réponfe a eu plus d'en-
vie de faire un gros Livre , que de s'ex-
pliquer d'une manière nette & précife, Au
refle , il ne néglige aucune occafion de
idre fon advetfaire_ odieux , & il le
ite fort durement par tout,
DE L O UV A 1 N.
Keikherdere vient de publier tin
Effai d'un nouveau Sylléme, fuivant
V 6 le-
468 JOWHNAl DE1 SçAVANS.
lequel il' croit qu'on doii expliquer l'Apo*
calypfe. Cet Mai n'ett que le Prodrome
d'un Commentaire plus étendu , que l'Au-
teur fe propofe rie faire imprimer dans 11
fuite, tirvmn Sy/tna» Afeauyftitmm , ymn-
.** potuit breviiale txptfuum Fru/ftiorum 7*.
âWùs , ttmrwi» proïtxhrn in Apettljpfî-n
Commentant m hucm tdantur, pir J, Ci.
Ktrkbt'dtrf, in ni. pp. «O L'Auteur p é-
tend que ceux qui ont entrepris fetplr-
(iUfrl'ftpocatypre, fe font trompe? , par-
ce qu'ils ne fe funr point aile? attache! a
/«ivre les règles fuivanres , que l'Auteur
ne perd point de vue dans Ion Syfléme.
Première règle , il faut observer l'ordre
ries temps, z. Quand une Prophétie s'en-
tend d'un ceruin temps, il ne faut point
expliquer celle qui la fuît, d'un tempstiui
en eft fort éloigné. 3. 11 faut expliquer à
la lettre tout ce qui peut être entendu de
cette manière. 4. 11 ne faut point cher
cher des allégories où il n'y en a point.
i- Il faut expliquer les endroits difficiles,
par d'autres endroits de l'Ecriture, conçus
dans les mêmes termes. Par exemple, le
mot de fauterelles dans Amos& dans Joël,
s'entendent de certains peuples, qui Tien-
nent ravager les Etats de leurs voiiins.
Pourquoi ne veut-on pas que ce même
moi lignifie la même chofe dans l'Apoca-
Jypfe? 6. Il ne faut jamais altérer la vc-
ttîé dcl'Hiftoinc. i. \\ &\«. ttTj\\<sj«.<U«s
■ n
Avril 171t. 449
indroits obfcurs , par ceux qui peuvent
'entendre facilement.
On a érigé ici une nouvelle Confrérie
en l'honneur de faim Antoine de Padoue,
dans l'Eglife de Nôtre Dame du Sablon.
Cette énflion a donné lieu a huit Ser-
mons, qui ont été prêchez pendant huit
jours de fuite. Celui du Père Brefland ,
Religieux Minime , a été jugé digne de
l'impreflion , & on vient de le publier.
Nous avons cru qu'on ne feroit pas fâché
d'en voir ici un échantillon. „ Or pour
„ ne rien vousdire quede folide, remar- ■
„ quei, s'il vous plaît , que tout ce que
„ nous pouvons attendre de Dieu, c'eft
j, par les mérites de Jefus- Chriit , nôtre
,, feu] & unique Médiateur , & Auteur
„ de toutes grâces ; qu'après J. C. nous
,, n'avons point d'efpmncc mieux fondé»
„ que fur la puilTante protection de la
j. Sainte Vierge, Canal, difent les Pères,
„ des grâces , dont fon Fils eit l'Auteur;
„ & qu'aptes la Sainte Vierge, les Anges
„ & les Saints par leurs interceffions.font
„ aufli de puiilans moyens pour nous ob-
,, tenir les faveurs dont nous avons be-
„ foin. Or, Chrétiens, les Confrères de
„ faïnt Antoine de Padouë, par les mé-
„ rites & les vertus de ce grand Saint,
j, ont un droit particulier à ceuxdeTefus-
,, Chrift, 6; à ceux de fa Pafiion. C'eft
', mon premier point. Aux bontez de la
V 7 „ Sain-
47° JOURNAI DES SÇATAMS;
„ Sainte Vierge, & à Ta pioteftiomi
,, mon fécond point. A la charité des
„ Saints, & des Anges , & à leur inter-
„ ceffion; c'eft mon troiiïéme point, St
,, toute la raatiere de ce Difcouts."
D'A N y £ R S.
ion;c'efl
ité des
nt. 8c
iftoire
T Es Avanturesd'Euphormion, Hiftoi
J"' Satyrique, en trois volumesinii. L,
premier paroît, & fe trouve à Paris ,duz
Louis Guérin , rué S. Jacques ; Se a
Lyon, chez Léonard Ptaignard, rué' Mer-
cière, Le fécond 8c le troifiéme Tomes-
fuivront de près.
DE HOLLANDE,
fen , qui nous a donné une Edition de
Tibulle en 1708. in 4.
M. Dukker Profefîeur dans le Collège
de la Haye, publiera încefTammcM une
nouvelle Edition d'un petit Ouvrage ano-
nyme, imprimé autrefois à Paris, fou s ce
titre : De LatimtiU vuerum Jurifctn/tii-
terum. Cette nouvelle Edition fera ac-
compagnée des Notes de M. Dukker.
M. Wafle , qui vient de publier une
Jiouvrelle Edition de Salufle , doit faire
réimprima ici les Qwn^ ^ QWflîg
■
vnt 17
le Sicile, avec des Notes de fa façon.
* 'LOn voit ici deux Livres Nouveaux
__r l'affaire de la Chine. L'un a pour titre;
Rêpenfi dt MM. dtiM'iJbni tirangeres à fit
Prctrjijiiiin & aux Réflexion! des Jéfuitet.
C'eft une féconde Edition faite fur celle
de France , à laquelle on a ajouté la
pTouttaùon de ces MM. contre trois Li-
belles publiei par les Jefuitcs. L'écrit eft
' [oo pages ta u. L'autre écrit a pour
: Refluions fur les Cultes de lu Chine
c U Riptmft * cet R.'pxùns , l'un er
l'juin en Italien £7- m Fronçais. Les nou-
velles Littéraires ont fait connaître l'écrit
des Riflixiom que l'on n'a point douté ve-
nir des Jéfuites d'Italie, qui le vendoient
dans leur cave à Naples . On y a fait deux
Réponfes en Italien. L'une eft du P.Ser-
ry Dominicain, intitulée Di/èr.i p-e. L'au-
tre eft de l'Abbé Fatinelli Agent du Car-
dinal de Toutnon. C'eft celle-ci qu'un
homme d'efprit a traduite en François ou
plutôt paraphtafée ; 8r elle eft intitulée
Conftderatlmi &c. Obfervaiiens fur m Lî-
htlti &c. C'eft un in 4, de 19+ pages. Le
Style en eft très-vif & frappe par fa nou-
veauté. 11 y a une très-belle Préface. Il
paraît auiïi un autre écrit qui apour titre.
Avertifftrmnt fur lu prétendais Relmilaiions
du
t* Ce qui tft enfermé entw&uxCva&eA\fe&.
communiqué au Libraire àe tt.o\W4fc 1 V» ts. Sa
Mure pour dans l'Ediiion ta S *ù»x
47ï JouatjA L DES Sçavans.
du Religltuft» de Peri-Royal dis Champt.
L'écrit a 1 1 î pages. C'eft une Réponfe au
Reliait des AHts dt fiumijfim tjrc. dont ît
eft parle dans le Mois de Janvier de cette
année pag. 19.]
DE PARI S.
/"\N a publié le projet d'un Journal de
Religion & de Pieté, qu'on donnera
tous les mois au Pub'ic, à commencer le
deux Mars 1711. Ce Journal r
rapport a la
ramification des Fidèles. On y parlera,
i. des prédications faites 8t à faire , du
mérite des Prédicateurs, de ceux qui au-
ront éré élevez nouvellement aux dignin-z
Eccleiîafliques, des Bénéfices qui auront
éré conférez, & des cérémonies les pins
remarquables qui feront faites. 2. Des
dédicaces des Egîifcs fis des Chapelles nou-
vellement hàties , de la célébration des
fêtes, des indulgences , des cenfures Ec-
cle fi a Hiques fur les matières les plus im-
portantes. 3. Des Thcfes de Théologie,
& de ceux qui les auront foutenues; des
Millions , & des fruits qu'elles auront
procuré à l'Eglife. 4- Des nouvelles E-
glifcs , & des nouveaux EtablirTemens de
pieté , comme Séminaires, Fondations,
Hôpitaux . Communiutei , &c. e. Des
•reliques des Saints nouvellement appor-
Atait 1711: 4TJ
lies, 8c dont on célébrera la fête ; des
canoniiations , béatifications nouvelles,
des befoini de* Eglifes 8c autres lieu*
fàînrs , pour exciter les perfonnes chari-
tables à y fubvenir. 6. Des conférence!
établies fur des fujets de Pieté 8c de Re-
ligion , des exemples extraordinaire* dam
ce genre. 7. Des Ordonnances, Mande-
mens, Jugemetu célèbres, qui auront été
rendus fur des Matières Ecclefiaftiques,
des nouvelles Bulles &desnouvcauxJreft.
S. Des converlions, des abjurations, des
bénédictions, fie des procefSons. >). Des
Ordinations, Doctorats, des Harangues
& Djfcours en matière de Pieté & de
Religion. 10. Des Baptêmes & Mariages
célèbres, des morts & fepoltures des per-
fonnes remarquables , Oraifons funèbres,
Anniverfaires. n< Des atfernbiées do
pieié & de charité , & de toutes les au-
tres bonnes œuvres dont on aura con-
noiffance, &c. Il y a bien de l'apparent
que ce projet de Journal demeurera fans
exécution.
DU S O 1 S S O N S.
antiques, dont l'un eil attribué a S-Dero*
fin Evéque Je Soiffons , & Vauvtt i. S.
Voué Confetfcur. C'cft une tia.4i.nQU v*_
I
474 Journal ses Sçavanj.
Îulairc , qui n'eft fondée fur aucun titre.
ic Père bpiridion Poupart Religieux Pé-
nitent du tiers Ordre de S. François de
Picpus , prétend prouver que cette tradi-
tion eft faillie, & il vient de publier une
DîlTertation dans laquelle il dit que l'opi-
nion qui attribue le premier de ces tom-
beaux à DeroCn, eft tout au plus problé-
matique ; & que la féconde eft abfolu-
ment faune. 11 ne prouve point fon fen-
timent par des Pièces tirées des Ouvrages
des anciens Auteurs, ou par des Infcrip-
lions, mais par l'explication des fyrabolei
& des ornemens qu'on voit delïus ces
tombeaux. Après avoir établi que ces
tombeaux ont été faits fous le règne de
Conftantius, de Magnence , ou de Dé-
cence, il entreprend d'expliquer les orne-
mens qui font fur le premier j 8t de l'ex-
plication qu'il y donne , il conclud que ce
tombeau peut bien avoir été fait pour S,
Derolîn , parce que ces ornemens con-
viennent à un Erêque. Mais il n'eft pas
abfolument déterminé à fuivre ce fenti-
ment , parce que ces ornemens peuvent
convenir à tout Chrétien , de quelque
condition qu'il foit. „ Le fécond porte
„ cinq repréientations , dit l'Auteur. La
première . un Baptême ; la féconde,
une femme fuppliinte ; la troiliéme,
une Croix, deux Soldats, une Couron-
ne de lauriers , trois Colombes , le
„ Chrift
Atiii tyii'. 475
£ Chrift Grec;la quatrième, un Suppliant;
„ la cinquième , des perfonnes qui fe de-
„ faltctertt." A l'extrémité qui regarde
l'Autel (l'Auteur apparemment veut par-
ler de l'Autel de la Chapelle où elt le
tombeau) „ un fourneau ardent, & deux
„ hommes le donnant les mains: à l'autre
„ bout , un homme nud Se un griffons
„ Je dis donc, ajoute-t-il , que ce tom-
„ beau n'ajamaiséiéfait pour Saint Voué,*,
Et voici les principales preuves qu'il en
apporte, i. La couronne de la arier chez
les Anciens ne le donnoit qu'aux gens de
guerre, ou à ceux qui remportoient des
prix dans les Jeux confacrez à Apollon.
On ne peut point dire qu'elle foitici pour
un homme qui avoir remporté le prix à
des jeux prophanes , puifqu' elle eft parmi det
ornemens Chrétiens. Il faut donc que
ce tombeau ait été fait pour un homme
de guerre Chrétien, i. Les ornemens
d'un tombeau doivent avoir quelque rap-
port avec la condition de celui dont il
renferme les cendres : Or quel rapport
peuvent avoir deux Soldats & une cou-
ronne de laurier avec un Solitaire tclqu'é-
toit S. Vouéï j. Le P. Poupart prétend
que ces deux Soldats fout des Soldats Le-
gionaires, d'où ileonelud que ce tombeau
a été fait pour un Général d'Armée , f
pour quelque Officier de marque. Il ni
luffit d'avoir rapporté la meilleure p*
JflS Journal dis Sçat*k«.
du raifonnement de l'Auteur , nous ren-
voyons le Le&eur cmicnxfi la Diflerta-
lion même, pour les explications. Elle
fe vend à Paris, chez PierreCot , Impri-
ir ordinaire de l'Académie Royale de*
Infcriptions.
D S S H E 1 M -5.
TE Père de Carrières continue i tra-
** vailler à fa traduction de la Bible ,
fc il vient de publier le Livre de Job.
Cette traduction eft accompagnée d'un
petit Commentaire Littéral . fui vaut 1»
méthode dont l'Auteur s'eft fervi dans
les Pfcaumes , & dans les Livres du
Nouveau Teftament qui ont paru ci-Jt-
vant. C'elî-à-dire , qu'il conferve 11
traduction du Texte dans fon entier, S
^u'il y infère de courtes eiplications m
lettres Italiques , pour en faciliter l'intel-
ligence. Ce volume clt précédé d'une
Biérace . dans laquelle le P. de Car-
rieres examine, 1.' Si ce Livre contient '
«ne hiiloire véritable. z. Qui en cil
l'Auteur. 3. Ce qui a donné lieu à l'Ou-
vrage. 11 prétend que Job a »critable-
ment eiiflé y qu'il vivoit dans le temp*
que les juifs étoient en Egypte ; qu'il 1
iui-méme éciil Ion htftoirc ; & que Moi-
fe l'a traduite àe VMitot «a Wta.
pour «cita \u î«ife iU^af;
AVRIL 1711. 4g
l'exemple de ce faim homme. Cemmtn-
taire Littéral fur Jtb , inftri dans U tradut-
tiûn Françeife , avec te Texte À U murgt. in
il. pp. ïs7, fans les Tables.
TABLE
DES LIVRES,;
Avril 1711.
INgeli. Hilïtadï Diflertatio de
veieri reftaque ptonunciationc Lingna;
Grsecit. 363
Sam. Grosserui , Vit» Chnfl. Wei-
iii. 36g
Problème refolu pttr ï Auteur de l'Amlyfc
fur les Jeux dehaiard, 3?î
Jo. Golt. Titii Difputatîo de Hœ-
morragiis cruicis. 381
J. Jac J an tue DiiTertatio de CoIIi-
quatione. 383
Lettre iCtm Doileur dt Serhmne fur le Livra
intitulé de Hé Benefïciim. 385
De Re Bcncficîaria Libri très adverfusLi-
brum Singularem Abbatis perl'onati Si-
Kdichcmbechemfis. itid.
itOMA BiiKI.tOllHI ClC VÀ\iVA
471 TABLE DES LIVR
FnrR»"""1 TheJàun
i/oat prtni» .
Mo,i* Jj'fcri conique ex tranfli
j. Coift. MlCHAELIS ]
de Senum affedibus.
/*
JAQ.UET DE la Guer*k ,
$r*Kfnjti jtir àtt fujai tjr*x- î*
Fbid. Wilh. Gchi.ski I
de Paradoxis Medicis.
C. Citispus Salvstivs c
fione Jos. W»sss.
Rtmtrquts far U Livri du P. F
imUuli Effai d'un Commentai
fur le* Prophètes.
XêuvtlUt à» Lituratur;
Tante » etmpr,
Pag 406. lîg. 13, itt/triit. lis. «
CATALOGUE
DES
LIVRES NOUVEAU)
Qu'on trouve à Amflerdam . chez Ici
JaNSSONI à WaESSERGE.
a Eïchimis Socratici Dialogi tr« Gra
& Latine , ad cjuos aceeflit quart]
Latinum fragmentum. Vertit & notis
iiluflravit Jo*nnes Cliri
eujus ad calcein additœ funt Silva
lologicœ cum omnium indicibus necef-
fariis. 8. Amflelodami "fuit Parum d»
CtUfi. 17 1T.
Rencontre de Bnyli c? Spituf* à*ns Ta\
monde. 12. A Cologne chez Pierre i
teau. 1711.
5*cobi Gossetii Profef in Acade-
mia Groningana, Vefperx Groningana:
five Arnica de rebus facris colloquia ubî
▼aria Scriptura: Loca felefta , difficile
ac magni momenri , accuraiè tratftan-
tur atque egregiè explanantur. Editio
altéra. 11. Amfiekâam *}uà Jatiflbmo-
Watsbergks. 1711. 1
'" y tk Strtnms fur d\vm twt« At^ï-*'
Tanin
eMar-
Acade-
r. Gr*"« u ,,, p«*iw • >?■ uni n
vtiiUnt «n . ^ur <7 , , &
<•' »«"'' E.J-* T,.B.t. »
G,».™»"*' M'rà»E° . i« »
AVIS.
i-\N trouveàAmfterdamcheilcs Wnt-
^ lEtGE les Livres luivans:
Jo, Dbotschmanni, Theologia Bi-
blîca, in 3 partes divîfa, quaruml.An-
thropologiam Sacram de fubjeeto , vid,
Homine Peccatore , contînet. II. de
Artributis divinis ex oraculis Authenti-
teis agitur. III. Gjatiofam Dei Salva-
ïoris Oeconomiam ei oracnlis Authenti-
cis , exhiber. 4. Wittnberge in sdibui
Chrift. Ihttph, Ludovhi. 17 10.
André* Goepelii, ceniura de Auc*
toribus eloqueniiœ Romans qui vise-
ront in adulra feu aurai asiate; prsemif-
fa Prœfatione delnfamia, Fucritia , Ju-
ventute.ac vititi serate, item de fenec-
tute, & aetate decrepita , nec non de
retare rediviva feu reftituta Lingua; La-
tins additis Auftoribus cujuslibet xwàs.
8. Ifi/M & fumpti'.iis jiilolpbi Bmihii. 1710.
Fhilargyhii CantabrigienlîsEmenda-
tionesin Menandri & Philemo-
nis Reliquias , ex nupera Editions
Iojsms Clehici, ubi quxdam
Grotii Sî aliorum , plurima vero Phî-
leleutheri Lipfienfis errata caftigantur
cumPrœfatione Joannis Clerici. t.Antf-
Ickdami apud Htnricitm Sehtite. 17 11,
JOURNAL
DES
S C A V A N S,
Pour le Mois de Mai M. DCCXI.
OtH-vrts divtrfis dt M. Jean Loche,
A Rotterdam , chez Fritfch fie Bohm.
1710. vol. in 12. pp. 468.
/"> E Livre eft un Recueil de divers On-
Vj vrages de M. Locke. Le premier eft
une Lettre fur la tolérance des différente*
Religions , laquelle n'avoit pas encore pi-
ru en François. L'Auteur l'écrivit en La-
tin, & la publia en 16S9, fous le titre fui-
Vant : Epiftoln Jt Tolenintia ad clarijfmum
Wtm T. A. R.P.T. O. t.. A. {tripla à P. A.
P.O.J.L.A. Les premières lettres capita-
les lignifient : Thtetagi* apud Retnonllramti
Profiforim , Tyranmdîs OfoTtm , Llmbur-
ti*m Amfiebidaintn/em ; &i les fécondes:
Pstis amie», ptrjtcHthnis ofon, Roanne Lac-
Ut Angle.
Cette Lettre ne fut pas plutôt publique i
X 1 «h
484 Journal des Sçavans;
qu'il en parut une Traduction Angloifc,
dont il fe fit deux Editions à Londres en
1690. La même année un Théologien
anonyme publia à Oxford, une Brochu-
re, en guife deréponfe,datéedu 27 Mars.
M. Locke, pour fe défendre , donna dès
le mois de Mai fuivant une nouvelle Let-
tre fur le même fujet que la première. Le
Théologien répliqua par une Lettre, où
il foutenoit Ylmoleranct Mitigée. M. Locke
ne voulut pas laifler cette réplique fans
réponfe, il donna le vingt Juin de 1692,
une troifiéme Lettre de 350 pages in 4.
Le Théologien demeura douze ans fans y
répondre» jufqu'à ce qu'enfin en 1704, il
publia contre cette dernière Lettre , une
Brochure de 1 8 pages en gros caractère.
M. Locke , quoi qu'attaqué alors d'une
maladie confiderable , dont il mourut la
même année, le 18 Octobre , ne voulut
pas que fon Antagonifte eut le pîaifir de
lui avoir porté le dernier coup. 11 entre-
prit donc de lui répondre par une quatrième
Lettre , qui n'eft pas entière , parce qu'il
n'eut pas le temps de l'achever. Le Tra-
ducteur avoit d'abord refolu , comme on
en avertit dans la Préface , de traduire
la féconde & la troifiéme; mais après avoir
confideré que cela formeroit un gros vo-
lume ; qu'une trop longue difpute ennuyé
fou vent les Lecteurs , par les répétitions
<k les redites où elle engage nécessaire-
ment,
il*
1. 1.
i 1711- «8|
ment , & que d'ailleurs il faudroit
Sour plus d'exaétitude traduire les Pièce*
e l'Aniagonifte ; on a jugé qu'il valoir
mieux s'en tenir à la première , où
l'Auteur ïburïcnt la Tolérance par des
raifons encore plus fortes que dans les
autres. C'eil cette Lettre qui fait U
première Pièce du Recueil qu'on nor"
donne ici.
La féconde Pièce de M. Locke.
lu tondant di Pefffit dans U rtihinh? ût U
Vtr'iii. Ce ne font proprement que des
matériaux , que ce Phiiafophc avoit ra-
mifiez, pour en former à loifir un Edifice
plus grand & plus régulier. Ce font des
penfées détachées qu'il eouchoit fur le pa-
pier, à mefure qu'elles lui venoienr dans
l'efprit. On lésa trouvées la plupart tranf-
pofées & fans liaifon: mais pourremedier
ace défaut, on a eu foin de remettreeba-
qae article dans fa place naturelle , avec
un titre qui annonce de quoi il s'agit. Li
troiliéme ell un petit Difcours fur les mi-
racles, qui neconlille non pltisqu'en pen-
fées détachées. La quatrième contient les
Mémoires pour fervir à la vie du Comte
de Shafiesbury , lefquels font inferezdans
le fiiiéme Tome de la Iiiblioiheque choî-
fic; & la dernière enfin, la méthodenou-
velle de drefler des Recueils , que cet il-
Iuftre Philofophe avoir inventée . & que
M. le Clerc * déjà rubliécduii le Iccoai
X 3 >,
Journal dis Sçavani.
Tome de la Bibliothèque univerfelle. Tout
cela eft précédé de l'Eloge hiflorique de
l'Auteur, par M. le Clerc, & de fonEpi-
taphe, qu'il avoit compose lui-même- Il
ne nous refte plus qu'à rapporter quelques
exemples de la Lettre de M. Locke fur la
Tolérance , & de fes réflexions fur la con-
duite de l'efprit dans la recherchedela Vé-
rité, qui font les principales Pièces de ce
Recueil.
Il veut que l'on tolère les différentes
Religions, & après un grand nombre de
réflexions & de raifonnemens fur ce fujet,
il Te fait l'objection fui vante. » Vous me
„ demanderez , dit-il, quelle vigueur il
„ réitéra donc aux Loin Ecdefiafliques,&
„ comment il fera poffible de les faire ese-
„ cuter, fi l'on en bannit toute forte de
„ contrainte. Je réponds , reprend-il,
„ qu'il leur refiera la même force qui con-
„ vient aux chofes dont l'Obfervation ex-
„ tetieure eft Inutile» fi elle n'efi accom-
„ pagnée de la perfuafion du cœur. En
„ un mot, les exhortations , les avis, &
„ les confeils.font les feules armes qu'une
„ Société Religieufe employepourretenîr
„ Tes membres dans le devoir. Si tout
„ cela n'efi pas capable de ramener les é-
, garei, & qu'ils perfident dans l'erreur,
_, ou dans le crime , fans donner aucune
„ efperance de leur retour, il ne lui relie
, plus d'autre'pmi à prendre que de les
„ éloi-
M ». i 17'". 4S7
>. éloigner de fa communion; c'eft le pm»
•■ haut degré où le pouvoir Ecclcfîafliqu©
■• puiffe atteindre; Bi toute la peine qu'il
m inflige, fe réduit à rompre la relation
» qu'il y avoit entre le corps & le mem-
,. brequi a été retranché; en forte que
„ celui-ci ne tait plus partie de cette E-
„ gHft."
Après la réponfe à cette objeélion , M.
Locke examine quels font les devoirs où
la tolérance engage, „ Il mefembie, dit*
„ il , qu'aucune Eglifc n'efï obligée de
„ nourrir dans fon fein un membre qui,
„ après avoir été averti , continue a pc-
„ cher contre fes loix, parce qu'ellesfont
i, les conditions de fa communion, & l'u-
„ nique lien qui la conferve; & que s'il
,, étoit permis de les violer impunément
„ elle ne pourrait plus fublifter. Avecjtout
„ cela il faut prendre garde que l'Aéts
„ d'Excommunication ne foit pas accom-
„ pagné de paroles injurieufes, ni d'aucu-
„ ne violence qui bleffe le corps, ou qui
,, porte aucun préjudice aux biens de la
,, perlonne excommuniée. Une pareille
„ violence n'eft que du reflbrt du Magif-
„ trat . & n'eft perriiife aux particuliers
„ que pour leur propre déienfe. L'Ex-
„ communication nepeutôter à l'Excom-
„ munie aucun des biens civils qu'il pof-
„ fedoit, parce qu'ils regardent l'état ci-
,,.vil, 8î qu'ils font fournis à lajuriiV
X 4
at ci-
.rifdi'--
4^3 JOVRNAl DES S Ç A 7 A N S.
„ tion du Magiilrar, Toute la force de.
„ l'Excommunication fe réduit à ceci,
>, c'eft qu'après avoir déclaré Ja rclblu-
„ tion du Corps , l'union qu'il y
„ avuit entre ce corps & l'un de fes meni:
„ bres, elt rompue , Se que de cette ma-
„ niere la participation à certaines dio:
,, fes , que cette Société accorde à les
>. Membres, £taufquel1e6 il n'y aperfon*
», ne qui ait un droit civil, vient aulï] k
„ difeontinuer.... Il n'y a point d'Eglile
„ qui ait aucun droit fur les autres, non
„ pas même torique le Magiflrat Civil eft
„ de ton côté, parce que l'Etat ne peut
j, donner aucun nouveau privilège À |*E-
„ glile , non plus que l'Egliie à l'Etat.
„ L'Eglife demeure toujours h même
,, qu'elle éroit auparavant , c'ell-à-dire ,
„ une Société libreôc volontaire, torique
„ le Magillrat fe joigne à la communion,
„ ou qu'il l'abandonne; & qui plus eit,
„ elle ne içauroit ni acquérir par là le
„ droit du glaive , ni perdre celui qu'elle
„ avoit d'iulîruire ou d'excommunier.
„ C'cit pourquoi les différentes Eglii'es
„ doivent toujours entretenir la paix, ta
„ jultice , & l'amitié entre elles, de mè-
„ me que les limples particuliers , fans
„ prétendre a aucune luperioiité ni jurif-
,, diction les unes fur les autres , Sec. Ceux
„ qui nient l'exil! ence d'un Dieu ne doi-
vent pas être tolérez, parce que lespro-
«9
t, méfies, les contraéts , les ferment . \\
j, bonne foi , qui font les principaux liens
,, de la focietê civile , n'engagent point
„ les Athées à tenir leur parole , & queiî
„ Von bannit du monde la créance d'une
,, Divinité, onnepeut qu'introduire auffi-
„ rôt le détordre, tk une confufion géné-
,, raie; d'ailleiks, ceux qui profeiîent l'A-
„ theïfme , n'ont aucun droit à la tole-
„ rance fur le chapitre de la Religion, puii"-
„ que leur Sylléjne les rcnveifc tou-
,, tes, &c."
Tout ceci eitfuivi de plufieurs autres rai-
fonneruens femblables , fur lefquels nous
ne ferons aucunes réflexions, quelque
cile qu'il fût de remarquer que les raifo:
mens de l'Auteur contre les Athées,! ,
pliqueroîent naturellement aux Hérétiques.
Voyons quelques exemples de la féconde
Pièce du Recueil, fut la conduite delef
prit dans la recherche de la Vérité.
Ht l'txerckt de l'efprit , c des halltudes.
„ Nous foraines nez avec des facultez ca-
„ pables de nous mener beaucoup plus
,, loin qu'on ne penfe ; mais il n'y a que
„ leur exercice qui nous rende habiles en
„ quoi que ce fait , & qui nous approche
„ de la perfection. Il feroît difficile qu'un
„ Laboureur âgé de trente ou quarante
„ ans, pût recevoir l'éducation & les ma-
tnieres polies d'un homme deCoui.quoi
qu'il ait le cerpj auffi-bieu. çvoçotuon-
' I
>let ; H
4JK3 JOWIttïAI DES SÇAV
„ né , Se les jointures aufli Couples ; i
„ qu'il ne lui cède en rien pour les talens
„ de l'efprit. Les jambes d'un Maître de
„ danfe , & les doigts d'un Joueur d'inllru-
„ mens, forment, fans qu'ils fc donnent
„ prefque aucune peine, des mouvemeni
„ réguliers & admirables. Commandez-
„ leur de changer de râles , ils eflayeront
„ en vain d'en venir à bout. 11 faut du
„ temps, & une longue pratique pour ai
„ river à quelques drgrezde leur habileté.
„ A quelle foupleiteétonnanteles danfeuts
,, de corde , 8c les fauteurs n'aceoutU'
„ raent-ils pas leurs corps , quoi que dam
,, la plupart des Arts medianiques.il yait
„ des Ouvrages de la main suffi merveil*
„ leuxque ces tours-là; maïs je nomme
„ ceux que le monde admire : tous ces
,, mouvemens extraordinaires , qui fur-
„ paffent prefquc l'imagination des fpe&i-
„ leurs qui n'y entendent rien , ne font
i, autre chofe que l'effet de l'habitude ÎC
„ de l'induftrie de certains hommes, dont
>, les corps n'or;t rien de particulier qui
„ les dillingue de ceux de la populace,
„ qui en eft enchantée. lien efl de l'efprit i
„ cet égard comme du corps \ 8c fi l'on
„ examine les chofes de près , on ttou-
„ vera que la plupart de ces grandes S;
„ belles qualir.cz , qui paffent pour des
„ dons de la Nature , ne font que 1:
» fruits de VexeicÀw, W"] -kteA*
mt que Itt
Mai mi. 49,
Y, par exemple, qui fç,a*ent railler fcrj-i-
m blement, & d'autre» qui î'n:«i.ient a
„ faite de petit» cont"
„ d'une manière piauV.'
„ dinaire que c'eft un pur Hkt
H turc , d'autant pini qo'on fl acquiert
» point ces taleni par des rqft
j, ceux qui «JteBfHl dans n«l 00 dans
„ l'autre, ne l'appliquent jamais a la ap-
„ prendtc comme un an; mais S l'onap-
» protondit la chofe. on verra qu'un bon
„ mot , ou un petit conte, qui aura en
„ le bonheur de reti(T;r , 8c de gagner l'a p-
„ probation de quelqu'un , a eiaréle di-
„ feur à j revenirde nouveau, Scatour-
„ né fes penfëcs JU fei effort j de ce coté-
». là , jufqu'a ce qu'enfin il fj eft acquit
j, peu-à-peu une grande faci.iré. Je ne
„ nie pas que la lofOfidM naru.-*!len'c:i
„ pu i (Te être fourent la première caufe;
„ mais elle ne conduir jamaii :
„ fort loin fan! l'exercice; & il n'y a oie
„ la pratique feule qui amené Ici facufrez
„ de l'efpht, aurti-bien que celles du cor pi,
„ a leur perfection. PIui d'une veine
„ Poétique demeure enfevelie fous un tiI
„ métier, & ne produit jama;s tien Eu»
. culture, Sec"
Dti vrt\:i%iK. „ Nous nom plaignons
„ tous de* prejugeï. qui font égarer lesau*
„ très, comme fi noui en étions exempt»
, nous-mêmes. Tous les hommes & to'
X6 J
fcrj: JOURKHt DES SçaVUMÏ.
I ,, les partis s'en aceufent , de forte qu'ilj
I „ atouent quec'eft un défautiV unobfta-
' ,, de à nos connoiiïanccs. Quel remède
„ ya-t-il donc pours'en délivrer : le n'en
,, feache qu'un feu!, c'eftque chacun doit
„ eiaminer Tes préjuge? , & ne fe point
„ mettre en peine de ceux des autres.
,, En effet , on auroît beau nous taxer
„ de ce foibJe , lî nous n'en fbrnmes
„ pas convaincus nous-mêmes, cela ne
„ ferviroit de rien , juiifque nons avons
„ le même droit de récriminer contre net
„ aceufateurs j ainfî l'unique moyen qui
„ nous refle pour bannir du monde cette
„ eaufe Univerfelle de l'ignorance & de
„ l'erreur, c'eft que chacun s'examine Ii-
„ deiïus de bonne loi. Si les autres ne
„ veulent pas s'acquitter de ce devoir,
-,, cela change-t-il mes erreurs en veniez ■
„ ou doit-il me les rendre plus chères, &
„ me dirpoCer à être ma dupe!.... Où.
„ ell l'homme qu'on vît jamais réduit à
„ bien examiner Tes principes , & i voir
„ s'ilspeuvent loutenir la pierre detouche?
„ Cependant c'eft un, des premiers pas
,, que doivent faire tous ceux qui vcukns
,, bien conduire leur efprit dans lareclier-
„ chede la Vérité, kc."
Du ff*v»tr umvrrfrl. „ Une légère tein-
„ ture de toutes les Sciences fert à prevo
„ nir un défaut qui n'eit que trop corn-
i, niun, Se où tombent les hommes qui
I
M A
«3
ne font imbus que d'une fcience paiti-
cuiiere. Accoutumez à cet uniqu&ob-
jet , ils y amènent tous les airres , Si
les envifagenr fotii le même pôinj Je
vûë, quelque êloigiiemertt qu'il y aie
entre eux. Un Méiaphyficicn réduit le
labourage à des idées ihftraitet , fans
avoir aucun égard à l'iiilloirc de la Na-
ture. L'n Cbymif}c , su contraire,
foumet h Théologie aux maximes de
fon laboratoire-, il explique I* Morale
parlefel, lefoulfre, & le mercure. Il
nHegorifc toute U Bible, & il trouve la
pierre philofbphaledans les myfteresque
Dieu nous a révélez. J'ai connu moi-
même un Mufkien qui expliquoit lei
fept joursdcMoïfepardes notes dcMu-
tique, comme fi cette harmonie avoit
fervi de bafe à la création. 11 eiWonc
très-important d'empêcher que l'eiprit
ne Te prévienne en faveur d'une feienec
„ particulière, &c."
Le Difcours fur les miracles eft trop
court & trop précis pour que nous en
puillîons donner l'abrégé , & il eft en mê-
me lems trop long pour pouvoir être co-
pié ici tout entier. Nous dirons feulement
que ce Difcours eft une explication de ce
qu'il faut entendre par le mot de miracle,
félon la définition que l'Auteur en donne
en ces termes : lt me femble qu'un mira-
cle cil une opération fenlible, o^Vtt^x-
X i » «p.
4Ç4 Journal desSçayans.
tateur regarde comme divine, parce qu'el-
le eft au deflus de Ta poriée, &c contraire
même, à ce qu'il croit, aux loix établies
de I* Nature. L'Auteur fe fait des ob-
jections contre cette définition , 8c il y ré-
pond en peu de mots.
La méthode de dretïcr dei Recueils ne
fçauroit être expofée ici j c'eft un mor-
ceau qui veut être lu dans fan entier.
Quant aux Mémoires pour fervir à la
vie du Comte de Shaftesbury, ilsortt dé-
jà paru dans le VII. Tome de la Biblio-
thèque choifie, aînll ils font fuffitàmment
connus.
Dilïertatio Solennis de Anatomica praeci-
puarum partium adminiftratione, quarri
gratiofifiimi ordinis Mediti auétoritate
fub Prsefidio Dn. D. Polycarpi Gottlieb
Schacheri, PP. & Collcgii Mcdici Af-
feff. A.8c R. J a c o b v s H e r m a n m u i
Aibiechi Hildes. Sax. ad diem
21 Maj. A. î7'o. loco horifque con-
fuetis publîco Eruditorum examini fub-
Biittit. Lipjit , Hllitii Braadtmburgeria-
nis. C'eft-à-dire : Diffmtûon far fa-
nmemu des principales partit! du corps,
&c. Par Jacques Herman Albrecht.
A Leipfic. i?io. Brochure In 4. pp. 41.
/^Ette Di (Te nation anatomiqueeftune
ou
dé:
les
M A I 17II. 4^5
tics du corps, & de la manière dont les
Anatomiftes s'y prennent pour démêler
jusqu'aux moindres fibres qui compofent
ces mêmes parties. L'Auteur dit d'abord
un mot de l'utilité 8c de i'ufege de l'A-
natomie, dont l'art ne confifte pas feule-
ment à manier adroitement le Icalpel,
mais à fçavoir encore employer à propos
les injections, & plufieurs autres fecours,
fans lefquels il eft difficile de parvenir a
une connoiffance fuffiTante des organes*.
Il montre enfuite que la fibre eft la ma-
tière commune de toutes les parties foli-
des. Il examine les fibres, les lames, &
les pores des os ; quelle eft la différence
" 1 cartilage & de l'os par rapport à la
mftruction de leurs lames & de leurs po-
S ; ce que c'eft que les membranes;
combien on tire de fecours du fouffle
qu'on introduit dans les tuyaux des par-
ties ; combien l'immerfion des membra-
nes dans de l'eau fert à l'Anatomîfte ;
quels fecours on tire de l'eau chaude,
pour feparer les membranes les unes des
autres. Enfin , l'afage qu'on fait du fcal-
pel, des injections . 8c du microfeope,
pour la recherche des membranes.
Il paffe de là à la préparation des muf-
cles 8c des vaifleaux. Il remarque de
uelle manière les valvules doivent erre
imontrées ; comment on do\t faiî&w.
rxitTaux farjguias , om"Ï îtw^w^ &^j
49S Journal des Sçavini!
liqueurs; ce qu'il faut faire après rfnjec- I
tion de ces liqueurs ; par quels moyens
2
tioa de ces liqueurs ; par quels
on vient à bout de découvrir les glandes,
8c les v ai fléaux lymphatiques; cequec'dt
que les veines laitées , les conduits cho-
lidoques, les tuyaux des reins, les vaii"-
feaux fpennatiques , les nerfs. Enfin,
quelles lumières on retire de 11 diffedion
des animaux vivans.
Voila le fujet de cette DifTertation .la-
quelle eft claire , méthodique, & l'han-
te; mais comme elle ne contient rien de
nouveau , & que ce n'eft qu'une efpece
de Mémoire que l'Auteur donne de «
qui s'enfeigne d'otdinaire fur cette ma-
tière, nous ne croyons pas en devoir di-
re davantage.
Copia Littetamm in Latinum Idioma tra-
duclatum André.* Chu ïsosiOMiZ*Luf>
ki Epifcori tum Plocenfis , ad Peirum
Thcopbilum Baranowski, Confédéral*
Militiae Marefchalcum , Pukovix nie
10 Decembris, annoroçÈ, fc.-inrarum,
ex fciundo Tomo Epiilolarum ejufdem
excerpta, & pro deteufionc juriumEc-
clefire reimprefla. C'cfl. a-dire : Laut
W'Andié Chryfulîome Zalutki E-uiipt d*
Placko , êtriit à Pultau\k U -vingt Dtitm-
in dt l'Annie i6$6, tr adrtffie à Pitttt
Ibtepk'tit Bamnowiki , Grand MsriM
di U Cc»JfJ(rflli»n, ËXMMU& fimt
Mai 1711. vn
me dis Lenrej du même Ev/yot, Ita-
lie en Latin , V rtimprwti* p"Ur lu dé-
>fe des drehs de fUglijè. A Waifovie,
ez Jérôme Karog. 1710. in fc£
gg. 66.
ox qui ont fait réimprimer cette.
'ieee, ne nous dirent pas les'raïTonï
en ont eues ; mais il eit aifé de le»
1er. L'état de la Pologne eit beau-
plus déplorable qu'il ne rétoit en
; ainf» le moins qu'on puifle faire,
d'employer pour fon foulagement
îémcs remèdes qu'on trouva efficaces
ce temps-là. Les Polonois qui le
■ent en 1696, fe ptaignoient d'avoir
laltraireî par ceux qui avoient l'au-
en main , 8c d'avoir été privez de
folde ; à quoi ils ajoutoient l'avi-
,ent de la qualité de Towanyfz, Sï
ues autres fiyets de plainte moirji
[Uns. Sur ces prétextes, uneinfiniié de
lOnds , , qui ne demandoienr qu'à
, prirent les armes ; fi gouvernez
h nombre luffifaDt de Gentilshommes,
es, ou mal (mentionnez, ils fc mî-
1 ravager leur propre patrie. Quoi
i Religion n'entrât pour tien dans ce
cernent, les biens des EgliTcs, ÔC en
ulicr ceux de l'Eglifc de Plocko, ne
t pas épargnez.
Lettre que l'Evêque ccim\A « îa-
«s fortes Q^ paires , a" ^ T]
moire tes E"?. ta Lettre duo ''
Sre^l^Ï^
■ ^îSSajl
„,.., ,lfofit«'=eIi,idef'
"*••> n™ r"""' '<">'& Jm'-'<-
»» »o»"Yh'cc 9«c b JS "" »°«»
sangs
iﻫV.
.^W'
s inutile-
M a i nu;
perlecutée , parce que les glandes (
petites Diètes fe (ont aHemblccs im
ment ! M;iis quand on nous payerait,
diient les Révoltez, la fbldc ordinaire ne
fuffit pas pour remplir nos belbins. Si 11
(bide ne vous iuffit pas, repond l'Auteur,
que ne quitteï-vous un métier qui ne
donne pas de quoi vivrez II compare
enfuite les Confédéré! arec les troupes
des temps paiTei ; & après avoir lotie la
Difcipliiie & h fobrieté de celles-ci . il re-
proche aux autres leur mollefle 5c leur
luxe. Quand un Officier, dit-i!,donnedans
un feul repas cent perdrix , qui lui ont
coûté" cent pièces d'or ! quand un autre
fait fervir, même à fes valets, desmafic-
pains au lieu de pain ordinaire , quelle
folde peut fuffirc? .... On ne veut plus
s'habiller quede draps de France, on d'Ef-
pagne ; on ne fe croit pas b;en chauue, li
on ne l'ell à la Turque; à Verni les uns
des autres on fe couvre de foye, de marte
libeline, de peaux de panthères , l'or 8e
l'argent brillent par-tout... Pierre Firlé
-/'Alatin de Sandomir , qui commun doit
/^rmée avant la guerre de Suéde , en
f-Crgari.hnt un jour les Colonels 6c les au-
j*7"^ Officiers qui mangeoient à fa table,
ï*ïf -* fan Chapelain : Voyez-Vous , mon
**w^, ces habirs précieux, ces robes nup-
| * >J^ ej.J Croyez-vous que ceux qui en font
■vêiasfeaycntachcttidc Vc\aVÀCû4e.\î».-
coov«is • ■ tacb». »°ne' Jt TtnirJ.
&ck™non T., Grand M"f .(fod'im-
„0.i. S1cf Dépoté «"'Snn.»»-
Z.7à lu <*"!'. ' i , 'i'1*'
Mai nu.
>ert; àipttsi 448, jufyutn 46
.eNain de Tillimont. A Pari;, chez
Ibarles Robuftel, rus Jaint Jacques, au
almier. 1711.
Oici le quinzième Tome des Mé-
moires de M. de Tillemont. Qλ-
volume a paru feparément ; & nom
avons donné l'Extrait à menue que
preffion les a fuccefliveiTientreridupu-
!. Cela nous difpenfe de remettrede-
t les yeux du Lefleur le plan général
Ouvrage. Nous avons feulement à
er des matières qui composent en pat-
lier ce volume.
)n y trouve d'abord l'Hîfioirc de faint
HÏen, de faint Hellade, de faint A-
eur, de faint Germain , de faint Alo-
dç faint Fraterne, de faint Mamertin,
,e faint Marien, tous Evêques d'Aux-
: Ville fortunée , remarque M. de
emont, qui n'ayant rien par elle-mé-
qui la relevé dans le monde , a néan-
insdans l'Eglife l'avantage précieux d'un
id nombre de faints Prélats. Saint Ger-
n eft celui de tous qui a été le plus
oré. „ Et quoi que Paris , dit l'An-
eur , ait un faint Germain illuftre par
:s vertus & par fes miracles , celui
'Auxerre ne laîfle pas d'être encore
ttant & plus célèbre, foit dans la Vil-
rflénie de Paris, foit dans \c ttft.c 6»
"S»»-
r'5o4 Jou***t DES Sç
„ Diocefe, & dans tout le Royau
11 pafla fa jeunefle dans l'état ik les o
parions de feculier : la chafîe étoit fa r_
fion dominante ; & quand il avoir pris
quelque béte, il en venoit pendre la rére
à un grand poirier qui étoit au milieu de
la Ville d'Auxerte. Ce n'étoft que pour
faite montre de fon adreife; mais comme
»Ics Payens faifoient par ftiperflition quel-
que chofe de fembhble, faint Amateur qui
croit alors Evêque d'Aujrerre , crut qu'il
falloir épargner à la pieté des Chrétiensun
fpeflacle qui paroiffoit avoir rapport aui
manières du Paganifme. 11 pria donc Ger-
main de ne plus donner occaiion à untel
fcandale ; & n'ayant rien pu obtenir fur
» cela par prières, i! eut le courage de faire
abbarre lui-même ce poirier, & de jetrer
hors de la Ville les trophées qui y étaient
attachez. Germain regardant cette entre-
prife comme .un affront , rclblut de l'en
vanger , &: menaça de tuer l'Evêqo* , qui
s'effraya peu de ces menaces , & foinn
fur lui des dcfl'dns bien dtfférens. Ce
kfainr Evêijue fe rendit un jour à l'Eglife,
fui vi du peuple. Germai» s'y :
vec la foule. S. Amateur engage* ccut
qW avoient des armes à les quitter ; &
après cette précaution , & quelques m<f
mens de prière, il alla droit à Cjcrmii»,
fe Jâîflt de lu\ , lui ota fes ornemcris
Jiuires , lv» couçi \« '
fa ,. ■'-
M * I i-îî.
donna l'habit 8e l'or
en lui difant pour l'a
„ vaille, mon cher tcratâiUcFctre , *
„ conferver pur 8c fan tache FuiomcaÊ
„ que vous venez de recevoir : car Die»
„ veut qu'apià ma man vom hcnraW»
„ à la charge de PaUera de cette Ëeji-
„ fe." IU?v a rira de pi» «
ni qui paroifle plus contraire ass
l'Eglife , que cène vocacos.
„ obfcrve l'Aotear , qtasd cdx
„ le maître des régla parie, cet a" p
„ à l'adorer . & a rcteron fe* orducave
„ une humble f<
Après la mort de faut Aautcw « Té-
lection qu'il avoit farte de fr» *i«M £
confirmée par Je p<
d'une voix faist «
d'Auverre en *i8. Il eft porté das* c
Mémoires de phflEea» «©Tagea qa il c»-
treprit pour le bien de fEg«e «traat '
Epifcopat , 8c de bteo de* traverses q
eiïuya pour le otaimica de la Foi. 0 al
bavent en Angleterre perar s'opposer ai
erreurs des Pelagieos. On raconte ai <
endroit, qae lès Breton* ajaat été atta-
quez par les Saxons & les Piâes tout» la
fois , & ne s'étant pas trouvez en état de
leur tcfiltet , curent recours a laine Gt
main Se à (àint Loup. Ton compagnon. <
fut vers le tems de Parues , que les &
mecs ennemies s'approchèrent. S. Ger
•a% dans
î«6 Journal du SfàriNs.
main fit mettre l'Armée des Bretons _.
une vallée environnée de montagnes; &
quand les ennemis parurent , il fe mit j
chanter AlLtInya, avec faint Loup; &i
leur exemple toute l'Armée répéta le mi-
me chant, ce qui furprit Se effraya telle-
ment les ennemis , qu'ils prirent la fuite,
8c que la plupart même fe noyèrent dans
une petite rivière qu'ils rencontrèrent fur
leur paffage. S. Germain revint d'Angle-
lerre en France , & de là il alla à Raven-
ne , où il y avoit des troubles , & où le
peuple l'appelloit pour les calmer. On
rapporte ici un trait de fa charité dans le
voyage. II rencontra au paffage des Al-
pes une troupe d'ouvriers, qui portoient
de lourds fardeaux. L'un de ces ouvrier;
étoit boiteux, Si avancé en âge; il ya-
voit là un torrent à paffer entredeuipré-
cipicesice pauvre homme ne Ravoir com-
ment fe tirer d'un fi mauvais pas. Saint
Germain, le voyant embarraffé , com-
mença par fe charger de fon fardeau, &
le porta a l'autre bord ; enfuitc il le vint
prendre lui-même fur fon dos, & lepaffi.
Etant arrivé à Ravenne, les Grands & ie
peuple lui témoignèrent a l'envi Ujove
qu'ils avoient de le voir. L'Impératrice
Placidie lui offrit par diftinélion un bafiio
d'argent rempli de mets délicats. S. Ger-
main difttibu» \w to«s a. fa compagnie.
donna le b»fon 4'«%«a »». v-wv ■
'7U. i«7
oya par reconnoiffance à l'Imperam-
un pain d'orge fur une afliettedebois.
> Hilloriens rapportent de lui plufieur»
ades, dont il eiî Tait mention dans cet
moires. Il mourut à Ravenne le ji
!!« 44S, après plus de trente années
ïtfcopat. Son corps fut transfère à
terre , où il a été enterré dans une
te Chapelle de faint Maurice, qui cil
>urd'hui un Monaflere. Ce corps a été
uîs réduit en cendre par les Calvinif-
, de forte qu'il ne refle plus dans ce
naltere que fon tombeau , & le drap
bye donné par Placidie , pour l'enfc*
r.
,'Hiftoire de faint Germain cil fuivie
relie de faint Alode, de faint Frateme,
aint Mamertîn , & de faint Maricn ,
ont tous rempli après lui le Siège de
;lired'Auxerre. Et outre les fuccefleurs
ce faint Evêquc par rapport à fa digni-
on nomme encore dans ces Mémoires
Iques-uns de fes Difdples qui fe font
inguez dans l'Eglife par l'imitatton de
vertus. 11 eft enfuite parlé de faint
rone Evéque de Boulogne . de faint
aire Archevêque d'Arles , de faint Ifi-
e de Damiette Prêtre & Abbé, de faint
;her Archevêque de Lyon , de M»rius
rcator, de' Vincent de I.erins, de faint
rien , de fainte Pulquerie , de fiiat
rre Chryfoloeuc premier htùiCT^t
jo! Journal deiSçavans.
de Ravenne, de Juvenal premier Patriar-
che de Jeruralem , de Theodoret Evéque
de Cyr , de faint Bafilc Archevêque de
Seleucie en Ifaurie, de faint Sirneon Sty-
Jite, Anachorète en Syrie, de faint Maxime
Archevêque de Ries , de faint Ruflique
Archevêque de Narbone , de Saint Nu.
mace & de faint Eparce Evêques de Cfer-
roont en Auvergne. Toutes ces vies dif-
férentes , qui contiennent un grand nom-
bre de faits curieux & édifians, deraande-
roient autant de différens Extraits ; mais
obligez de les renfermer dans un ieul,
fans paiTcr nos bornes, nous ne pouvons
que les annoncer par la Cm pie indication,
Êour nous ménager par là du moins la li-
cite de nou* étendre un peu davantage
fur la vie de faint Léon, oui termine ce
quinzième volume, & qui fournïtà l'Hif-
loire Ecclîfiaftique des évenemens remar-
quables.
S. Léon Pape a été furnommé leGrand,
& ce titre feul fait Ton éloge. I] naquit à
Rome, fuivant faint Profper ; quelque!
Auteurs veulent néanmoins qu'il fut origi-
naire de Tofcane; mais la plus commun;
opinion en que Rome a été le lieu de fi
naiflance. Il y acquît une fi grande re-
fiutation, que quoi qu'il Fût ablént dans
e temps de la mort de Sixte lit. on ne
JaiTa pas de le choiCr pour lui fuccedci
Sa principale meuxwîi tv& it wuÂuteo
Mat 171 i. joç
la Foi contre les efforts de diverfes Secte*
qui en altéraient la pureté. Il s'éleva d'a-
bord contre les Manichéens, les Pélagiens,
les Neftoriens , & les Prifcillianites. Mais
celui de tous les Herefiarques qui lui don-
na le plus de peine, fut Eutiche, dont
l'erreur confifloit a ne point reconne'
de nature humaine dans Jefus-Chrift.
febedeDorilée, après avoir efiiyéenvai...
d'étouffer cette erreur dans fa naiflance,
la dénonce a faint-FIavien , & cite Eu-
tiche devant lui. S. Flavien aflemble un
Concile , où Eutiche eft cité. Eutiche
refufe de comparoitre, & fe ménage pen-
dant ce temps-ià un nombreux parti. On
le cite une féconde fois, il n'obéit point,
& fe contente de faire paroître un Député
en fa faveur. Eufebe continue de le puur-
fuivre i alors Eutiche fe détermine à fe
rendre lui-même au Concile , mais il y
vient avec une troupe d'Officiers Se de
Soldats. On l'interroge , il perfifte pu-
bliquement dans fon erreur. Le Concile
rend une fentenee contre lui , l'excom-
munie, & le dépofe, Eutiche porte fes
plaintes à Thcodofe , qui féduit par fes
Difcours , lui accorde un Concile œcu-
ménique, & le convoque à Epliefe, Eu-
tiche met Diofcore dans fes intérêts, 8ï
Épropofe à Theodofc pour préflder au
oncile. L'Empereur y confçnt 1 faint
eon apprend le danger que coun. YÏ.^Kji
Y 1 Y»
ÏJIO lOUINtL DIS SÇAVANS.
par cette brigue. Il écrit au Conciled'E-
phefc; mais Diofcore qui y préfldoit, fup-
ptime fes Lettres, Si ne fait lire que cel-
les de l'Empereur, qui étoient favorables
.1 Eutiche. L'éclat de cette protection
augmente le parti de 1 Hereûarque. Eu-
febea beau s'emporter, onne l'écoute plus,
S. Léon averti du nouveau danger pref-
fant où étoit l'Eglife , fait partir des Lé-
gats; on les reeufe. 11 écrit de nouvelles
Lettres ; on empêche qu'elles ne foienï
lues. La brigue devient il puûTante, que
Diofcore qui en étoit le Chef, contraint
tous les Evêqucsde donner leurs lignan-
tes en blanc ; & par cetie voyc Entiche
cil abfous , & faint l-'Iavien condamné.
Ce Saint fut même accablé d'outrages &
de coups au milieu de l'aifemblée , Si de
là il fut mené en exil, où il mourut peu
de temps après , par l'inhumanité de ici
Gardes. S, Léon affligé de ce qui s'é-
toit palTé dans le faux Concile d'Ephefe,
n'en fut pas pour cela abbatu. II écrit
à l'Eglife de Confia mi no pie , Se deman-
de à Theodofe un Concile général en
Italie. L'Empereur le refufe i mais fon
fuccefleur nommé Marcien , l'accorde,
l'indique a Nicée, & promet de j'y trou-
ver. Ce Concile eft depuis transfère a
Chalcédoine. Les Légats de faine Léon
en obtiennent la çiélidence. Alors les
affaires de VEsUfeûati^iA èdtlMJt.T*»*.
rare eft ciTc in Concile coacsae mê;
on reconnoi: (es brig xs ît ia naiBacta;
ou le condamne ; on le dépote , & x
condamnation eft acoompagaée de celé
d'Eutiche : c*eâ au courage k â la ân>
meté de lâini Lrca qoc cet mani» Am
gemect eft dû. On nonrc ici toot ic dé-
tail de cène importante afiire.
Un des plus beaux endroits de la ne de
ce faint Pape, eft le pornos «ae foo élo-
quence lui dormi fin Ainla. Ce Pince»
donc le nom feu! répande* la terreur pat-
tout , s'êtoit déjà rendu maître de Pane
Si de Milan , Se y aroit bine la défota-
ticm & la mîiere. L'Italie entière etoit
menacée du même fort- On ne royort
pas comment faaver Rome. Cette grande
Ville etoit peu en état de fe défendre coft-
tre une multitude innombrable de Barba-
res. Il ne conrenoit pas auiû a l'Empe-
reur d'abandonner lâchement les Etais,
& de chercbei ailleurs un axilc. Dans
cette fimarion, on propofe de députer à
Attila , pour lâcher d'obtenir de lui la
paix à des conditions fupportables. S.
Léon feul eft jugé capable de taire réiiffir
une dépuration li hazaideufe : Il eft prié
par l'Empereur Se le Sénat , de l'accepter.
Son zèle pour le falut de la pauie l'y laie
confeniir. On lui donne pour adjr'-"
Ayienus & Trigetius, dont l'un axoû ™
ConM', & l'autre. Préfet d.e'B.omt. "î\^-
■ Y 4 **
qu'il avoït fait fi glorieufement pendant
fa vie, qui étoit de garder la porredel'É-
glife, & de veiller, comme un bon Par-
ieur, fur le troupeau de Jefus-Chrift. On
ne marque point dans les MemoiresdeM.
de Tillemont les Ouvragesque faint Léon
nous a laiflez; on avertit feulement, qu'on
s'eft repofé de ce foin fur ceus qui en ont
donné ïe Recueil.
Joannis Frankii , Mcfclenburgen-
fis, Tenebraï !ucjd«,fivc Diacritica fa-
cra , in qtta omnes Kbrœorum difhnc-
trones tribus regulis fundamentalibus &
eorundem interpuncliom's duabus tabu-
lis accuratis plane , perfpicuè, & brevi-
ter proponuntur , ut quae hactenusobf-
cura & dilAdllima judicaia funt , nunc
facillimè & paucis horis addifeî pofrmt,
cum Elucidario.in quo omnia piolixiiis
explicantur , & exemplis illuflrantur,
reguli datœ coufirmantur «aliorom pla-
rita modeilè examinantur, ufus doclri-
U3E hujus monilratur, multadicla Scrip-
turx ex folido artis fundamento expo-
nuntur, mu!ta ab aliis prœtermitTa ad-
duntur , varia nota: criticœ admifee»-
tur , & pleraque, fi non omnia , qu;e
hic neceffaria & utilia, explicantur- Ac
ceffit Joannis Geobgii Anes
t 1 1 , S. Théo]. D. & S. L. in Ac»- |
demi» Lipiïenll Prof. Fflbl. ord.Difler-
tnio
n7.,«it>!'b,'\-Y,lP;
cbci
1«
ion »u oo'on °"' ■
i 17 1 1. fis
crimre; en un mot , qu'on ne petit fam
témérité y faite le moindre changement.
Il {croit trop long de rapporter ici Ici rai-
ions qu'allègue chaque parti en faveur de
l'opinion qu'il foutient. Mais quelle que
foit la force des atguraens mis en œuvre
de part & d'autre. M. Frank n'a pu re-
(iller à ceu* des derniers , ou des Hébraï-
zans rigides , ôt il a crû devoir embrafler
fam referve leur fenriment i fur-Iout pat
rapport à ce qui regarde les Accens. II
avoue cependant dès l'entrée de fa Préfa-
ce, qu'un certain penchant naturel a eu
bonne part à cette petfualion : A ptiné
(dit-il) commttifoii-jt à m'init'tcr dam la
Grammaire Hibra'tqnt , que je conçus uni
inctinatUn particulier! ftur Itt Accensdi cette
Longue ; ce qui m'a dittrmini dans la fuht
À tenfacrer à (elle firtt d'étude tous tes mt~
ment dont j'ai fù difpofer , &■ à recueillir
fur cette matière tant te qui fmvoit l'iilair-
ùr. M. Frank n'a fait en cela que fiiivrc
les traces de BM, de Schnigaff , àcWaf-
vmtb , de We'unar , de Rcfatck , de Ltdf
bmhr , de Cmtf, &c. Son tiavail n'a point
été infructueux, comme l'on voit, puif-
qu'il a produit le gros volume dont nous
rendons compte. L"Auteur étoit fur le
point de le publier, lorlqu'il lui arriva un
fâchiux contretemps. M. le Clerc donna
fon Commtmaire fur la Cenefe , accompa-
gné de pluiicuis Differtatiocs
y 6
i
JIÔ" JatIRNAl DES SçAVANS,
Art C'iiîqui , Ouvrages dans lelquels il Ce
déclaroit contre les partions des Accens
Hébreux, & marquoit faire peu de as de
ces fortes de diflinfiions grammaticales,
qu'il regardent comme purement arbitrai-
res , & de nulle autorité. Cet incident
dérangea un peu les mefures de nôtre Au-
teur. Il ftlloit avant toutechofe, répon-
dre aux objections du Théologien de Hol-
lande, & détruire les fondeinens lur lef-
tjuels il appnyoit fon mépris pour ks Ac-
cens dont il s'agit. L'amour de la vérité
fembloit exiger de M. Frank cette réfuta-
tion ; mais d'ailleurs il étoit en quelque
façon de Ton intérêt que M. li CJmn'tùt
pas railbn fur cet article; autrement (con-
tinué t-il) j'aurais perdu ma ptine & mm
huile, mai qui avoii cenfumé tant .l'htttrts,
eu peur partir fini jujtt , tant d'année! dam
in umtmpUtm At tes mtrii'dktix Accent.
Il a donc deftiné la meilleure partie de fa
l'réfacc à combattre les lentimens de M.
le Clerc, qu'il expofe d'abord, en tranferi-
vanr les partages qui les contiennent , &
contre lefqucls il argumente enfuite dans
les formes. On s'apperçoit fans peine .
par la manière dont il s'y prend, qu'il e/r.
grand Dialecticien , & que le fyllogiime clt
fort de fon goût; en effet, il n'y a pref-
que aucune page dans cette Prérace, où
l'on ne rencontre en fon chemin le terme
i'Argumntater, Si connu & fi ufité dans
les
Mai 1711. ,,7
rs députes ScholatHques. Ceft-4-éfee»
jue M. Frank réduit à la forme fyUugilli-
luelïS raifonnementiie M. le Cfcre.aprèï
quoi il lui nie, félon qu'il le iuge a pro-
pos, fes majeures, fes mineures, ou fes
conséquences. H 1'atiaque enfuite a fon
tour, en fe fervant des mêmes armesqu'il
vient de lui prêter; & tâche de le forcer ■
dans fes retranchemens i de fore qu'a ju-
ger du fuccès de cette efpece de combat,
par ce qu'en offre à nos yeux celte Pré-
face, il fcmble que M. le Clac ait le dc-
iavactage prelquc par-tout.
M. Frank s'aitacbe à montrer qu'une
connoifTance exacte des Accens Hébreux,
confiderei par rapport à la ponctuation,
eft abfolument neceflaire pour développer
le vrai iens d'une infinité de palTages de la
Bible, lefquels fans ce fecours peuventre-
cevoir différences interprétations, ou de-
viennent obfcurs & inexplicables. Il s'ef-
force de mettre cette propofition dans
tout fon jour par divers exemples lirez de
la Genefe, d'où il paroît (félon lui) que
M. U Clerc ne s'efl égaré dans plusieurs
endroits de la Verlion Laiine qu'il nous
a donnée de ce Livre Sacré , que pour
n'avoir eu mil égard aux Accens. L'Au-
teur tire de rotitcela uneconiecjuence qu'il
croit une preuve invincible pour démonr
trer que ces Accens font divins dans leur
origine, ou, ce qui revient au r-?--
«V'iU
JlS JODfcNAL DES SÇAYANl.
qu'ils ont été appliquez au Texte de l'E-
criture par Moife & les Prophètes, divi-
nement infpirex. Voici le raifonnement
de M. Frank. La parole de Dieu conte-
nue dans la Sainte Ecriture, cil véritable
eufauife. Si elle eft véritable, comme
il n'eft pas permis d'en douter, elle doit
avoir un certain fens déterminé ; car la
■vérité eft une & Ample. Mais û l'Ecri-
ture a un fens déterminé, Dieu a voulu
fans doute le manifefter aux hommes; au-
trement l'Ecriture deviendront une fource
d'erreurs. Il s'enfuit de là , que Dieu a
dû cous fournir des moyens firrs pour dé-
mêler le véritable fens de fa parole. Or
c'eftàquoi nousconduilent infailliblement
Jes points voyelles , &fm-tout les Accens,
faute defquels le fens d'un grand nombre
de partages demeureratoûjours équivoque;
ainfi qu'il eft aifé de s'en convaincre par
les fréquentes méprifes de ceux qui ont
négligé d'y avoir recours, & entre autres,
de M. liClttc. Donc, Bec.
Pour venir maintenant au corps de
l'Ouvrage, nous diron* qu'il eft compofé
èe trois parties , précédées d'une Thhtri*
f réliminaire , où l'Auteur rend raîfon de
fa méthode, & en fait voir l'utilité. Il
traite dans la première partie , de la fin
que fe font propofée les Auteurs de la
ponctuation Hébraïque , Se qui n'eft au-
tre que la clarté dans le Difcours. La
fe-
féconde partie route fur l'objet de celte
ponctuation , qui n'eft pas différent du
Difcours même, confidete commedevant
être partagé en plufieurs périodes, ouver-
fets , lcfquels doivent être encore diftin-
guex en plufieurs membres, pour devenir
plus intelligibles. L'Auteur établit ici
cette diilinétion fur trois règles principa-
les; I- Que lorfque plufieurs mots font
joints par le moyen des Accens deftinei à
cet ufage, ces mots ont toujours quelque
liaifon de Syntaie , foit entre cui , fois
avec un troiliéme mot commun: *. Qu'on
doit diilinguer dans chaque période autant
de membres qu'il s'y trouve de propoG-
tions différentes; 3. Qu'entre différentes
fortes de diftinélions que peut admettre
une même période, on doit toujours pré-
férer celles qu'autorife ou 1a fuite du rai-
fonnement , ou le pathétique du Difcours,
Ces règles font édaircies par grand nom-
bre d'exemples, & fouffrent plufieurs ex-
ceptions , dont on donne un dénombre-
ment exact. Enfin l'Auteur dans la ttoi-
liéme partie, nous parle des Accens , de
leurs efpcces, de leurs ufages, & des pla-
ces qu'ils doivent occuper dans le Texte
de l'Ecriture , tant pour la Ptofe que pour
la Poèfie; la ponctuation étant différente
pour ces deux genres d'écrire. La mé-
thode que fuit M. Frank dans tout le
cours de ce Traité , conlifte à ri
J10 JOUSNIL DÈS SçAVAN*.
tous les préceptes de la pomfluaiion
braïque en cinquante Ptfitims ou ihifn,
exprimées en peu de mots, & dont cha-
cune cil fume d'un long EcUiTcijJimtm ,
plus ou moins étendu , & tîivile en pla-
ceurs articles ou paragraphes. Ces articles
font au nombre de 381.
Tout cela eft terminé par deux Appea-
dkts, dont la première indique ifo ver-
fers de l'Ecriture, qui fourniiïent tous les
exemples de l'une & de l'autre ponftua-
tion : la féconde nous fait fentir combien
les règles de cetre ponctuation font enco-
re défeétueufes , & la necolîité qu'il y a
de les reformer. L'Auteur pour plus
grande facilité a réduit tout fon Syftême
en trois grandes Tables, inférées dans ce
volume , & par le moyen delquelles i!
allure qu'on peut s'inllruire de tout ce
qui concerne les Accens Hébreux, dans
l'efpace de quelques heures. Mais com-
me l'intelligence de ces Tables fuppofe
une lecture entière du Traité , fans quoi
il eft prefque irnpoilible de les déchiffrer;
on ne doit pas prendre au pied de lai lettre
les promefles de M. Frank.
Nous ne devons pasoublierd'avertirque
l'on trouve à la tête de ce Livre une pe-
tite DilTertation de M. Aliihi touchant
le véritable ufage des Accens Hébreux,
dans laquelle il ne .émblc pas toujours
d'jccoid avec M. Frank; prétendant
ces Accens fervent non- feulement à la
ponctuation , maïs encore à marquer une
certaine modulation ou harmonie que les
Juifs obfervent dans la leéture des Livres
Sacrez.
Nous n'avons garde de nous étendre
pins au long fur toutes ces chofes : un dé-
tail plus particulier ne feroit qu'ennuyer
ceux qu'imereiTent peu ces fortes de ma-
tières; &: quelque circonflaneié que fût
nôtre Eïtrait , il ne fatisferoit encore
«5 u' imparfaitement les amateurs de ces mi-
nuties, qui pourront, s'il leur plait , eon-
fultcr l'original même.
Lu Avtutts peur O* contre le Defltur Surfit-
i-errti , *vtt plujituts Pîects imperUnttt
concernant li Précis lie ce Dut leur : Tra-
duit de l'AngLii. A Amfterdam, chet
Pierre Humbert , dans le Kalverftiaat.
171t. in 8. pagg. 184.
T Es Nouvelles publiques ont affez par-
■*"' lé du Doreur Sache verell. On a été
furpris que ce Docîeur ait ofé attaquer au
milieu de Londres, l'état prefent duGou-
vernement d'Angleterre; & peut-être l'a-t-
on été encore davantage tie ce qu'ayant été
livré pour cela à une aceufation dans les
formes, il a fçu en triompher par fon cré-
dir. Une affaire qui a prefque tiviwé.
àan$ cet Eut îlEffiTc AngJkïM. «<w«.
:
51Z JourtKiL DBS S
l'Eglife Protelhntc, & c
efprits , fuivant le goût c
l'un ou pour l'autre de «
paru aflez importante po
détail. Ce n'eft pas nà
relation hiltorique de ce <
l 'acculât;
; pro
ment un Recueil des
été faites, & des moyen
léguez , pour foutenir c
ou pour la combattre.
A la tête de ce Reçue
bord en quatre articles fe
C!p2Uï faits qu'oti imputi
cheverell. Le premier cl
que les moyens qui avoie
niere Révolution d'Angle
voient mis Guillaume 111
croient odieux. Le fecoi
tenu que la tolérance di
dcraifonnable , 8c qu'on
juftifier l'écabliiTeraent n:
Royaume. Le troiiîéme
que l'Eglife Anglicane ét<
grand péril fous l'admimft
ne. Et le quatrième ,
qu'entre les perfonnes les
par leur naitTancc & p»i
il y avoit de faux frères,
& dérruifoient peu-à-pei
du Gouvernement.
Cet faits , tyicYc/a u
É
Mai
ms feditieufes , ont donné lieu à
Chambre des Communes d'intenter
aceufation dans les formes contre le Doc-
teur Sacheverell. On a demandé qu'il
fût permis de prouver les chefs d'accuii-
tion i & que l'accufé fût obligé de répon-
dre fur chaque chef. Le Dodteur y a ré-
Sondu, & fa réponfe fe trouve mot-à-mot
ans cet Ouvrage. Nous allons rapporter
ce qu'elle contient d'cflentiel.
11 nie d'abord que dans fes Sermons il
air afluré ou infirmé que les moyens qu'où
a mis en ufage pour procurer la Révolu-
tion d'Angleterre , étoient odieux , &
qu'on ne feauroit les juilificr. Il fouti«!ï
d'avoir toujours parle avec re(pe<5t.dcGuil-
lautne III. & avec éloge, du changement
que ce Prince a apporté en Angleterre.
Il e(l vrai qu'il a cenfuré ces Politiques
modernes, qui prétendent que les Sujets
ont en eux-mêmes le pouvoir d'abroger,
quand il leur plaît, la fidélité due auSou-
vetain, de le déihrôner, & de lui ôter
la vie par une Sentence , comme à un
Criminel d'Etat. Mais il croir qu'en cela
il eit appuyé de l'autorité de l'Eglife An-
glicane, qui en divers pillages de Tes Ho-
mélies, enleignc cette doclrine. Mes Fu-
rtt , ce fonr les paroles d'un Sermon fur
!"obéïfl»nce, contenu dans le premier Li-
vre des Homélies, qui fut public fous le
règne d'Edouard VI. nous dt
514 Journal des Sçavans.
ftrver avec foin , qu'il n'tjl pas permis aux
inférieurs e? aux fujtts , de rcjif/ir, eu dt
ïoffefir ex aucun cas aux Pstij/ancts fupc
titans .* Car S. Paul mus dit txpreffénwit
ta lermts fort clairs, que celui qui rtfiflt aux
Puiffances, rtfifte à Vètablïffemtnt dt Ditu,
V qui £<»>: qui y refirent t'attireront U
tendamnaiien. Ce n'eft donc pas, conclu!
ce Doâeur, une doctrine nouvelle, puif-
qu'ellc a été adoptée par 3e 39 article de
la Confeflion de Foi de l'Eglife Anglica-
ne , 0(1 il eft ordonné aux Miniftra,
de lire diftinftement dans leurs Eglîf«
ce premier Livre des Homélies. 11 ajou-
te , que c'eft l'opinion générale d«
plus habiles Théologiens de l'Eglii* Angli-
cane; Si que depuis plus de viner/ms qu'il
eft Membre de l'Univerlïté , il^rvû fou-
tenir ce dogme avec l'approbation publi-
que dans des Afles imprimez. Il déclare
donc , qu'en la foutenanc , comme les
autres , il n'a pas eu intention de blâmer
parla la dernière Révolution d'Angleterre,
ni les moyens qu'on a employez pour y
parvenir; mais d'aflurer, au contraire, 1«
bonheur de l'érat prefent de ce Royaume,
par une foumiflion abfolue aux ordres de
la Reine.
Sur le_ fécond chef d'aceufation , qui
cil de s'être déclaré contre la tolérance,
l'Accufé répond , qu'il n'a point entendu
blâmer les Afles qui exemptent de certaines
amen-
M
amendes l« p" : '7ir.
■«contre, Ji," "."«, MScS '"' «
»Ppu,„ „™'' * bonne, C', * °"»*..
■omme il „;/ CIeil>ption< J! Pr°tef-
ûmoi î,k.,l«oSîd'.*
^^Ê ji6 Journal disSçatans.
^H pie tolérance en font un établitlcmcmfi
^B Le troifiéme chef d'aceufation impe
^B au Dofteur Sacheverell . cft d'avoir i
^B finué dans fes Sermons, que l'Etat éic
Hf en péril fous l'adminiitration preteme i
H 1» Reine. Ce Doâeur nie le ftir abfol1
H ment, & défie fes ennemis de l'en coi
■ vaincre. Il s'efl déchaîné à la vérité coi
■ ire les vices de la Nation , 8c îui-toi
■ contre lesprincipesd'impieté&d'Aiheitm
I qui régnent plus que jamais en Angine
I re ; & fur ce fondement , il a dit qo
F tant de defordres pouvoient faire craindt
pour l'Etat. Cette crainte ne vient pi
de la maimifeadminiftration des aEiire
mais de la corruption des mœurs,
les jours, ajoute-t-il , on renouvelle àl
prières folemnelles , par lefquelles on df
mande a Dieu qu'il lui plaifc de ftârti
farte qu'aucun/ fidiltM ne trouille l'Ei^
. qu'aucun fthi'me ne dichke ctllt Eglife,
qu'il mus fajfc U grtee de réfléchir fmt
ment fur le grand danger où nom fo iwJ
par nos malhêureuf,! divifims. Cdl I
ce fens que le danger de l'Etat a «J
prefenté ; & l'infinuation qui a iiim
de ce danger dans les Sermons dont J
git, n'elt pas plus feditirufe que ceB
cft itnfermée dans les prières publiquj
l'on répète fouvent devant lesComl
A l'cgarà" du (\v&u\èmt, (tasl i
tion , qui eft d'avoir infirmé verbalement
& par écrit , que l'adminillration de U
Reine , fait pour les affaires Ecdeiîafti-
ques, l'oit pour les affaires Civiles <■ tend
à la ruine du Gouvernement , l'Accufé
répond , qui! n'a point parié du touteon-
tre l'adminillration de la Reine , ni con-
tre celle de fes Miniftres; qu'il a proteflé,
au contraire, en pluiieurs endroits de Tes
Sermons 8s de fes Ecrits , qu'il n'avoit
d'autre but que de maintenir les droits
de Sa Majefté, & ceux du Gouvernement.
Et que lorfqu'il a dît , qu'il y avoir de
faux frères , qui minorent l'Etat infenfï-
blement , il a entendu parler de ceux qai
font profeûlon de l'Eglife Anglicane, fans
avoir affez de lele pour en défendre les
droits. Il finit fa réponfe fur cet article en
repréfentant que le fort des Miniftres de
l'Evangile feroit bien trille , fi lorfqu'ils
citent la parole de Dieu dans leurs exhor-
tations, ou dans leurs cenfures, ils étoient
eipofei à répondre des applications per-
ibrmelles que fait fouvent de ces paûages
la malignité des Auditeurs.
Les Accufattars du Doéleur Sacheve-
rel! n'ont pas été fatisfaits de fes réponfes.
Elles ont donné lieu à quatre difteren s Dif-
cours, qui font rapportez dansce Recueil;
l'un ,de l'Evëque de fiai isbury (l'autre , de l'E-
fique d'Oxford ; lt troinéme de l'Eve- .
qoe de Lincoln; & le quKriétw it\'t-
I d» LiW ; '' g to U 6» ''.'Km»*»"
Ff»r
. '.■ Ma i" 1711. $31
r été drcffé par Jofué , peu de temps
i le pafiàge do Jourdain. On lit dam
1 Chroniques, que ce Général de l'Ar-
î dlflacl ayant envoyé des Géomètres
tout le païs , pour en faire le partage
3)#k», fit bâtir fur le mont Garizim
fîànple & une Citadelle. Le Tem-
fct deffervi par des Piètres de la race
tron; & Mm, l*un des Chefs de cette
fon, fut l'un des principaux Sacrifie*-
1; k dcpuis.ee temps-la jufqu'auiour-
i, iii ont ode fuite die Grands-Piètres,
Is prétendentavoir fait leurs fondions
xtte fameufe montagne ; finsinter*
ion. Mais , continue l'Auteur , ceux
ont examiné les Chroniques dès. Sa-
itains, pour lefquelles on avôit fait fi
;-tems des vœux , dans la croyance
lies nous inftruiroient de plufieurspar-
laritez touchant THiftoire de. ces peu-
, avouent qu'elles font fort au deflbus
:c qu'on s'en étoit promis. On affure
l'Auteur de la principale de ces Chro-
îes a vécu depuis Conftantin.
•ans la Diflertation fur le comrnande-
it que Jofué fit au Soleil , le Père
net rejette ks fentimens des Auteurs
exténuent , ou qui nient le miracle.
Rabbin Maimonide le nie abfolument,
>tius eft à peu près de même avis.
îofa réduit le prodige prcfque à rien ,
lifant que Jofué & toute foû. fexœta.
'■'•''■
.
J3î JOUKUAL DBS Sçi
s'imaginèrent fauflcmenr que le Soleil
rétoit , parce qu'ils ne fçavoient pas que
la grêle , dont l'air étoit alors chargé, pou ■
voit faire une graude refraftion des rayons
du Soleil. La I'eyrere prétend que le So-
leil fc coucha à l'ordinaire, mais qu'après
qu'il fut fous l'horizon, les Ifraèlites cru-
rent qu'il les éclairait encore , parce
qu'ilsapperçurentdans l'air une lueur qui
dura allez long-temps. M. le Clerc a rdS
& adopté toutes ces opinions; il a mêmt
cherché de nouvelles raifons pour perfua-
der que le Soleil ne s'arrêta pas. Le
P. Calmet réfute ces raifons , & aprèi
avoir fait voir la vérité du miracle , j] es
examine toutes les drconilances, tant pat
rapport à l'Hiltoire, que par rapport aui
deux Syftêmes du Monde qui partagent les
Sçavans. Le Syiléme qui met la terre
immobile au centre du Monde, a, félon
lui, cet avantage , qu'il cil le plus con-
forme aux paroles de l'Ecriture, & qu'il
paroit le plus firaple, le plus aifé. & le
plus proportionné a la portée du Peuple.
Les Ecrivains Sacrez le fupofent , & le
Peuple Juif y étoit tout accoutumé.
Ceft fuivant ce Syfléme que Jolué a
parlé , & que les Hébreux ont concil
que le Soleil t& la Lune s'étoient arrê-
tez, „ Ce fentiment pris dans fa iïm-
j, plicité & dans fa première idée , n'en-
ferme aucun cmbims -, te Soleil &
•• 'a Lune fi. r '"'.
*<" m nlt'i" •"« i-Jù 7"'" -
««»« àT A"'™' PrS""™' te
'j34 Journal des Sçatans.
bre d'exemples ; mais il y en a de pli
recens. En 1492, le 7 Novembre , il
tomba avec de la grêle une grofie pierre,
Sue nous avons vu, dit le Père Calmer,
ans l'Eglife Paroifïiale d'Enfishem en Al-
face; elle eft comme un gros caillou noi-
râtre, «lui auroit été au feu , ik dont li
circonférence auroit éclaté par diven mor-
ceaux ; ou dit qu'elle pefe environ 300
livres. En icio il tomba dans la «m-
pagne voiiine d'Abdua jufqu'à nco pier-
res d'une couleur de fer, d'une odeur de
ioulfre , Si d'une dureté extraordinaire.
On en pefa unede uo livres, &." une de
60. Elles tombèrent d'un tourbillon en-
flammé , qui avoit paru en l'air deux hea-
les auparavant. Gafleiidi raconte que le
29 Novembre de l'an 1637, vers les dix
heures du matin, deux perionne-s qui é-
toient à la campagne, virent au deflusde
la montagne de Varfon , une pierre en-
flammée en l'air. Us ouïrent d'abord
comme quelques coups de canon , mais
fur-tout deux coups , dont le dernier fut
le plus grand. Il parut enfuite autour de
la pierre > comme un cercle de diverlês
couleurs , & d'environ quatre pieds de
diamettre. Elle paffa à cent pasdesdeux
hommes, élevée de terre d'environ c:r.l
toifes. Elle tomba à trois cens pas du
lieu où ils étoierrt , U tWtfe un» GoR
"e trois pieds de çtofoMcw ,V4-
plui I"
.
M K I 17«. ,3,
iquelle on la ttouvi. Elle étoit de 1»
rôdeur de la tÉte d'an veau, 8c prelque
e la forme de celle d'un homme. Llle
efoit S4 livres; on la conferve encore à
Uï en Provence. A la naiflance de la
ouvelle Ifle de Santorin , qui fortil du
jnd de la mer en 1707, on entendit pen-
am plufieurs jours comme de grands
oups de canon , 6c on vit s'élever en
air plufieurs pierres enflammées, qui re*
umberent dans la mer. „ Onremarquoit
en même temps une fumée noire &
, aifreufe, toute mêlée de cendres, Stfî
épailfe, qu'elle avoit peine àfe diiîiper
en l'air ; laquelle venant à fc refoudre
peu-à-peu en pouflicre fine (S: fubtile,
alloit enfin tomber comme une pluye
fur le pais voiiïn , & cela avec tant
d'abondance, que la terre en étoit fou-
vent toute couverte. Quelquefois c'é-
toit des pierres de médiocre grofleur,
tout enflammées, mais pouflces fi a-
bon dam ment , que plus d'une fois la
petite Ifle en a été toure couverte."
Dans h Diiîériation fiir le pais ou fe
îverent les Cananéens, le Père Calmet
abJitprincipilcmentqu'ils fe retirèrent en
frique, & dans les lfles de la Mediterra-
:e. Les habitans de Tingis publièrent
tx-mêmes leur origine dans une inferip-
dont parle Procope , où on lifoit ;
femmes des ptui/lu qui suons cm \x
Z 4 i««
JOURNAL DES SçA
M fuite diiant li vileur Jrfus fils de fïfW,
" Sallufte , conformément à une ancienne
lion des Africains , place dans ce
païs-Ià, des Arméniens, des Medcs, Si des
Perfes) mais, félon Hornius , la reiTem-
blance des noms l'a trompé i & la tradi-
tion portoit fans doute que c'etoient des
Amorrhéens, des Madianiics , StdcsPhc-
refiens, qui ctoient venus fonder des Co-
lonies en Afrique. Ce même Auteur croit
que les Goraeres, qu'on counoit encore
aujourd'hui dans la Mauritanie , tirent
leur nom des Amorrhéens , suffi-bien
qu'une des Mes Canaries , qui s'appelle
Gomera. D'ailleurs les noms des plus
anciennes villes d'Afrique font Phéniciens.
Ardanis, Hipponc, Leplis, Utique.Tin-
gis, & pluiieurs autres , font fans contre-
dit des Colonies Phéniciennes. Du temps
de f.iint Auguflin, les Afriquainsfçavoient
encore qu'ils étoîent détendus des Cana-
néens -, Se quand on leur demandoit leur
origine, Us répondoient , Cunani. Enfin
l'ancienne Langue Punique étoit la même
que la Cananéenne. Maïs, dit le P. Cal-
met, on ne doit pas s'imaginer que les Ca-
nanéens n'ayent point choîfi d'autres re-
traites que l'Afrique. Quoique cettepar-
tie du Monde ne fut que trop vatte pour
les recevoir tous, on prétend qu'il y en .
eut en beaucoup d'autres endroits. On I
rcuc, pu exemple ,que \w Çiç^idociens 1
&1eî Géorgiens l'oient detcc^u, d« <
toriens , & des Gergelecm, \\ y a vOmt*
quelques Auteurs qui ont aft que ks an-
ciens Géants de Suéde & de Norvège é-
toîent des enfans des Géants de U Terre
de Canaan. Les lues de Sicile , de Sar-
daîgne, deMalthe, de Chypre, de Cor-
fou, de Majorque 7 deMinorque, celle
de Gadés, ou Cadii, & plufieurs autres,
furent habitées par des Phéniciens. Sous
le nom de Phéniciens, Hornius fait paflër
les Cananéens même en Amérique.
Les remarques du Père Calmet fur fa
Carre Géographique de la Terre Promifc
méritent d'êire lues. 11 obferve d'abord
les fautes que les Géographes ont faites
jufqu'a prefent , foit en travaillant d'après
les anciens Mémoires, foit en fe confor-
mant aux relations qui ont paru depuis le
temps des Cioifades. „ Lorique nos
„ Croifei , dit il , fe rendirent les maîtres
„ de la Terre Sainte . ils prétendirent
„ trouver dans ce Païs généralement tout
„ ce qui y étoit du temps de Jofué & de
Jf Jofeph. Sur une légère reiïemblancede
„ noms , & fur la moindre convenancede
„ fituation ; en un mot , fur les plus foi-
„ blés conjectures , on avança, on crut,
„ & on fit croire au* autres, que tel lieu,
„ par exemple, étoit lîethinie; tel autre,
„ le Chêne de Mambré, ou la Caverne
„ de Loih , ou le Terebimht 4s Ykxiî. ,
Z s .«
540 Journal des Sçavan s.
vœu de Jcphté. Les Hébreux s'emparè-
rent des villes des Cananéens , & y de-
meurèrent. Les principales de ces villes
étoient fur des hauteurs ; les murs en é-
toient très-épais & très-élevez * fouvent il
y en a voit une double , & même une tri-
ple enceinte. Le mur principal étoit for-
tifié d'efpace en efpace par de hautes tours;
un foffé l'environnoit , & au delà de ce
foffé il y avoit un avant- mur , qui étoit
défendu par des terrafles & des redoutes.
Les rues n'étoient point pavées , mais on
avoit un très-grand foin de les conferver
bien nettes. On n'y voyoit ni fang , ni
cadavres d'animaux morts d'eux-mêmes,
ni excréments, ni aucune autre chofe ca-
pable de caufer de l'infeétion , & de fouil-
ler les Ifraëlites. Elles n'étoient pas em-
bellies par un grand nombre d'Edifices pu-
blics; on ne vit des Synagogues dans leurs
villes qu'après le retour de la Captivité.
Près de la Porte de la Ville , où fe ren-
doit d'ordinaire la Juftice , il y avoit une
place pour les affemblées du Peuple , &
pour les Marchez. Ces Places , comme
aujourd'hui les Bazars dans l'Orient , * é-
toient de grandes cours , environnées de
portiques om de galeries couvertes. Il y
avoit des Hôtelleries dans quelques en-
droits , mais elles étoient tenues par des
femmes dont la profeffion étoit fort dé-
criée. On peut Noir dans l'Auteur la def-
cription des Palais des Rois de Juda !c
d'Ifraèl. Les maifons particulières desHé-
breux étoient à peu près comme elles font
encore aujourd'hui dans les mêmes con-
trées, & dans les pais voîlînï, Le toit
en étoit en platte-forme, ce couvert d'u-
ne lerrafTe, compofée de teirc batrué , Se
dont le bord étoit garni d'un mur à hau-
teur d'appui. On s'y promenoir , on y
Hiangeoit , on y couchoit. Les fenêtres
n'étoient point fermées de vitres, mais de
rideaux, ou de jaloufies. Les portes fe
fermoient en dedans par le moyen d'une
barre de bois ou de métal , Hz avec des
verroux : ou attachoit ces barres à !a
porte par des liens de cuir , ou par des
chaînes de fer. Pour les délier on em-
ptoyoit une clef dont la forme n'efl pas
bien connue à prefenc.
Sur le vœu de Jephté , Dom Calmée
examine principalement deux chofes : la
première, fi Jephié facrifia véritablement
fa fille; la féconde, ce que l'on doit pen-
fer de fa conduite. Dom Catmet combat
toutes les raifons de ceux qui prétendent
que Jephié fe contenta de confacrer fa
fille au Seigneur par le célibat ; & fon
fentiment eft que Jephté égorgea réelle-
ment fa fille fur les montagnes deGalaad.
„ Il efl atTei étrange, félon lui, que ceux
„ qui trouvent tant d'impiété eVdecruau-
,, ce à immoler une fille par le fa ,t\'»î«s,
542 Journal des Sçavans.
„ pas de peine à fe refoudre à la faire of-
„ frit fans fon confentement au Seigneur,
n pour vivre dans une continence forcée,
„ 6c dont elle déploroit tous les ans la
„ dure neceffité avec fes compagnes."
A l'égard de la féconde queftion , après
avoir rapporté ce que les autres Interprè-
tes ont avancé , ou pour blâmer , ou pour
louer Jephté, il y répond en embraflant le
fentimcnt de faint Thomas. „ S. Tho-
„ mas, dit-il, qui d'ailleurs n'eft point
9, trop favorable à Jephté, dont il regar-
„ de l'action comme une folie dans fon
„ commencement , c'eft-à-dire , dans le
„ vœu , 6c comme une impieté dans fon
„ exécution ; S. Thomas avoue que la
„ foi & la dévotion qui le portèrent à
„ faire ce vœu , venoient de l'Efprit Saint,
„ ôc que c'eft ce qui Ta fait mettre par
„ l'Apôtre au rang des Juftes 5 mais que
„ ce qui gâta enfuite fon action , fut qu'il
„ le laifla aller à fon propre efprit : Il
„ voiia avec trop de précipitation, il s'ex-
„ prima inconfiderément , 6c enfin il eut
„ trop de ponctualité à rendre ce qu'il
„ avoit fi mal promis."
Nous nous difpenferons de parler du
Livre de Ruth , qui termine ce volu-
me ; nôtre Extrait n'a déjà que trop d'é-
tendue.
Dif-
KM a i 1711.
ion des Palais des Rois
d'Ifraëî. Les maîfons pwtieri
breux éioient à peu près corni
encore aujourd'hui dans les
trées , & dans les pais voifi;
en êioit en platte-forme, &
neterrafie, compofee de leri
dont le bord étoit garni d'un
teur d'appui. On s'y prome
mangeoit , on y couchoit.
n'étoient point fermées de vi
rideaux, ou de jaloufies. I
ter moient en dedans par le
barre de bois ou de meul ,
verroux : ou atrachoit ce:
porte par des liens de cuir ,
chaînes de fer. Pour les d<
ployoît une clef dont la foi
bien connue à prefent.
Sur le vœu de Jephté , 1
examine principalement deu:
première, fi Jephté fa cri fia '
fa fille; la féconde, ce que 1
fer de fa conduite. Dam G
toutes les raifons de ceui q:
çtLe Jephté fe contenta de
jffllc au Seigneur par le cel
-fe «minent eft que Jephté éj
**"* en x fa fille fur les montagr
■ » 71 eft alTez étrange , félon
r;44 Journal des Sçavans.
à combattre l'opinion des autres , qu'à
établir fondement la fienne. Cette diffé-
rence de fentimenç ouvre un champ bien
vaflc aux DifTertalions ; en voici une qui
a fait la matière d'une Thefe dans l'Uni-
verfité de Hall.
Les premières lignes nous prefentent la
définition du Fief. C'eft , dit-on , la con-
cefllon d'un héritage , à la charge de foi
& hommage, & des fervices miliuite< en-
vers le Seigneur de qui on le lient. Cet-
te définition eft fuivie d'une explication
méthodique de tous les mots qui la com-
jioiïnt ; &' après cela on enire dans II
quefiion principale de l'Ou-rage , qui dï
de fçavoir â qui on doit l'invention des
Fiefs.
On ne doute point que la guerre n'a
ait été la première caufe. Les Lmpcieurî
Romains diltribuoient aux vieilles trou-
pes , pour recompenfe de leurs fer vices,
une partie des terres qu'ils a voient con-
quîtes. Ils ne leur donnoient ces terres
qu'à condition de prendre les armes pour
la défenfe des frontières de l'Empire. Les
Citoyens de Rome fc faifoient aufli non-
rieur d'avoir fous leur protection certaines
gens, qu'ils appelloient leurs Clitm, & à
l'égard deiquets ils avoient le titre de P*-
tram. 11 n'y avoit point de grand Capi-
taine qui n'eût plufieors perfonnes dé-
vouées à fuil ÏWtKS , \Wxvs«a^\fa« à
M a i rfii. 54J
combattre pour fes intérêts. Ces distri-
butions de terres en faveur des Colonies
Romaines , fous la condition du fer vice
militaire , & de. certains autres devoirs,
peuvent être regardées comme le premier
plan de nos Fiefs ; mais ce n'en cil aptes
tour qu'une image fort imparfaite. On
ne trouve pas non plus dans les liaisons
qui étoient entre le Patron & fon Client,
une juile idée des devoirs du VafTal à l'é-
gard de fon Seigneur ■. car les Ciiens n'é-
toient obligez envers leurs Patrons qu'à
certaines démarches de civilité , fans nulle
obligation de les accompagner i la guér-
ie. Ainll l'Auteur de la Dïffertatton ob-
ferve que ces rapports éloignez & défec-
tueux ne décident rien pour la véritable
origine des droits & des devoirs féodaux»
tels qu'ils font en ufoge aujourd'hui. Il
refte toujours à examiner quels peuple»
ont établi les premiers l'état prefent de nos
Fiefs.
Plulieurs Auteurs ont attribué cet éta-
blilTement aui Lombards; mais on atta-
que ici cette opinion par une raifon fort
naturelle, qui eft que fuivant les meilleurs
Hiiloriens , & entre autres Grégoire de
Tours , les Fiefs étoient introduits parmi
les François avantque les Lombards paflâf-
fent en Italie : Car le règne des Lombards
n'a commencé qu'environ l'an 471. &«.-
pendant on lit dans Aimoui , V-vue •*..
Cens
femblabks concernons ; & ce
appdloit alors bttufict , ou bitnfâ
appelle Fief dans la fuite. On i
là que les Lombards n'ont pas et
miers inventeurs des Fieft , d'aï
que dans les Lois mêmes des L
il n'elt fair nulle mention de cet
de biens.
11 y a peu d'apparence suffi
I'Auteurde la Differration , d'ei
ter l'origine ans Allemands. 1
raifon qui a pu détermineren let
c'eft que les Fiefe ont été int
l'occalion de la guerre , & que
mands ont l'inclination guerrière
une raifon fi vague , fi équivoi
qui peut convenir à d'autres Peu
cifive de prefc
yont ci
M a I 1711. 54?
lïtc. Tous !« établiffemens humain»
eu des progrès lucceflîfis celui-là a eu,
r ainfi dite, Ton enfance, l'on adolef-
ce, & l'âge parlait. L'ancienneté des
Es ne peut mieux être prouvée que par
emoignage des anciens Auteurs. On
itit néanmoins ici qu'il les faut lire a-
quelque forte de précaution, de peur
îopter toutes leurs erreurs. Les meil-
rs guides que l'on indique fur cette mi-
e , font Dadin Hauteierre , Aimoin,
egoire de Tours , Mareulphc , Frede-
re, &c. Si pour établir que l'inftitu-
n des Fiefs eit aufli ancienne que la
>narchie, il fuffifoit de prouver que
s les Rois de la première Race divcrles
Tonnes ont prêté ferment de fidélité en
evant certaines Tettes, la preuve dece
: feroit bien facile. Mais ce ferment ,
1 de s'appliquer aux Fiefs en particulier,
rque en général la foiimiffion Se l'o-
flancc des Sujets envers leur Roi. Si
le mot de bentjiu on ne pouvoit en-
dre autre chofeque le Fief, il faudroit
ivenir suffi que de tout remps il auroit
des Fiefs en France , parce que dans
iftoire des premiers Rois il cft parlé de
taines libéralité?, faites par ces Princes à
:lques-uns de leurs Sujets. Mais toute
:ralité n'elt pas un Fief; il y avoit a-
;, comme aujourd'hui, des dons outs
fimples, fans condition , Se fans Ork-
54* JOUHNAL DES SçAVANS.
gc; & les Annales de ce temps-là en rap-
portent plufieurs de cette efpece. AuiTi
M. le Fevre a compofé un Livre exprès ,
pour montrer que le bénéfice & le Fief
n'étoient pas la même chofe. La plupart
néanmoins des Dodeurs François penfent
le contraire. Toutes les fois que M.
Bignon» dans fes Notes fur Marculphe»
trouve occafion de parler des bénéfices ac-
cordez en ce temps-là , il ajoute que ces
bénéfices ont depuis été appeliez Fiefs,
Beneficii nomim. C'efi ainfi qu'il s'en ex-
plique au Liv. r. Ch. 5. Ea prtâi* difta
funt , que profervith militari à Rege, vtl
Mb aliis conceâuntur , qui ftudum pojieritat
àmu Et dans le Ch. i. du même Titre»
il dit qu'on nommoit alors bénéfices » les
biens qui étoient donnez par le Roi » ou
!>ar les grands Seigneurs du Royaume » à
a charge de certains fer vices, Qua à Rtp
ut plurimum » poflea ttxam ab aliis c*nctd*
btntur ut certis Ugibus tr fervitiis obmoxië
cum vit* accipienth finirent™. Le fenti-
ment de M. Bignon fur ce point eft con-
forme à celui de Du Moulin, de Chopin»
& de tous ceux qui ont le plus aprofbndi
la Jurifprudence Françoife.
L'Auteur de la Differtation f fans s'é-
loigner de l'opinion de ces grands hommes»
prétend néanmoins qu'elle n'eft fondée
que fur des con\e&\wes * aufquelles on
pourroit oppofa tes çx^fem^àwa sa^-
M k i rjn. (49
lires, & peut-être plus naturelle! Sï plut
irtes. Car enfin, dit-il, les formules de
Jarculphe, bien loin d'avoir quelque rap-
ott aux Fiefs, renferment des circonllan-
:s qui n'y feauroient convertit. Les do-
ationi qui font la matière de quelques-
nes de ces formules , transfèrent l'entière
roprieté des chofes données , 6c ne con-
ennent aucune referve en faveur du do-
itcur. Or ce défaut de referves ne peut
accorder avec lecatactere efientiel fiepri-
litif des conceffions féodales. 11 fuit de
i , dit l'Auteur, que le mot de bénéfice,
ii bienfait Royal , qui le trouve dans des
irres anciens , n'étoit point préciféraenl
■t- qui a été connu depuis fous le nom de
'•lef.
Telles font les difficulté! que l'on alle-
tue contre le fentirnent qui confond les
riefs d'aujourd'hui avec les bénéfices d'au -
;refois. Mais en même temps on recon-
aoît que c'eft pourtant le fentirnent le
plus fuivi, & que s'il ne fatisfait pas plei-
nement à toutes les objections que l'on
peut faire , ce n'eft pas la faute des Au-
teurs qui l'ont embrallé , mais le malheur
du fujet, qui eft obfcur par lui-même, &
que les recherches les plus exactes n'ont
pû entièrement éclaircir. Au milieu de
tant d'obfcuntcz , tout le Syilême de la
Diflertation fe réduit à cet argument \\ta
Coat été très-certainement ta uKirçjt
5$o Journal dej Sçavans.
fous le règne de Pépin; on ne peut point
fixer avant ce teras-là l'époque précile de
leur origine. Cependant on les irouve é-
tablis alors de la même manière à peu
près qu'ils le font aujourd'hui. 1! faut
donc qu'ils ayent une origine bien anté-
rieure,& qu'ils ayent commencé avec la
Monarchie, ou du moins avec le règne
de Clovis.
L'Auteur fonde ce Syftême fur les mêmes
raifons qu'il a femblé combatrre d'abord;
mais il dit que ii chaque preuve en par-
ticulier n'eft pas convaincante , la con-
viction peut naître du concours de toutes
les preuves réunies. Il raiîemble pour cela
divers paffàges d'Aimoin , de Grégoire de
Tours, de Marculphe, &c. où il eft parlé
tantôt de bénéfices, tantôt de tommiffiont ,
de tommendes, de iîieraticez à lit, fous la
condition de l'obéïlTance & du fervice;
& à toutes ces remarques , qui laiflcnt
du moins une idée des Fiefs, il joint ce
raifonnement : que puifque du temps de
Pépin il y avoir déjà des Fiefs établis , il
faut placer plus loin l'époque de cet éta-
bliifement, & que les concédions quipa-
roiflent avoii été faites fous diiférens noms,
dès le temps de Clovis, doivent êtrecon-
fiderées comme des premiers commence-
roens de Fiefs, que lesiîecles fuivans ont |
per/ectionneT.. 11 foutientau relie que 1« ,
Fiefs ne doivent rien i Yx \va\K&« , & /,
» Mai 1711. jci
que tes droits féodaux font la condition
légitime d'une conceilion volontaire.
Au commencement les Fiefs étoientre*
voquables fuivant Ja. volonté du Prince,
ou du Seigneur. Enfuite il ne fut permis
de les révoquer qu'après un an. On les
laifla depuis au polTeileur durant fa vie.
On les fit palier après cela aux enfans.aux
petits- en fan s , & à tous ceux qui étoient
du même nom. Enfin ils font tombez in-
feniiblement dans le commerce, comme
tous les autres biens- Cependant il n'y
avoit anciennement que les Nobles qui
puiTent les polîeder; en forte que la pof-
feffion d'un Fitff étroit une preuve de No-
blelîe. Mais la neceffité où les Gentils-
hommes fc trouvèrent de vendre leurs
Fiefs pour les voyages de la Terre Sain-
te , fut une oeoalion aux Roturiers de
pouvoir pofleder ces mêmes biens. L'Au-
teur termine ce petit Traité par une cour-
te explication de ce que l'on appelle Al-
Uu. C'étoit autrefois une propriété hé-
réditaire , & en cela cette efpece de bien
étoit différenre de ce que l'on nommoit
bénéfice , ou Fief, qui ne fe donnoitquc
pour un temps. Mais prefentement le
mot À'Alteu, n'eft en ufage qu'en y ajou-
tant le moi de Franc, St alors il fignifieun
héritage indépendant , qui ne reconnoie
aucun Seigneur , & qui n'eft Cu^ex * wi-
cons devoirs, ni à aucuns dioiu.
$5* Journal des Sçavans.
Pauli Hermanni Cynofura Mate»
riae Medic«E,feu brevis ac fuccinôa Me-
thodus , notitiam fimplicium medica-
mentorum comparandi , defumpta ab
interna partium conftruétione , ubi fim-
plicia juxta partes fuas conftitutivas in
certas da(Tes diftribuuntur , poft deno-
minationem fuccincta defcriptio tradi-
tur» vires atque virtutes enarrantur, &
f modus dextre ufurpandi monftratur, in
lucem eraifla , à Joanne Sigis*
mundo Henningero , Med.
Dodtor. & Prof. Publ. ord. Argento-
rati , Typis (y fumptibus Johan. Frid.
Spoor , Vidua. 17 10. Ceft-à-dire r Mi-
' tnode brève & fuccincle y pour connoître la
nature des [impies par le caractère intérieur
de leurs parties , où l'on montre leurs ver-
tus & leurs ufages. Par Jean Sigifmofld
Hcnniger , Doâleur en Médecine. A
Strasbourg, de l'Imprimerie & aux fiais
de Jeanne Fred. Spoor, Veuve. 1710. ,
vol. in 4- P*gg- 35°- I
AN peut fe fervir de plufîeurs moyens
pour connoître la vertu des fimples.
Le -premier , dit nôtre Auteur 9 eu de j
confulter Tétymologie de leurs noms, fur ;
çuoi il cire les noms de confoude , de h
tuflîhge, d'hépatique, de pulmonaire: La i
confoude étant ainû ^çd\te^\^ qu'elle il
,r°Pr« à £1 00dc « fc.S
•ng, & n, "tenter je J? nies àéliÂ,
'nofe *» le ffi eft viV** »
2»"!,* * ^ e7lLUn^uaS ' e«e
s- Quant à T, r ,ies ' &unlrenfe^
'Jn & pjus cf ch'"4s auffi & aPerf.
tu
Î4 Journal des Sça
Us, V des autres mixlts , par Ici ftulis fa-
veurs , i Londres i68j. Le troifiéme
moyen eft d'examiner le caractère exté-
rieur de chique corps. Toutes les plan-
tes, par exemple, qui portent des bayes,
font diurétiques; toutes celles, qui font
à umUllts, renferment un fel volarilehui-
leux. Enfin le dernier moyen eft de con-
fulter la raifon , l'expérience , & l'analo-
gifine. Ce font là les voyes que l'Auteur
a prifes pour expofer dans cet Ouvrage
les différentes qualitez des fimples dont il
parle. Ces fimples font les végétaux , les
minéraux, & les animaux. Il ne dit rien
là-deflus qui ne fe trouve plus au long
dans plufieurs autres Livres; maisonpeut
regarder cet Ouvrage comme un Mémoire
«bregé , fort urile à ceux qui veulent fe
remettre dans l'efprit ce qu'ils ont déjà ap-
pris ailleurs fur ces fortes de matières.
Dijfertatttms du Rêver. Pin ErrENNE Cha-
millart de U Compagnie de Jefut , fur
plufieurs Médailles ejr Pierrei gravies di
fin Cabinet , v autres Monument d'Anti-
quité. A Paris, chez Pierre Cot, Im-
primeur-Libraire ordinaire de l'Acadé-
mie Royale des Iafcriptions & Médail-
les , rue du Foin , à la Minerve. 17 1 t.
in ♦■ PaSS- "°- Planchei 4-
CE
F £E Recueil contient dix-huit Dilata-
tions, éciïresen forme de Lettres, &
3ui ont déjà paru la plupart en divers temps
ans les Mémoires imprimez, à Trévoux.
L'approbation qu'elles ont reçue du Pu-
blic doit répondre d'un pareil accueil pour
cette nouvelle Edition qui les affemble.
Elles roulent toutes fur de précieux relies
de l'Antiquité ; & elles nous viennent
d'une main accoutumée depuis longtemps
à manier avec choix ces fortes de Monu-
mens.
On agite dans les deux premières Let-
tres une queftion fort débatue parmi les
Antiquaires , & fur laquelle ils fe font
trouvez partagez julqu'ici. On eft en pei-
ne de fçavoir iï l'on doit regarder ce que
nous appelions Médailles antiques comme
des Monnoyes courantes du temps où el-
les ont été fabriquées , on comme nos
Jettons & nos Médailles, que l'on ne frap-
pe que pour certaines occafions extraor-
dinaites. L'Auteur étale d'abord les preu-
ves alléguées pour & contre; lefquelles fc
rédnifent à feptpour lepremierfentimenr,
& a huit pour le fécond : après quoi il
fait de nouveau paffer en revûë ces mê-
mes preuves abbregées, & fuivics chacu-
ne de la réponie qu'on y peut faire. Les
pi ni fans du Pyrihonifmc niUon^nt \wfcr
verontiius doute icidequoïauXoiiSMXesn
A a a ys*
5S* JouRNât DES Sçavans.
penchant à douter de tout : au lieu que
ceux qui aiment à fe déterminer, ne ba-
lanceront guéres fur l'opinion qu'ils doi-
vent embraffer.
Le R. P. Chamillart, dans fa troifïëroc
Lettre, addreffée à Monfeigneur Je Duc
du Maine, fatisfait à deux queilions que
te Prince lui avoit piopofees ; l'une . Pour-
quoi l'on a donné le nom de giAum* i
certaines Médailles , qui de quelque Trie-
rai qu'elles foient, ne font pas plus gran-
des que nos mailles : l'autre, Quel rang
ces Quinaires doivent tenir dans les Cabi-
nets. L'Auteur répond, i. Qu'originai-
rement cher, les Romains le Quinaire
(gwinuriMj) étoit une monnoye d'argent
Talant cinq Ai, c'eil-à-dire la moitié du
Denier (Dmariu;) qui en valoit dix; d'ou
il s'enfuit que les pièces d'or & de brome
de même volume que le Quinaire d'argent,
n'en ont reçu le nom qu'improprement,
& par analogie, à caule qu'elles font juf-
tement pour la valeur 8c pour le poids la
Imoitiéd'une Médaille d'or , & d'une Mé-
daille de petit brome. Il répond en fe-
COL^lieu, Qu'une fuite de Quinaires eft
d- mt>ins auiîi neceflaire dans les Cabinets,
que Jes fuites de grand , de moyen, &
de petit bronï.e , parce que ce font de
part & d'autre différentes efpccesdc mon-
noye, qui nous fowx cowjMt combien
en tout métavV Û 'j MaaitAiftw.i.t.'ï*-
-
551
ces qui euffent cours dans le commerce-,
outre que les Quinaires fontordinaireraent
d'un coin plus fini que les autres Médail-
les, 8c fe distinguent par des revers par-
ticuliers. Ilconclud, que quelque rares
que foient les Quinaires , il n'ett pas im-
pofiîble d'en former une fuite , puifque
Monfeigneur le Duc du Maine en a déjà
uneprefque complette, & l'Abbé Strsuci
une autre en Italie, Ce font les feules
qui foient vécues à la connoiflanec du P.
Chamillart.
Il montre dans la Difiertntion fuivante,
l'avantage qui reviendroit aux Lettres, IL
l'on défendoit la fonte des Médailles anti-
ques; ptécauiîaji qui en les rendant d'un
prix raifonnable , donneroit moyen aux
Curieux d'en meubler leurs Médaillers à
moindres frais. H 'déplore la perte qu'on
a faite de plufieurs tiéibrs de ce genre,
déterrez en diverfes Provinces de France,
depuis une vingtaine d'années. Il regrette-
principalemenc celui qui fut trouvé dans
la balte Bretagne en 1676, compofé de
cent mille Médailles de billon, toutes du
111. fiecle , c'eft â-dire depuis Caracalle-
jufqu'à Poltume, Ht dontiln'y aeuqu'un
très-petit nombre de confervées , tout le
reite ayant été fondu. Parmi celles qui
ne l'ont point été . &C qui ne font pas la
Etiérae partie du total , il s'en eft. ren-
tre oueJqucs-uiies de tKHWK , **■
A a 3 S.1*»-.
';jS Journal DIS Sçavani.
d'autres fingulieres & uniques ) ce qui
Jaiûe entrevoir , quelle riche moiffon de
découvertes l'avidité desFondeurs & des
Orfèvres enlevé aux Antiquaires en pareil-
les occa fions.
L'Auteur employé fa cinquième Let-
tre à la folution du Problème, fcavoir.
Si les revers dis Médailles ont toujours rapport
aux Empertttrs du aux lmftratrket dont les
lires font rtprefmiies de l'autre tété. Il n'eft
pas d'accord là-dcfîus avec ceux qui rejet-
tent le prérendu défaut de convenance
entre les têtes & les revers, fur la préci-
pitation ou la méprife des Monétaires.
Sans recourir à de pareilles fuppofitions,
par lefquelles {félon lui) il feroit facile à
chacun de refoudre les plus grandes diffi-
culté!, en couvrant fa propre ignorance,
il eft perfuadé qu'en ce genre d'irregulari-
tez il n'y a rien dont un habile Antiquaire
ne puifle découvrir la raîfon Se le fonde-
ment, en creufant dans l'Hiftoire. lien
donne pour exemple l'explication de deux
Médailles qui avoient embarrafTé la per-
fonne à qui eft addreffée cette Lettre.
La première de ces Médailles repréfente
d'un cûté la tlte de Matc-Aurtle , avec
cette légende : imp, m. «ti, an-
ton.... atg. & au revers , une figurt
debout , ayant i Ces pieds un paon , avec ce
mot , iv no- La féconde a d'un cÔtéi
/a tête de Faafiint l* jew» -, met Wfta Ve-
gende : imstina itg< pu. avc.
fii. & au revers, une fgtre debout , avec
ces mors p. m. tr. p. xix. ikp.iii.coj.
m. Le P. Chamillart prétend que ces
deux Médailles , bien loin d'avoir été frap-
pées contre les règles , s'expliquent très-
facilement , & nous développent un fait
de l'Hiuoire Romaine. Ce fait eft , que
comme Faultinc Si Lucille fonl les feules-
Impératrices qui foîent nées de pères Em-
pereurs , 8c qui ayent en quelque façon
fait monter leurs maris fur le Thrône,
Marc-Aurele époux deFaufline, pour éter-
niser celte rirconflance de fon hiftoire,
aura fans doute ordonné aux Monétaires
de mettre une Junon au revers de fa Mé-
daille, tk la légende que nous venons de
rapporter, au revers de celle de Fauftine.
Dans la fméme Lettre, après un- récit
des différentes manières dont plufieurs An-
tiquaires ont expliqué une Médaille très-
rare, qui repréfente d'un côté Faulline la
mère , diva favstina, 8c au revers
une Cerèts debout fur un globe , tenant
une torche de chaque main , avec cette
infeription, sovstji l'Auteur propofe
l'explication qu'il donne à ces lk lettres,
& qui eii conçue en ces termes, Sacerdo-
talii, Qrdinii, Urbii , Stnalui , Trihuni,
Juffx. 11 fuppofequeFauftine ayant jette,
comme on Içait , les fendemens d'une
maifou àeùiaée à l'éducation ici ï&\i»^fi-
Aa, 4 «P*^
jfio j0UHMAt DES SçAYANS.
maincs, qui feroient fans bien , la villede
Rome fit élever une ftatue a cette Prin-
cefle fous la figure de Cercs , ou de I»
Divinisé qui prélide à la nourriture du
genre humain , & au bas de laquelle étoît
gravée cette infaiprion ; & qu'enfuie
pour conferver 1a mémoire de cet r'icne-
ment , le Sénat en fit frapper une Mé-
daille avec cette même inltription abré-
gée.
■ Une Médaille Créque très-curieufe &
très-firigiiHete A' .irmU Fau/lina femme
d'rilagaUIe.faitle fujetde la il-priéme Let-
tre, Cette Médaille porte pour legentiî
du côté de la tête , ann;.\ Atfhaia
«ATCTElNA ; au revtrS , EHI CrP. K.TF1-
not ÏA4ANEHT.1N ; dansTexeigue, AOC.
C'cft-i-dire : Anmn Aurtliu F.i.tjiimt ; f*i
Pr&iore Cyrino , miminm linphantoiarum:
anitoiyt. Nous apprenons de tout cela
( félon l'Auteur) I. Que cetto AnnU A*-
relia Fatiji'um defeendoit par fa mere des
Annies , des Antonins , & des Aurcles,
étant petite-fille diî Marc-Aurcle 3c de
Faulline la jeune : i. Qu'elle n*a point
été la première femme d'Elagabale, com-
me Dion femble l'infirmer , mais une des
dernières qu'époufa cet Empereur, à ejm
les Hiftonens en donnenr jufqu'à quatre
ou cinq j & que l'on peut recueillir ce
t'ait de l'Epoque, de U Médaille (171)
priic de l'Eté d' Miûoùvt o* ia "V/S^Ca.
s».
M * r nu.
far, & qui tombe jutlement dans l'ann<
que mourut Elagabalc : 3. Que ces moi
fub Prttori Cyrino , peuvent Im'ir à jufl
fier la manière dont on lir dans la Vulga-
te ce pafiage de faint Luc , H«-c dtftriptia
prima faâla t/1 à Prtftdi Syrie Cyrina ; ( &
non pas gaiV/im , ou S^irmio , comme
plufieurs ont kl;) & à faire voir queCy-
rinus , eft le nom d'une famille Gréque,
illuihe, & honorée des premiers emplois
dans la Syiie.
On nous entretient dans la huitième
Lettre, d'une .Médaille de Jilia Mamta,
qui a pour légende du côté de la tête,
j vtiA mamias av g. Dans la neuviè-
me , d'une Médaille d'argent de Pacati»
nus, Empereur, qu'on loupçonne avoi
été le même que Marinai , dont Sfgui
& ttrada nons ont donné deux Médaille!
fbupcon qui paroit d'autant mieui
que celle-ci a pour inf'cription , 1
JVL. MAR. PACATUIIVJP; F. A V G.
On nous parle dans la dixième d'uncMé-
daille de Mmtmtmn , qui porte an revers
pour légende, Filicims Dtvritm; ce quieft
fans exemple (dit l'Auteur.) Il s'agit dans
la onzième Lettre , d'une Médaille de
Gallien, dont le revers tepréfente un en-
fant tenant une chèvre , avec cette inf-
cription , Pieias KtatU ; & dans la dou-
ïjéme , d'une Médaille de Poftume, la-
quelle, n'a d'autre fingnlamé o^cc-dlt Ai
Di
S6A ÏOUHWil DES Sç*-VdN j.
»ia hyg. & l'autre , FEllCIT»!
mporvm : .Mais c|ue Julien marchant
. lien Italie, & s'étant avancé juTqiù
'erone, y fut vaincu ik tué par Cmw.
Du relie, c'eft ici la dernière Lettre con-
cernant les Médailles. Les quatre fuivart-
les renferment quelques Obfervations fur
des pierres gravées ; la defcription d'une
Salue antique trouvée à Bourges; celle de
la Galerie du Giand Duc de Tofisne. 8î
quelques Remarques faites par l'Auteur
pendant fon voyage d'Italie.
La figure qui fait le fujet de la leiitémc
Lettre, a été trouvée en d'enfant la fon-
demens du Séminaire de Bourges, à près
de 80 pieds de profondeur. Elle efl de
pierre, & repréi'ente une femme, qui de
fi main droite jette de l'encens fur un Au-
rel, & tient une bocte quarrée de fa main
gauche, b'in-tcription qtn laccorapapja
cil conçue en ces termes : d.m. e t- m£-
MORI.f, JVL1S. PAVLtIHA, TE-
NM. MHTINÏS. COHJVOI. A S. 1.
Les Connoilfeurs s'accordent s regarder
cette Antique comme un Monument de
la fin du premier fiecie, ou du commen-
cement du fecond. L'Auteur la
temps d'An!onin,& il le fonde lut !t con-
formité qu'il remarque entre Ij coèftw
de la Pauline dont il cil queftio
de Fatilhne femme de cet Lmneieur.
Le P- ClumilUft faix i> « utoposquelt
ques Obfervations curieufes fur les chan-
gemcns frequcnsqui font arrive! à lacoéf-
fure des Impératrices Romaines ; & l'on
elt agréablement furpris de trouver parmi
elles fur ce point la même inconftancc qui
règne parmi les Dames Françoifcs ; de
manière que chez ces Princefles une mê-
me mode de coèffure ne paroit pas s'être
foutenuë plus de douze ou quinze ans de
fuite. Antonia , par exemple , (au rap-
port de nôtre Auteur) & les deux Agrip-
pines portoient les cheveux unis fur la tête,
lortillez fur les cotez , .nouez négligem-
ment par derrière avec une efpece de ru-
ban , & flottans un peu fur les épaules.
Domitille avoit la chevelure frifée par de-
vant, tortillée furie haut de la tête, &
trclîée par derrière. Julie, fille de Tite ,
étoit frifée fur le front , avoit le relie de
la tête natté, & les cheveux relevez dès
la racine, formoient en arrière comme un
bourelet. Phtine , & Alarciana fa belle-
fœur, auiîî-bicn que Matïdia fa nièce, ra-
maiTerent tous leurs cheveux fur le haut
de la tête , & les entrelacèrent fur le front
par deux ornemens , qui s'élevoient au-
delfus du relie de la coèffure , le termi-
noient en pointe , s'élargilîbient fur les
cotez, ëc étoient placez l'un derrière l'au-
tre, en forte que le dernier furpalfoii ce-
lui qui étoit plus proche du front. Sabine
ell quelquefois çoêiTée à la, manière d^
I $66 JOURNAL DBS Sçavahi,
f MatUia fa mère ; quelquefois en trèfles
flouantes fur les épaules, avec une elpece
de pointe qui s'élève un peu au de Sus du
front. Faujiiiri a une coëffure ronde &
marron , les cheveux couchei fur le
front, tortille* fur la tête, & commeune
petite couronne fur le fommet , formée
de cheveux entrelacer de perles. Le Pe-
e Chamillart a fait graver ici des Médail-
les de ces Impératrices, qui mettent fous
les yeux du Lecteur ces différentes coéffu-
les» & il eft periuadéqu'un Recueil com-
plet en ce genre aurait fon utilité & l'on
agrément.
La defcrtption qu'il fait dans f» di*-
Jeptiéme Lettre, de la Galerie du Grand
Duc de Tofcane, cil d'amant plus digne
de la curiofiié du Public, qu'étant poile-
rieure à plulieurs relations de Voyageurs
qui ont parlé de cette Galerie, elle et
beaucoup plus conforme à l'ordre ck à
l'arrangement qu'on a donné depuis quel-
ques années aux nchefles îmmenfes que
l'on conferve dans cet Edifice.
Au regard des Remarques du Père Cha-
millart concernant le voyage d'Italie , &
qui font au nombre de cinq, nous dirons
qu'il s'attache dans la première a combat-
tre le vieux préjugé où font les habîtans
de certaines villes , lefquels trompez pu
quelques refies de l'ancienne enceinte ' '
ces mêmes villes , ojja emkufle un
grand terrain , feparé de celui qu'elles
cupent à prefent , s'imaginent que du tempi
des Romains , elles remplifibtent ce dou-
ble terrain; au lieu que (félon l'Auteur)
ces villes ont changé de fit nation , en par-
lant des Payens aux Chrétiens; c'elt-à-dire,
que ceuï-ci ayant habité d'abord un quar-
tier feparé, &z s'y étant multipliez, en é-
tendirent peu-à-peu les bàtimens , en s'é-
loignant du gros dé la ville, qui ie dépeu-
plent à mefureque le quarrier des Chré-
tiens s'augmenloir , & qui par fucceflïon
de temps s'eft trouvé entièrement démoli-
La féconde Obfervation regarde la forme
de nos Eglifes, qui eft tantôt celle d'une
Croiï, tantôt celle d'un Vaifleau , quel-
quefois l'une & l'autre réunies enfemble.
On patledans la troiiiéme Remarque, des
Catacombes de Rome , & de l'attention
qu'on y apporte pour diftmguer par des
lignes iudmutbt les corps des SS. Martyrs
d'avec ceux des Payens enterrez dans ce
même lieu. Dans la quatrième Remar-
que on obferve. Que iî l'Italie l'emporte
fur tout le relie du Monde pour le nom-
bre prodigieux de Peintures des plus grands
Maures, de Colonnes , de Marbres pré-
cieux, de Buttes & de Statues antiques du
premier ordre, nous avons de quoi nous
confoler de la difette où nous fouîmes à
cet égard, par la richcITe de nos Cabinets
'c Médailles, Si par celle àe vvjs. ^oN\&-
$S Journal dis Sçav an *>
theques , 'tant en Livres imprimez <\vftn
Manuicrits s richefle qui ( au fcntiment de
l'Auteur) nous donne une grande fupe-
riorité fur les Italiens. Enfin Ton nous fait
part dans la cinquième & dernière Remar-
que, d'ane Lettre de l'Empereur Vefpa»
fien, écrite fur une plaque de cuivre, lon-
gue d'un pied & demi , large de dix pouï-
ces , & trouvée il y a quelques années
dans un village de la partie Septentrionale
de rifle de Corfe.
Comme cet Extrait n'eft déjà que trop
étendu , nous fommes obligez, pour ab-
bréger , de parler légèrement fur toutes ces
Obfervations, & nous renvoyons le Lec-
teur au Livre même , d'autant plus vo-
lontiers , que nous bornant au foin d'ex*
citer la curiofité du Public , nous ne pré*
tendons nullement la remplir.
Lettres de M. Flechier Eve que de Nif-
tnes , fur divers fujets. A Paris , chez
Etienne Ganeau , rue faint Jacques*
vis-à-vis la Fontaine faint Severin , &
chez Jacques Çilienne , rue faint Jac-
ques, au coin de la rue de la Parche-
minerie. 17 u. in u. pagg. 328.
|L y a dans ce Recueil 213 Lettres ,dor
1 les douze dernières font Latines. O
.peut bien juger qu'elles ne font pas tout
d'une égale impoiuacc Disk V Avertif
lent qui les précède, l'Editeur dit qu'o
.voit d'abord eu defl'ein de retrancher k_
moins i rit ère flan tes. „ Mais, ajoute-t.il,'
„ après y avoir bien penic, on a crûque
„ le Public nous fçauroït mauvais gré de
„ lui avoir ravi la moîndrepaitiedeceque
„ nous avons pu ramaliér des Lettres de
„ M. Flcchier. Et a la vérité cet illuftre
„ Auteur Içait donner à tout ce qu'il die
„ un air fi naturel, & en même temps iï
„. noble & fi élevé . que les fujets les
„ moins importais entre [es mainsdevien-
„ nent des morceaux précieux ; 6c que
„ les moindres fujets quiiortentde (aplu-
„ me, peuvent palier pour des chefs-d'œu-
„ vres en leur genre , & erre propofez
,, comme des modèles." L'AverrilTemenc
cil fuivï de deux Eloges de M. Flechier,
tirez., l'un, du Difcours prononcé par M.
L'Archevêque d'Albi , le jour de fa récep-
tion à l'Académie Françoife j & l'autre,
de la itéponfe de M. l'Abbé Mongin, Di-
recteur de l'Académie Framçoife. au Dif-
cours de M. l'Archevêque d'Alby.
Nous croyons ne pouvoir rien faire de
mieux pour donner une idée des Lertrcs
de M. Flechier , que d'en mettre fous
les yeux de nos Leéteurs quelques endroirs
Dans la première Lettre, qui eft adref-
0C j l.i Reine d'Angleterre, i\çw\&«xA.
d« Sujets de celte Princefc , \çfajM^
I
Journal des Sçavane.
il efl refera d'affifter. „ Ce n'eu pas tant
la charité que la juftice , qui nous obli-
ge à contribuer au foulagement de ces
hommes fidèles 8c généreux , qui n'ont
point fléchi le genou devant les Dieui
étrangers, qui ont fuîvi leur devoir S
leur conicience , aux dépens de leur
repos & de leurs riche (Tes , 8c qui g
mieux aimé vivre irréprochables prou
nous, que de vivre heureux avec ta
rebelles, lis n'ont pu trouver leurpi-
trie dans un pais où Vos Majeflei ai-
toient plus ; & ils ont eu raîfon d'efpc
rer qu'étant inviolablement attachez i
leur Dieu & à leur Roi , ils auraient
pour .eux les gens de bien , & les fe-
cours de h Providence. Ils portent i-
vec eux leur fidélité , qui efl leur m-
for; 8c leut pauvreté efl une marquent
leur pieté , & non pas une difgrace d:
la fortune."
On trouve dans la quarante- unième
Lettre nne peinture touchante des miui
& des defordres cauleipar les Fanatiques.
L'exercice de nôtre Religion cil pref-
que aboli dans trois ou quaire Diocc-
fes ; plus de quatre mille Catholiques
ont été égorgei à la campagne; qua-
tre vingt Prêtres mifiacrez ; près de
deux cens Eglifes brûlées. Voi!
de l'affaire en ç,fct>éi\\. Pour nous,
nous tommes àww uwi •»%& «à w#»
M a. i 1711. jti
1, n'avons point de repos ni de plaifir.nort
., pas même de confolation. Quand les
,, Catholiques font les plus forts , les au-
„ très craignent d'être égorgez ; quand
„ les Fanatiques font en grand nombre
„ près d'ici, les Catholiques craignentà leur
„ tour. Ilfautquejeçonfolc,&que jeraf-
1, fore, tantôt les uns, tantôt les autres.
„ Nous fommesicicommebloquez.&l'orà
„ ne peut fortir de la ville cinquante pas
„ fans crainte, & fans danger d'être tué;
„ il n'eft pas permis de fe promener , ni
„ de prendre l'air. J'ai vil de mes fenê-
„ très brûler toutes nos maifons de cam-
„ pagne impunément. Il ne fe parte pref-
„ que pas de jour que je n'apprenne à
„ mon réveil quelque malheur arrivé la
„ nuit. Ma chambre eft fouvent pleine
„ de gens qu'on a ruinez , de* pauvres
„ femmes dont on vient de rjer les ma-
„ ris, de Curez fugitifs qu: viennent re-
„ préfenter les miferes de leurs Paroif-
„ liens : tout fa:: hcmew , tow fait pi-
„ tiré , je fuis père , je fuis Parteur. Je
„ dois foulager les uns , adoucir les au-
„ très , les aider & (eco\ii:i tous. On a
„ défait une grande troupe de ces Re-
„ belles , Si l'on croit que tout eft fini.
„ On fe trompe , les efprits font li gâtez
,, que leurs pertes ne font que les irriter.".
Cette Lettre elt du ij Avril \-\q\.
Quelque grand que fut le dan&tt , *»-
\cyaK.
571 JOURNSt DBS SÇAV*
tout pour les Religieufe? , h
■■ ' ipprouvoit pourtant pas que
fut relîive. Il écrivoit en i"
Supérieure : „ La vertu cot.
„ -. :1; & la Religion, les te
„ la chair & du fang. Il n'el
„ permis de fe laifler aller à
„ qu'a la triâcûc, à la colère,
„ très pallions , fur-tout quant
,j l'excès, & que c'eft fans rai
,, exemple donnez- vous à de.
„ dont vous abattez le courag'
„ vous groffinez les dangers,
„ les diminuer ï je vois que
„ qui gouvernent s'intcrcilent
„ reté plus qu'a toutcauucitr
„ beau après cela de faire les t
A Madame la Psifidtntc â
dont la filU fi fiifiit RiligitHfi
„ Il n'eft pas poffible que^voi
„ attendrie, ci même atiriftée
„ : ■ n d'une fille à qui. vous
„ la agefle avec la naiHance ;
„ avez formée à la pieté par
„ lions & par vos exemples,
„ unie depuis ce temps . aui
„ liens de la charité Chrétienn
„ ceux d'une amitié naturelle
„ gne de vos dévotions, confii
„ bonnes œuvres, affiduë aup
„ attentive a vovKolî.\te18t t
„, aimée de nous «^u'cWt mfa
Mai 1711. 573
-9» J'entre dans vos fcntiraens , & je ne
,, vous blâme pas de fentir que vous êtes
„ mère.... Dans le temps qu'elle fongeà
>, fe feparer de vouss fongez i vous fe-
», parer de vous-même. Voyez où elle
„ va , & non. pas d'où elle fort : refle-
„ chiffra fur ce qu'elle gagne , non pas
„ fur ce que vous perdez, & ne vous fai-
*, tes point une peine de ce qui doit faire
„ fon bonheur. .... Elle ne veut que la
,, Croix pour partage , le Calvaire pour
„ retraite, Jefus-Chrift fouflfrantpourmo-
„ dele. Les aufteritez de la vie ne la
„ rebuttent pas ; elle n'a point pitié d'el-
„ le- même. Plaignez-la fi vous voulez
,, par tendrefle ; mais reconnoifiez qu'elle
>f cft plus heureufe, & qu'elle a plus de
„ courage que vous Vous l'aimerez
,, tendrement en Dieu; vous la verrez par
„ la Foi ; vous apprendrez les grâces qu'el-
,, le reçoit de fon Epoux ; vous fentirez
„ l'efficace de fes prières i & fi elle ne fait
99 pas le plaifir , elle fera la bénédiction
„ de vôtre famille."
A M * * *. fur quelques pratiques bizarres
C*r extraordinaires. „ Les fingularitez ne
»> » /ont pas fouvent folides ni édifiantes
», Vos obfeques anticipées, Monfieur,
*> r\>nt de cette efpece. L'Empereur Char-
*+ 1 es- Quint s'avifa autrefois de cette bizar-
" z-e pratique , qui ne lui a cas foit l\o^-
» jîc \tr dans THiftoire. ^ ti£ \sifevwcwfc
574 Journal des Sçavans.
„ pas que les Auteurs que vous avezcon-
„ fultez ayent confenti à cette dévotion;
„ je m'étonne que vous l'ayez imaginée,
„ Vous faire prodamer mort devant tout
„ le peuple, qui vous voit vivant ; c'eit
„ une fiction qui ne convient pas au Dieu
„ de la Vérité, en prefence de qui elle
'„ fe paffe. C'eft donner à rire , fur-tout
„ dans ce pais ci où il y a tant d'amesin-
„ firmes dans la Foi , qui m'ont fait con-
„ noître qu'elles ctoient feandalifées de
„ cette re pré fen ration , qui leur paroiffoit
„ un peu comique , enfuîte de la benc-
„ diction du S. Sacrement Vousfup-
„ pofant défunt, vous vous fuppofez. ju-
„ gé i que pouvez-vous demander pour
„ vôtre aroe, fi non qu'elle foit foulagée
„ des peines du Purgatoire , qu'elle ne
„ fouffre pas encore ? Croyez-moi, Mon-
„ fieur, rongeons plutôt a expier les pe- j
„ chez de cette vie , qu'à diminuer les I
„ peines de l'autre." Après avoirenfuite 1
parlé des Méfies, M. Flcchier ajoute:!
,, Pour \eLibtraSi. la cérémonie mortuaire 1
„ que vous aimez tant, je la défens dans!
„ mon Diocefe , & quelque proteftationB
„ que vous me faffiez que vous la iioti-f
„ vez bonne , je ne la croi pas te
„ y a long-temps que je feai combien lfl
j, jouroiffion vous coûte."
Les Lettres Lttraes de M. Fléchie:
méritent pas mo'uas Sfeiw Vmî» <s^I|
M A I I7M. )7S
mçoifes. Elles contiennent prefque tou-
: des Nouvelles. Voici une courte def-
ption de la Bataille d'Hochftet : Pejka
te inde caflra , inftrttla ix advtrfe acits,
a [pu , unus diverfarum parttuti? trdcr.
arfinus itrutntes hojlium eûmes fitdït pre-
\avitque non fine firage , eaptis termtntit
Util, ■vexïUijquc quamplurimis. Tallardut
! juoTitmqut virtHti plus aquo umftfut , pofl
iHos tirve quatervt An^lorum impetm, tsr
tgia, qu'ibus vincert mtruifftt , fournira -,
m animai magîs quam enuie à relique tx-
itit lengieri intervalle fejungilur , à tergo
crccpius , centurbar't es" rueri omnta in pt-
intcllexit. Equitatu in fugam -va-fa , ipft
<n (Irenuis, qui circumlttitrant , Militibus,
uibufque , -vulnertttus in matou hefiiutn in-
it. Septtm (7 viginti Cohertes peditum,
aitum quatuor, qutfertittr dimkavcrant ,
rfim, emnique auxilîa defiitutt , nam ri-
>tui tenfulendum ejftBavarui, Marfinufijut
ifuerant , page prexïme fe iniluftrt; uU
ùtnni GermtmoTum txtrtitu circumvinta,
'rima, fi çogertmur , mimtamtt , pafliicen-
ionibmm âedittemm vénérant. Ctrtamtn a-
ix aacipt diu.inceriaqut vUlorin , quant dt-
tm hofitt ftliciur , net impuni retulerurf.
lettre de Mr. HuET Evique d"Avranches
À Mr. Feucaui CinJiilUr d'Etat &■ Intendant
de Normandie , fur l'Origine de la Peefie
Françeife. \\.
' Titéeda Mem.de Ttevoux. Mkuiwv
«* t,8C ' il?""' ?li , Mon"*-
M A I nu.
riieques de Paris , & principalement c
de la Bibliothèque du Roi &:de celle de Mr.
de Mefmes. Ii s'y trouve des recueils de
vieilles cbanfons & de vieilles Poëfies.où
l'on verra fans doute des exemples de tou-
tes celles que vous me nomrnei. Le Pré-
sident Fauchet a fait l'éloge des Poètes
François qui ont vécu avant l'année 1300.
Il avoil defiein de continuer cette recher-
che juiqu'à fon rems s mais cela neparoît
pas avoir été eiecuté. Les Ouvrages de
ces anciens Poètes qu'il a célébrez ne font,
pas tous perdus, & qui poutroit les dé-
couvrir il y trouverait de grandes lumiè-
res touchant les pifcrniers élernens de nô-
tre Poélîe. Mais la première & véritable,
& prefque unique origine, ne fe trouvera
avec certitude qu'en Provence, qui conl-
tarament a été le berceau de la Poèfie
F'rançoife. On ne voit gucres que là les
Ouvrages des anciens Troubadours, Prin-
ces de nôtre Poëlie , encore n'y font-ils
pas communs. Ils font enfevelis dans la
pouffiere des Bibliothèques des anciens
Monafteres , & je ne fçai même 11 ceux
qui pofledcnt ces tréfois font capables d en
profiter : ils les regardent comme des bou-
quins de nul uftge , & dont ils n'enten-
dent pas le langage. Ce ferait principale-
ment des Illes de Sainte M.irgueriteBç de
S. Honorât, qu'on pourroir, lelon rûon
Kyis , artenJre les plus grands ïtcowà.
■
re de Le-
■ lm~ ..... •
578 JOURRAL DES SçA
C'étoit dans le fameux Monaflere
rins, que deraeuroit autrefois celui qui 1
compilé le Catalogue des Poètes Proven-
çaux, qu'on connoît fous le nom deifl*.
j» efei /y2« rf'or, car il éroit natif des \lles
d'or. Il faudroit confuher de pJm Jes Mi-
rmfcrits de Hugues de Saint Ctffri, & do
celui qu'on appelle communément le Man-
ge de Montmajour. L'un & l'autre étoient Re-
ligieux de Saint Pierre de Montraaiout
d'Arles , & ce dernier eft furnommé !<
Tingd des Troubadoun , parce qu'il n'a en-
trepris Ton recueil que pour les décrier:
mais en les décriant il a fait connoîtte
mille particularité! de la Poéfie Proven-
çale, première origine de la Poëfie Fran-
çoife , comme j'ai dit , fa même de Ii
Poëfie Tofcane. L'Abbaye de Saint Vic-
tor de Marfeille fourniroit encore des Au-
teurs utiles à ce dclîein, Rojlang de Brigtn-
lis, & le Même Hilairt ont vécu dans et
Monaflere , Si ont écrit l'HiJioire dislm-
■verres w dei Chaaierres , ainfi que PierreJt
Sulitrs Religieux de Flotege. J'écris tout
ceci fort rapidement , Monlîcut , & par
conféquent peu exactement; mais je foi
à qui j'ai l'honneur d'écrire, & vous au-
rez, s'il vous phit, h bonté de fupp'.eei
à mes défauts.
C'eft de ces Originaux que je viens de
vous indiqua , <\w L'an apprendra , non-
feulement U iétoùau it w. 4m*ww*m
M
«9
de Poèfie que vous rac propofez , mai»
on y apprendra en même tems un tii-and
nombre d'autres noms dont vous ne me
parlez pas, comme des Tinfens , SwUst
Syrvenuz,, Marttg<il!ts , (d'où je crois que
font venus les noms de Sarabandes c à»
Madrigaux} Sixtinis, (dont le Bembe rc-
connoît que l'invention eft due aux Poè-
tes Provençaux. ) Layi, Vïiciays , Soiin,
Bergirettts , Sens , Ç?* Rtjfins , Faims, Ar-
bres fourchus , 'Jeux ftrlis , Fabliaux, &i une
infinité d'autres qui neme reviennent pas,
&dont le dénombrement & les définitions
meneroient trop loin \ outre quepluiieurs
de ces Poêlies ne font plus connues que
de nom, & que la connoifiancedesnoms
ne fuffit pas pour les définir : outre enco-
I te que la lignification de ces noms étoic
| autrefois bien différente de celle d'au-
Ijourd'bui. Par «temple, les VireUyi d'au-
Ijourd'hui n'ont rien de commua avec les
■anciens Virelays , qui étoient même de
Tplufieurs efpeces aufll bien que les Lays.
Kl y avoit de fimples Lays qui étoient def-
Jinez à des louinges , ou à des prières.
I y avoit des Layi renforcti. , cr dis Liys
^ftfarstx. fratrijtz,. De même il y avoit de
%nflts Vïrtiayi qui étoient une efpece de
\nd'.aux redoublez.. Les VirtUys doubla
aient ce qu'on appelle Btrgotttct. Les
llades étoient auifi de plusieurs fortes
It différentes. On appel!» ptem\«cmvx
■ Bbi BaM.*-
jSo Journal des Sçavans.
BdUdu. une efpece de Poè'/ie , dont les
Ters commeoçoient par les mêmes mots
qui finiflbient les vers précedens : mais
on donna enfuite le nom de Ballades àplu-
lieurs auties fortes de PoéTie . & ce que
nous appelions aujourd'hui Ballade, s'ap-
pclloit autrefois Rondeau. Cela fut fuivi
des EalUdes balladantes, des Balttdis frairi.
fits , un gemelles. D'une infinité d'efpeces
de Rondeaux , dont on trouve des «em- -
pies dans les anciens Poètes imprimez &
Manufcrits.on n'en connoitplus que deux,
lis Rondtaux fimflts , (y Us Rondeaux te-
doHiUz,-, dont les Rondeaux (impies re-
çoivent quelque fubdivifion. Lorfque
feu Mr. de Benflerade mit les Metamor-
phofes d'Ovide en Rondeaux, il me folli-
cita avec empreflement de lui addrefier
quelque lettre fur l'origine, la nature, &
les différentes efpeces de Rondeaux, pour
fetvir de Préface a. fon Ouvrage. Les
occupations que j'avois alors m' empêchè-
rent de le fatisfaire. Ce fut en cette occa-
fion que je lui fis connoirre que tous les
Rondeaux étoient indifpenfablement dti
ty ouverts , comme Marot même l'cniei-
gne . & qu'aucun des Poètes modernes
n'avoit pratiqué cette règle non plus que
lui. II tâcha néanmoins de la prariquei
<)ins les derniers Rondeaux , & il reforma
h plupart des autres.
Pour venir maintttraA »n<ip.t'liwKde
i nu; 58!
vôtre Lettre , Monfieur , les Déports é-
toient des Poélies joyeufes comme le
montre le mot de Déport , qui dans les
vieux Romans lignifie lihertijfimcnt , ibat.
Les Moraux étoient de plufieurs fortes : la
plupart étoient en forme de Dialogues, on
les appelloit auiÏÏ Moralités., qui fouvent
n'étoient que des Farces auxquelles on
donnoir aulïl le nom de Sosies, par la mê-
me raifon qu'on appelloit autrefois 8c dans
le tems de ma jeunelle , Badins , les Ac-
teurs de Farces. Je crois par parenthefe,
être le premier qui ai découvert l'origine
du nom de Badin. C'eft un mot pure-
ment Hébreu , Baiàm , qui lignifie Men-
teurs, Trompeurs, Badins , & que l'Ecritu-
re feinte applique proprement aux Aftro-
logues. Tout ce que Mr. Ménage a dit
fur l'origine de ce mot , font de pures ba-
dineries. Aubades étoient des Poéliesque
les amans chantoîent le matin au réveil
de leurs maîtrefles. Mot cr Sun , lïgnî-
fioient auttefois la parole & le chantdont
étoil compolée la chanibn. Son a depuis
lignifié la parole , témoin Sonnet, & Mot
a paile au chant, témoin Motet, qui figni-
fioit auQl la parole. C'étoit proprement
unfujet, un argument, un thème, une
propodtion renfermée en fort peu de vers.
On la propofoit aux Poètes pour y faire
des Giofes, c'eil-à-dire des explicitions it-
biliaires & jngenieufes , 4m& \ttaj^î«r
iens de recevoir une Difiertationde
.MeroHuruneMedailleGrccqucd'iE-
que vous me files l'honneur de me
:rer dans vôtre cabinet il y a quelque
: elle eft remplie d'une érudition re-
liée i 6c répond bien au mérite de
luteur. Cependant j'ai crû que v ouï
' ez quelque plaifir de voir déchi-
tte Médaille par une route différea-
la Tienne: vous agrérez donc, Mon-
■jr, raci peu fées fur cet Antique, &
foumevs à vos lumières,
voit fur cette Médaille le portrait
mdre le Grand. On le cormoît A
levée & renverfée en arrière, ce
ux longs & I
584 Jonnsi l des Sça-
bélier, & Apollon ans cheveux
relevez autour de la tête en forme de pe-
tits rayons frirez.
L'infoïprion au bas de II tête elt M*-
KEûONfiN , y fuppléanr ce qui manque
aux deux dernières lettres donc une par-
tie eft encore vifible , 8; il ne paraît pas
que fur cette Médaille qui eft fort nette
il y ait eu aucun autre mot: ce fontdonc
les Villes ou les peuples de Macédoine
en Corps qui ont fait battre cette Médail-
le à l'honneur de ce Prince; & c'eftain-
fi qu'on voit fur plulîeurs Médailles la
nom des peuples qui les ont fait frap-
per.
Sur le revers de la Médaille on voit
quatre chofes repréfentées : une maUue
au milieu , d'un côté de la maffué une
elpece de boete ou de corbeille , Se de
l'autre une petite table en façon de Clé-
mence , & un peu au deiîus un cornet
courbé i au deflus de toutes ces pièces on
lit AES1LLAS: toutes ces pièces font
enfermées dans une couronne de lauriet
qui commence au bord de h Médaille,
& qui s'étend environ deux lignes dani
le champ. Je viens maintenant à l'eipli-
caiion de h Médaille.
Le revers me femble exprimer par les
chofes qu'il repréfente , l'oruine qu'A-
lexandre tiroît d'Hercule , & ù nailtancc
qu'il le vantoiluooVc a. Yiçmx Pitnmon
M a i 1711. j8j
par rapport à Olympias fa mère, dont la
Teneration pour les Orgyes de Cybele Se
de Bacchus fut l'occafion de la naifiance de
fon ffa.
La Mafluë eft un fymbole ordinaire fur
le revers des Médailles d'Alexandre , &
elle marque la defeendance d'Hercule , qui
lui étoir commune avec tous les Rois de
Macédoine qui l'avoient précédé.
Les trois autres pièces de ce revers &
le fetton qui les environne, font des ca-
ractères de Cybele & de Bacchus , & des
marques de la Religion d'Olympias, qui
fut initiée dans l'Ifle de Samothrace aux Myf-
teres de ces Divinitei.
La première pièce et! une de ces boètes
ou corbeilles fanées de Bacchus ou de Cy-
bele, où l'on eniermoir plufieurs petites
pièces qu'on tenoît inviolablement cachées
fous un vœu de Religion , & qu'on ap-
pelait pourceîa, taett* filtra cijiarum. Ce
fut dans une de ces cotbeillesqu'Olympias
tenoit fouvenr , que Jupiter le glifla fous
la figure d'un ferpent : ainfi on ne pouvoir
faire un plus grand honneur à Alexandre
(jv.c de repiélénter fur cas Médailles une
ciiofe qui marquoit qu'il tiroit fon origine
du premier des Dieux.
La table qui efl de l'autre côté de la
rnafluë eft une de ces tables facrées qui
fervoient d'autels, ou dereuofoits, dans
lesfêres de Cybele cicieBacrtivw. *ç»AtA**- j
foienti h campagne. Sb "i "^j
,fl qui
j£5 Journal des Scavams
La troiiiéme pièce me paroît pli
cile à expliquer, mais quelque choie
l'on en dife, elle a toujours rapport à ces
deux Divinitez. Cette pièce eft un de
ces cornets qu'on mettoit au bout desfli-
tes Phrygiennes pour en rendre le fon plus
grave 8c plus éclatant , ou bien c'eft uns
corne de bœuf avec laquelle les Bacchan-
tes pouflbient un fon enroué 8t lugubre,
& faifoient un bruit terrible. On pourrait
dire auffi que c'eft un vafe à boire qui é-
toit d'un grand ufage dans les fêtes de Cy-
bêle & de Bacchus : ces vafes étoient for-
mel en corne de bœuf , tels qu'on en
voit encore pluikurs fur les bas reliefs an-
tiques.
La Couronne de laurier qui enferme
toutes ces pièces defigne les feuilles, ou
l'ombrage des arbres, fous lefquels on »■
voit accoutumé de célébrer ces fêtes de
Cybele &de Bacchus dans ia vieille ami1
quité.
Le mot AE S I L L A S eft le nom du
Magiftrat, qui, lors qu'on frappa cette
Médaille, préfidoit à l'Aflemblée généra-
le des Macédoniens convoquée pour les
jeux publics & facrez qu'on donnoir de
tems en tems par toute la Grèce. On
voit le nom deces Magiilrats furungrand
nombre de Médailles fans aucune defigna-
[ion de dignité, qui ne pouvoit êtrequ'
Préiîdence,. ou. Inwïi&wvw ta ces "
H M A i jV
d'AffcmMècs , pendant lefquclles on ftap-
poit ordinairement des Médailles à l'hoa-
neur du Prince régnant.
Cette Médaille eft donc purement Grec-
que, & frappée avant que la Macédoine?
fût foûmife aux Romains ; puifqu'on n'y
voit , ni le nom d'aucun Magiflrat Ro-
main , ni la tête d'aucun Empereur Ro-
main.
J'ofe encore conjefturer, Monfeigneur,
qu'elle fur frappée pendant ou après l'ex-
pédition des Pcrfes , dans le rems que
les grandes actions d'Alexandre ache-
vèrent d'établir la créance eue les peuples
avoient qu'il étoit fils de Jupiter. Jepté-
firme auffi que ce fat dans Pella Capitale
de Macédoine oh ce Prince étoit ne.
L'Apollon fous la forme duquel il eft re-
préfenté confirme ma conjecture, pareeque
cette Ville avoit coutume de mettre cet-
te Divinité fur ces Médailles. Enfin le
trou qu'on voit à cette Médaille, & qui
X fervi à l'attacher pour la porter au cou,
me fait croire qu'elle a été frappée du vi-
vant d'Alexandre. On n'employoir gue-
res pour ces fortes d'ufages que les Mé-
dailles qui avoient été frappées du vivant
de ceux qu'elle reprirent aft, parce qu'on
croyoit qu'elles avoient plus de venu que
les autres : 8i nous voyons que ceux qui
portent encore aujourd'hui des Médailles
de Sainte Hélène contre les vertiges 8c le
I Bb 6 *bs»-
jSS Journal dis Sçavak
mal caduc , n'y ajoutent foi
qu'ils font perfuadez qu'elles foi
blés , c*cft-à-dire > frappées du
cette P rince ffe.
J'avoue que ce mot AESIL
paraît écrit en caractères Latins
ici faire un grand obltaclc à- c
viens d'avancer, que cette Meda
frappée du tems d'Alexandre 1c
puifque fi cela cil ainfi , les Ma
n'ont pu fe feivir du caraâére '.
ainfi il faudrait rapporter cette W
tems que la Macédoine fut foi
Romains ,, & alors pour faire fa
auroit pu par un caprice politiqi
vir des ctraftérei de Tes vainqi
écrire du Grec en Latin, comme
tiques ou Raiîlidiens , par un
myftere & de cabale, écrivoienl
Hébreux avec des caractères Gr<
Mais comme j'ai montré pat t
convaincante que cette McdiilL
cune relation, ni à la Républic
l'Empire, & qu'elle fut frappée
avant que la domination Rom:
établie , je fuis perfuadé que ce
S1LLAS eft écriten purscaraétt
& que les lettres qu'ils compol
que l'apparence Latine.
Toute la terre me paflera aifi
deux propofitions pour l'A , I'l
Ceux qui font Sç,mas «i la coi
i i 171t. j89
, me les accorderont enco-
, puis qu'ils i
l'E des Eres Grecques marquées fur les
Médailles eft la première lettre de »WC*
qui en vieux Grec lignifie annits , Si qu'ain-
fi l'ancien tarnlnt* des Grées étoit formé
comme l'L Latine : & fi cela eft aujour-
d'hui paffé en r,:axime , pourquoi ne di-
tons-nous pas auiïi que l'ancien grand/rgmii
des Grecs étoit formé comme l'S Latine,
puifque nous en voyons ici un exemple
certain fur cette Médaille.
Mais fi un exemple feul paroit faible
pour établir une nouveauié qui tient du
paradoxe, joignez- y ce que Pline allure
* fur la foi d'une ancienne infeription,
que les anciennes lettres Grecques étoient
prefque toutes femblables aux Latines :
Ymm Qfttât Httir*i (dit-il) fmifi eafdim
pêne qui aune funt Latin*, indim trit Dei-
fbfcâ tabula antiqui tris , qn.t til hndic in
l'ulmia , dam Prinripum , Mhiciva. dkattt
in Bibltatlitia. 11 rapporte enfuit e les ter-
mes de cette infaiption, qui ne fe trouve
dans les Editions de cet Auteur qu'en pe-
tit caractère Grec , & en lettre courante
de celte manière , H:w<ri*ti™i TJnpin «s*-
MïVaipa "ni «S«»i «>iSwi> , mais comme
on ne le fervoit point de ce petic carac-
tère pour les monumens publics, & qu'il
Ea même lieu de douter fi les ^anciens
Bb 7 " Gtcci
\ Lii.7. itf. Jl,
»1' 5l«Jo»?Si
& ""in
SâgSs
»«'".
KTi*
L»»n,s ^ otif ■ tV""- ■♦fie'»* ^
nullement que l'ancien grand figma Grec
& nôtre grande S Latine ne fufient , fino
toujours , du moins quelquefois fembla-
bïes du tems des anciens Grecs.
Mais fi enfin j'ai befoin d'un fécond au-
près de vous pour mériter toute vôtre cré-
ance, j'en ai un grand à vous donner :
c'cftjoféph Scaliger un des plus illuflres
Sçavans du dernier fiécle 8c du précèdent,
qui dans Tes notes fur Eufehe décrivant la
forme des anciens caractères Grecs , met
comme je fais des S Latines dans cette
infcnpiion de Pline, 8c afTûre que nôtre
grande S Latine étoit dans l'alphabet des
anciens Grecs fur la foi d'une Médaille
qui porte cette infcriptîon , Aapianos
SEMNOS kaicaf , qui fut frappée , com-
me on le connoit au nom de l'Empereur ,
par des Grecs , fournis aux Romains , 8e
fur laquelle on voit des S Latines : mais
comme on pouvoir lui oppofer que ces
Grecs en avoient ainfi ufé par un effet
du commerce & de la focieté qu'ils a-
voient avec Rome , ou par des égards
politiques ; avec combien plus de force
n'auroit-il pas établi fon fentiment s'il eût
vu vôtre Médaille, Monfeigneur.oùdcux
S Latines font gravées fur une antique
frappée du tems du grand Alexandre ?
Au relie la raifon de cette conformité
de plufieurs lettres Latines avec les Grecs
cil aifée à concevoir , quand, qq. C^ikojta
i,i Journal dis Sçayams.
les lettres ont paJTé des Hébreux aux E*
gyptiens *, desEgypiiens aux Phéniciens,
3es Phéniciens aux Grecs, & des Grecs
aux Latins.
Voila, Monfeigneur, ce que j'ai penfé
fur vitre Médaille. Je croirai mes foins
h curcu Cernent employez fi j'ai travaillé
de vôtre goût. Je ne dôme pas du moins
que vous ne voyiez avec plailir parlaDif-
fertation de Mr. Graverol Ik par la mien-
ne, que le petit champ d'une Médaille
produit une abondante variété de fruits,
& que même il nous en donne d'inconnus
jufqu'à préfent , comme cette nouvells
découverte fur la forme de l'ancien figma
Grec qu'on chercheroit inutilement dans
tous nos Livres; & dont le feul Scaliger
s'ëioit avifé fur la foi d'une auire Médail-
le, qui , ou ne décidoit point la chofe,
ou la décidoit bien moins fortement que
celle-ci.
* Buhart tu fit, Chiiujui lii. I. 1. 20. lfxi,fl W.
NOUVELLES DE LITTERATURE.
DE LE IP S IC.
rL vient de paroirreun Livre Allemand,
d2RS lequel on fooSitiA la, vérité des ap-
^Ê M à i
piritions que M, Eman. Philippe Paris,
Mimùrc de HaracroJc , a eues , il y a
quelque temps. Voici !a méthode que
l'Auteur obfcive. I. Il rapporte ces trois
apparitions. La première arriva , tiit-il,
le 21 Novembre 1709- M. Paris étoït
couché avec un de les coulins , appelle
Guill. Colerus, Ecolier en Droit: entre
ccuï Si trois heures du matin Jei'us-Chrift
s'apparut à lui , & après l'avoir appelle
trais l'ois par fon nom , il lui dît : Ne
craignez rien. Allez dire au Duc d'An-
halt , que j'ai vu lesinjullicesqui fe com-
mettent dans l'on Duché ; que j'ai écouté
les larmes des innocensquî y font oppri-
mez ; c'eft pourquoi j'ai refolu de le faire
mourir bien-tôt. Cependant s'il empêche
les violences Bc les tDJufîiccs de Ton Con-
feii; s'il protège les înnoceDS , j'ajouterai
encore quatorze ans au nombre de fes
années. Dépêchez-vous d'aller annoncer
cette nouvelle à vôtre Duc , autrement
je commencerai ma vengeance par vous.
Le vingt-neuf du même mois, environ à
la même heure, Jcius-Chrul s'apparut en-
core une fois à nôtre Prophète, enferme
de feu, & après l'avoir appelle trois fois,
comme dans la première apparition , il
dit : Si vous n'aviez point averti vôtre
Duc, comme je vous Pavois ordonné,
tous les maux que j'ai préparez pour les
pécheurs fetoient torabei fur vous. V
>
594 Journal des Sçavans.
jmifque vous avez exécuté mes ordres î
je ferai voire Duc. . . . Samedi en huit jours
je vous parlerai encore. Le 7 Décembre
M. Paris trav'ailloit à un Sermon , entre
deux & trois heures après midi , lorfque
Jefus-Chrift lut apparut pour la troifiéme
fois. Nous panons fous filence la deferip-
îion de l'habillement , pour venir au Dif-
cours. Je fuis le commencement & la
fin , dît Jefus-Chrift à nôtre Prophète ; je
fuis celui qui a été , qui cft , & qui fera.
Vos pechei vous font remis , & je vous
prédis que vous ferez perfecuté àcaufé
de moi ; mais je vous affilierai 5 vous fe-
rez mon Prédicateur. Confolez-vous ,
ne craignez rien; vous ne me verrez pjas
fous cette forme, jufqu'à ce que je vien-
ne fur une nuée, &c. Comme M. Paris
n'a point manqué d'aller menacer le Duc
d'Anhalr de la part de Dieu , aînli qu'il
paroîr parle recir que nous vous venons
de taire, cette démarche lui a attiré beau-
coup d'affaires. Les uns l'ont aceufé d'ê-
tre un impudeur & un fourbe ; les autres
l'ont regardé comme un imbecille ; d'au-
.tres, comme un Fanatique. Enfin on l'a
cité devant le Confifloire. Le Prophète
y a été interrogé, & a toujours foutenu
que .les apparitions qu'il a vues étoient
véritables & iinceres jufqu'au dernier mo-
ment de la vie. &çks cette relation il
prouve, z. Par. \ca ïçïmbmtos «{à fcut
M a i 1711. Î9J
es dans l'Ecriture, que celles dont
îeftion ne font point impoflibles.
id 3. qu'elles font véritables , par
inement : Ou ces apparitions font
:s , dit-i! , ou elles partent d'un.
:e, ou elles viennent du démon:
iris n'a jamais paffé pour un Fa-
Sa conduite 3 toûjouri été fans
, comme le témoignent tous les
de Harzerode; il n'a pu avoirau-
erêt temporel en vue en rendant
ritions publiques. 11 a dû prévoir,
:raire , qu'il s'atrireroit par la la
es autres Miniftres ; il ne s'eft
Dupé dans toutes les ïmerrogatoi-
i a fubi. M- Paris cft Luthérien ,
n qui ne porte guéres ceux qui la
■nt à croire les apparitions. Ces
ons, dit l'Anonyme, ne peuvent
■enir du démon , autrement il fau-
te que le démon a exhorté le Duc
It à faire pénitence, 6c à foulager
pie. 11 s'enfuit donc , félon l'A-
ir, que ces apparitions font vetita-
Jhfcn ïcornpofé en Allemand l'Hif
1 feiie & du dîi-feptiéme fiecle,
)it mettre au jour inceflamment.
ndant il vient de publier dans la
Langue les Vies des hommes li-
rai ont vécu dans ces deux ÔfldsS.
1 font tirées de M. de Tïiow , &&
jo6 Journal des Sçav*
Théâtre de Freherus, de Que
de pliilieurs autres Biographes,
ne fait que mertte de fuite ce q
Vf feparément dans plufieurs Li'
en a quelques-unes, qui, félon
n'ont point encore été imprimé
font celle de Conr. Bergius ,
en i6xi, 8c mourut en 1691
Docleur en Théologie , & Prêt
la Cour de Berlin. Comme 1
tout Ton temps à la prédication
pofé fort peu de Livres. Il et
cependant quelques-uns contre
riens > mais M. Uhfen ne rapc
lieu , ni l'année de l'imprefûo
de Ben. Caipzovius de Leipfu
mort en 1707. U avoit été Pn
Poè'fie à Wittemberg , d'où il fi
remplir la place de Prédicateur
de Drefden en 1681. Nous av
un Recueil d'Oraifons funèbre
à Leipfic en 1710. in 4. z voli
de Jean Louis Fabricius de S'
qui mourut en 1696. Il a c'a
grand nombre d'Ouvrages , doi
ve le catalogue dans un petit Oui
Jean Albert Fabricius , intitule
ri* Eabriciaritm firiflis cUrorttm.
p. 1709. in S. dans la Biblic
Neocorus , à l'année 169*, t
Aéles de Leipfic , la même an
h de M. Ftid. Sdi^mwv, %w
I
M a i 171T. ,97
"*tr\ 1707. Nous n'avons de lui qnc dei
fermons Allemans imprimez à Lcipfic en
1708. in 4. Celle de M. Jac. Spcner,
tnort à Berlin en 170Ç. Il a compofé
plufieurs Ouvrages He Dcvoiion8c de Mo-
rale. Celle de M. Th. Ittigius , mort à
Leipfic en 1710, & celles de quelquesau-
tïes que nous parlons fous filencc.
DE TU B 1 N G E N.
Juf R. Jsger , Chancelier , & premier
**'YX Prolelfeiir de l'Uni verfi té de cette
ille, vient de publier un volume *d'Ob-
^érvations fur le Traité du droit de la
guerre & de la Paix, par Grotius. Hu-
~~ mis Grotii Libri très de jure Btiti cr Paris
\bjervaiiomiius JbiaUgicis , Moralibus , £r
PoUsini illujir.ui. Auil. Je. VeXfa. Jtgiro ,
Cancellarh , Ç9" pimurlo Thiel. Prcf. Tubing.
generali Super'mtendenti V Abbttt Adtiber-
gMï/ï.inS.pp.738. M. Jaeger rapporte, 1. !e
texte de Grotius , qu'il a abrégé en for-
me de pofitions. Il met enfuite fes Ob-
•^ïvations. Ce Obfervations fervent quel-
quefois à faire entendre le texte de Gro-
j-jj \is, & quelquefois à relever cet Auteur
-ans les endroits où le Commentateur
ïoit qu'il s'eft trompé. On y trouve en-
.ore des Diflertations fur les endroits diffi-
:ijes; & comme M. Jseger n'a pas jugé à
» BS ttoare cft« 1« Wtttbciit,
593 JûORNAt DES SçAT
piopos de s'étendre beaucou
Observations , il cite les Autei
peut lire fur les matières contet
M. J. Chrift. Neu a fait im
nouvelle Edition de la Methodi
dre& d'enfeigner la Langue La
pofée autrefois par Anr. Schon
primée à Strasbourg en 1549,
& en 1671. On a mis à la te
te Edition * le Difcours de Sd
manière d'apprendre les Langi:
nii Schor't Liber auriui de raii,
difcendtyue Lingua Lutine , cum
■vetert Autlorii de ralitnt difienc
guarum , cr nova Editons ad L
DE M A R S E 1 L
TJN Sçavant de cette Ville, p.
^ de toutes les définitions qu
nées du mouvement jufqu'à pi
propofe une nouvelle , qu'il foi
tant à la cenfure des Sçavans.
Le mouvement efl Vail'ton d'un cor\
prejfijn reçue dam un corps , par
peut i approcher ou s'ihigntr de qt
corps réel, ou fuppofê.
C'elt l'action d'un corps , ou ,
& c'eft en cela qu'il elt oppofé
qui eft la ceflàtion 5c la pnvatii
le aâion , & de toute impie!
* On I» «ouïe di«.ta,*<«fewï
M
Î99
Upidl» il peut l'approcher , ou s'éloigner.
Quand il n'y auroit poinr d'autre corps
3ue celui qui eft mû , il ne laiiïeroit pas
être dans un véritable mouvement , s'il
avoit teçû l'impreflion par laquelle il peut
s'approcher, ou s'éloigner.
D'an corps riel , ait fuppofe ; c'ell aflez
qu'on puilîe fuppofer un corps , dont le
corps ne puiiïe s'éloigner , ou s'appro-
cher, quand ce corps n'exifteroit point,
quand même il feroit impaffible.
L'Auteur s'engage à repondre aux diffi-
çultcz qu'on fera contre cette définition.
TABLE
DES LIVRE S,&c.
M
i Locki
17 HT
JKan Locke , Oeuvres diverfts. 483
Jac. Herm. AtiiECHT, DiQerta-
tio de anatomica pracipuarum partium
adminidratione. 494
Awdr. Chrts. Zaluski Littera;
pro defenfione Turium Ecclefiœ. 496
Le Nain de Tillemont, Mémoi-
res pour fervtr i I'Hijloite EuUfiaftiqut des
Jix premiers Siècles de l'Efltjt Tarn. XV.yvi.
6oô TABLE DES LÏVRES.
J o. Fraskii Tcnebra; lucidje , &c. s 1 3
Les Avocats four O" contre le Douleur Sache-
Le P. Au G. Chmet , Commentaire
littéral fur lei Livra de Jofué, de; Juges
C" de Rulh. jîg
Jo. Oth. Keliner , DifTertatio de
Originibtis Feudalibus. 543
Paul. Hermanni Cynofura Materia:
Medicré. 55Î,
U P. Ckamtleart, Vijfertat'iom fur
flufseurs Médailles wt. 55-4
Flechier , fis Lettres,- ;é8
Huit , IMtn fur l'origine de la Poèfit
"ïrancoift. 575
TliRlM , Bijfertation fur une Médaille du
Macédoniens. 582
Nouvelles de Littérature. 591
* Nwvellc Bibliothèque des -Auteurs KcdtjUjli-
ij.-irs contenant l'Hifloire de leur vie , U
Catalegue , la Critique , (3" la Chronolo-
gie de leurs Ouvrages , It Sommaire de ci
qu'ils contiennent , un jugement fur leur
Jiyle, & fur leur dotlrine i w le dénom-
brement des différentes Editions dt leurs
Oeuvres. Par M. L. Ellies ou Pin.
Tomes XVII. &■ XVI U. des Auteurs qui ont
fleuri ptndtatt le UTIL fieclt. 4. A Amfttt-
dam chei PieneW.OTn'owc.. v\u.
JOURNAL
DES
S C A V A N S,
Pour le Mois de
JUIN.
1 7 i i.
nn
Vj£#
f
M-DCCXl.
é
6c i
JOURNAL
DES
SCAVANS,
5
Pour le Mois de Juin M. DCCXI.
t'iliadi chômer e , rr.idiiit eu Fmjjjw, a-
i-ic du Remar^Hit. Pur Madame Dacieh.
A Paris , chez Rigaud , Directeur de
1 Imprimerie Royale, rué de la Harpe.
1711. in 11. ». vol. Tom. I. pp. 51a,
fans y comprendre la Préface & la vie
d'Homerc. Tom. 11. pp. 621. Tom.
111. pp. c.16.
T E goût des bagatelles en matiered'Oti-
■*— ' vnges d'efprit, eft aujourd'hui iî do-
minant en France, qu'on peut dire à la
honte de nôtre iïecle, que la plupart des
gens du monde ne sïniereflent guéres
qu'aux Livres de pur amufement, tk né-
gligent ceux qui en les diveriiiïant , pour-
roient les inlhuire. Ils ont lur-tout beau-
coup d'cloignement pour ce qui femble
s'écarrer des ufages modemts '. Xwê. «
Ce i ijas.
604 JOtlRNAt DES SçhVANS.
qui porte un caractère d'antiquité, quel-
que vrai & quelque folide qu'il puifle ê-
tre, leur devient ennuyeux) 8: il y en a
très-peu qui s'affr an chi fiant une bonne fois
des préjugez, de la coutume & de l'éduca-
tion , ayent le courage de fe tranfporter
par une fage lecture dans lesfiecles ies plus
reculez, de s'y entretenir avec ces grands
hommes qui en ont Ait l'ornement &
l'admiration, & de puifer dans cer agréa-
ble commerce des préceptes utiles pour la
perfection de l'efprit , & pour le règle-
ment des meeurs. Au milieu d'une pré-
vention fi univerfelle & iî peu favorable
aux Anciens, eft-il lurprenant queceschei-
d'œuvres de la Grèce , li relpeétez Se fi
applaudis dans tous les temps , ofent à
peine fe produire en public i & qu'un
Poète tel qu'Homère ne puiffe fe montrer
aux yeux des François, (ans avoir befoin
d'une Apologie, qui en lui tenant lieu de
parTeporr, lui prépare un accueil digne de
route fa réputation î Ce fecours en effet
lui étoit d'autant plusneccilaire, qu'ayanr
paru jufqu'ici étrangement défiguré daru
plufieurs verfions Françoifes, tant en vers
qu'en profe , non- feule ment il avoit con-
tre lui le defavantage de l'ancienneté, fi
propre à décrier les meilleures chofes au-
près de nos Lecteurs dégoûtez , mais il
avoit encore le malheurd'ëtreméconnoif-
fàble à ceux même <\u\ fo U. foi dei
J»'« '7ii- 6o*
Sçavans, s'étoient formé de ce grandPoe-
te l'idée la plus jufte Se la plus conforme
ià la vérité.
La gloire de reconcilier Homère avec
nos Modernes étoit refervée à I'illuflre
Madame Dacier, qui fait tant d'honneur
à Ton fexe, ft. dont les excellons Ouvra-
ges ont déjà fait tant de fois l'éloge , en
méritantrfeux des meilleurs Juges. La par-
faite connoiffance qu'elle s'eft acquife des
fiiieflès 8c des beautez particulières auideur
Langues, la mettoit en état de nous don-
ner une Tradudion d'Homère , dans la-
quelle ce Poète en parlant très-purement
François > conJfcrvât toujours fon propre
caractère , Bc ne perdit rien ni pour le
fens, ni pour l'expreflion. D'un autre cû-
té , comme elle a toujours fait fes plut
chères délices des deux Poèmes de ce fa-
meux Auteur, qu'elle s'ell appliquée de-
puis long-temps à en démêler tout l'arti-
fice & toute l'ceconomie , & qu'elle a
fait de ferkofes réflexions fur ce qu'on y
trouve delîngulicr, foit par rapport aux
dogmes de la Théologie Payenne , foit
par rapport aux coutumes. & aux maximes
de la Morale & de la Politique iperfonne
n'était plus capable qu'elle , de julu'fier
Homère fur tous ces chefs , contre les
Critiques peu feniées que l'ignorance & le
mauvais goût ont fait naître, particuliè-
rement dans ces derniers leai^à. c's&-
I
606 Journal des Sçavans.
donc ce qu'elle entreprend d'exécuter dans
la Prérace qu'on lit à la tête de cette Tra-
duction de l'Iliade ; Préface qu'on doit
regarder comme un morceau des plus a-
cheveu en ce genre, tant pour la juftetTe
& la folidité des raifonnemens , que pour
la dignité, la noblefle & les agrémens du
ftyle.. Nous allons en donner un Extrait
avec le plus d*exaâitude qu'il ribus fera
pofïible; & nous nous arrêterons d'autant
plus volontiers fur cette Pièce , qu'elle
nous fait connoître parfaitement Homè-
re, 6c qu'elle met dans un plein jour tout
le mérite de ce Poëte.
Il paroît que Madame Dacier s'eft pro-
po.fé quatre chofes principales dans cette
Préface : la première, de rendre compte
des raifons qui l'ont foutenue dans le
deflein de traduire Homère en François»
malgré les difficulté! d'y réiiflîr , qu'elle
avoit jugées d'abord prefque infurmonta-
bles : la féconde , d'indiquer les divers
fujets traitez dans les Remarques , dont
elle a crû devoir accompagner fa Tra-
duction : la troifiéme, d'expliquer de quel-
le manière les Poèfies d'Homerc fe font
confervées , comment elle* font venues
entières jufqu'à nous , & quels ont été
les plus célèbres Commentateurs de ce
Poëte : la quatrième enfin , d'examiner
quelle eft la véritable conftitution du
Poëme .Epique , Se *ù Asm^lt
!J U I N 17 II. C07
plaifir en foit ['unique but. Entrons dans
un détail plus circonflancié fui chacun de
ces articles.
I. Les obthcles qui femblent s'oppofer
àuneTraduclionFrançoifed'Homere.peu;
vent fe réduire à cinq. Le premier vient
de la nature du Poème Epique en géné-
ra! , & de ceux d'Homère en particulier,
Jefquels ne renfermantquedes in il ru fiions
utiles fous TeirVeloppe d'une Fable înge-
nieufe, n'offrent à nuire curioiité aucune
de ces avantures que nous n'appelions in-
terelTantes, qu'autant qu'elles roulent fur
l'amour. Le fécond naît des allégories
& des fables dont ces Poèmes font rem-
plis , & qui nous empêchant de fentir 'es
beautei qu'elles cachent fous leur éeorce,
nous font fouvent ma! juger de l'efprit du
Poëre. Le troilîéme eil tiré des mœurs
& des caractères de ces temps Héroïques,
qu'une trop grande fimpltcité rend mépri*
fables à notre liecle. Achille, Patrocle,
Agamemnon , & UlylTe (dit Madame
Dacier ) occupez à des fonctions que nous
appelions fervile?, feront-ils ToufFens aujour-
d'hui par des peribnnes accoutumées à
nos Hi-'rus de Roman , à ces Héros
Bourgeois , toujours fi polis , fi douce-
reux, & iï propres ! Le quatrième ohf-
tacle vient des fictions d'Homère , qui
sel oignent trop de cette vrai-femblance
que nous exigeons aujourd'hui tu «. ■y»-
Cc 4 ™
«08 JotlRNUL OBS Sç»Va.N1.
re. Tels font des trépieds qui vont NU I
affemblées, des ftatues d'or qui travaillent
avec Vulcain , des chevaux qui parlent,
&c. Le cinquième enfin , & le plus ca-
pable dembarrafier tout autre que Mada-
me Dacier, c'en la grandeur, la noblefle,
& l'harmonie de la diction dont perfoniie
n'a approché, & qui cfl peut-être au-def
tfus des forces de la Langue Franco/*,
Voici prefentement les raifons qui oM
rafluré Madame Dacier contre ces diicts
fujets de crainte.
1. Premièrement , elle a fait réneiion
Que la Poétique d'Ariftote traduire en
François , & enrichie de fçavaus Com-
mentaires par M. Dtcitr , jointe au Trai-
té du P. ie Bvjfit touchant la nature du
Poème Epique , ont pu difiiper 1 ignoran-
ce où l'on avoit été û long-temps à est
égard : Qu'après une ii beile explication
des règles, on pouvoit haiarder en Fran-
çois les Poèmes fur lefquels ces règles ont
été faites ! & Que par complaifance pour
tin petit nombre de gens efclavcs de leurs
préjugez, il ne falloir pas réfuter aux Lec-
teurs moins prévenus une iidelle copie de
ces deux grands originaux, l'Iliade Sil'O-
dyJîée.
i. En fécond lieu , elle eil peruMdéc
qu'il n'eft pas impoffible de juilirier Ho-
mère fur les fables & les allégorie* qtrtl
met en œuvïî > & ^ * <s« '
1
!
pKque ici d'autant plus ferieufement , que
ceux qui ont intenté cette accufation con-
tre ce grand Poëre, font des Auteurs du
.premier ordre parmi les Anciens. Le plus
redoutable de ces Accufateurs eft Platon.
11 croit les fables d'Homère fi dangereu-
fes , qu'il le chafle impitoyablement de fa
Republique. On pourroit oppofer à la
cenlure de ce Philofophe, le jugement a-
vantageux que Lycurgue autre fameux
Legiflateur porte fur les allégories d'Ho-
mère; on pourroit joindre à ce jugement
celui de Plutarque & celui de l'Empereur
Juflinien, qui ne font pas moins favora-
bles. Mais Madame Dacier non contente
de combattre autorité par autorité , s'en-
gage à répondre en détail à tous les re-
proches de Platon , dont voici les prin-
cipaux.
Platon blâme Homère d'avoir attribué
à fes Dieux toutes les paffions des hom-
mes; il trouve mauvais qu'on les voye
fe plaindre, fe repentir, fe battre les uns
contre les autres, dans les Ouvrages de
ce Poète. On répond à cela, Qu'il faut,
ou défendre aux Poètes de parler des ac-
tions des Dieux, ou leur permettre de les.
expliquer par des expreflions emprunts
des aérions des hommes; Que Dieu non*
feulement a fouffert que les SS. Prophè-
tes & les autres Ecrivains Sacrez a y ci t
parlé de lui de cette manière, mais qu'il
Ce 5 t».
610 JOUBNM. BES SçAVANS.
en a parié ira ri lui-même, parce que
mitre langage n'auroit pas été entendu;
Qu'à l'égard des ligues ci des combats ia
Dieux , l'Ecriture Sainte nous ofire fc
pareils exemples dans la lutte de l'Ange
contre Jacob, dans la refiltance de l'Ange
Gabriel, protecteur de h Grèce, lequel
(aucliap. 10. de Daniel) combat vingt
& un jour contre l'Ange qui protestent h
Perte, &c. Qu'Homère n*afiujelfii MX
emprifonnemens, aux playes, & aui firç-
plices, & i femblables accidens, que les
Dieux inférieurs , c'ell-à dire les dr>%t>,
& qu'il en excepte toujours le Dieu fu-
pième; Qu'enfin tout devant être anime
dans- le Poème Epique , Homère intro-
duit des Diviniteitcu'es altégt :
il parle tantôt comme Poète Théologien,
partageant levTencedivine en plufieurspe;-
fonnes ou attributs ; tantôt commcPoètc
Phyiîcien, déifiant les caufes naturelle!-.
- & tantôt comme Poète Moral , ïaiftnt
de nos vertus & de nos vices autant de
Dieux.
Le reproebe que Platon fait à Homè-
re, d'avoir dit Sut Iti Dieux fe U'tjjàtt fii-
chirpnr la ptitres c par Us fact'ijitts , com-
me s'ils étoient des ufuriers avares , qui
fiflent trafic de leurs dons Bï de leurs grâ-
ces, ne patoît pas mieux fondé à Mada-
me Oader. Ce paCTige d'Homère (félon
•Jle) neprefente pas leï&wmw&teRv
idu< ft
Juin iynJ 6tt
donne Platon; & elle le trouve très con-
forme à ce que dit Salomon, en parlant
du Temple qu'il avoit bâti ; Quiconijut
■vûUs a-!dr/fcra fis prières dam ce lieu, ex-
auees.-U dt z-otri fainte demeure, t'efl-à-iiivt
du Ciel, ©* Jh*z *tpaifi> Ainlî ( conri-
riue-t-el!e) ce mot d'Homère t^tIù ti n
!.-i ;-.:, aiisl , tes Dieux eux-mêmes Je iaif-
fent fléchir , cil un mot divin jc'elt le fon-
dement de la Religion , & l'unique ref-
fource des hommes.
Homère mérite aufïi peu la cenfiire de
Platon, pour avoir allure que Dieu eit la
caufe des maux , & pour avoir placé par
' cette raifon aux deux côtei du trône de
Jupiter Jeux tonneaux remplis, l'un, de
maux; & l'autre, de biens. On défend
encore Homère fur ce point, parla con-
formité de fes fentimens avec pluCeurs
endroits de l'Ecriture, où il eftdit : Le
mal defiend de Dieu ,'ur Jerafaltm s Eft-it
dans la ville quelque mal que le Seigneur n'ait
pas invoyé, vc Et quant à la fîdion des
deux tonneaux , c'eft (ajoute-t-on) la,
même image que David donne de Dieu
au Pfeaume 74. Le Seigneur tient en fa main
un» coupe de vin pur , qu'il mêle &■ tempère,
& qu'il verfe de l'un* dans l'autre , peur l»
faire boire aux pécheurs , vc.
On tire de la même fource la juitifica-
tion d'Homère fur deux autres reproches
de Platon; l'a», d'avoir donné, ivn.Dvcw.
Ce 6 **$
Iii Journal des Sçav*
des formes vifibles -, l'autre, c
prëfenté Jupiter envoyant un fo
peur au Roi Agamemnon. Oi
i. Que Platon a été dans Ter
a crû qu'il fût indigne de Dieu <
.Ire Tiiible fous la forme d'un
d'un homme : t. Que le fonge
envoyé a Agamemnon par Ju
beaucoup de rapport avec l'efpri
fonge que Dieu , dans rEcriture
au Roi Achab pour le féduire t
perdre; pnifquedans l'un 8c àï
cas, U tromperie ni h féduétioi
nent point de celui qui envoy
uniquement de celui qui eft env
3. Après cette ApoIogied'Ho
tre les aceufations de Platon ,
Oacier continue l'examen des ;
nculrez qui auroient pu la déti
fon projet ; Se elle vient a cel
tirée du peu de rcûcmblance
mœurs, les caractères , & lesufa
par Homère ont avec les nôtres,
te parle Couvent de chaudrons,
mittes , de fang, de graifle,. d
Sec. On y voit des Princes dép
bêtes & les taire rôtir. Qui pet
(dit -on) que ces Héros prepa
mêmes leurs repas; que les fils
grands Rois gardent les troupeau
rraraillent ; & qu'Achille falTe
Juin 171t. 61%
vante Interprète s'attache à faire fcntïr
combien font frivoles ces objections , en
montrant Que Je Poème Epique étant l'i-
mitation d'une action, le Poète doit ren-
dre exactement les mœurs telles qu'elles
font dans les temps qu'il défigne ; autre-
ment fon imitation fera fiufle, & fesHé-
ros ne feront que des Héros de Roman,
qui n'ont que le nom de ceux qu'ils re-
préfentenr : Qu'Homère ne pouvoir pas
fe conformeraux ufages des ficelés fui vans,
& que c'eit aux fiecles fuivans à remonter
aux ufages du fien : Qu'il n'eïl permis à
«n Poète d'embellir les fujets qu'il iraite,
qu'autant qu'il conferve ta reflemblance ,
& qu'autant qu'il évite de confondre les
caractères; & que c'eft aînli qu'Homère
ennoblit en quelque façon Achille , natu-
rellement colère 8c injulte , en le faifant
vaillant ; & qu'il joint la prudence à la
diffimulation naturelle d'UIyfle, pareeque
ces caractères vont fort bien enfemble:
Que les Princes pouvoient alors fans dé-
roger à leur dignité , s'occuper de mille
foins , qui ne font devenus méprifables
aujourd'hui , que pareeque nous avonsin-
finiment dégénéré des mœurs de ces temps
Héroïques , de ces heureux temps , où
l'on ne connoiflbit ni le luxe , ni la mo-
lerTe, & ou l'on ne faifoir confifter la
gloire que dans le travail & dans la ver-
tu, & lahonte quedans laçwelï'iSiî.ii.v.'k
Ce i. \*
weie ; (a^oV ilote ^ -v.ufte' c toi
.^ïeS*
peu 4C- ■
a*."
Ut dans la plupart de Tes fixions,
: de la lever , en obfervant Que
ice infinie des Dieux qui opèrent
les merveilles que le Poète noui
, les 'fait rentrer dans la vrai-
ce; & Qu'on ne doit acculer Ici
is d'en fortir , que lorfqu'ils font
r aux hommes, fans aucun fec ours
ux , des chofes tjui patient les for-
humanité.
aïs nulle de ces difficulté! n'égale
['il y a de pouvoir dans une Tra-
i Françoife approcher des charmes
ii&ion d'Homère. C'elt de quoi
1e Dacier travaille à nous couvain-
pleinement, en nous étalant tous
ntagesqui rendent cette diitionpref-
mitable en toute autre Langue; 8t
roit tellement pénétrée de ce qu'elle
écrit, qu'il f érable que toutes les
i qu'elle admire dans le flyled'Ho-
fe communiquent au lien en cet
: de fa Préface. Nous fouhaiterions
; bornes ordinaires de nos Extraits
■rmiffent de le ! ranferireici dans toute
indue. Mais il faut nous contenter
arquer en gros aptes elle , Que la.
. d'Homcre a toute la clatté que
t dans le Difcouts le choix des mots
i, & toute la nobleffe que donnent
preflion) figurées : Que quelque
i, & quelque communs apa faicat
J
6i6 Journal des Sçataks.
les mots propres que ce Poète employé,
il a fçû les relever parl'harmonie , en ]«
mêlant avec art , 8c en les foutenant pjr
des particules fonores, & par des epilBc-
tes magnifiques ou gradeufes, qui en ca-
chent tout le désagrément : Qu'en mêlant
des termes durs, rudes & communs avec
les termes les plus polis & les plus cou-
lants, il a fait une compofition moyenne,
qui tient de l'auflere ou de la rude, kdc
la gracieufe ou de h fleurie ; & que par «
moyen il mêle admirablement l'art & la na-
ture , la pafiion & les mœurs , comme De-
liys d'Halicarnaffe l'a fort bien expliqué.
Madame D^cier avoué' que la Langue
Françoife n'admettant point cette compo-
firion mêlée, ces particules nomhreufa,
ni cette différente harmonie qui mit du
différent arrangement desmots;cetre Lan-
gue eft incapable de rendre la plupart des
beautezqui éclatent dans cette Poëlie.Poiii-
quoidonc (ajoute-t-elle) faire une en-
trepiiTe où l'on ne peut réiiflir ? Voici
les raifons fur lefquellcs elle lâche de II
juflifier. 11 y a dans Homère des beau-
tez fuperieures à celles de l'expreffion,&
qui en font indépendantes. Telles font
la grandeur des idées; la majeflé du nijrt,
cette belle nature qui règne par-tout, la.
vatieté mervcilleufe des oiacteres. Les
aiplesles ç\uî Va\\jwts n'ont point été
feolibles à tou\« «*W\asi. - *
iWfïÇ*.
J d t m i7irl 6if
ens Se les Perfans ont Homère tri-
leur Langue, & qu'on allure mê-
il y en a une verfion Chaldaïque
iaque. Or it eft vrai-feraWablcquu-
iuétion Françoîfe peut valoir ces
ions-là , & faire encore mieux
a plupart des agrémens du ftyle.
>1us, Madame Dacier déclare avec
ladeftic qui lui eft fi naturelle , 6c
ompagne fi rarement un grand fç.a-
Qu'elle n'écrit pas pour les Sçavans
ni Homère en fa Langue, or qui
miflent mieuï qu'elle ne le connoîE
me; Qu'elle écrit feulement pour
ai ne le connoiûent point, ou pour
ui commencent à l'étudier. Sur
iddrefJun aux premiers , elle leur
; par une image irès-mtereflinte le,
;ni qu'elle fait defon propre iravail.
lofons (dit-elL-) nu'Hcleue mou-
;n Egypie, qu'elle y fut embaumée
tout l'ait des Egyp:iens , & que
:orps conrmejul'nu'à nôtretemps,
oité aujourd'hui en France. Cette
nie n'attirera pas toute l'admiration
Mené vivante attira à fon retour
froye,... Oan'y verra pascesyeux
îs de feu , ce teint animé des coa-
i les plus naturelles & les plus vi-
cettegrace, ce charme, qui faifoit
x tant d'amours , 8C qui fe faifoit
r aux glaces mêmes 4c ». w.'SkSay
pnnoitra encore la juflelTe
fefesttaits Scl'imagi-
■e de ces relies précieux in
■voir que celle qui confer-
: la beauté dans les bras
i mort , devoit véritable-
lier pendant fa vie aux
Relief. Voila (. continue-
Bée la moins flateufe que je
Jiner de ma traduction. Ce
:re vivant Se animé, je
c'eft Homère. On n'y
■ pas cette force, cette grâce,
I, ce charme qui ravit, & ce
■échauffe tout ce qui l'approche;
I y démêlera tous fes traits, 6c
nétrie admirable de toutes fes
J'ofe même cfperer qu'on y
a encore d'affei vives couleurs,
ouvoir douter un moment s'il
encore quelque refle de vie,
■ante Interprète n'oublie pas ici
"au devant d'une objection que l'on
diniire contre les traductions en
i Ouvrages P'oêriques. On pré-
: le moyen le plus fur d'appro-
jn original , c'eft de le traduire
Rien ne paroît d'abord plus plau-
ce ftniiment. Néanmoins aprèt
b'pefë les raifons qu'allègue M. Da-
Wpuur prouvée l'impoïï&\\ttt^\icho-
H I M »7It. 619
j-diSicilc de n'en pas conve-
; de ces raifons , & celle qui
frappeia davantage certaines
.11 que tous ceux qui ont hasarde"
.aduftions en vers, quelque répa-
ju'ils euflent d'ailleurs dans la Poé-
Dntfait (félon elle) avec très-peu
lès.'Mais voici d'autres raifons plus
ncantes. Dans les Langues vulgai-
ir-tout dans la Françoife , un Tra-
r ne peut dire en vers tout ce qu'»
unerc ; il faut neceflairement qu'il
, qu'il retranche, qu'il ajoute. De
nôtre Poëfic Françoife eft incapa-
rendre toutes les bêautei d'Home-
&i d'ateindre à fon élévation : elle
le fuivre en quelques endroits choi-
traper heu reufe ment quelques vers,
c ont fait MM. Difprcmx & Racint;
la longue le tiffu fera fi foible,
y aura rien de fi languiflant. Vit-
ioit , Qu'i'i aurait éii plus m/t d'ar-
i Hercule fa ma/fui , i\ut île dirobtr
\ à Homtrt pur VimhntUn. Or ce
irgile trouvoit fi difficile dans fa
e, doit palîer pour impoflîble dan»
e. Il n'en eft pas ainiî de la Pro-
ie peut fuivre toutes les idées dm
, conferver la beauté de fes images,
ut ce qu'il a dit , fe foutenir dans
>licité & dans fa médiocrité même!
s ennemie du. Potmtî.'îvsï»".
fée avec art, tiendra plut de
qu'une traduction en vers ; &
fonvent dans la Profe une précil
beauté &z une force , dont la !
fcwioft approcher. On peut di
font ces qualitez lî difficiles à n
forment le véritable caractère di
de Madame Dacier dans cette
de l'Iliade. Ce n'tli point ui
littérale, qui par une fidélité tv
knle devienne infinie, 5c qui i
vaut la lettre ruine l'efprit ; c'e
duftion genereufc fc noble , q
tes beaurez de la Largue en ;
fortement aux idées de ton Au
en rend toutci les inmea.fansci
les mots ; &; qui par des tra
mais- toujours vrais . devient i
tner.t la cnbie fLicUe de fon orio
J 1> l * I7M.
fon jout le mérite des bonnes Traduft
far deux comparaîtrons tiès-jultcs , dont
une eft empruntée de la Peinture & de
la Sculpture; & l'autre , de la Muiique.
II. Nous nous Tommes arrêtez fi long-
temps fur la première partie de cette Pré-
face, que pour ne pas tomber dans une
exceflive longueur , noos ferons obligez
de ne faire, pour ainfi dire , qu'effleurer
les antres articles dont il nous reite à par-
ler. Le premier qui s'offre, concerne les
Remarques dont cette Traduction eft ac-
compagnée. 11 ne faut pas s'attendre d'y
trouver une Critique de mots fort fré-
quente; c'eft de quoi l'on s'y occupe le
moins : car outre que rien n'eft plus fec»
plus fterile, & plus deiagreable, Homère
heureusement elt celui de tous les Auteurs
de l'Antiquité profane , qui foit venu k
nous le plus eniîer & le plus correct Or»
a donc eu principalement en vue dans ce»
Remarques de taire appercevoîr ce fublj-
me & ce merveilleux qui régnent par- tout
dans Humere; d'expliquer ce fçavoir pro*
fond; démontrer fa fogefle dans fes fic-
tions même les plus furprenantes; de faire
ïentir la variété des mœurs & des caractè-
res qu'il nous prefente; de développer les
préceptes excellens que renferment fes Dît
cours; d'éctaivcir les opinions Theologi-
*jues remues de fon temps; de prouver la
conformité de lis idées 6c ic ton frfs x-
ÉZ1 JoUKHH DBS SçAVANS.
vec ce que nous avons de plus facie" .
marquer jufqu'où les Grecs & les Barbirn
avoient déjà porté l'Arc Militaire; d'éli-
miner divers points d'Antiquité , foi!
rouchant la Géographie, foit touchant ls
ufages de ces temps-là , &c. Madame
Dacier fait ici fur chacun de ces différera
fujets quelques Obfcrvations très-curieules
& très-fenfées , qui nous donnent un*
efpece d'avant- goût de ce qu'elle necutc
plus parfaitement dans Tes Remarques.
III. Elle nous entretient après cela &&
principales Editions qui ont conduit Hc
mère de iîecle en iîecle jufqu'à nous. U
première fut celle que procura icoouiî-
anj avant Rome bâtie, le Lcgiiïateur Lï-
curgoe, à fon retour d'Ionie, où il a voit
trouvé les; corps entiers de l'Iliade & de
l'Odyffée, dont on ne connoifloitenGie-
ce jufqu'alors que quelques parties déta-
chées. Pififtrate ayant raiTemblé tonio
les pièces de ces deux Poèmes , en fit faire
un Edition en faveur des Athéniens , li-
quelle eut cours en Grèce pendant plus if
LX Olympiades , c'e(t-a-dire , jurqu'aO
temps d'Alexandre le Grand. Ce Prince,
qui aimoit Homère avec tant de parfit
qu'il le mettoit toutes les nuits avec
épée fous fon chevet, & qui voulut qi*
la caffette meflimable de Darius n'eût d'«-
tre litige <l»« «\v& 4t «ufcrmcr les O
s de ce Çaëic » «i feraw,*- —
Juin 1711. fe,
riger le texte en fa prefence par les Philo-
foplics Callifthéne & Anaxarque , ayant
pris même ilu cela les avis d'Ariflotes 8c
cette Edition d'Alexandre fut appellée l'E-
dition de U Caffrtte, Elle fut fume de celle
île Zc»o4en , fous le premier des Prolo-
mées , & enfin fous Ptolomée Plùlome-
tor, vers l'Olympiade CLVI. ou ■ a ans
avant J. C. parut celle du fameux jtri/Jar-
que, laquelle eut unefi grande réputation,
que les copies s'en multiplièrent extrême-
ment : & c'eft ( dit-on ) d'une de ces co-
pies que viennent fans doute nos Editions.
Madame Dacier fait enl'uîte paiTer en re-
vue les divers Commentateurs d'Home-
re , qui ont vécu avant & après Ariftar-
que. Comme ii ne nous relie de la plu-
part que quelques citations , elle ne s'ar-
rête que fur le Grammairien Didyme, &
fur l'Archevêque de Thefialomqué Eu/la-
iln , les deux feuls que le temps ne nous
ait point enlevez; & elle en fait une cri-
tique très-judicieufe ,' que le Lecteur
pourra confulter.
IV. Madame Dacier a voit refait! d'éta-
ilir dans cette Préface les règles du Poème
Epique , 8f d'examiner fur ces règles un
de nos Poèmes Epiques & un de nos Ro-
, -Bilans. Elle prétendoit auffi difeuter s'il
l eft.vrai qu'Homère dans fes Poëfies n'ait
r'ncipalement cherché qu'à plaire ,& oiw.
Morale y fort fubordonnée\aV »çj.râs«.\«:
t££y
9&P
Juin 17t.; ffa;
Poëfie, maïs encore plus pat la nature mê-
me de ce Poème, qui eft une fable géné-
rale & univerfelle , comme celles d'Efope,
& tendue particulière par l'impoiition des
noms. Or on ne s'imaginera jamais, (dit
Madame Dacier ) qu'EJofl n'ait cherché qu'à
plaire dan; fe; fablti , e" que L'inftruftion n'y
fait q*i comme un a[]4: fermement.
On apprend à la fin de cette Préface,
que la Traduction de l'Odyilée ne fuivra
pas celle de l'Iliade d'aulTi près qu'on l'au-
roit Ibnhaitté. L'excufe qu'en donne Ma-
dame Dacier efl des plus legirimes. Ac-
cablée du coup funeiie qui lui enlevé une
tille, queles qualité/, de l'efprii Se du cœur
lui rendoient infiniment chère , elle n'a
plus de force que pour fe plaindre. Elle
je fai: ici en des termes fi touehans, que
ceux même qui n'ont point connu l'aima-
ble perfonne dont elle déplore la perle, no
pourront s'empecher d'être attendris avec
elle, & de partager fa douleur.
Nous donnerons dans le mois prochain
un Extrait de la Vie d'Homère qui
fuit cette Préface. Nous y joindrons quel-
ques morceaux de la Traduction , 8c le
précis de quelques unes des Remarques,
comme un échantillon qui puiûe faire ju*
ger du mérite de tout l'Ouvrage.
Dinenatio Hiilorica de fummo Anoftols.-
cœ Scdiî Imperio in Urtjcva Owt&s* .
Di vasrv-J
que leS a
Juin nu. t*y
ttguoient à mettre cette ville en état de
foutenir un fiege , dont elle étoit mena-
cée. Voici en abrégé ce que contient fa
Diifertaiion.
Il prouve d'abord que Comachio eftune
des vingt villes de l'Exarchat deRavenne,
que Pépin Roi de France donna au S,
Siège, après en avoir dépouillé Aiftulnhe.
Roi des Lombards. Pendant que la pof-
lerité de Charlemagne fut fur le Trône,
les Papes jouirent de cette donation, mal-
gré les entrepriles feditieufes de quelques
Archevêques de Raventie , qui voulurent
s'attrihuer fur rExarchat des droits qui ne
leur appartenoient point. Quand la race
de Charlemagne fut éteinte , la plupart des
peuples de cette Province fe révoltèrent
contre PEglife Romaine ; mais Othon le
Grand les fit rentrer dans l'obéi fiance. Si
feï defeendans , & les autres Empereurs
qui les fuivirent , s'emparèrent de l'Exar-
chat; il n'en eit pas moins certain qu'une
bonne partie des peuples reconnurent tou-
jours le Pape pour leur Souverain , &que
le S. Siège fut toujours très- attentif àcon-
ferver Ces droits. Innocent 111. fe remit
en poffelïîon de tout ce grand Domaine.
Othon IV. Frideric II. tous les Prince»
de l'Empire, lui en confirmèrent la Sou-
veraineté pleine 8c entière ; & cette con-
firmation fut encore ratifiée fous Hono-
rius III. Rodolphe, premiei ïaïiçwnk**
Ddi ^*
6l8 j0USN'>tt>E5 SçAVJLNÏ.
la Maifon d'Autriche, fuivît l'exemplei
Friderîc II. &c par un Acte authentique n
toutes les villes de l'Eglife Romaine fout
nommées, il maintint le Pape Nicolas IIl
& les fuccefleurs , dans la poffeffion de
ces villes, & de leurs dépendances. Dm*
ces temps-là Coraacbio n'étoît pas tou-
jours dans un même état , par npporr à
fes maîtres particuliers. Tantôt «ne vil-
le obéïffoit aux babitans de Raveiwt,&
tantôt ceux de Ferrare raiTiyeitilIbi«rt.
Quelquefois aufii elle trouvoit le moyen
de fecouer le joug des uns & des aunes.
Mais qu'elle dépendît de Fcrrare , ou de
Ravenne, ou d'elle-même ; elle n'en é-
toît pas moins au S. Siège, puifque d'un
»côté elle ne ceflbic pas d'être de l'Exarchat;
& que de l'autre, Ferrare même appane-
noit à l'Egale Romaine.
Les Princes de la MaiCon d'Eft ayant
long-temps gouverné cette dernière ville
fous l'autorité du S. Siège , cm reprirent
de s'y tendre indépendans , & en 131e
ils reçurent au nombre de leurs Sujets les
habitans de Comachio , qui Je donnèrent
à eux. Ces Princes étant rentrez dans le
devoir en 133a, ils continuèrent à domi-
:r à Ferrare, mais feulement en qualité
„e Vicaires du S. Siège ; &i comme on
ne jugea pas à propos de détadierdu Fer-
jarois le Comté de Comachio, cette ville
- t plus Wtt ^ 4tvBÂ\w 4asa Vv Cuite
Jm» 1711. 619
avec Ravenne. Jules II, dans les Ordon-
nances qu'il fit touchant les Salines de Co-
machio , agit en véritable Souverain ; 6c
lorfque Clément VIM. Ternit enpofleffion
de Ferrât e Bc du Ferrarois , qu'il jugea
Être dévolus au S. Siège , Comachio fui-
vît fans contredit le fort de Ferrare , puif-
qu'il étoit compris dans le Vicariat decer-
te Ville, Cent ans qui le font écoulezde-
puis ce temps-la, font uneprefcriptionqui
confirme tous les droits dont nous venons
de donner le précis,
L'Auteur condnd que l'Eglife Romaine
ayant été Souveraine de Comachio & a-
vant le rétabliflement de l'Empire d'Occi-
dent, Scaptès, jufqu'àprefent, la Mailbn
d'Hit a tort de vouloir contdter un droit
fi folidement fonde. Ceui qui ont écrit
en fi faveur allèguent plufîeurs inveftitu-
res accordées par les Empereurs aux Prin-
ces de cette Maifon ; mais on s'applique
à montrer fur la en de cet Ouvrage,
que ces titres n'ont nulle force , foit
p.ircc qu'ils ont éiè révoquez , foit plu-
tôt parce que les Empereurs ne pouvoient
légitimement difpol'cr de ce qui n croît pas
Les Actes qui fervent depteuves à tout
ce qui a été avance dans la Differtarion ,
fe trouvent tout au long dans ce volume;
ils en compofent près de la to»\<\^-
m le- |
630 Journal des Sçavaks,
Fafcieulus DilTertalionum Medicarum
kftiorum cjuibus coriofa non minus
quàra utilia fdentiœ Apollineœ Theroa-
u diligentcr pertraftata. Seadcurateex-
pofita iîiluiitur. Theodoiui Zvsh-
gebui, Anat. & Bot. in Acad. Baiïl.
ProfelT. cujus privata cura, inft>iu::oae
& ausilio à fuis quaeque Auâotibflf
confcriptae , publicèque ventila» fue-
runt revidit , emendavit, auxit. &*$'
ici, fumptihu! Job. Ludttvici Kaenig, Ty-
piijah. Conrad* AUtbtl, 1710. C'eft-
à-dire ; Rfcueil de Vigtrtmoni de Mrdt.
tlue , icmpefèti par divers Auteurs , fous
lu yeux de Théodore Zuinger , Prof'tf-
jêur d'An&temie £5" dt Botanique , dues
i'V'nherfité de Bxjlc , lequel tel a tivits ,
ttrrigits , V augmentées. A Balle , aux
frais de Jean Louis Kœnig, de l'Impri-
merie de Jean Conrad de Mechel. 1710.
vol. in il. pp. 6*9.
fE Recueil comprend douze DilTerra-
*"* tions, dont voici les fujets. De l'an-
lipaihie de l'homme pour certaines ebo-
fes. Desformiambules. Delà maladie do
pais. Des amandes. De la nature i!u
nitre , & de Ton ufage en Médecine. Du
mercure , Se de fes propriété!. De la
famé & de la maladie des plantes. De la
ûlive. Des eaux dePlorabicrç. Des ntau-
vaifes
Juin i7ir.
vaifes odeurs du corps humain,
pierre du Rein. Nous ne fçaurions don-
ner l'Eïtrait de toutes ces DifTertations,
dont chacune en mérireroit un en parti-
culier. Nous nous bornerons à une feule, qui
fera celle de la lalive. La falive eft une
humeur fereufe, claire & inlîpide, fepa-
re'e de ta m a île du fangpar les glandes des
mâchoires , par les parotides , Ci par d'au-
tres glandes qui font autour de la bouche,
& fous la Langue , puis verlée dans la
bouche par des conduits pnrtmulicrs. Cet-
te liqueur eft eompofée de principes dif-
férens, mêle/ enlemMe dans une certaint
proportion; Ravoir, dephlegme, d'aci
des, d'alcali, tant fixes que volatils , d'hui
le , & de terre, De ce mélange fe fai
un tout, qui n'eft ni purement alcalin, n
purement acide , mais mixte ; les parties
aqueuies y dominent le plus, les alcalines
& acides volatiles y font en allez grande
abondance; mais pour l'huile & la terre
il n'y en a qu'une fort petite quantité.
Que la falive foit eompofée de ces diifé-
tens principes, l'sxpariCJiGE le fait voir:
les parties aqueufes s'y découvrent d'elles-
mêmes. Quant aux particules falitics alcali-
nes, on ne" f^auroit douter quelles n'y foient,
fi l'on fait réflexion que la falive diuouc
les fuulfies, ce qui eft le propre des sic
lis t & pour ce qui eft des acides , il r
inipùffible qu'elle n'en renferme, puifqu'1
..'
<yie 1»'»»" ™»l«V»5*^M0Bn
lî jettent ou»
Juin 171 i. 633
arce que les branches d'artères que ce*
glandes reçoivent ne paroiflent pas funV
fantes pour fournir à la bouche une auffi.
grande quantité de falive que celle qui y
découle fans cefie. Mais on répond ici
qu'à la vérité les nerfs fourniflent à la fa-
live quelque chofede leur part, mais qu'il
s'en faut de beaucoup qu'ils fournirent
tout, & pour le prouver on apporte l'ex-
emple de ceux qui font paralytiques d'une
moitié de leurs corps , lefquels ne laiflent
pas de faire quelquefois une plus grande
quantité de falive du côté paralytique que
de l'autre. On ajoute , que lorfqu'on lie
une des jugulaires, & que par ce moyen
on empêche le retour du fang à un des
cotez du col , la' falive coule plus abon-
damment de ce côté que de l'autre, preu-
ve manifefte , dit l'Auteur , que ce font
les artères qui fournirent la matière de la
falive.
Quant à la matière antécédente plus
éloignée , ce n'eft que le chyle. Ce chy-
le, comme l'on fçait, eft d'abord travail-
lé dans l'eftomach, puis perfectionné dans
les inteftins grêles par le mélange de la bi-
le, & du fuc pancréatique , qui en fepa-
rent les impuretés grofiieres,.& enfin con-
duit de là par les vaiiîeaux- ladez du me-
. fentere au tronc lymphatique, & dans le
canal thorachique , d'où il pafie dans les
fouclavieres, en forte que tel eft le chyle ,
telle eft la falive. Dd 5 L/u--
nttmf
634 JOURMAt DES SÇ A
L'ufàge de la falive efl un point im;
tant à examiner : cet ulage eft ou imerr-e
ou externe, l'Auteur confidere ici" l'uni
l'autre. L'ufage interne de la falive d
non-feulement de pénétrer lesalimensdia;
la bouche , mais principalement de kfl
fervir de fermait dans l'eilomach . pour
leur entière & parfaire digeltioa ; les (Vis
■volatiles de la falive cicitez par Ii du-
leur , s'infwuent dans les pores ta lit
mens , & y t'ont, par l'cntnemifc d« pu-
ticules éîafliqucs de l'air , les diffulutions
îiecefiaires pour réduire les alimens enunr
clhccc de ertme. Un autre ufage de cette
falive elt de contribuer au lénrimcnt -in
goût , en détachant dans la bouche les
difterens fels des alimens , & d'cmp&SS
h f.îiî.en humectant par fes parties aqum-
fcs IcgoMer & la Langue.
Quant à l'ufegc externe. La f.ilive mi-
fe fur les dartres , les puftules , lei rou-
geurs , & autres maladies de la peu , la
guérit infailliblement, pourvu que ce fwt
à jeun, & qu'on reïtere ce remède pU*
fieurs fois de fuite. Après ces Observa-
tions , l'Auteur examine les différentes
maladies de la falive, & propofe £xm
remodes pour rétablir cette humeur dar.s
fon état naturel. Ces maladies font le
défaut ou le non grand écoulement de U
"'ive, 1a vifeoiîré , l'acidité, la falure
c/eté, l'amertume, la fadeur
r. !.«•
J o i K 1711. <$i%
lignite. Sec. tous accidens contre lefquels
il propofe les fecours neceffaires. Le trop
grand écoulement de la falive eaufe plu-
ficurs effets fâcheux , tels que Tant entre
autres la djfficui:é de parler , le vomiffe-
ment , le défaut d'appétit , &c. Quant
au premier, il on en recherche la ciufe,
on verra qu'il vient du relâcliemcnt qu'u-
ne falive trop aqueufe produit dans les
mufeks delà Langue & du pilais : On
.en a un exempte bien fcnfible dans les en»
fans, qui ayant toujours les glandes de la
buuche regorgeâmes de falive, ne pronon-
cent qu'à peine les lettres de l'Alphabet,
& quelquefois même demeurent long-
temps muets , jufqu'à ce qu'enfin celte
humeur venant à diminuer dans la fuite,
permette aux organes de prendre la fer-
meté nccefiaire. C'elt atnfi que Maximi-
lien , fils de l'Empereur Frédéric 111. a-
près avoir demeure jusqu'à l'âge de neuf
ans fans pouvoir prelque parler , dpvjni
un des plus diferts de Ion temps : C'clt
ainfi que Demoflhcne qui ne pouvoitpro-
noncer la lettre R , parvint enfin à une
entière liberté de langue, a force de pro-
mener dans fa bouche de petits cailloux , qui
jm douchant la falive , ôteu
qui l'empëchoit d'articulci
certains mots : C'eft ainfi ei
tus, célèbre dans l'HiftoircJ
ayant cûqIuIlC l'ut [on balbrit
D4 6
' l"'T,«'9'/"i"-
»«. *****
i h 171 >■ 6i7
■vtrfitm Ifraîl "
bit, Dominum.
6. Ht tenvenerunt in Mafphath, bttufe-
runtqui aquam , £5* ejfuderunt în confpcilu
Dcmim , tjr jtjunaverunt in die illà , atqua
âixituni ibr. Ptctavimut Domina.
Cette verdon s'accorde avec le Grec8£
l'Hébreu. La Bible de Sacy , & les au-
tres qui l'ont fuivî , traduif^nt ainfi ce
palîage en nôtre Langue. $. Ht Samuil
leur dit : Afitmttiz. lotit ifratl à Mjfphalh,
afin ituc JE prie le Seigneur pour veut.
6. Et ili s'ajjtmbltrent. à Ma/pbath , ils
fuiferent de l'e a h , qu'ils rèpandirtnt
déliant te Seigneur , ils jeimirent ci jour-Ut,
tr ili dhtm : Noms avons péché centre le Sei-
gneur. C'ell cette effufion d'eau devant
le Seigneur, qui tait une difficulté fur la-
quelle on n'a pu encore donner ftiisfac-
tion. La note qui eft dans la Bible de
Sacy par forme d'explication , ditquecette
cérémonie fe fit pour marquer, ou qu'ils
t.' étaient devant Dieu que comrm un» tau qui
s'éccule tjr qmfe perd , ou temmt pour fup-
pléer aux larmes qu'ils eujjent kdk/m répandre,
avec plus d'abondante du fond de leur ejeur.
Mas il me fembleque cette effufiond'eau
faite dans la première de ces deux vûi'
eût éic en cette occafion une ceremn
aflei inutile : & pour l'autre pratique,
voie de verfer quelques féaux d'eau, t
nie pour fupplcct >w 4 q^<k
638 Journal des Sçavans*
voulu répandre , elle ne me paroît pas
même aficz férieufe. Il y en a qui ont
ofé avancer que cette expreiîion étoit une
hyperbole , & qu'elle ne lignifie autre
chofe , linon que les Ifraclites puiferent
dans le fond de leurs cœurs , les eaux de
krmes qu'ils répandirent par les yeux de-
vant le Seigneur : mais cette hyperbole
feroit fort extraordinaire, trop outrée, &
fans exemple. Les plus raifonnabies ont
crû que c étoit une libation ; & le Protef-
tant dont on a parlé prétend que c' et oit
la libation du facririee que Samuel fit.alore
pour le peuple. Mais trois raifons etien-
tielles détruifent cette conjecture. La pre-
mière, que la libation ne fe faifoit que
dans les facrifices : la féconde , qu'elle ne
fe faifoit que par les Piètres : & la troi-
fiéme, que jamais la libation ne s'eft faite
avec de 1 eau chez les Juifs : c'étoit tou-
jours du vin , au Heu que ce n'eft ici que
de l'eau que le peuple répand , & que Sa-
muel n'offrit point de facrifice encerteoc-
cafion-ti $ il ne le pouvoit pas même. Sa-
muel en qualité de Prophète établi de
Dieu, & de Chef de la Nation, pouvoit
bien offrir des holocauites à Dieu , & Je
premier Livre des Rois nous apprend qu'il
la fait trois fois * mais pour expier le cri-
me d'idolâtrie , il n'y avoit point de fa-
crifice établi : & c'ett par cette raifon, &
ai ce fcns-là , q^ te î^te &^ dans
J » ,« ,„,.
le Pfeaume 50. si vtui «mm
ftcrifit* , ie n'aurai pai tnai^i » *W m
offrir : mail nui hoUcauF-u m* veut {Mifr
reUnt fm. Un tffrit brifi dl d**U*r , tjl m
facrijia dignt de Dieu : d*Çt vm
ftrez,pM, Seigneur , un exur ionhii tf *W"
viilit, C'en, aulfi la ni fort pour Usuelle
l'Ecriture feinte, .qui eii partout d'une cs-
aftitude digne d'admiration, ne dil point
ici que Samuel ait offert aucun iacufice:
elle a eu loin de marquer qu'il ne prô-
nât au peuple, linon de prier le Seigneur
pour lui.
Je fuis perfuadé que ce palfige ne fe-
rait aucune difficulté li l'on en peiuit con-
tes les paroles , & fi on en conlideicil
toutes les circonftances. Le peuple étwtt
altérable par le Prophere , pour faire un
del'aveu folennel de l'idolâtrie a laquelle
il i'étoit laifie aller, Scpour affilier, coin,
me j.e l'ai dit , à la prière que Samuel
alloit faire , afin d'appaifer la colère de
Dieu qui a voit paru irrité contre l'un peu-
ple. Les Iftaélites joignirent à la prière
du Prophète un jeune univerfel cejour-li:
& ce fut pour mettre généralement toute
l'AfTcmblée dans la neceffité d'obfervcr ce
jour de jeune en toute fa rigueur, c'efl-
a-dire, non feulement fans prendre aucu-
ne nourriture , mais encore fans boire
même de l'eau* qu"ils puiferent toutecel-
le qui éwit dans le puits du Bom^iiyûS.-
64° JoURNAt DES SÇAVANS.
phath où ils étoient , & qu'ils 1» répandi-
rent devant le Seigneur ; c'eit-à-dire , le
prenant à témoin de l'exactitude avec la-
quelle ils vouloient garder ce jour de
jeûne.
Le Traducteur François ne devoit pas
omettre ici la conjonction t? , qui eil
devant le verbe, ils jeinmnt .- cette omïf-
fion rend le partage difficile & obfcur; puis
qu'elle fait croire que l'efflilïon de l'eau n'a
"nulle liaii'on avec le jeûne qui fuit, au liea
qu'elle y» un rapporicflemief'. Si l'ontra-
duifuit auiîi, îUfmiftrtm ftm,h difficulté Ce-
roit moindre, qu'en traduifant.tff ,r«j/em«
de i'MU:pui!que la penfée de l'Ecrivain fa cré
eft, queles [fiaëlites tirèrent prefquetouw
J'caudu puits qui le trouvoit là, qu'ils la ré-
pandirent devant le Seigneur , c qu'ainfi
ils jeûnèrent rigourcufcinent tout le jour.
Dans les joursde jeûne les Juifs s'abile-
noient même de boire de l'eau , vu que
h foif cil une mortification dumoir.sauffi
grande que la faim. Au premier Livre
d'Efdras chap. 10. verfet 6. tjdrai je leva
de devant U rvaifcn di Dieu , tsr s'en alla i
U chambre de Johanan fils d'EUafib , oh étant
tntri , il ne mangea peint lit p.iin , c nebut
feint d'EAu , parce qu'il fleurait le ptché
de ceux qui étaient revenus de captivité.
Dins le livre d'Ellher au ch, 4. verfet ifl.
jîlks., ajfembltz. l»s Ui ^nifsque vcustriu-
tm dm* Su[t , tS frit*. »«> ï«" wm-.
HP-
î
J w i m 171
•oii j'oHrj e? ïr«j nuits fans mttty
boire , &• je jeûnerai de même.
. au chapitre 3. de la Prophétie de
s Yerfet 7. le Roi de Ninive fie pu-
r par tout dans fa Ville : %ue les hom-
, les chevaux , les boeufs &~iis brebis Ht
igent ritrt , qu'an ne les mené pains paître,
qu'ils ne boivent point <Ce a u.
Cette explication me paroît firnple,
àlëe tk naturelle.
* Dijjenaiion fstr une Calamne antique élevée
far U Ville d'Arles À l'henneur de l'Em-
pereur Confianlin le Grand , dédiée a Mnn~
/ligueur Français de Atailly Archevècsu*
d Arle> , Primat & Prince, Cmfeiltf
tin Roi en tous fis Ctmftih , &• nommé fa
Sa Majeflé à l'Artbtvicbé de Reims vc.
Par Mr. Te brin ancien Canfeiller 4
Si'fje de eette S'ille,
"^] O u s ne donnons point cette DiiTer-
-^■^ talion entière , parce qu'elle eft
beaucoup plus longue que les pièces qui
entrent da&s nos Mémoires ne doiven^
l'être. Le Public feroit obligé à M. T
rin s'il avoit bien voulu tàiie impiin
une pièce fi remplie de recherches gavan-
tes & curieures.
M. ïerrin la commence par une Hif-
toire
* Cet Article tft die des Metn. de Ttev. E<vr,
641 JounNAt dis Sçavas:.
toire abrégée des Colonnes qu'il «S*
dere.non pas comme des Oui
chiteclure ou de Sculpture , qui onte*
raines proportions & certains ornerrjat,
mais comme des monumens publics »
pables d'éternifer la mémoire des Gan*
hommes, de conferver leurs noms, fcet
faire connaître à la poflerité leurs belles
«étions & leurs invention?. Voici eupea
de roots à peu près ce qu'il en dit.
De tous les monumensque les hommes
ont élevez, il n'y en a point qui ail èi
plus en ufage dans tous les tenu, & pat-
in i tous les peuples , que les colonnes*
parce qu'elles fe confervent plus totgg
temps que tous les autres monumens, Icï-
3ucls fe déiruifcnt par leur propre p»n-
eur & leur pefanteur énorme , & pat
l'impétiiofité des vents qui les Âronk»,
tandis qu'ils ne font que gtilTer r.
colonne qui ne leur donne aucune prifc
Les premiers hommes ont comi
dès les premiers tems du Monde à drrtfci
des colonnes. Les enfuis de S
verent deux , une de brique , Se une de
pierre, Se Jofeph dit que de fou
en voyetit encore une en Syrie. LesE-
gyptiens, les AlTyriens, les Pcrfes & kl
Romains en ont élevé dans tous les f*B
Îu'ils ont conquis. Delà vient
rgieufe qmniitê de columocs & d'obe-
llTçjues qu'on UQUKt aKk. «
J U X H »7IT. 64J
Italie & ailleurs. Il cft vrai que les
yptiens éle voient beaucoup plus de py«
tiides & d'obelifques que de colonnes»
ais cela revient au même , & Ton doit
garder un obelifque comme une colomne
larrée , ou fi Ton veut comme un pi-
Ire allongé qui diminue infenfiblement
ns toute la longueur depuis le bas juf-
l'en haut , & qui fe termine en pointe*
Après tant d'exemples de différens peu-
es , dit Mr. Terrin , car ce font ici fes
opres paroles, on ne fera pasfurprisque
Ville d'Arles en reconnoiflance d'une
finité de bienfaits reçus de l'Empereur
anftantin le Grand , ait élevé à l'bon-
:ur de ce Prince la colonne que j'ai cn-
;pris d'expliquer. On y voit ces paro-
s gravées en cinq lignes IMP. CJES1
FL. VAL. CONSTANTINO
, F. A VG. U y a enfuite un intervalle
is lettres de près de deux pieds , l'inf-
iption continue après en ces termes, 8e
1 quatre lignes, DIVI CONSTAN-
1 AVG. PII. FILIO, & la colon-
: eft coupée deux pieds au deffous de la
,-rniere ligne, c'eft là tout ce qui nous
de du fût de la colomne. Il paroit ce-
;ndant qu'en bas & au milieu de fon é-
lifleur elle eft entaillée en demi rond , ce
n marque qu'elle s'aflemWoit avec une
ître pièce inférieure que nous n'avons
" Flavio Valérie Pio Felici Aa^u}%%
i
544 Journal des Sçavan s.
plus , fur laquelle par des conjectures que
je remarquerai enfuite , on lifoit ARE-
LATIS RESTITUTOR1. Il y a
lieu de croire que cette colomne étoit
pofée fur un pied d'eftal , & couronnée
d'un chapiteau fur lequel étoit une ftatuë
de Conftantin. Je préfume auffi que cet-
te colomne étoit d'ordre Tofean qu'on
avoit accoutumé d'employer à de pareils
Tnonumens : ce qui nous refte du fût a
huit pieds de Roi de longueur , & deux
pieds de diamètre : la pièce inférieure qui
manque pouvoit en avoir quatre de Ion»
gueur ; & toute la hauteur compris le
pied d'eftal & le chapiteau , pouvoit. être
de dix-huit à vingt pieds , comme celle
qu'on avoit élevée à Rome à Jules Cefar.
Quoique l'infcription de la colomne
fort claire 6c fimple , 6c que Mr. Tenin
eroye avoir ajouté affez heureufement ce
qui manque > il ne laide pas de faire
quelques réflexions , ou pour en donner
l'intelligence, ou pour appuyer fes con-
jectures.
Il commence par le mot Confiant}, qui
eft mis pour Conflantii , 6c il dit qu'on ne
doit pas en être furpris , pareeque les Ro-
mains mettoient fouvent l'i fimple pour
l'i double : il le prouve par l'index Gram-
matical de Reincfius , par une Médaille
de Conftantius CYv\o\\3& wç^Hvét, ^ar Oc-
co , & une aulic te Uôxàas> Sns. \i&^
Juin 171t. 64
inal Nom a fait «ne Diflertatioi
Perrin vient enfuitenux deux mot
ute Antmis Reflîmtori , & c'ei
iour appuyer fa conjecture il ei
ri quel tems , & à quelle occa
colomne fut élevée, & d'abor
iju'un des plus grands éloges qu
les puiiTent donner à un Prince
appeller Reftaurateur , Rt/iiiutc
reur Hadrien qui viiîta en perfon
^ue toutes les Provinces de Ib
, & qui répandit des grâces Se dt
; par tout où il palf» , crut qu
5 ne pouvoient lui témoigner Ieu
iflânee par un plus grand titre; 1
plailîr de faire frapper des Me
t-eclemotde RESTITVTO
LLiM . HISPANIJE, A
S, MACEDONIiT. Sec. Oi
enfin la mefurc , 8; on lui donn
; , RESTITVTORl GE
S HVMANl, &deRESTl
>R10RISIS TERRARVN
lire que par tous les lieux qu'il 3
lorez de là préfence, il avoit 0
les impurs, ou embelli les place
:s, ou rebâti les murailles des Vi
u puni les injuftiecs des Couver
ou recompenlé les perfonnes qi
"-■ ■..-! :v. v , '.'.! ; '...-.■
it à des Villes affligées , ou prt
r d'autres moyens Tabondance c
646 Journal dis Sçavani. .
de preffans befoins : en un mot , il me»
rita ce tître pour avoir accordé aux hon>
mes ce qu'ils croyoient ne pouvoir atten-
dre que de leurs faufles Divinitcz.
Pour montrer comment PEmpereur
Conftantin mérita le tître de Reftaura-
teur de la Ville d'Arles , Mr. Terrin s'é-
tend fort dans fa DiflTeitation fur la fitua-
tion des affaires de l'Empire fous le règne
de Conftantius Chlorus & de Galcrius, &
fur tout ce qui fe paffa durant les premiè-
res années de l'Empire de Conftantin , il
n'oublie rien de ce qui peut contribuer à
ïa gloire de la Ville d'Arles. Nous ne
dirons que ce qui a rapport à Tinfcription
de la colonne que Mr. Terrin explique:
fi nous n'étions point obligez de nous ren-
fermer dans les bornes d'un extrait , nous
n'omettrions rien d'une Differtation où
Mr. Terrin fait paroître tant d'érudition,
& tant d'amour pour fa Patrie.
Conftantin après la mort de fon père
qui arriva en Angleterre , paffa dans les
Gaules où il réfolut d'établir le Siège de
fon Empire. Les deux plus confiderablçs
Villes des Gaules, dit Mr. Terrin ,étoient
alors Trêves & Arles. Celle-ci fut pré-
férée à caufe de fa fituation avanrageufe.
Elle eft bâtie fur une grande rivière à fix
Jicues de la mer; elle fe trouvoit prefque
dans une éga\e dtitanec des limites de
J'Empire de Conftwiùu * t*. vx milita
de les Etats : car il avoir, réfoluderepren*
dre l'Italie & l'Afrique , auxquelles fort
père avoit renoncé p.ir un tSQf de dou«
ceur & de coroplaifancc. Conflamin com-
menta par relever les murailles d'Arles
qui r.voient été ruinées par Ici Vandales,
lorfqu'ils enirereot dans les Gaules fous
la conduite Je Crocus leur Roi l'an 270,
enfuite il y bâtit un Pal.iis dont il telle
encore aujourd'hui une tour qu'on appel-
le dans le pais le Château de la Trouille,
L'Empcmuf s'occupait ainli à embellir la
Capitale de fon Empire . à laquelle il a-
voit même donné fon nom, Krrfqu'il fut
oblige d'aller c» Germanie où les Barba-
les fiifoient quelques mouvemens: ce fut
là qu'il apprit que Maximien faifoit écla-
ter le deflein qu'il avoit de remonter lur
la trône, & qu'il avoit déjà repris la pour*
pie à Arles. Conflantin y tint ta dili-
gence avec un petit Corps de Troupe»
choilîes : il pour lui vit fon Ennemi , &c
s'en étant faili à Marfcille, il le fit étran-
gler, parce qu'il avoit fçù de l'auila que
ce perfide vouloît le faire mourir lui-mê-
tne. L'Empereur délivré de ce danger
retourna a Ailes , où il donna une l'ete
magnifique au peuple. C'ell dans ce teint
que Mr. Terrin croit que la Ville d'Ar-
ias pour marquer fa reconnoiSancc envers
IConltantin qui l'avoit comblée de bien-
faits , & qu'elle regardait ukwk«. Ssac»
^al
650 Journal des Sç a
fit ici tant de bruit le moi!
nier , ce n'eft pas ma faute ; 1
gc que je viens de faire en P
voit un peu dérange du com:
très que je dois à mes amis,
dédommager de cette atten
d'une Obfemtion vous en
dont la dernière eft tout à f;
& quoi qu'elle ne foit pas fi
la première, clic ne laiflera
de vous faire quelque plaifir.
Dans les deux malades- qui
de ces Obfervations, il y a
cation d'épilepfîe 81 de catal
en convenir , examinons en ]
chacune de ces deux maladies
lier. La catalepfie & l'épilep
maladies delà tête qui m'ont r
Ips plus difficiles à expliquer ,
pareeque celle-ci arrive trop f
que celle-là s'obferve très-rare
a des accidens qui varient à
l'autre eft accompagnée d'nr
Srticnlier dont on ne convie
ans ces denx maladies, lors
parfaites , tout fentiment péri
Sue dans l'apoplexie forte- D
e il y a des convuliîons on
mens convulfifs en différentes
corps 1 au Heu que la veritabl
doit être exempte 4c «msulfio
fors du malade ismv&vss
Juin !7t1
via Val. Cunjiantim , Aug. RcJIiuiiori , il
rela rapporte qu'en gros parce qu'il navoit
befoin que du mot Refiiiunri, pour hma-
tiere qu'il traitoif. Mr. Saxi dans fon Li-
vre intitulé Pm'ifitium Anlartufip. lo.rap-
porte la même infeription, CenpaminoRef-
tstuttri. Elle fe lifoit, dit -il, fur un mar-
bre, legibatur in tnarmere extra portam mi-
litarem in tàlbus TcmpUritrum. Après celt
on ne peut pas douter que la colonne dont
parle Mr. Terrin ne foit celle dont parlen*
ces deui Auteurs , & qui ne fe trouve
plus aujourd'hui dans l'endroit qu'ils dé-
lignent : ainfi rien n'eft plus jufte que 1*
conjefture fur laquelle il ajoute les mot»,
jinUiis Ri/Utuiori , à l'infcription de la
colonne de Conftantin , comme rien n'eft
plus glorieux à la Ville d'Arles , que d'a-
voir eu pour Reftaurateur ce grand Prince.'
* Lettre dâ Mr. Deidier Concilier Me^
àec'm du Roi , t? Prefefatr m Midecint
de l'Lniwrjitc di Muntfellier , à Mr.Gaf-
taldy Deiïiur aggregé , &■ Profefleur m
Médecine en l'Univerfité d'Avignon , fur
deux muvellet Obfcrvatiom de CataUp{ï§
fûffîpliqué.
Monsieur,
Si j'attarde deux mois à vout comi
tnS
F 6)' JOURNAL DIS SçftVANS
membres prenne.... ~ _.>._ v *.Nî-
tion qu'on leur donne ; mais les Autra
ne conviennent pis fi ces membres fou".
roides ou flexibles: cependant j'obfemi
il y a fept à huit ans dans !' Hôtel-Dieu deect-
te ville deux véritables cataleptiques, dont
on mouvoir toutes les parties avec autant
de facilité , qu'on peut remuer celles d'un
homme qui dort d'un fommeil naturel. Le
premier de ces deux cataleptiques étortim
jeune bomme de quinze à fetze ans, ù'oa
tempérament mélancolique & naturelle-
ment flupide : il avc.it été d'abord alla-
Kué d'une fièvre maligne qui fut accom-
agnée d'une affection comateufe , à la-
quelle fucceda une privation totale de fen-
timent.le pous, la respiration , fie la dé-
glutition reliant dans leur entier : je le
croyais apoplectique lors que rn'avifantie
lui lever les membres , je le trouvai vé-
ritable cataleptique : il relia vingt-qnitte
heures en cet état , 6c mourut fans que
je pûiTe profiter de l'ouverture de fort ca-
davre. L'autre malade âgé de vingt am
fembloit jouir d'une fanté parfaite , & fur
ïe rapport qu'on me fit des accidens aux-
quels i! étoit fujet depuis trois jours , je
le croyois épileptique : cependant ne lui
trouvant point de convulfion , ni de
mouvemens convulfifs, je découvris que
c'itoit une véritable catalcpiie périodique,
par la confiance avec \vç«\\6 wi i&uabwt
Juin ijifi C)j
teftoient dans les différentes iîtuatîons oh
je les mettois , pendant l'efpace de huit
heures que duroit chaque paroxyfme. Au
bout de huit jours le malade fut entière-
ment guéri par le fecours de l'émetique 6c
du quinquina , il refta un peu plus ftupide
qu'auparavant , 8c mourut quatre année*
après d'une peripneumonie.
Ces deux cataleptiques furent examinez
& vifitei pluCeurs fois par des Dofteurs,
8t des Etudians en Médecine qui me fui-
voient en pratique , & nous convînmes
tous unanimement de la fouplefle dci
membres ; ce qui me donna occafîon de
penferque dans la véritable catalepiie l'ef'
prit animal doit couler librement , à peu
près comme dans l'état naturel, & que le
fiége de cette maladie doit être dans cet
endroit intérieur du cerveau où fe font
toutes les fenfations,& qu'on nomme ira-,
foriitm , dont les fibres étant relâchées par
une fetofité fuperflue , ne fçauroient re-
cevoir les impreflîons extérieures à l 'occa-
fion defquelles l'âme fent , ainfi on doit
mouvoir aiféroent les membres des cata-
leptiques en déterminant les afprits fans la
participation de la volonté du malade, 8c
les membres doivent relier dans cet état
julques à ce qu'ils en foient changez par
une caufe extérieure, qui ne fçauroit ve-
nir de la douleur que prodUKOÀwK. 4aw
sous de cueilles Ëtuatious sjmw, , ^
6j4 Journal des Sça
que le malade ne feue point. C'eft alîcl
raifonné fur ces deux maladies en partial
lier , patTons aux Obfervations.
Guillaume Boufquet de Cavillon Dioce-
fc de Rhodez âgé de 55 à 60 ans après
avoir effuyé plufieurs chagrins domeili-
aues, tomba malade le 2) Avril dernier:
entra à l'Hôpital où il fut faigné deux
fois , & purgé une dans l'efpace de 5 à 6
jours ftns aucun fuccès. Ayant ordonné
de lui administrer les Saeremens le 3. de
Mai, Mr. le Curé ne put en tirer aucune
parole , ce qui m'obligea !e lendemain de
l'examiner avec plus d'attention. J'eus
beau l'appeller par fon nom , le pincer ,
lui tordre les doigts , lui arracher les che-
tcux , il ne donna aucun ligne de fenti-
ment , tous les membres étoient foiiples ,
&C je le croyois apoplectique , lors que
m'avifant de lui relever les bras , je fus
agréablement furprisde les voir relier conf-
tamment dans cette fituation : je levai les
jambes & les cuiffes avec la même facili-
té , ces parties relièrent élevées avec le
bras & le tronc que i'avois fléchi, de ma-
nière que toute la machine n'appuyoitque
fur le fondement. J'ordonnai qu'on le
levât du lit pour voir s'il marcheroit, on
Je mit debout , je levai 1rs bras tout-à-fait
huit, & le pouffant par derrière , je l'o-
iljgeai à faite un cm XmAîs. Kmsv côté.
'.aatôt d'un autre, î\»N*ta\*raw*.wtiss».
J V I H 1711. 6j*
le pouflbît : le bruit s'en étant répan-
dans la ville, on y accourut de toutes
■ts , & chacun l'examinant à Ton gré
vant fes préventions particulières , ou
convenoit pu de la flexibilité des mem-
:s du malade : les ubs foùtenoient qu'ils
iient en convulfloli, les autres lestrou-
ient lbuples, & quelques-uns tenoient
milieu. Ce qui va fans doute vous
prendre, Monfieut, c'eft qu'ils avoient
as raifon : je tevins à l'Hôpital deux
ures après ma vifite , où j'obicrvai que
mâchoire inférieure étoit en convulfion,
manière qu'on n'avoit pu lui faire ava-
un bouillon , ni la potion émeiique
: je lui avois ordonnée ; je trouvai
is ce moment un peu de réfiihnce à
mvoir les cuifies du malade , dont les
s avoient relié affez fouples , je m'en
ournai fort mécontent de mon obfer-
ion par rapport à l'hypothefe que je
'îa étois formée ci-devant : je n'ofai
r que ce ne fur un véritable catalepti-
î , & jecraignois d'aflurer qu il fûtépi-
;' ique : cependant ne pouvant lui faire
idre aucun remède par la bouche, je
retranchai aux lavemens avec l'émeti-
trouble , & aux ventoufes fcarifîées.
malade refh dans cet état pendant 14
res au bout defquelles il commença à
tir & à prononcer quelques paroles:
Lies i Ë
<6$6 Journal ses Sçavan
les membres avec violence jufques
fatiguer, ainfi on ne pue pas bien s'a
let s'il fc reflouvenoit de ce qui s'étoit
pane lors de l'accident ; i! relia hebeté
d'une manière à ne pouvoir tirer aucune
couféquence jufte de Tes raifonnemerts. il
mourut îc o. du même mois vers les } i
4 heures du matin , & Jbn cadavre fut
ouvert l'après midi par Mr. la Pejronie
en prefence de Mr. Vicuffens : nous boî-
«mes deux corpsglanduleuxdelagroffeor
d'un gros pois fur la dure mère des deux
cotez du finus longitudinal ; ces corps
glanduleux avoient tracé deui enfonce-
mens confiderables au dedans des deux
pariétaux , & tout le tiffu intérieur do
cerveau étoit imbû d'une fcroJité étrange-
te , par où je fus pleinement convaincu
que ce malade étoit épileptiquc & cat».
Jepiique tout enfemble, mais que la a-
talepiie tenoit le deiîus.
Jean Soladier âgé d'environ quarante
ans habitant de la ville d'Agen , &de puil
peufoldar du Régiment dePoitou, Com-
pagnie détachée de Mr. de la Roquette
Capitaine à la Citadelle de Montpellier,
après avoir été fatigué d'un long voyage, 1
& chagrin d'abandonner fa famille , rut I
porté fur un brancard à l'Hôpital le foîr '
du huitième de ce mois. 11 étoit fans
terminent & fans mouvemtw , cwïunt
pourtant les yeux, & «^ma \» *&--
Juin Vftù «s7
tans", 8c lors qu'on le pinçoit avec violen-
ce , il ne répondoit rien , Ton pous étoit
naturel , & h refpiraiion libre : je jugeai
d'abord qu'il étoit csroiique , je me con-
tentai d'ordonner pour le foir une potion
cordiale , le lendemain matin le trouvant
à peu près dans le même état , je lui Je*
vai les de ui bras fans aucune réiîftance,
& je fus agréablement futpris de les voir
relier dans le même état où je les met*
tois, Se d'où je les ôtois avec autant de
facilité , en prefence de Mr. Gybérd Doc-
teur en Médecine de nôtre Uni ver fi té qui
effaya comme moi de lever tous les mem-
bres : je n'eus pas la même facilité à mou-
voir les jambes « les rafles du malade
que nous trouvâmes recouibées , il falloir
toute ma force pour pouvoirles étendre. La
mâchoire inférieure eloit dans une convul-
fion fi forte , qu'à peine trouvoit-on un
moment pour lui faire avaler un bouil-
lon, de manière que le malade relia vingt-
quatre heures fans rien prendre.
J'ordonnai des ventoufes fearifiées , la
faignée du col , Bi le vin émetitjue dans
l'espace de trois jours , après quoi les ac-
cidens de catalepfie ayant difpiru, on vit
les convulfions de toutes les parties du
corps , & après quelques légères évacua-
tions par les felles foutenuës par un lave-
,u mois coûtant. Je fis ans ru ba
it le Garçon Chirurgien de l'Hôttft
i en feiant le cràue porta la fdef'
qu'il coup» le cerveau par le mita!
bout à l'autre , nous trou vains M
mère un peu adhérante au pari#*
le finus longitudinal étoit parfemBj"
iïeurs grains glanduleux de la p
d'un grain de millet , fituez auiei
tei des vaifleaux îanguins de la pt
qui vont aboutir danî le flous Ion]
na!. Tous les vaiffeaux de la pi(
cioient pour le moins deux fois pli
e dans l'état naturel , & tous i
fang , lequel avoit lâché là fero
deflus de la pie mère dans tout l'ir
du cerveau ; ce qui me donna o
d'enlever pat le feul fecours de me;
toute 1a pie mère , avec ces vaincs
Ce dérachoienr fans neine du cerve!
loi» 1711. Cj9
le "cervelet , étoit i\ abreuvé de ferofité,
que nous en fîmes fortir environ une plei-
ne coqued'œufen laprefTantavec le doigt,
ou le dos d'un fcnlpel.
11 me paroît par cette Obfervation que
ce foldat étoit plus épileptique que cata-
leptique , fur quoi je (crois bien aife de
ft avoir vôtre avis, je fuis avec beau-
coup de conuderation & avec toute l'eflfc
me poffible.
MONSIEUR,
\A MmlftUara IS- JàUn 1710.
Lti Camptgnts de Charles XII. Roi ie Suéde.
Temt quatrième , contenant ee qui s'cjl
pajfi depuis l'Abdication au fini Augufie à
la Couronne de Pologne , jufyu'ù la décla-
ration de guerre du Sultan centre h CtMr
& l' Soi Aiigufle. A Paris , chei Flo-
rentin Delaulne , rue faint Jacques , à
l'Empereur. 1711. in 11. pagg. 384.
A V*nt que de décrite l'entrée du Roi
■"■ de Suéde dans les Etats du Ciar, M.
de Grimarell expofe les tafoïtf, (sjftVt^wi.
Et 6
É6b Journal dis Sçavanï.
de Suéde avoit de ne pas craindre que fort
floignemcnt lui fut préjudiciable. 11 don-
ne enfuiîe divers ponraits curieux & re-
cherchez , qui font connoître le Czar &
fa Cour , Si qui en font concevoir des
idées allez différentes de celles qu'on en
aroit. Il commence par une Hiftoire a-
bregée, mais bien circonftanciée de Jean
Reinoiid Paikul , qui ayant été Unie* au
Roi de Suéde par le Roi Augufte , fui-
vant le Traiié d'AIt-Ranfiat , fut rompu
vif au Camp de Scupla. Il obferve que
Je Ciar, qui croit avoir de l'obligation à
Patfcul , ne fonge point a lui qu'il ne ré-
pande des larmes , affligé de n'avoir pu
lui marquer fa reconnoiffance. M. de Gri-
mareft parle enfuite des vertus 8c du ca-
ractère de ce Monarque. „ Les Mofco-
» vites, dit -il, regardent comme un choir
„ du Ciel, en la perfonne du Ciar, que
„ ce Prince ait été deftiné pour leur aller
M chercher lui-même dans les Pais étran-
„ gers les moyens d'introduire les ArtsSî
„ les Sciences dans fon grand Empire.- E-
„ lonnez de voir depuis ce temps-là tant
„ de nouveautez extraordinaires & utiles,
„ ils en donnent tout le mérite à leur
„ Maître. 11 a déjà chalTc d'une partie
i, de fes Etats l'ignorance barbare qui y
„ regnoit : C'eft , diCent les Mofcovites,
.. par fes Immwcs raxwtWfà , lm\S£€«
J » I »
'„ voyageant , que le Ciar a mis
,, ces de mer & de terre dans leur per-
„ fection — Del'attentionqu'ila de faire
,, trouver l'abondance dans fon Camp; de
„ la faire durer ; de rechercher dans tou-
„ tes les parties de l'Europe des Gcne-
„ taux ôf des Officiers particuliers , qui
„ (cachent la guerre , pour conduite les
„ troupes, ils concluent que c'en un grand
„ Général : de Ta prefence & de fon ar-
„ deur dans les actions , ils le reconnoif-
„ fent pour un véritable Soldat : de Ton '
„ tempérament robufte , du peu de foin
„ qu'il a d'avoir une table Ibmptucufe Sr
„ délicate, du plaifir qu'il refont de prê-
„ ferer les fatigues de la guerre au féjour
,, agréable de Mofcou , ils le regardent
„ comme un Prince né pour la gloire des
„ armes : enfin de fon humeur aSàble,
,, facile , bienfaifante , attentive , ils
„ croyent qu'il ne lui manque aucune des
„ vertus qui forment l'Heroïfrae II
„ eft certain , ajoute l'Auteur , Il nous
„ en croyons ceux qui ont approché fa
„ perfonne , que !e Czar a beaucoup de
„ grandeur dans les fentimens , 6c une in-
,, clination déterminée de les régler fui
„ ceux d'un grand homme , & fuivant I.i
„ politeffcdes autres Princes de l'Europe.
j» J* P*!F* > dit-il fouvent lui-même, pmr
,,' un Prince barbare chez, mes ennemis -, mait
M je veux faire voir U tontta\n * twu* V»
Ec 7 m**1
RSî Journal dis S ç
„ terri." Nous voudrions pouvoir
porter les exemples qui fuivent ce Dif-
conri, & qui paroiffent en prouver h ve-
rinf. Mais nous ne nous étendrons ni fur
legouvernementduCzar,ni fur les bonne!
qualité?, du Prince ion fils; nous laiderons
auflj aux Lecteurs le foin de s'inftruiredans
le Livre même , des earaéteres perfonels
du Prince Menfikou, du Comte Golotsfci,
Grand Chancelier, de Knés Dolhoaioftî ,
& des Sieurs Schaffirof , & Lcwcnwold,
qui occupent les premières places dans le
Confeil du Ciar.
Lorfque le Roi de Suéde commença à
marcher vers la Mofcovie , fes forces é-
toient partagées en trois corps. L'Armée
qu'il conduifoit lui-même étoit compofee
de huit mille quatre cens chevaux , de
quinze mille quatre cens cinquante Dra-
gons , & de dix-neuf mille quatre cens
Fantaflïns : ce qui faifoit une Armée de
quarante-trois mille deux cens cinquante
hommes. Celle du Général Lewenhaupt,
qui devoit joindre Sa Majeflé Suédoife,
croit de trois mille chevaux , de quatre
mille neuf cens Dragons , 6c d'onie mille
quatre cens Fantaffins , qui compofojent
une troupe de dix-neuf mille trois cens
hommes. Et enfin le Généra! Meydel
avoit fous fon commandement en Finlan-
de , une /Vmée àt tiens mille fept ceni
hommes , qw coift&o\«ACfc^v\v.TOï..
Juin 1711. 66^
le chevaux , en treize cens Dragons , &
en huit mille Fantaffins.
Le 7 Février 1709. Charles s'avança a*
vec fix cens Cuiraffiers , & s'empara de
Grodno , où il fe défendit le lendemain
contre deux mille Mofco vîtes, qui et oient
venus le furprendre. Il partit de Grodno
le dix, & commença la marche la plus
difficile qu'on puiffe imaginer. Le pais
étoit ferré , coupé ; le Czar ravageoit
toutes les contrées que les Suédois dé-
voient traverfer ; & quand il en trouvoit
l'occafion il leur faifoit tête. Le Roi de
Suéde furmonta tous ces obftacles. Le 25
de Mai il paffa la Berezina , & ayant at-
teint l'Armée des Mofco vites le 10 Juillet
à Holoffin , il l'attaqua & la défit entière-
ment , quoi qu'elle fut retranchée derrière
le canal de Vabitz. On lira avec plailir
le détail de cette a ai on. Ce fut le Roi
de Suéde qui en perfonne commença l'at-
taque. „ Toujours impatient de vaincre,
j, il ne put gagner fur lui d'attendre fes
„ pontons , que l'on ne put faire avancer
„ aflez promptement , parce que le che-
„ min avoit été rompu par des pluyes
„ continuelles. Ce Prince , pour encou-
„ rager fes Soldats à le fuivre , fe jetta
„ le premier dans le canal , où Ton a-
„ voit de l'eau jufqu'aux aiflelles , & le
,, paffa heureufement. Les Soldats , les
j, armes far h tête » imîtetctà. ww. *«.-
»
B64 JOURNAÏ Bit Sç
',. deur le Roi leur Maître. Mais le raa-
„ Mis qui bordoic le canal du côté de l'en-
„ nemi , donna beaucoup plus de peine
„ a traverser, & on ne put le faire fans
„ de/ordre. Cependant malgré ces diiH-
„ cultei & le feu continuel du canon des
„ ennemis ; Sa Ma j elle Suédoifc gagna
„ le terrain entre les ailes des Mofcovi-
„ tes, &c. Au commencement de l'ac-
„ tion , elle combattoit a cheval ; mais
„ ayant rencontré le Capitaine Gyllenf-
„ tierna blefië , elle lui donna fon cheval,
„ & elle continua de commander à pied,
„ toujours au milieu du plus grand feu."
Les Mofcovites perdirent dans ce combat
quatre mille hommes ; & les Suédois,
ieuï cens foiiante-cinq.
Depuis cette Journée il y eut fou vent
3es combats entre les Suédois & les Mof-
covites. Le Roi de Suéde pafla le Borif-
thene , & fuîvit fon chemin : le ij Sep-
tembre il étoit déjà à treize lieues de ce
3euTC La Cavalerie & l'Infanterie Mof-
:ovite furent battues l'une après l'autre;
k le Ciar pourfuivi ayant été contraint de
è retirer à Smolenslto , il y eut une ac-
ion très-vive , dont tout l'honneur de-
meura aui Suédois. Après un repos de
luit jours , ils commencèrent une marche
'e trois femaines , au travers des bois &
ts marais. Sa Ma\efté ïiVLÉàwfc uafla la
'ierc à Novo&tQc\«.V. , çttYK!ra,« *«.
•V
tj u I « 1711.
nemîï. „ Mais, dit l'Auteur, c'eft u
„ ne chofe éionnanre comme celte entre-
„ prife réufiir. Les bords de cette rivière
„ étoient tellement efearpez, qu'il falloit
„ defeendre avec des cordei les Soldats
„ qui dévoient iraverferavec des radeaux.
,, Quand cinq ou i:x de ces radeaux fu-
„ rent paflez, les ennemis au nombrede
„ deux mille nommes d'Infanterie ût de
„ quatre mille Dragons, vinrent attaquer
„ les Suédois: il y eut un carnage affreux
„ à cette attaque , & ceux-ci quoi que
„ beaucoup inférieurs , ne laifferent pas
„ de fe maintenir fur !e bord de U rivière
„ dont ils s' étoient emparez."
Les Mofcovites n'ayant pu détruire
l'Armée du Roi de Suéde, leur reflburce
étoit de défaire au moins celle du Général
Lewenhaupt , qui n'avoir encore pu le
joindre. Le Czar trouva le 8 d'Oétobrs
près du village de Lezno , l'occafion fa-
vorable de combattre ce Général. L'ac-
tion dura julqu'à la nuit 1 & quand les
Mofcovites fe furenr avancez le lendemain
pour recommencer le combat , ils trouve*
rent le Camp vuide . & les ebariots brû-
lez , le canon encloiïé. A h faveur des
ténèbres le Général Lewenhaupt avoit re-
pris la route du Camp du Roi de Suéde,
où il fe rendit peu de temps après. Le
Czar remporta cette victoire avec quatre-
vingt mille hommes, &t e\\t\\\\ «ivs»»-
plus de quinze mille. V*>
666 Journal ces Sçava
Le Roi de Suéde après avoir t
are qu'on levât dans l'es Etats U
hammt , alla en Ukraine au moi
vembre , & y fit avec les Col
Traité, par lequel ilss'obligerem
nir des vivres à fou Armée , &
tain nombre de troupes. Il pat:
dans de fort bons quartiers , & il
en marche dès que le temps le h
Le 6 Mars il délit un corps coi
des troupes du Czar ; après qi
vança vers Pultawa , polie ai
qu'il lui impottoit beaucoup d
C'eil une Place fituée fur la rivière
kla. Les Mofcovites l'avoient
& y avoient mis une garnifon à
dix mille hommes. Le Roi de
entreprit le fiege. Cette entre[
d'autant plus dangereufe, que le
toit pas loin , & qu'il avoit pris
de rifqner toutes fes forces, poi
cher les Suédois de pénétrer p
dans fon pais. Dans ce deflein
Vorskla avec toute fon Armée ,
pa à une demie lieue de l'Armée
Sa vue étoit de l'attaquer , mai
de Suéde le prévint , & alla le
jufques dans fes retranchemens ,
Juin , ou le 8 de Juillet nouveau
Nôtre Autcui neoext toutes
^ cularitez de cette gnn&cVyatnfc)
Jjj malheureufe ooaï\w ï>ttfc*.w
] » <» '711. «07
i avoit prodigué fa perfonne dan» le» au
nues de Puliawi , Se qui y no-.t t:^i
,e blelfure dangereufe aa pied , ne pot
mbattre à la lëte de fon Armée cora-
e il l'auroit fouhaité , cependant il rou-
: y être dans une chaife attelée de deux
evaux. 11 fit avancer fièrement fe» trou-
s. „ Le feu fut terrible de pan fit
d'autte ; mais une volée de canon em-
porta les deux chevaux de la chaiic du
Roi de Suéde. Ce Prince y en fi: at-
teler deux autres, fans s'émouvoir; &
tout occupé de fon Atmée , il conti-
cuoit d'en obfcrver toui 1« mouve*
mens , & d'animer fes troupes , quand
une féconde volée de canon KftVCrfi
h cttaife & le Prince, de manière que
les Officiers qui étoient prés de lut*
craignant pour fa perfonne , laifuctit ce
moment pour l'arracher au péril "Ù elle
étoit. Cet événement qui lut apperfa
de prefque toute l'Armée, fan» fcwoff
précilcment quel étoit le fort de fon
Roi , confterna les Soldais , rallemit
leurs mouvemens , les épouventa mi-
me ; de forte que manquant d'ailleurs
de poudre pour répondre au feu Ait
Mofco vires , ceux-ci après une demie
heure de combat renverfereet les Sué-
dois; &: fans s'y attendre, & peut-être
fans s'en appercevoir Qir\s\e. t
les rompirent, StleimitetAti
«OS»*
„,Li.icaez d'ans cette nouvelle guerre;
développent des mylleres cachez juf-
qu'alors Le Roi de Suéde , le Roi
de Pologne , le Sultan , Je Kam des
Tartares agrfient d'un côté : de l'autre,
le Roi de Danemark, le Roi Auguile,
le Ciar , & leurs alliei Te mettent ea
aélion. Voila de belles apparences pour
de grands éveneraens -, Si le Héros qui
les a préparez s'y fera connoître suffi
ferme , aufli courageux , auffi grand
qu'il l'a toujours été. Les Puiflancei
qui connoiflent l'injuftice de leurs def-
feins , font troublées à fon approche.
Les peuples qui gemiflent fous le poids
d'une guerre odieufe , font des vœux
pour le fuccès de fes armes. Il femble
enfin que le retour de ce grand Prince
annonce 1» paix à l'Europe."
necdota Grsec* , quœ ex MSS. Coditi*
bus nunc primum croit , [Latio donat,
Notis & Difquifitionibusauget Ludo-
vicus Antonios Mukatoriui,
Serenïff. Raynaldi 1. Ducis Mutina; , &c.
Bibliothecatius. F*taviï, Typisicminarii,
1700. opnd Jatmtm Manfri. C'eft-
à-dire : Anttdetes Grenues , tirées dt
fixfaun Manuferiti , induites en Lu-
tin , «y aK>mji*gnies de Notes çr dt
Dijferwiom. Par Louis Muratori, Bi-
blïotheiair* dit Duc de Modem, hïïàn\£t
670 Jovrua- -
de l'Imprimerie du Séminaire , chez
Jean Manfré. 170p. in 4- PP-3fiJ.
Vf R. Muratori a déjà publié deux volu-
me» d'Anecdotes , & il nous fait efpe-
rer que ce troiiïéme qu'il nous donne
aujourd'hui fera fuivi de plufieurs autres.
Les Pièces qu'il a raflemblées dans ce
nouveau Recueil font toutes Gre'ques.
CCXXVIII. Epigrammes de faint Gré-
goire de Nazianze , qui n'avoient point
encore paru, en font la principale partie.
L'Editeur en a tire la plupart d'un Manus-
crit de la Bibliothèque Ambrofiamc , au-
quel il attribué plus de 700 ans d'ancien-
neté. Il nous averrit de plus , que divers
Sçavans ont contribué à renrichûTement
de cette Collection. De ce nombre eft
l'illutlre M. Boivin, l'un des Gardes de la
Bibliothèque du Roi de France, 3c qui a
fi bien mérité des Lettres Gréques par fa
belle Edition de Gngoras. Il a bien voulu
communiquer à M. Muratori plniîegrs
Poëlies de faint Grégoire , estrair.es fidè-
lement de diflerens Manufcrits , fans ou-
blier d'y joindre les diverfes leçons. D'un
autre côté , M. Salv'mi , Profefleur de
Rhétorique à Florence, & l'un des plus
habiles de l'Italie dans la Langue Gréque, 1
a tiré de plufieurs Manufcrits que l'on
conferve dans la Bibliothèque de Médi-
cis t quelques ¥'ie.«s it -sufeBa i*enre, |
J U I N IfWÏ 6>i
nt il a fait pan au nouvel Editeur.
La plupart des Epigrammes qui paroif-
it dans ce volume, font deftinées a ho*
jrcr !a Mémoire des défunts, Se peuvent
(Ter pour autant d'Epitaphes. Il y en a
a fleurs qui roulent fur un même fujet,
qui par leur variété font connoître la
:ondité du génie de faint Grégoire , 8e
itnbien il avoit de talent pour la Poê'fiev
s'en faut bien cependant que toutes lej
pigrammes qui appartiennent à une mê-
e matière foient de la même force ; ce
11 fait juger que l'Auteur, en les jettant
différemment fur le papier, n'avoit pai
rflein qu'elles vi fient toutes le jour, 8î
étendoit feulement faire ufage de celle*
li fembleroient les meilleures. Quoiqu'il
ifoit, on ne doit pasêtre furprîs d'en
Duver quelques-unes écrites d'un flyle
piple 8c négligé , fur-tout fi l'on faitré-
:xion que des regrets funèbres ne com-
muent guéres les ornemens d'une diéiion
:urie. Au regard des Epigrammes que
int Grégoire a compofées contre le cul-
outré de* Martyrs, on peut dire qu'el-
s fentent le jeune homme. Le ftyle en
t tout-à-fait profaïque , 8c feroit à peine
pportable dans un Poème Comique, ou
ms un Poëme Satyrique. On a crû né-
imoins qu'elles mérit oient d'autant mieux
être publiées, qu'elles peuvent fervir à
pus inflruirc de quelques ÇMÙv&Kttwx
fiyi JoWiNAl DES SçaVaK!
concernant le fiecle où elles ont été
Ces Epigrammes font accompagnées oi
Notes qui éclairciflënt les endroits diffia-
les, & d'une Verfîon Latine littérale, ri
Il'on s'apperçoit que M. Muratori , qui
en efi Acteur, a Tacrifié presque toiiWu
l'élegartee a l'exactitude 8c |
dans la vue (comme il le déclare lui-mt-
me) de rendre cette traduction plu! uti,'c
aux Lecteurs. Tout cela eit fujvidtttois
DirTertations de l'Editeur , au/quelles ont
donné occafion les fujets de plufieurs Epi-
grammes de faint Grégoire , dont 1 en-
tière intelligence luppofe qu'on foit au
fait de certaines coutumes établies dans la
ptemiers fledes de l'Eglire. Telle étoit
celle qui autorifoit une forte de focieté en-
tre deux perfonnes de différent fexc non
mariées , qu'on appelloit Synifoéles ou A-
gapetts (Simwilïf OU AytOTTsir) c'cfl-à-
dire , HabUans-mft'nblt ou Bimmimit..
Telle ctoit encore la coutume des Fefr
tins quon celebroit aux Tombeaux ia
Martyrs , & qu'on nommoit Agapn
(AV«Wc) C'eft donc à la difeuffion de
ces points que font employées les deux
premières DifTertations, addreffées, l'une,
au R. P- di Msntfiutem ; l'antre , à M.
floivin, dont nous venons déparier. Dans
.a troifiéme, écrite à M Fontmini, l'Au-
teur ttake à« iwiHiï S^ikxct dej " "
tyts EnttOM cAïAsc^à^ihiV
s dej Mar* 1
Juin 171T. «?3
divers articles , en commentant par les A-
gapèiti on Synifatlts.
Ces Agapitts étoient pour l'oidinaircdes
Moines faifant profeffion du célibat, qui
s'afl'ocioient à des Vierges confacrées à
Dieu, fous prétexte de pourvoir a leurs
befoins fpirituels & temporels ; & qui
pour leur marquer un attachement plus
parfait , non-feulement habîtoient avec
elles fous un même toit , mais logeoient
fouventdans une même chambre, & cou--
choient dans un même lit ; couvrant ces
familiarité! du nom fpécieux d'amitié fra-
ternelle , & de charité Chrétienne. Ces
Moines n'étoient pas de ceux qu'on ap-
pelloit Cénobites, ou vivants en commun,'
ni de ceux qui fe confinoientdans les fo-
litudes. Se qui font connus fous les noms
à'Uirmitei 5c A' Anachorètes. Cetoient des
Moines vagabonds , qui fans vouloir s'af-
fujettir à l'autorité d'un Supérieur , ni re-
noncer abfolument au commerce du mon-
de, fe reliraient deux ou trois enfemble
dans des cellules , d'où ils fe refervoient
!a liberté de fonir quand il leur plaifoit»
6c de fe tranfplanter ailleurs. On les ap-
pelloit Sarabaïtts ; ils demeuraient dans
les villes & dans les château*; & ils fc
diftinguoient (dit ftint Jetimi) parune:
terieur affeété , par la largeur de lei
manches , parla Forme de leuw àasS
I
;
s
ils fe
unex>
c leurs
, I
■ les vifi.
1674 JonRNil DES SçaVANS.
par leurs fréquens foupirs , & par le
tes affidues qu'ils rendoient aux Vierges.
Celles-ci , quoi que confacrées à Dieu,
n'étoient pas encore cloîtrées ; h plupart
vivoient dans des maifons particulières, S:
fous la conduite de leurs parens : car «
na fut (.dit l'Auteur) qu'au IV. fîeclc
qu'elles fe retirèrent dans des Courais,*
qu'elles s'engagèrent par des vœu» plus 6-
lemnels. Les Moines n 'croient pas la
feuls Jgapiiti ; planeurs Ecclefiattiqucs
embrafloient le même genre de vie. On
«n Trouve divers exemples dans les pre-
miers fiecles de l'Eglifc , entre autres ce-
lui de Paul de Samofatt Patriarche d'Antre.-
.die , qui peimettoit à fes Prêtres 8c à fes
Diacres d'avoir chacun Ton Agupé 1 1 oo fa
Sitn-aimée , & qui pour fa part en avoir
deux des plus jeunes & des plus jolies,
qu'il nieuoit avec lui dans tous fes voya-
ges. H pnroit que ces Societez À'Agtpi-
:es s'étoient formées même avant Ietempi
de faint Cyprien , puifquil en eft parle
dans Ttrmllim , & dans le Livre à'Htr-
mas , intitulé It Pafieur. L'Auteur eft
Îierfuadé qu'elles tiroient leur origine dt
a Phîlofophie Platonicienne , qui recon*
noilToit une elpcce d'amour pur, entière*
ment dégagé de la matière ; & il foup-
conne qu'on autorifoit cette coutume par
quelques patt^wàç ^ww^wà ,
celui 'd de, U çwme^ ÏJ-Saft wn.Ç«fcr
Juin 1711. C7Î
biens (Chap. ix.) Wavons-noui pas h
tinfi qu'in ufcnt In aatns Apitrei? Les
iefordres infeparables de ces focietez, &
le fcandale quelles cauibient dans l'Eglife.
ont obligé lesPeres à fefouleverdeiempî
en temps contre un pareil abus. S. Gré-
goire de Nazianze s'eft appliqué à le com-
battre , comme on le voit par plulîeursde
Tes Epigrammes ; & les Conciles en ont
procuré la reforme par divers Canons , que
rapporte M. Muratorî. Du refle , il s'ef-
force de montrer que le célibat des Prê-
tres eft de la plus ancienne inftitution; &
il défend un Canon du Concile d'Atlei
contre la cenfure du célèbre M. Dod-wel.
Dans la féconde DiiTertation , il pa(Te
des Agapitts aux Agapes , qui étoient des
repas en ufage parmi les premiers Chré-
tiens , 5c deftinez à ferrer entre eux de
plus en plus les liens d'une charité mutuel-
le , comme le nom même le fait voir.
Ces repas étoient célébrez dès le temps
des Apôtres, qui par là vouloient renou-
vellerle fouvenirde la Cène qu'ils avoient
faite avec J. C. Ces Agapes ne tardèrent
guéres à dégénérer de leur première fairt-
teté, ptiifipe faint Paul & faint Jude blî>
moient déjà les abus qui s'y gliffoient in-
fenfibkment. L'Auteur s'arrête peu fur
cette première efpece A'Agtyti, ^<aw^t-
air 3 h féconde , dont il ttiiXt ^s» "V
F f •>. Ssmft
&l6 JOTJRNM DES Sç»TXKJ,
fond. C'étoient des feftins inftitun en I
l'honneur des faims Martyrs, & que l'on
elebroit principalement Je jour de leur
laiflance, proche de leurs tombeaux, on
ans des Eglifes qui étoient dédiées fou
:ur nom. L'Auteur prétend que cïroi'r
me cérémonie empruntée des feftins fu-
nèbres du Paganifme . & que l'on avoit
fanélifice en quelque façon parla fin que
l'on s'y propofoir. Mais l'yvrognerie tt
la dilTolutîon s'y étant peu-à-peu introdui-
tes , on fut obligé de l'abolir; & c'eft à
quoi travaillèrent efficacement diversCon-
ciles. M. Muratori parcourt les révolu-
tions arrivées à cette occafion en Orient,
à Rome, en Afrique , & à Milan. On
confeiva néanmoins quelques veftigesde
ces Jig*fes dans les repas que les Chrétiens
faifoient cheieui les jours coniacrez icci
mêmes Martyrs-
L'Auteur fait voir dans fa troiGémi
Differtation , qu'anciennement on enter-
roit les Chrétiens dans les Eglifes , & que
-'"toit une coutume reçue non-feulement
Occident, mais aulïï en Orient, com-
me il paroît par quelques-unes des Epi-
grammes imprimées dans ce volume. I!
parle après cela des abus qui fe commi-
rent dans cette forte de lepulturc , & qui
confident en cequ'on accordoit également
cet h»nneu\ a. des \mc\ts, ï* 1 d« Payens,
irjt les coipî ït Uûmnowss. whWW.
. J. Rosini Lemtilii Archiatri
'urtembergiti in fede Ducali Proio-
lyfîci, Académie Leopoldir.o lmpe-
lalis Naturœ Curioforura collegas , 0.
Oribafii Eteodromui Medico-
Prac'ticui , anni 1709. exhibens cjuid
Cngulis dicbus per integrum ilium an-
Eiim in fundionc fua Medica uni ta
praxi quam in rébus ad Phylkam pu*
tincntibus actum fil ; curationes nera-
pe morboium , confilia , Liiteiaii»
commercia, infperSîones légales, aper-
turas corporum demortuorum , vifita*
tiones officinarum, & alia Naturam Si
Artem illuftrantia , in uiiim praflico-
rum juniorura , &C. SturgardU, fumfti'
bm Mtfltrianit , cxcudeiai Paulin Treu ,
AttU £J Cttri* TyjngmphM. C'eft à-dire:
Dtttùt de ce que Al, Rofinus LentilJUJ
Douleur en Médecine, a fuit de plat tonfi-
dirait* par rapport à l'exercice defonArt,
ehaqu: jour de l'année l7oy. i*ni en et
tjui rtgardt tet maladies qu'il a traitées,
Iti cjiifaltaiioKS , jii commerces di Lellrti ,
les cadavres qu'il a ouverts, qui pluJieurS
autres points concernant l'cctaircijfemenl dt
la Phy/ique , (y ternemem de U Méde-
cine. A Stutgard , aux dépens de Mé-
fier , m de l'Imprimerie de Paul Treu.
ol. in 4. pp. !o.
H.
ûSo JoURNAl DES SçAV akî.
T 'AtFTEim ne nous donne ici qu'nnc-l
■" chantillon de ce qu'il nous annonce!
dans fon titre. Il s'en tient au mois&l
Janvier 1700, & promet de donner bien- I
tôt les autres. Nous ne donnerons not
plus qu'un échantillon du mois dont -
nous hit paît. Le commencement ée
l'année 1709, dit-il , fut femblabïe i ii
fin de l'année 170S. Avant & apihït-
quinoxe d'Autonne de 1708, la tempera-
titre de l'air fut chaudeor. feche, & on
fit peu de vin cette année-là. Une gr»D-
de gelée furvint vers la fin d'Octobre* S
au mois de Novembre il y eut plufieon
phyes ; le Ciel étoît rempli de nuages,
& il regnoit un brouillard épais , qui 1-
▼oit comme une odeur <i'emfyrtume , ou de
brûlé. En Décembre il tomba force nci-
fe, & la gelée fut grande. Sur la fin de
année arriva un dégel , & le temps de-
meura doux dans le commencement de
1709. Cette difpofition d'air fut accom-
iiagnée de plulkurs maladies, 8c prinripa-
ement de toux, & d'afthmes, de fièvre,
de pleutefies, de catharres.de douleurs de
dents, d'ophthalmies, de migraines, d'ef-
quinancies , &c. Nous oppofàmcs à la
toux, les décoétions pectorales; & contre
l'aflhme nous nous femmes avec luccèjifes
iernences <Ae creftoTiï*.&& moutarde, auffl-
de \a ikyos 4* ^«i\to-,«.
\afc
Juin 17.1. 62i
orfque le mal étoit opiniâtre , je meloit
:s purgatifs, & fur-tout l'agaric , avec les
icincs & les herbes peétorales incifives.
Pour cequieft des maux de tére, &des
migraines , je faîfnis appliquer aux tem-
fles l'emplâtre de tacamahaca , & an bras
u côté malade, les veiicatoires , il arri-
it Couvent que les maux de tête s'en
alloient par ce moyen , mais il reftoit au
bras une grande douleur , caufée par la fe-
rolîté acre que le veiicatoire avoir, attirée
fur la partie : alors je faifois oindre le
bras avec de l'huile de (perme de grenouil-
le, ce qui appaifoit la douleur. Quelques
malades moururent de peripneumonie,
mais ceux qui furent commis à mes foins
guérirent heureufement par la grâce de
Dieu. Si-tot que le mal commençoit, je
leur dormois le diafeordium , avec l'anti-
moine diaphoretique , & la corne de cerf
préparée philofophiquement , ce qui les
iaifoit fuer abondamment. Je leur inter-
difois le vin , & je leut ordonnois déboire
toujours chaud : avec cette méthode ils
guériflbient en peu de temps.
Le S de Janvier je fus appelle pour
voir un malade, qui ayant demeuréquel-
Sue temps ,dans une petite chambre do-
:, où il avoir allumé du charbon , ref-
fentoit une grande difficulté de refpîrer,
étoit attaqué de vettiges , & ne pou-
voit fe tenir debout. Je lui fis çeewite
Ff s ^6
i- '■" -_ 1 0 ■■■ R N M SES S^TJLt)
fut le champ de Pafpriî de bayes de gt
vre, dont il avala deux cueillerées; ilic-|
vint à lui auffi-tôt , St fe porta bien.
Un enfant de douae Termines avoitdt
grandes tranchées , j'ordonnai le remri*.
fuivant. Pren« une once & demie i'\ut-
le d'amendes douces, autant de fyrope:
rofes folutif, un demi gros de fperme et
baleine, un demi fcrupule d'efprit vo/ifil
de Tel armoniac. Mèlei le tout , adon-
nez en par cueillerées. On applique» fal
le ventrede l'enfant, lorfque les tranchées
'eront violentes, l'emplâtre fuivant, qu'on
a lorfque les douleurs feront appaifies
lez une demie once d'emplàtrc de
lelilot , & autant d'onguent de jufquia-
, mélei y un peu de cire; les purgi-
ufs doui mêler, avec les remèdes anodinj,
avec les can:iinltifs , font toujours boni
fans cette rencontre; mais pour l'empli-
-.t dont je viens de parler, je ne fçauroiî
■ '? le recommander , à caufe des bout
îucccs que j'en ai toujours eu.
Voila un échantillon des remarques de
**. Rofinus Lentilius. Nous ne fçaurioris
mpecher d'en recommander la leftu-
eaux jeunes Médecins, elles ne fçauroient
leur être que très-utiles pour les former
à la pratique de la Médecine.
jEschinis SoctaticiDialogi très, Ctx-
ce 6cLttu&> làopift» —
J u i h i7rr. 68$
Latinum fragmcntum. Vertit & Notis
illuftravit Joannes Cliricus5cu*
jus & ad calcem additae funt SilvsePhi-
lologicae , cum omnium Indicibus ne-
ceffariis. Amflelodami > apud Petrum de
Coup , Bibliopolam, 171 t. C'eft-à-dire:
Trois Dialogues Grecs ^Efchine DifcipU
de Socrate , Ç? un fragment Latin <Tun
quatrième Dialogue. Nouvelle Editionpro-
curée par les foins de Jean le Clerc , qui
a fait la Verfion Latine & Us Notes. On
y a joint divers Mélanges de l'Editeur con-
cernant la Philologie , avec les Tables ne-
ceffaires. A Amfterdam , chez Pierre
deCoup, Libraire. 1711.111 8. pp. 27$.
fans y comprendre les Prolégomènes éc
les Tables.
Vf R. le Clerc appliqué prefque fans re-
lâche aux travaux les plus importans
& les plus ferieux , confacre à l'utilité
publique jufqu'à fes momens de loifir. A
peine' fe trouve-t-ii débarraffé de l'Edition
de fon Pentateuque , que cherchant à fe
délaffer d'un Ouvrage fi pénible, il prend
foin de publier ce volume, qu'il nous don-
ne comme le fruit de fes amufemens. Ce
font trois Dialogues choifis parmi divers
autres que Ton attribue fauffement à Pla-
ton. Ceux-ci paflent pour être d'Efchine
Difciple de Socrate : c'eft le jugement
qu'en ont portd les Ancien, s \ 8c M le
Yf6 <3vs.\s.
684 JOURMfcL DES SçAVANÏ.
Clerc en avoit autrefois traduit un e
François. II les a relus ; 8t il s'eft déter- I
miné d'autant plus volontiers à îes faire 1
imprimer d'une forme commode, & qui ]
en facilite la lefture, qu'ils n'avoientpara
jufqu'ici que dans de gros volumes , que
S eu de gens lifenr, & qui ne font guéres
la portée des jeunes Etudians. D'ail-
leurs M. le Clerc eilime qu'il eft avanta-
geux pour la République des Lettres, qu'on
renouvelle de temps en temps les Editions
uon-feulement des Auteurs qui font entre
les mains de tout le monde , mais encore
de quelques autres qu'on néglige malà-
fnopos, & qui font très-dignes de revoit
e jour. Les Dialogues d'Efchine font de
ce nombre. Auffi l'Editeur n'a-t-il rien
oublié pour les faire paroître ici dans tout
leur luilre. Peu faiisfait des Ver/ions La-
tines à'jigrieeh , àeCorradus, Se de Jm»
as Serra , lesquelles s'éloignent trop ou
de l'expreffion Gréque , ou du fens de
l'Auteur ; il en a fait une toute nouvelle,
exempte de ces deux défauts , & dans la-
quelle il s'eft moins étudié à l'élégance
qu'à la clarté Se à la fidélité. Il y a joint
des Notta , dont les unes font deitinccs à
corriger le texte , ou du moins à faire
fentir les endroits de ce même texte qui
ont befoîn d'être rétablis ; les autres font
employées à développer quelques rai l'on -
îemens obfcuis ■ ^itu^iK.'M.e.xçltca-
nemens obicui
Juin iju. 68i
L'on a fuivi dans cette Edition cel-
Htnri Etitnnt , comme la plus belle
plus correde de. toutes. A l'égard
liverfes Leçons tirées d'un Manulcrit
lorence , & communiquées à M. te
par MM. Saivini & Brencmann , Oïl
û en faire ulage pour la revifion du
: , qui étoit déjà imprimé ; de forte
n s'eft contenté de les donner à II
des témoignages des anciens Auteurs
hant Efchine. Ces témoignages rein-
■nt ici vingt-lîx pages, & font éclair-
ar des Notes de l'Editeur, & par cel-
e quelques autres Critiques. Ils font
edez de la vie d'Efchine écrite par
;ene Laerce ■ & accompagnées des
:s de Cnfauben , de Minage , & de M.
1ère Celui-ci a raffemblé danslesiien-
ous les fragmens d'Efchine qui font
s à fa connoiflance ) & il ne croit pas
en refte beaucoup à recueillir.
:s trois Dialogues dont il eft ici quef-
roulent fardes fujetsdeMorale. On
ine dans le premier s'il eft vrai que
ertu puifle être enfeignée ; & l'on
ut qu'elle n'eft l'Ouvrage ni de la.
re, ni de l'Art , mais que c'eft un
particulier que les Dieux font à qui
ir plaît. On recherche dans le fécond
jgue fi les richeffes font avantageufes
>mme; & l'on trouve que la poflef-
dei richeffes étant !a fourec de l'in-
>86 Journal des Sçavans.
ligcnce,ou faifant naître fans cefle de nou-
veaux befoins, les riches par cette raifon
deviennent les plus malheureux & les plus
à plaindre de tous les hommes. On fait
voir dans le troifiéme Dialogue , que la
mort n'eft point à craindre pour les gens
de bien , puifqu'elle eft la fin de toutes
les miferes humaines.
M. le Clerc nous donne à la fin de ces
trois Dialogues , un fragment d'un qua-
trième du même Auteur , que Ciceron
nous a confervé dans fon premier Livre
de Inventione Rhetorica , & qu'il propofe
pour un exemple de cette manière de rai-
sonner qu'on appelle lnduùlion , & qui é-
toit familière à Socrate. 11 s'agit dans ce
fragment des mœurs des perfonnes mariées.
On y introduit Afpafie interrogeant Xéno-
phon & Philefié fa femme. Afpafie s'ad-
drefie d'abord à celle-ci , & lui parle en
ces termes : Dites-moi je vous prie ; fi vôtre
voifine avoit de ïer meilleur & plus pur que
celui que vous avez , lequel aimeriez'vous
mieux, le fie», ou le vôtre î y aimerois mieux
le fien , répond Philefié. Si cette voifine f
pourfutt Afpafie , avoit des habits plus -ma-
gnifiques , w des bijoux plus précieux que les
vôtres, le/quels préforerieZ'Vous ? Ce Jeroitni
les pens y fans difficulté, dit Philéfie. Mais%
continué Afpafie -, fi cette même voifine a-
vâit un mari meilleur que le vôtre , lequel
des deux aimerUz*~vous U roieu* "i Wtefie
J V I M I71I. 687
■agit à cette dernière queftion , & ne
.pond rien. Afpafie s'adreflanc enfuite à
Cénophon, le mené de qaeftion en quef-
ion à une dernière , qui le jette dans le
néme e.nbarras , 8c le réduit au iilence.
Iprès quoi Afpah'e reprenant la parole,
'uij'que ni [un ni l'autre ( dit-elle ) n'a voit'
u me répondre fur la fiult thaft que je veu-
U attendre de fa bouche, je m'en M» vous
lire ce que ■vous penfex. [ans deux fur (tut
ttrniere queflim. faut , PhUifit, vous fou-
Miteriez, fans doute d'Avoir te meilleur dt tous
es maris; ejrvaut, Ximphon, U plus par-
faite dt toutes loi femmes. C'cft pourquoi, fi
vous ni travaillez à vous rendre , vous U
meilleur mari , v vous ta meilleure femme
ju'il y ait au monde , -vos deftrs ne feront
\amais remplit , puifqui vous aurez, tnùjouri
k fonha'tter en et genre quelque chefe de plut
earf.iit qui te que vous pcjjedtz, On voit
iar ce fragment , un échantillon de la
méthode qu'employoit Socrate pour con-
duire pied à pied les hommes à la con-
noiflance & à l'aveu des vetitez, dont il
eût été difficile autrement de les faire con-
venir.
M. le Clerc n'eft pas toujours d'accord
dans fes Noies avec les autres Critiques, ce
qui eft prefque inévitable dans un Ouvra-
ge de ce genre. Mais i! a pris à tâche de
ne taiflér échaper aucune marque d'aigreur
contre ceux dont il fe croit obV\%é.4tv
bat
JOUBNAt M S SçATANi.
battre les fentimens , à l'exception d'un
certain PhiUltmhtr* , pour lequel il s'clt
difpcnfé degarder les mêmes ménage mens.
En effet cet Ecrivtin en eft d'autant plu!
indigne , qu'il a montré plus d'acharne-
ment contre M. le Clerc, l'ayant chargé
d'injures & de calomnies, fans tn avoir a
U moindre /«;"■ Nôtre Editeur nous HO"
tit qu'il paroit un petit Ecrit d'un SçwMf
qui lui eft inconnu , dans lequel cet inju-
rieux Cenfeur eft traité comme il le men-
te. A l'égard de tous les autres que réfu-
te M. IcClerc, il le fait avec toute l'bon-
.neteté & toute la politefle qui doivent a-
voir cours parmi des gens de Lettres. U
eft fort éloigné de regarder les fautes de
Grammaire comme des crimes dignesd'u-
ne cenfure araere & outrageante ; & il
n'eft pas fur cela de l'avis de certains Pé-
dans de profeffion ,. qui comptent pour
rien de heurter les bonnes mœurs & les
bienfeances les plus indiipenfables , pen-
dant qu'une méprîfe Grammaticale leur
paroît une offenfe irrémiffiblc. M. le Clerc
déclare donc à ces fortes de gens , qu'A
appelle ammalia gruvnimti» £3" tnagrêi,
c'cft-1-dite, animaux grognans , & ints Jmu-
■vaga, que toutes les injures qu'ils ont yo-
mies, & qu'ils vomiront a l'avenir con-
tre lui, ne feront pas capables de le distraire
un moment de les occupations journalie-
r« : que plus il» te iw.Wtastow. '
tl
Juin 1711. 689
i Ecrits , moins il fe mettra en devoir
epouffer leurs infultes : qu'il ne trou-
i que trop d'occafions de défendre fes
vrages , fans fe donner la peine de re-
ndre exprès à de telles critiques : en un
iot, qu'il leur apprendra par fa condui-
re , qu'en travaillant à acquérir l'intelli-
gence des anciens Auteurs , il n'a
pas borné fes vues à une (impie con-
noifîance du Grec & du Latin , ou à la
feule perfection du ftyle, comme font la
plupart de ces Pédans; mais qu'il s' eft prin-
cipalement propofé de tourner à fon ufage
& à fon profit les excellens préceptes que
renferment les Ecrits de ces grands hom-
mes ; & qu'il vaudroit mieux ne jamais
les lire, que de n'en pas tirer cette utilité.
M. le Clerc a fait imprimer à la fin de
fa Préface un Errata affez court 5 & com-
me il foupçonne que n'ayant pu relire fort
exactement les épreuves de ce Livre, à
caufe de fes autres occupations , cet Erra-
ta pourroit avoir befoin d'un iuplément*
il charge de ce foin les Gîtons & les Philê-
leutheres, grands amateurs de ces minuties
ce font les Cenfeurs de M. le Clerc )alia
ri fint errata ( dit-il ) ta ornnia Gitoni-
bus Çj Phileleuthekis qui Us
deleâlamur D. D. C. L. M.
Il nous refteroit à parler des Mélanges
Philologiques de M. le Clerc , qui font la
féconde partie de ce volume % & <\w\ *!*»>
>
too Journal des Sçatans.
font qu'une (rcs-petire de ce qui compole
les Recueils Manulcrits de ce fç avant hom-
me. Mais commeces MêUngti contiennent
quantité d' Observations curieufes fur diffe-
iens fujets, qui demandent un détail plus
particulier , nous aimons mieux en ren-
voyer l'Extrait a un autre Mois, qui nom
permettra de nous étendre plus au long
ir cet Ouvrage, & d'en donner une ju&e
NOUVELLES DE LITTERATURE.
DE DRESDE.
*R. Henri Pippingitis a ramafle toutei
* les Theies de Philofophie , de Théo-
logie & d'Hiftoire que M. Seligman a fait
foutenîr à fes Ecoliers , tant à Roftoch
qu'à Leipiic, où il a été ProfefTeur. L'E-
diteur nous avertit dans la Préface , qu'il
s'ell trouvé engagea publier ce Recueil*,
parce qu'il en a paru une autre Edition
fans nom de ville ni d'Imprimeur, laquelle
eft remplie de fautes. D. tient, Frirf. Seligmw
ni t'rofeljorji primum Roftoch'itnjis , f_5" ■!"»■''
LipfitYijii , demum in Aula Regia cj- UUrUrri
S&xeniiti facraram Anùftith l'rimxrii & Cou-
filiani Kcdc(ï*fiicî Excrciittioies Ac.t,UmiU
Pippmgi! D. in B. V?- v*-**1* ° *•
* Il le trouve 1 A.iw&«ixKL^T.\W«^^W
Juin 1711.
de zurich.
\*R. Moratori , Maître de Langue,
fait imprimer à fes dépens une nou-
Telle Méthode pour apprendre la Langue
Italienne avec une grande facilité &t en
très-peu de tems. in fol. pp- 131. Cette
Méthode cft la même que celle de Vene-
ronî , que l'Auteur a augmentée. &£ corri-
gée eu quelques endroits.
DE LONDRES.
Latine de la Phyfïque de Rohanlt. 2""*
bi Rohaulït phyjira , Laiint Wrtfc .rtctifuit,
atlnomiionibus 'x ithi^rijf, Ijaaci Ntwtttri
Pi.îlofcphîa maximum farttm kmfih ampli-
_fit4t.ii tsr ornsvit Samxti CUrki , S. T. P.
Re$U Majtfimi -i fiait. BJ. 3. in t]X* anna-
taiitinn («al dimidia parts auCliarc, tttditfr
•jue otla iahU tri intij'4. in 8. Les rem ar-
ques l'ont au bas des pages , & l'impref-
linn dt tout l'Ouvrage a été foiie avec
foin.
M. Welwold 1 publié une traduction
Angloifc du Banquet de Xenophon. in s.
pp. S7. Cet Ouvrage n'avoir point encore
été traduit en Angloif. Le TriduiLciK x
1 joiuc un lîiJcours de 80 çn%«, , * *
JOVKKAL DES S Ç A Y A N S.
faite fort au long de la mort de Socrate,
tt de Ta doctrine. 11 y rapporte auffi plu-
sieurs circonftancesde la vie de ce Philofo-
■phe. Il y parle de fes amis, & compare
f & mort avec celle de Caton & de Sene-
Cette DiDertition , qui eii écrite
i forme de Lettre, eil addrefléc à Ma-
J dcmoifelle Jeanne Douglas , fille aînée de
M. le Duc de Queensbury. Se de Dou-
vres.
Nous avons perdu depuis quelques mois
ieiiï perfannes de mérite, M. le Docteur
Bull, Èvêque de S. AJaph, & M. le Doc-
teur Smith (Thomas) qui avoit publié
depuis peu une nouvelle Edition des Èpitres
de faint Ignace. On dit que M. Nelfon ,
qui étoit très-ami de M. Bull , nous don-
nera la vie de ce Prclar, & on efpere que
quelque ami de M. Smiih rendra la mê-
me jultice à la mémoire de ce Docteur.
Il a lailTé p'ulïeurs Ouvrages MIT. doi
y en a beaucoup en état de paroitre
jour.
M- Sirype vient de publier Tbe Hifloty,
wc. C'eil-a-dire : L'HiJhirt .te Li vie d'Ed.
mund Urindal , premier Evlque de Londres,
ty fécond kvèyue de C»itarbe<y ,
venemtm de U Reine BtizabtlbÀI/tCeuMIU. J
in fol. M. Strype a tiré fes Mémoires des!
Archives & des Rvblioihcques , tant publiJ
ques que pamcu\\e\ev, ï*.Vrf»j«.tes MffB
dont U s'eft fcniYà ow. ^V -— ■
-JUIN I7II. 693
quence, il les a inferez dans l'Appendix,
qui contient les Pièces juilificatives, It y
a mis plusieurs Lettres de Grindal , ci
d'autres Pièces curieufes , qui ont du rap-
port à la vie de ce Prelar.
M. Witby a publié un nouvel Ouvra-
ge fur la Prédeltination , dans lequel il ré-
pond a la Critique que le D. Edwards a
faîtedefes Remarques fur le N. Teftameot.
Il y attaque aufii le fentiment de ceDoc-
ceur. Four Difawfts . vc C'eft-à-dire:
Quatre Difwurs , où Çcn montre , 1. Que
les termes de l'Apôtre dans le Cbap. IX. de
l'Epitre aux Romains , ne fe rapportent à
aucune ileUlim ou réprobation personnelle. II,
£}ue Ciltiiion dont parle faint Paul dans fis
Epitret aux Gentils , n'eft autre chofe que H-
ledion des Gentils pour être l'Eglife e- le Peu-
ple de Dieu. III. Que ces deux proportions du
Baêleur Edwards, fcavoir, 1. Que la pres-
cience que Dieu a de tous les évenemens
futurs dépend de fon décret , & qu'il les
a prévus parce qu'il les a décrétez. 2.Quc
Dieu a décrété de toute éternité tons les
péchez du monde, fontfauffts, l/Ufphéma-
toires , & rendent Dieu Auteur du pecht.
Le IV. Difcouri ell une difenfe de [es Note,
contre les chicanes de ce DcCleur , à quoi
l'on a ajoute une courte réponfe au Dijcourt
même du Douleur , jur le terme fixé
de la vie humain». Par Daniel Witb-j , Ûm-
tatr m Zieelme, in S.
a».
* &"*-
:::**■-'•
îT»*îi*'
-^S»*"
-"s:,
(Cow-1
, <**"*
«Ô-lJSS
>«*r
de B»tW«-
se*» f
Oi5ffi«
s* s-y*^»»5**
DES MATIERES.
L
Broetyuyfe > fes Poëfics. 470
Bnmner fie P.) Tes Annales de Bavière. 2 1 6
Bugnon, Relation concernant les Caravanes d'Afie. t$
Bulle d'Or, ce que c'eft. 456
Butins , Evequc de S. Afaph , fa mort. 6$ 2 '
C.
PAchexik , Diflcrtation fui cette Maladie.
^J 317. fa Définition. 311
Càllinus , ancien Poète Grec , en quel tems il a
vécu. 441
Calmet (le P.) Commentaire littéral fur les Lines
de Jofué , des Juges, & de Ruth. 529
Cananéens , Diflcrtation fur le Fais où ils fe fauve -
rent lors qu'Us furent chaffci du leur par les If-
raëlkes. 5 3 $
Canon , Conjectures fur lescaufèsde leur peu de du-
rée & fur les moyens de l'augmenter. 96
Cantates Françoifes fur des fujets tirez de l'Ecriture
- fainte. 42 r
: Caravanes, Relation concernant les Caravanes. S;.
Ce que c'eft que les Caravanes, s 8., Leurs diffé-
rentes efpeces. 89. Incommoditez qu'on fouffre
dans les Caravanes. 94
CarpzjMus (Ben.) Sa Vie. s 96
Carrières (le P.) Commentaire littéral fur le N.Tel-
tament inféré dans la Traduction Françoife. 221.
fur lt Livre de Job. 476
Caftubon (Ifaac) Nouv. Edition de les Lettres. 195.
Son Traité de la Liberté Ecdeiiaftique. 140. A-
bregé de fa Vie. 14 1
Cafaubon (Meric) Ses Lettres- fie quelques- uns de ici
Ouvrages les plus rares. T40
Catalfpjù , Lettre fur deux Oblervations de Cata-
lephe compliquée. 649. Différence de cette Mala-
die avec l'Epilcpfie. 650. Symptômes particu-
liers aux Cataleptiques. 6s 1. K&oyk. ta toc\%
Cataleptiques, ^si
Ggx ^%N
I
TABLE
B.
"D A n i n , étymologie de ce mot. sti
*J Ballades, ce que c'étoit autrefois. s 79
Baltms (le P.) Défenfe des SS. Feres accufex de Fia-
tonilme. 191*243
Baptême , Défenfe du Baptême des Enfans qui font
encore dans le Ventre de leurs Macs. 227
Bardefanes, Hiftoire de cet Hérétique & de fès Séna-
teurs. 3. Il eft différent de FHiftorien. 4. Ses
Erreurs. 6
Bartbolin (Th ) Nouv. Edition de Tes DifTertations
fut la leâure des Livres. 39S
Bafnage de Beanval , Ton Eloge. 36
Bavière, Annales de ce Fais pat }. Adlzietttet Scpai
Andr. Biunner. 216. par]. Avcntin. 269
Beci^ (A m.) Des Cas où il n'eft pas permis d' or-
donner le Serment. 332
Bénéfice , deux Ouvrages contre la pluralité des Bene
fices pour réfuter le Traité de %e Benefiàari*. 3!'
£"?» titre de Fondation du Monafteic de Bexg fv
Elbe. 17
BertjHi , Prédicateur de la Coût de Beilin , ià V
S
Berlin , AfTemblée extraordinaire de 1* Académie c
Sciences de Berlin. 462. Médaille d'argent don
. aux Membres de cette Académie.
Bohême, origine du nom de ce Royaume.
Bobtmer (J. Henn.) Explication des principe
Droit fur les A&ions , fur les degtez de Pa
pat raport aux mariages , &c.
Bohrmr , Diflèrtation lur les perfonnes diftin
qui ont porté ce nom.
Bêtensy leurs Origine. 220. DifTertations fir
tranfmigxations", &c.
Bêïus, Hctos du l^otd » WW\fc.
Breffmà qe F ) Swmow k^wKm ^
DES MATIERES.
£W™>ftai DrjTcit;tio.-i fur ceric Maladie, jjj
ij..i,]jnrm le Giand , Difliirjrioii lui une Cotomiie
e'IërM a Ton honneur. 641
c.jti (l'icire) Lettre du P. Tartetou fui fi Critique
de la Traduction d'Horace par te Feie. 141
Cm* (de laj Entretiens fur divers fineis d'Hrlloirc.
4*1
(jrw , .("on Caiaftere mal reprefenre" dans le Ro-
man qui porie fon nom. «14
Cuit de Moltovie , Caractère de « Prince Se Ton
1 (DiV.) Eflài de l'alloue llrt
5
TJArn» (Madame) fa TnduSion de l'Iliade
■*-^ d'Homère. doj
Dmttint (J. B.) Tridaftiou <!« Règles du Droit
Civil. jil
DMfbiiil, Mémoires ponr feivir à l'HiSoiie decet-
re Province. ï»7
DtHphini , oii°ine & fnrcelGon des Diuphini de
Viennois. 302. Origine de ee luinom. 301
Dciiitr, Prof, en Médecine à Montre! jet , Lettre
fur deux nouvelles Obfervations de Catalcplie
compliquée. *49
Diliycrti (MIIe. Jacquet) Livre II. de Ces Csmi-
tes Francoifes lur des fujeis rirei de l'Ecriture
Sainte. ' 411
Drjnrs , ce que e'iitoit. Jtl
D-ii/lim, quelle en eft la caufe. S S
Dîtffiu, PhiloCophe Epicuiien , liait de J'Hiftoire
de ce Fliiloibphe. îji
Diwfim , ce qu'il faut obTcncr dans les dîvilîonl
d'un Sermon. :S7
DlKi'lf (Jean) Nduv. Edition de l'Hiftoire de Po-
logne ife cet Auicui augmentée 4e ^vmi.V'}
VnÛ,! (COCO.) Inventent tfun lntaotMaiï. *.t ^M*
CIi
f*1" tes ope"11"" » ■
" •<.» 1°'" t"""
1J' Tu^lcnls *in
du. ,,\ fan Î-'W'00 _ ,,,_ SoujuP"
«il» "l «**«*?■ l'& TAS*.
I
■
■ ■• ■ ■ «rossas
DES MATIERES.
npin, Diffcrraiton fur «ne -Maladie.
■mm le Giand , Dilftrt-'fioit fur une Cola
:i..l' a loii lionneur.
(Fieire) Letue du P. Tandon fur ù Crii
Ctùi.1 (de laj Entretiens (iii àmn fjjets d'Hiitoire.
fjrriii , _fon Caractère mit repiéfenté dit» le Ro-
man qui porte l'on nom. 614
Cfr de Molïovie , Cuaftae de ce Prince & Ton
etoge. 660
Cï.iu>u.wr (Dav.) Eflài de l'Hftoire littéraire de
Hongrie, 341
A/ d'H
1 (Madame) ù Tiaduaion de l'Iliade
d'Homère. Cet
Dumti'H (T. B.) TuduÛiou de< Règles du Dioit
Civil. 111
DtMfinnl, Me moi; es pour fctïir à l'Hifloitc de cet -
ie Province, xyj
Dauphins , origine Se fuceelfian des Dauphin! de
Vieimois. jo:. Origine de ce turnom. joi
Dctitir, Prof, en Médecine à Montpelier , Lente
fur deux nouvelles Ol)fei valions de Cattlcpfie
compliquée. 649
Dttai*trrt (Mllr. Jacquet) Livre II. de Tes Garnî-
tes Francoifes lur des (ujeti iî '-
Sainte.
Ij,'n.li,n . «Mite e» efi la «ufe.
Dit&mt, Pliitofbplie Lp>uucn , I
de « rhiloiopîic.
rtmjttn , ce qu'il faut obferra dans les
Dt*ttf (Jean) Nooï.
togut tic c,-t Aui
Drditi ('Cort.> " "
z de l'Ecriture
«a«
fique qui jouoit de lui n;ùnv
~ , les Règles du Dioit Civil traduites ci
, <s. 311. Utilité de ces Refiles.
.■ ; ,ii...iaiu , f lis de ce: Aiùnu!.
pGnsFsJj coutume d'entenci dans les E
*-■ fes eft fbit ancienne.
Eltphmt, ion prix à Siani. »t
iJj/ti (M"'.) Traduction Angloife d'une Horot'iie
Angle -Sa sonne fui le jour de li milliccc de S.
Empacun, H iftoire des Empereurs Romain*. i?i
Epiliffit, en quoi cette Maladie dîflèie de Ja Cati-
&*■', Jupe i-.ent (ut Ton Edition de S. Irene'e. «
Ejtbi: , Difeipl.- de Sociale, nouvelle Edition fe
quatre de Tes iiinlogues , pu les foins de M: Ji
CI etc. m
£ffnt. Traite de la conduite de l'Efprir dans II Re-
cherche de (j Vérité. 4ss. lUrmiques fut reio-
cice de l'Efprit. 4;
Eji, Liire comte les préférions de la Maifondllt
fur le Comté 3c la Ville de Comachio. lit
EJIimHb, Difliriaiiou fui le ferment del'Efiomach.
fwuuriti!, Traite fur l'E/JCua lion périodique un
Femme». 1!f
EstrAt , ce qu'il faut oblcirei dans l'Exordc d'un
Sermon. ;(-,
DES MATIERES.
Tmm Canine, quelle en cil la caufe. jS
FaMfifWl , Delaipiion des deloidics eaufez en Fou-
tt pu les Fanatiques Jti CLïtiiacs. j;o
i.wtfr™ (Annia) Lcciie fui une Médaille Grecque
de cette PiiuceQe, jûo
liHjlmc, Leurc fut une Médaille où celte Impéra-
trice elt lepiéfentee. 551
Fimrmi, explication de l'cvaciultoii périodique qui
leur eli particulière. ij6. Quels Lit tes elle i doi-
Fnmiitmtta, ce que c'eft. ij
ïij'.mi , on étoir obligé de porter ceitains habits
(Uns les Feflins dei Anciens. ijo
loKtf&cnt (le P.) Jugement l'ut fonEdition de S.ltc-
nee. 78
FitupuUa , Obfetfition de Dtoit fut ce (iijct. 6ï.
On peut dédaici nulles celles qui ont été contrac-
tées par un Enfant de famille a l'indu de Tel
Païens , avec une fille de condition inRtieure.
" ' . DilTertation lut le Relief des Fiefs e "
itiandie, iji. Autre lui l'origine des Fiefs. S4J.
Ce que c'eft qu'un Fief on- Ancientaré de*
Fiefs. j.17. S'ilslônt la mc.-nt cliofe que cequ'on
appelloit audefois les Bénéfices.
Filir , l'A" de filer Vos Se l'argent trouvé pat un
Allemand. . 461
riimi , Evê\]ue de Celârée en Cappadacesfc)Lct-
ttes publiée- puut h pien.iiic lois. ■ 677
Fi/î-dir (J Chiti.) Difleitatton fur l'Aitlinae. ji;
Ftabitr , Etéo,ue de Nilmcs, les Lettres. jet
Ftnau , les Fades Confulairts de l'Académie de
cette Ville. J4I
frtnftii, l'An de bien parler la Langue Fiaiiçoif*,
frtMHt (J.) fct Leçon* Chymicpiei. va."Vts*t J
,.-,.. f Jeanj N. Edition de fe* ShoW
i: f Ijtines de Fufi! invciiiees pa n
Aliim , Ion fentiment fur l'e.acuslion ptirC-
diquedts Femmes. -'»
«//■/bu (Nit.j Jugement fin fon Edition lit i 'i''--
tUo (Fiid. Wilh.) Diffeitsrion fur les prûicipsai
piudcuteg de Médecine. «il
Gtrmn» (S.) Eitqut d'Anxerre, Ton Hiftojre. !°f
Cni«, Jugement fui fou Edition de S. lrenée. 7'
Grrc,DHTeumon fui l'ancienne Be li bonue pconoD-
ciition de celte Lingue. J<(
Grelin (S.) Edition de 11! de les Epi£riramc
qui u'ivoient point été publiées encoic. <""
Grimai? (de) Tome IV. des Ciropignes dufco
Gnndal (Edrountl) AidwÊqnc de Cintoibei.' , S»
Hiiioiic. W
Grojf/ci-wj (SimO Vie de Chrétien Wciilus. jU
Cmn/nfin , Dclciiptio» des Antiquité! de cette Vi!-
Cni.mi, if iiicmiei qt
phiiu, [bnHiltoiie.
Guiilimm (François) Hiiloirr de II Suifiê.
Gmtttai (Nie.) Edition dej Auiules de Bintn
d'Avcntiu St de l'Helveiie de Guillimariji. t*»
isRex\Q^ï«t«^v
DES MATIERES.
dation du Mon altère de Berg fur Elbe. ' -12*
Hat (le) Réponfc à les Remarques fur la manière
de graver & d'expliquer les Pierres antiques. 116
Bdltj (Edm.) fon Edition des Sections Coniques
d'Apollonius. 34$
Jiàmehelmann (Herm.) Recueil de toutes fes Pièces
fur l'Hiftoire de Weftphalieôc de Baflè Saxe. 342
Hamelow (Hcnr.) Hiftoire abrégée des Empeieurs
Romains , en vers. 275
Hariomn (le P.) Explication d'un Paflàge tiré du
Chap. VII. du I. Livre des Rois. 636
Haubert, fîgnification de ce mot. 232
He*rne,foi\ Edition de l'itinéraire de Leland. 346
Hébreu , DiiTertation de M. le Clerc fur la Langue
Hébraïque. 410. fur les demeures des anciens
Hébreux. 540
heljlad (Ingell.) DhTertation fur la prononciation
du Grec. 363
Htlyot , fes Oeuvres fjmituelles. 107
Helyot (le P.) Lettre fur la Nouv. Edition de l'Hif-
toire des Ordres Religieux de M. Hermant. 355.
liée de l'Hiitoiie de ces Ordres qu'il doit pu-
blier. 35g
Hémorragies , Difièrtation touebant les Hémorragies
critiques. 382
Hennin. (Henr. Chrét.) fes Obfervations fur l'Hif-
toire des Empereurs Romains. 27;
Herman (Paul) Méthode pour connoitre la nature
des (impies. 552
Hermant , Critique de fon Hiftoire des Ordres Re-
ligieux par le P. Helyot. sss
Hermias , raillerie qu'il fait des divers lentimens des
Phiiofophes touchant les principes des corps natu-
rels. 197
Hertius (J. Nie.) DhTertation fur l'ancienne Hiftoire
de France, ni. Sa mort. lb'td.
Hijtorien , devoir d'un bon Hiftorien. 298. Diflerta-
fioa touchant les Hiûoiicns du ^NW» ^rjûr.»
L E
ii de h B_ui.lt; donne*
H.fmmn (]■ T>c.) Quait-ins fut les piïnqpala
conlbnces de 1- Vis des Eniper^uis Roaiiiu, ■
vec des Explic-lîoiis H i do tiques.
Jîimirt, Triduttiou de l'Iliade Je ce foëtepiiMiA
Diciei. ooa. DiifiadtCE d'une (elle iraduâion-
6û7. Apojogi: d'Homère comre les JCtUlii»M
de Platon, «o». Remiiques fur les «uftetts h
Hetos d'Homcie. 612. Sur ibu Style. *ij, M
les piîaripales Editions de lès Ouvi_.ee... tv-
Hmspt, Hiitoiie lîtielairc de ce Royaume. Ul
i.>i,t, E tique d'AïtJiiclies , Lettre Cm ]'otjgi-t&
li Foeiie Ftancoife. m
HirnUn 11. Dauphin de Vi-nnoU , fon Hirtoi'i.. ;or,
Motifs qui le détcinÛDeicnt à donner ùi ï."ti
â la Etante, jet. Detiil du lïrvice dtli Tiblt
liujt'.iu , l'on riojct (Tune Biblioguplifc iiniveilcùe.
JJwr™ (Ulric) Nouv. Edition de fo.i Recueil W
Lciiics des Komir.es ol f cuis.
BntJ!« (le Baron de) Ccileiller d'Eue du r™*
Moïcorie, Cm Edition de l'Hiftoiie Je
de J. Dliigoii;
INjectsj , leut Hiflolre.
1bu,1Ut, Oblêiv nions fui le) fucctBïoni -i /.
Jrfjlim (Th.) fi Vie.
MATIERES.
M Se de ce
DES
7«ijiigirii, réfutation de Tes Septi
fes Dîfciples. I«i
;Wii ({.)«.) Dulcrtationfur Ja Maljdie de Con-
fomption. ssj
7f/.,.'( , Oilleiration fLir Ton vceu. J41
>«, Diflênation lin le Relief des Fiefsen Nor-
mandie, iji
7»/"m, Commentaire littctal fur le Liïte de Jofué.
i, Diflèrraiion fui le comme niicmeur que Jo-
fué fii
lit
n Journal de Religion fcdcFie
Jumm (le P.) Condamnation de fes Intlirurions
Tliailii^iquej'pM PEtequ* de Mesiux. ifii
fyfft. Commentaire fin ce Livre. çij
j3u, Ë'êruie de Rome, DiAirtHÎon fui une Ler-
irc qui poite k nom 1; cet Litqtie. 6ji
J r-.'i,i Mmm«i Lente fui une Médaille de ce
, Diflênation fur une Médaille du Tvi
Edition de quatre Lettres de
«Si
mju-
Jatin Importât ,
Empereur qui n avoient p« encore p.nu. mn
W;.r (Cliiilt.) la Vit <te Mr. LuJolphe. nj
hrr&rvtWr, Rfcueil dsi Rijiles génctales de Ju-
nfpiuJence p.ir P. Fithou, :I]
If Eu. m eu (J. Orh.JDifièrtition fur l'origine dej.
^ Fiefi. Mi
t&U*T&M, nouveau Syilcme pour expliquer l'Apo-
c;ilvpfc. 4*7
Ki*ii<*t& (J«n de) fait une Moudre de Fer qui
reOii.
s dirais . EUfleW
leurs différents Cl-iiiês.
Lttdi (le Duc de) fa Deïenle
T Eco
1-J Jeu
de Mr. KuflerU
ritte ks acculjii*
LtiÙtt., les acmjiques fur les Hiftorïe.ns de Si
Lcluii, fon Itmenire. ;,;
Lmliliiu (Rof.) fesOblërïJtions de Médecine rev
' Lan (S.) Tape, il vie. SoS. rouiroir que fovëo-
quence lui donna !iu Attila. j 1 1
Lr.«hfdd (J. G'.'Oiï.) ks Dîfcrîptiom rfes Aniwjui
lez des Viik'S d.- Ii Priiiripjim; d'Halberfht.. ==9
îJfitr (Mm.) Mra-oiie !-• ici Fftirtxn* p
Livra, Difiertationj :.u ;j It.'rjre (1rs Livre. î»(.
fui h matière es^eiienre do 1 ivres. 4ci. I
les fiijeis qu'iin yf :ie. 4::. Qjielï Livres»
viennent le plu; ;.k ■ itie.-fj-.trs (onei d'âges,
Sexe S decondiiinm. 41,
i«i> (Jein) P.e;uti! de rt.vtis de fes Ouiif.
#11
Zitlffî», Problème à l'ocnfioii d'une Ltitierie. y
Luditfh (Job) Ci lie écrite pat M. Junchtt. I:
L«w;, Ton Recueil de Traite* ëe Paix, 5cc. trt
les Princes d'Allemagne, en Allemand. j.
DOSltVS, ÎJ'vtximiBïkï'ft
. w 4jt\e«\ V
DES MATIERES.
Mnbint Ailro»omïf|ue', iîngulieie. 461
Midrigal, éiymologie de ce mot. 579
M">ûy (Madame) fes Mémoires de la noovtlle At-
lantide. Î4S
Marcbttii-, nouveaux Elcmcns de Géométrie. 10»
Jdxrn't, Tiiili; dis ile.rcz ,1e l'arcntc qui empê-
chent le Mariage, il." Qucitiun de Droit fur la
iUfiai (le F.) Ce qu'il y a de partiailiet dans fou
Édition de S. Iienéc. 7r
MwùmiVra , Eils de Frédéric III. Corroient après
avoir demeure lins parler iulqu'i l'âge de neuf
ans , il eut l'ulag: libre de la parole. Si ;
JIAjhï (l'Evéque de) Mandement Se laltlUcliQii
raftoiile contre la lufliiiitiùns Theol. tiu P. Juc-
Miàaniijmi t Autems Allemans t\m >' ont excelle. .
Mrddtlti, Differ tarions fur pluficurs Médailles. ;;-!.
Si les revers dts Medai.les ont reâjocu) raport
aux Emperenis dont les têtes font rcpréïewécs
de l'aurte côté. jïî. lïillci talion fui une Médail-
le des Macédoniens. cï>
Mrdaint , Keoieil de DiGcrtirions de Médecine.
Mtiir (Joaeii.) DilTerurions fui les frtnfmij;r;, rions
Se l'origine des Boiens, Bec. U4
ilir, Diflenation de Mr. le Clerc fur le Fanage
de la Mer Rouge. • 411
Miffrhm (J.-Ger.J Ton Edition des Diffenations .le
Th. Bartholin fut la lcdlti/e des Livres. 3»s
Mnhtiln (J. Conr.) Diûcitatioii fur les Maladies
des Vieillards. 4:0
Mîirai'ii , remède contre ce Msl. sBi
H)t*.'.!> , Difconn de M. Locke fut ce fujet. 4«i.
Si définition d'un Miracle.
MU (J
a foins de Mr. Kuftei.
lés coojcâures lui les cauîtt cpm*W
en
S
.._. .., fj Noutclle Meiho.de pom ippituê
Langue lialirntit.
Mifimt, Cirsflcre du Ci ai. 660. LtsMrforti
battis pat les Suédois, sai. Us il m pu item fin
eut une ginide vîttûiie.
Afiiri (HouJurt de Is) Autrui des Paroles d« Cw
tires Francoitts de M."*. Delaguenc
jets tiiiE Ji? l'EctituteS.
36uttmat. Nouvelle .
CES MAJLl* >««*'* ""S
J
U Guerre v fait commente «. ..
lu iric.ei.
Tmâtmwi , Traite! Tut celle des Hébreu
rin-'K^yti des Champs , Recueil de F
nint les Relisjieufes de Fotr-Royal.
des Religicules qui fontrenliees dans
de l'Bgufe
rrMin (le F. Spitidion) Diflêitarion Tu:
beaux Antiquel de l'Abbiye de Mot
SoUTons.
irjiiqHti bitittes Se eitiDoidinrâo , I
FridicirtiTi , quilitez qu'ils doïrent avt
Règles qu'ils doivent luivte.
Prijntn. , Rcflenions fut Cette marietc.
PnrjWl ;n FttfiSim , RïpOtlfe SU L
qui porte ce titte.
Prilimê reibJa pit l'Auteur de l'^n,
QUïcmniouiig , Hiftoitedeci
DAdeivi (le P.) fi Bavière faim
Srjri (T.) Hiftoite des \«fe&**.
**«#« Awmi . w epK c'eft.
DES MATIERES.
qui ont excelle djiis les Mathématiques, la Cluo-
nnlosie. &c *is>
Htfw/" des Fiefs, ce que t'tft. ni
Hivinmi, Diitetraiions lut divers fujeis de Medé-
"Rvlwili, fiduv. Edition de la Ttadiiftion L Mit de
fa Phyflque par Mr. Claike. 6»i
I fiî.1 Vil. 6. expliqua. «3«
5jsm,i:nj. Traite des Antiquité* Romaines par Mr.
Cellarius. m. Remarques lui les htudes des
Romains. Jl(
Hamnii-, font fort différons du roé'rtic Epique. â:<t
■J(inJj<im, Remarques furceïuiet.
■gjtih , Commentaire fur le L
m -ijfdi (Fred.) Premier Reci
S ïoyeoi dans fon Cibinei.
CArmintu., deux F.diiions du proies de
u ce Docteur. 114. Recueil de ricces conccnurir
« riocès. [II, Acculâtions intentées comte lui
par la Chambre des Communes, fit. Set Ré-
poolês. si}. Difcouis de quatre Evèques contre
fesReponfcs. J27
SûHtt-Crsix (l'roijictde) Cardinal, cînquanttdc les
.Lettres publiées, 154
Salivt , DuXeitJiion fui ce fujet. «31. Uûfi* dc lj
Salire. «14
Salukl (l'Abbé) fes Faites Confuliiics de l'Acadé-
mie de Florence. 341
S<n*i*trdt , ctymologie de «mot. 179
S*xt. Recueil concernant l'Hiftoitede la Bafle Saxe.
JttO'
Ol
DES MATIERES.
unie de celle d'Angleteiie. _
Littctal du P. Ciiikrcs i'ur le N. T. inleie ua, >
Il Traduction Ftinçoile. izl
THamaa (leNïûide) Tome XV. de ftsMcmoitc*
EcdefljfliqueJ. »ei
TacLiti, Nouvelle Edition de cet Auteur. 171
Ttliniui, Lente de Mt. Locke lue ce tujer. 4S3
Twrntmint (le F.) Explication de deux Ficties An-
Tnx , reinide contre la Tout. 680
Jradmilcan , Difleitation de Mi. Le Clerc fin Ici
TtaduÛeuis de 1.-, Bible , Se fui Ci mwicie de ita-
TruaJim, remède comte les Tnochécs. 6";
V,
'
\TAi.%H7in, Hiftoite de ce! Hc'ie'iitjue , Si fëi
eireuts. 7*
Vaiftahi (le T.) Ton Livre fur les Fiançailles con.
■tiâecs par un Enfant de Eamille à l'inifti de fes
V**X (de) fa Traduction du Tiai.c de h Mahd.c
Vénérienne de Cluiles Mulitan. 20-,
Irfir (Mue) cil Auteur du .fyuiiijir» MU Lit..,,
Vtm*. 2 1 1
ynarâmt, Traite de la M.il.nlic Vénérienne. 107
)'"■■•■ , Trjité de la Conduite de ttSfàt dans la
Recherche de la Vciite.
\r<iilUrdi, Diflènition lui lents Maladies.
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Hifoirev Lettres fort tendres d'un UU
& d'une Dame AngUtfe traduites de t'Ait-
glois par Mr. dti S o v c K E s de l'Atadi-
mie Roiole Ai Mufique. 12. A BrufTelles
chez George de Backcr. 1711.
Rencontre de Eayle fjS* de Spinsf* dam l'a-
ire monde. A Cologne chez Pierre
Morceau. 17".
E p 1 ct e ti Matinale & Sentent!» , quihu:
accédant Tabula Ceietis 8c alia affinis
arçumenti inLinguam Latinam conver-
h AMarcoMeibomio: lubjiciuD-
turejufdemnot£e,Emendationes C Litr-
on Sai.maïu in Epiâctum, Noix
illorum Si alius Virî doeïi in DuTerti-
tiones Epifletiab Artiano digefias, H,
Varians Scriprura Cotiicum manu exara-
torum , cura Hadkiani Relanoi.
Tmjtfli apud G. Brotdrlet. 17 ir.
Sebastiani Schmidii S. Th. D.
Prof. Ord. & Sen.Conv. Eccl. Praef. Je
Capit. Thomani PrEcpof. de princrpiii
feu fimdametirô v^wràat-OAâQïîi &
Sanguinis OmM » te» vs«v'\\'»&*.
CATALOGUE.
tus. Editîo Tcrtia indice locupletior. Ar-
genrorati fumptibus Jolian. Reinlioldi
DulffediEn.1711.
Oeuvres mêlées par Madame du N*+. gui
peuvent fervir de Suplément à fis Mémoi-
res. Tome premier. A Cologne chez les
Héritiers du défunt. 171*.
Diclienaire Géographique Vnh-trfel contenant
une Dtferipiian exaële des Etais , Royaumes,
rilies,ForlertffesMontagnes,Ct.ps,IjltisPres-
qui fie 1 . Lacs , Mers , Golfes , Détroits, ce.
de l'Univers : le tout tiré du Diclionnaire
Géographique Latin de Baudrand . dis meil-
leures Relations des plus fameux -voyages
rjr des plus fidèles Cartes. Ouvrage peujjé plus
loin qu'aucun qui ait paru jufqtirs ici en
Français. On y a ajouté un Catalogue La-
tin très-ample des noms anciens , çr moder-
nes des lieux , traduits en François , en
faveur de ceux qui lifent des Auteurs La-
tins , C de tous les autres qui trouvent
tr'es-fouviat dans les Cartes des noms tn
cette Langue. Nouvelle Edition corrigée c,
beaucoup augmentée. 4- A Utrechr chez
Guillaume Broedelet. 171 1.
Eginhmitus de vira Caroli magni cnm
Commentant) Joh. Frederici Bés-
sblii & notis Johann is Bollan-
di. Accefierunt Melchioris Ha-
madverfiones înedita: cum
lerfationibus , quttttm \Q4tv\ft 'îv^
1
CATALOGUE.
tione exhibetur, curante Joh. Her-
manno Schminckxo. Trajeâîi ad
Khenum ex Officina Guilielmi van de Wa-
ter. 1711.
Lettres Hiftoriques & Galantes far Madame
de C***. Ouvrage curieux. Tome quatrième.
A Cologne , chez Pierre Marteau.
Dialogus I. & IL inter Spudaeum & Go-
rallum.
Relation de la Campagne de l'année 1710.
Contenant un Journal exaft de tout ce
qui s'eftpajjé aux Sièges de Douay , Be thune,
St. Venant , & d%Aire. Comme aujji
un détail exaâî de tous Us autres mouve-
ments des deux Armées eppojées , tant du
coté de l'Armée des Alliez que de l'Armée
de France. A la Haye chez Pierre Huf-
fon Marchand Libraire. 171 1.
Lettre au Chevalier Jacob Bancks contre
le Pouvoir abfolu&l'obetjfancePaJfive. In-
duite de l'Anglois. in 8. A Cologne chez
Pierre Marteau.
Traité de la Divination traduit du Latin de
Ciceron far Mr. l'Abtyê Régnier
Desmaràis Secrétaire perpétuel de ÎA-
cademie Trançoife. Nouvelle Edition aug-
mentée d'un Difcours a"! s o c r a t £ tra-
duit du Grec par le même. 8. A Amf-
terdam chez Ifaac Trojel.